Les garderies à tarif élevé peuvent se révéler plus intéressantes

Grâce à plusieurs avantages fiscaux, les garderies à tarif élevé peuvent se révéler plus intéressantes que les garderies à 7$, voir le second article.


Extrait de : Les plus meilleures garderies, Jean-Jacques Samson, Journal de Québec, 02 février 2012

Les parents en otage

Les syndiquées des Centres de la petite enfance prennent une nouvelle fois en otages des dizaines de milliers de parents. Le gouvernement de Lucien Bouchard a créé un monstre en 1997 en mettant sur pied notre réseau public de garderies, le seul de cette nature au Canada.

La CSN déclenchera la première de cinq journées de grève, le 10 février, si une entente n’est pas conclue d’ici la fin de semaine sur une bonification importante de leurs conditions de travail.

Quatorze ans plus tard, les services de garde ne répondent qu’à 50 % de la demande. Les coûts ont grimpé en flèche.

·         Pour 2011-2012, le Soutien financier aux centres de la petite enfance (CPE) et aux autres services de garde dépassait 2,1 milliards de dollars.

·         La subvention pour les infrastructures des CPE était rendue à 32,6 M$ additionnels ;

·         Le régime de retraite des employés, à 61,2 M$ ;

·         Le soutien aux enfants, 32 M$ et la cerise,

·         Le Conseil de la famille et de l’enfance a besoin de 2,3 M$ pour conseiller la ministre.

Une arnaque

Selon les données d’une étude publiée en 2010 par les professeurs Claude Laferrière et Francis Montreuil de l’UQÀM, le prix moyen de garde d’un enfant d’âge préscolaire était en 1997 de l’ordre de 14 à 16 $ par jour. Pour les poupons, il était de 19 $. Les parents payaient alors 5 $

En 2010, en dehors du réseau subventionné, il était passé à quelque 25 $ pour les deux à quatre ans et à 29 $ pour les poupons. Les parents paient seulement 7 $.

La garderie à 5 $ ou à 7 $ est devenue une vache sacrée intouchable de plus que les politiciens sont trop pleutres pour saigner.

Parents perdants

Les chercheurs Laferrière et Montreuil ont même démontré au terme de calculs complexes, mais bien détaillés sur les prestations fiscales et crédits de taxes que si votre revenu familial

·         Se situe entre 25 000 $ et 45 000 $, le programme de garderie à 7 $ est un mauvais choix financier.

·         Il est avantageux pour les familles à faibles revenus (moins de 26 000 $) et

·         Celles qui ont des revenus entre 50 000 $ et 80 000 $.

La majorité des utilisateurs du service est perdante.

Le fédéral gagne

Le gouvernement fédéral est le grand gagnant, selon cette recherche. En 2010, il aurait économisé 320 M$ grâce au programme québécois. Pour des souverainistes, ce n’est pas très fort !

Ni le Parti libéral ni le Parti québécois ne corrigeront pourtant jamais ces absurdités. Ils sont lancés par clientélisme électoral dans une surenchère d’ouverture de nouvelles places qui accélérera la spirale infernale des coûts.

Et ils clameront avec fierté que le Québec a le plus meilleur programme de services de garde au Canada, en Amérique, sinon dans le monde. Nous n’embauchons d’ailleurs même plus des gardiennes d’enfants. Le jour de leur syndicalisation, elles sont devenues des « éducatrices en services de garde » et elles coûtent plus du double à l’État. Nous en avons les moyens, faut-il croire.


Extrait de : Économiques les garderies à 7$ ?, Didier Bert, MSN Finances, 3 novembre 2011

Grâce à plusieurs avantages fiscaux, les garderies à tarif élevé peuvent se révéler plus intéressantes que les garderies à 7$

La plupart des jeunes parents commencent la recherche d'une place en garderie en consultant les listes d'établissements qui facturent 7 $ par jour. Quand ils se découragent d'être sur une longue liste d'attente, ils finissent par aller voir du côté des garderies plus onéreuses.

Plus onéreuses, dites-vous? Pas si sûr!

Certes, quand les frais atteignent 30 ou 40 $ par jour, le déboursé est bien supérieur. Pourtant, avec les crédits d'impôt, la différence n'est pas si grande. Elle peut même réserver quelques surprises.

En effet, une place à 7$ empêche le foyer de bénéficier de plusieurs avantages fiscaux.

Au niveau provincial :

·         Le crédit d'impôt remboursable peut atteindre 75% des frais de garde.

·         Et contrairement à une crainte répandue, l'argent peut être versé très rapidement sur votre compte en banque. Le premier dépôt intervient dès le premier mois de fréquentation du service de garde.

·         Pour un couple avec un enfant gagnant 40 000 $ annuels, le crédit d'impôt provincial tourne autour de 24 $ par jour pour une place à 35 $.

Au fédéral :

·         L'un des deux parents peut déduire les frais de garde de ses revenus.

·         Or, le revenu familial sert à calculer les prestations fiscales pour enfants et le crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS).

·         Dans notre exemple, le couple récupèrera encore 6 $ supplémentaire au fédéral, comparativement à un couple ayant inscrit son enfant dans une garderie à 7$. Calculez : 24+6=30. La place à 35$ revient finalement à 5$ par jour!

Moins cher après impôts :

Ainsi, certains ménages peuvent trouver avantage à préférer une garderie à tarif plus élevé, mais qui lui coûtera moins cher après impôts. C'est le constat qu'ont fait le professeur en fiscalité Claude Laferrière, à présent retraité de son poste à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), et Francis Montreuil, professeur au département des sciences comptables de l'UQAM.

Les gagnants

L'an passé, les deux spécialistes ont dressé un portrait des ménages qui ont intérêt à se précipiter vers les garderies à 7$.

Trois groupes gagnent à envoyer leur progéniture dans les garderies à 7$.

1.      Il s'agit des ménages dont le revenu annuel dépasse 50 000 $.

2.      Il y a aussi ceux dont le revenu familial est inférieur à 26 000 $ et qui ne paient pas d'impôt fédéral.

3.      Enfin, les ménages non admissibles au crédit et déductions pour frais de garde sont également gagnants.

Encore, là, il faut faire attention, gagnant individuellement.

Mais collectivement, quand tu possèdes un programme social, que tu n’as pas
les moyens et tu transfères les véritables coûts sur la dette,
ce n’est qu’une simple arnaque intergénérationnelle.

Les perdants

Pour les autres, globalement les ménages ayant un revenu compris entre 26 000 $ et 50 000 $, mieux vaut chercher une place ailleurs... à condition de pouvoir avancer les frais de garde durant les deux premières semaines de chaque mois. En effet, c'est au milieu de chaque mois qu'est versé le crédit d'impôt provincial.

Vous pouvez faire vous-même le calcul

Évidemment, ces calculs sont strictement financiers, et ne tiennent pas compte de la qualité du service de garderie. Un critère à ne pas négliger pour évaluer la garderie, qu'elle coûte 7 $ ou davantage!

Vous pouvez faire vous-même le calcul du coût d'une place en garderie en fonction de vos revenus, sur le site du ministère des Finances du Québec

Le rapport des deux professeurs de l'UQAM, Claude Laferrière et Francis Montreuil, est disponible ici