Le déclin du système manufacturier Canadien (3)


Suite de l’extrait de : Secteur manufacturier québécois: du sable dans l'engrenage, mais pas de panne, Hélène Baril, La Presse, 08 février 2012

Penser au coût total

Même si les salaires manufacturiers en Chine ont augmenté de 117% entre 2003 et 2008, les entreprises québécoises ne pourront jamais concurrencer les produits chinois sur la seule base des coûts de production.

Mais avant de décider de délocaliser sa production, il faut penser au coût total de possession, souligne la firme Deloitte dans son étude sur le secteur manufacturier.

Le coût total de possession est la somme des coûts de fabrication d'un produit, incluant le taux de change, le coût de transport, le coût environnemental et le coût des intermédiaires.

Par exemple, un produit fabriqué au Québec pour 16,95$ peut l'être en Chine pour 8,75$. Cette différence de 48% peut être réduite à seulement 6% en tenant compte du coût total de possession.

«Les coûts de main-d'oeuvre et la devise vont déterminer de moins en moins le succès manufacturier de demain», estime Deloitte.

Encore, une autre connerie de nos oligarques, ne pas oublier ça vient de Deloitte, avant que tu remplisses le bassin de la main-d’œuvre de l’Asie, Chine, Inde, Vietnam, Thaïlande …, on risque de crever bien avant.

China’s manufacturing sector is quickly moving up the value chain

Les partisans de la mondialisation insistent, on l’a vu, sur le fait que les pays développés, s’ils doivent abandonner les emplois industriels peu qualifiés au processus de délocalisation, peuvent en revanche conserver les emplois qualifiés liés aux activités hautement technologiques.

Or l’on constate que la délocalisation concerne désormais également des emplois qualifiés. C’est ainsi que les activités de recherche-développement des entreprises font désormais également l’objet de délocalisations.

L’argument selon lequel le rattrapage progressif des salaires dans les pays émergents supprimera à terme l’intérêt de procéder à des délocalisations ne nous paraît pas davantage recevable. Le processus de rattrapage, en effet, s’il se produit jamais.

Sera d’une durée telle qu’il n’empêchera pas la désindustrialisation complète des pays occidentaux de se produire d’ici là.

On peut de toute façon parier qu’il existera encore longtemps des pays à bas coût qui pourront constituer des réceptacles pour les délocalisations (c’est ainsi par exemple que lorsque les dragons d’Asie du sud-est sont devenus des pays développés, le Japon a automatiquement déplacé ses délocalisations sur le Vietnam).

Juste l’Inde et la Chine représente un bassin de population de 2.4 milliards de personnes sans compter les pays avoisinants, avant qu’ils atteignent les standards des pays modernes, ça risque de prendre plusieurs décennies, il y a des grandes chance que les industries de haut niveau vont avoir eu le temps de se délocaliser, à cause du coût de la main-d’œuvre et de l’expertise des pays émergent. (1)

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Tabler sur les champions

Si vous conduisez une Porsche ou une Audi, vous ne connaissez peut-être pas Ressorts Liberté, mais vous profitez de ses produits, les ressorts haut de gamme vendus aux plus grands constructeurs automobiles.

L'entreprise de Montmagny est un exemple de champion que l'économie québécoise doit appuyer, selon le consultant Louis Duhamel.

Moins de 15% des PME québécoises exportent leurs produits, souligne-t-il. Les gros canons du secteur manufacturier, au Québec, se comptent sur les doigts de la main.

Il propose de concentrer l'aide sur les entreprises les plus performantes dans des secteurs déterminés, pour les faire grossir plus rapidement. «On pourrait par exemple soutenir le développement de 25 entreprises pour qu'elles atteignent un chiffre d'affaires de 200 millions dans un horizon de temps donné».

L'aéronautique, le transport sur rail, les énergies propres et la forêt sont des secteurs où le Québec a déjà un potentiel à améliorer.

Et après, les actionnaires font se faire miroiter comme l’industrie des panneaux solaires américaines.


Even if the technology was developed in the United States, they end up going to China because the Chinese government will say:

We’re going to help you get started, we’ll help you scale up, 
we’ll give you low-interest loans or no-interest loans, 
we will give siting, we will do whatever it takes for you to get started here.”


Ressorts Liberté a quatre usines dans trois pays, et 350 employés. Ses ressorts équipent un véhicule sur deux produit chaque année dans le monde. Son plus gros défi, selon ses dirigeants, est d'attirer et de garder des employés qualifiés.

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Miser sur la marque

Ceux qui pensent que les pays riches pourront continuer longtemps de concevoir des produits et de les faire fabriquer en Chine ou ailleurs se trompent.

Tôt ou tard, la R et D suivra la fabrication, croit Louis Duhamel. «Les pays comme la Chine et l'Inde ne se contenteront pas toujours d'être l'usine du monde. Ils voudront eux aussi les emplois qu'on aimerait garder.»

C’est déjà fait et à pleine vitesse.

La simple logique veut aussi qu'il soit plus efficace de rapprocher les activités de R et D de la fabrication. «La situation actuelle est temporaire et dangereuse.»

Exacte, quand quelqu’un vous dit, on va faire la recherche & développement, et eux vont faire la production, regardez l’exemple des ordinateurs, ou les écrans plasmas, le Japon, n’en fait même plus, lieu de recherche et production la  Chine ou la Corée car le coût de main d’œuvre est moins chers

La recherche suit l’écosystème du manufacturier et les ingénieurs chinois sont aussi brillants que vous.


Si vous voulez écoutez une vidéo, et il sait de quoi il parle ! Leo Gerard states the obvious:

Innovation follows manufacturing,
not the other way around

Stop Outsourcing the Dream

Mr. Gerard told conference attendees that creating real wealth in the U.S. requires a return to "making things" in this country, with American manufacturing being essential to economic growth and future innovation.

 

United Steelworkers (USW) International President Leo Gerard spoke recently at the Alliance for American Manufacturing's (AAM) "Stop Outsourcing the Dream" panel at the CAF Conference in Washington, D.C. 10/20/2011   


Les consommateurs accordent une valeur à la provenance des biens qu'ils achètent. Ainsi, «Fabriqué en Allemagne» est synonyme de qualité et «Fait au Japon» veut dire innovation.

C'est la raison pour laquelle les entreprises les plus prestigieuses, comme IKEA ou Apple, tentent de jouer sur les deux tableaux. Les iPhone, iPod et iPad portent tous l'inscription «Designed by Apple in California. Assembled in China», pour éviter la connotation négative du «Made in China».

Apple, un très beau cas de dérapage total.

Tout le secteur manufacturier américain pour produire des ordinateurs a été délocalisé dans les pays émergents, il ne serait même plus capable de les produire.

Apple, une compagnie, qui a fait plus de 46 milliards de vente, avec ¾ de millions d’emplois, mais seulement 40,000 employés américains, beau résultat, autant dire que les employés américains, c’est juste un ‘front’ pour bien paraître.

Je vais dire exactement, ce que l’ancien président d’Intel a dit et qui a nettement plus de crédibilité que des théories économiques.

The scaling process is no longer happening in the U.S.

Scaling is hard work but necessary to make innovation matter.

And as long as that's the case, plowing capital into young companies that build their factories elsewhere will continue to yield a bad return in terms of American jobs.

As time passed, wages and health-care costs rose in the U.S. China opened up. American companies discovered that they could have their manufacturing and even their engineering done more cheaply overseas. When they did so, margins improved.

Management was happy, and so were stockholders. (1)

Alors, on se retrouve avec Apple avec plus
de 13,1 milliards de profits pour satisfaire qui?

Le 1 %

Les Hedges Funds, les Shadows Banks, les ‘Stocks Options’, les gestionnaires de fonds, mais entre temps vous n’avez plus de ‘jobs’ a un salaire décent.

Quand, nous déplaçons des écosystèmes au complet,
c’est l’avenir du pays qui est en jeux.

Le consultant estime qu'il ne sera pas possible d'avoir indéfiniment le meilleur des deux mondes. «On est en terrain glissant», estime-t-il.

Comme le Canada et le Québec ne peuvent concurrencer les économies émergentes sur les prix des produits, ils ne peuvent que miser sur la qualité et le prestige de l'étiquette.

On ne part pas de zéro, souligne le consultant. Il y a des dizaines de raisons d'être fiers de ce qui est fabriqué au Québec, dit-il, en donnant l'exemple de Velan, qui fabrique des robinets pour un des clients les plus difficiles au monde, la US Navy.

Il est évident, qu’il va prêcher pour sa paroisse, parce que c’est un consultant, mais le problème dans cette logique, ce ne sont que des exceptions.

Il faut être drôlement futé de passer en travers, car malheureusement
la majorité a crevé entre temps.

Au Canada, la règle est qu'au moins 51% des coûts directs d'un produit doivent être canadiens pour pouvoir afficher le «Fabriqué au Canada».


En chiffres

 > Au Québec, 493 000 emplois directs sont liés au secteur manufacturier.

 > Les salaires manufacturiers sont 35% plus élevés que le salaire moyen au Québec.

 > Le Québec exporte 56% de tout ce qu'il produit, le Japon, seulement 21%