Une règle d’or basée sur une simple arnaque

« On ne meurt pas de dettes.
On
meurt de ne plus pouvoir en faire. »

de Louis-Ferdinand Céline


Je vais vous raconter une petite histoire de potion magique, mais avec un gros fond de vérité.

On va insérer 5 larrons dans notre histoire.

M. Politicien : Être à deux pattes où sa moralité se résume à rester au pouvoir en achetant des votes.

M. Banquier : Qui fait des milliards de profits grâce à l’endettement des États et des peuples.

M. Gestionnaire de fonds : Gérer des milliards pour fructifier les fonds de pension.

M. Agence de notation : Essaie de donner sans trop de succès une note de crédit sur un pays souverain sans être trop biaisé.

M. Super Banque : Banque ayant des produits dérivés très sophistiqués, Ex Goldman Sachs et cie


Et l’histoire commença comme suit

Notre cher politicien, toujours avides à rester au pouvoir, devait acheter des votes pour les prochaines élections, mais il y avait un sérieux problème, il avait atteint la limite de crédit de son peuple.

Alors, il alla voir son ami M. Banquier

M. Politicien : Je dois acheter des votes, pour ma prochaine élection, mais j’ai atteint ma limite, as-tu une solution ?

M. Banquier : Tu sais que je suis ton ami depuis longue date, mais je ne peux rien faire, si je t’en donne trop, tu risques de te faire décoter et je suis certain que ton ami gestionnaire de fonds serait d’accord avec moi.

M. Politicien : Ce n’est pas une réponse que je veux entendre, tu as beaucoup de privilèges, trouve-moi une solution !, je n’ai pas le choix, je dois donner des bonbons à mon peuple.

M. Banquier : Bon !, on n’a rien à perdre appelons notre ami M. Agence de notation, il y aura peut –être une solution et invitons M. Gestionnaires de fonds en même temps.

Alors, les quatre se réunirent dans un magnifique restaurant et essayèrent de trouver une solution à notre ami, M. Politicien.

Après quelque verre bien rempli, notre ami :

M. Agence de notation : Pourquoi qu’on ne change pas les règles du crédit, je pourrais maintenir la cote de crédit AAA à un pays aussi longtemps qu’ils paient les intérêts.

M. Gestionnaire de fonds : trouvait cela très risqué, d’autant plus, il était imputable face avec ces millions de cotisants, car dans sa tête «il se disait, si c’est risqué pour un individu, imagine pour un État.»

Mais grâce à la bonne étoile, non loin de leur table, il y avait un de leurs grands amis
M. Super Banque et on l’invita à la conversion.

M. Super Banque : INCROYABLE, quelle heureuse coïncidence, j’ai justement une nouvelle SUPER assurance, une solution parfaite pour vous, elle s’appelle CDS.

M. Gestionnaire de fonds : C’est quoi un CDS ?

M. Super Banque : C’est une assurance qui garantie ta mise de fonds, même si le pays fait défaut de PAIEMENT.

Et grâce à cette soirée mémorable, la règle d’or est apparue :

Une règle d'or basée sur une arnaque

M. Politicien était euphorique, il pouvait acheter des votes pendant au moins une décennie sans se préoccuper du crédit de son peuple.

M. Banquier était drôlement ravi, des milliards de profits grâce à des trilliards de dettes additionnels.

M. Gestionnaire de fonds était aussi content de sa soirée des milliards de profits garantis.

M Super Banque gagnait sur les deux tableaux, il faisait des milliards de profits grâce aux dettes des pays et d’autres milliards grâce à ces SUPER assurances.

Et les années passèrent, et tout le monde entier festoyait en cumulant une tonne de dettes.


Et ce qui ARRIVA, arriva !

Un pays venait de frapper un mur, M les Grecs (8 décembre 2009), avait tellement cumulé de dettes, qu’il n’était même plus capable de payer les intérêts.

PANIQUE tous azimuts dans le marché financier, oups, on n’avait pas prévu cette situation.

Après presque deux ans de tergiversation, de manigances et de destruction du peu d’économie qui restaient.

Il était de plus en plus évident que les Grecs devaient faire défaut de paiement.

La rumeur s’est répandue instantanément dans le marché financier, une vraie PANIQUE.

Grâce à l’ère numérique, la nouvelle s’est répandue jusqu’à Washington presque instantanément, PANIQUE de nouveau dans le monde politique et financière américaine, cette fois-ci.

Dans les minutes qui suivent, on attendit un ding, ding de Washington, M. Super Banque arrive !

L’avion privé de M. Super Banque atterrissait à Berlin en pleine nuit, pour leur annoncer une mauvaise nouvelle.

Autour de la table, M Grecs, M. Berlin, M. Gestionnaires de fonds et M. Banque attendaient anxieusement M. Super Banque, que se passe-t-il ?

Enfin, il arrive, M. Super Banque leur annonçait la charmante nouvelle que les SUPER assurances qu’ils avaient vendues n’avaient pas les fonds nécessaires pour supporter un défaut de paiement.

Les quatre se levèrent instantanément et dire en même temps : QUOI ?

M. Super Banque balbutiait se gorgeait plein d’excuses, mais les fonds n’était pas là.

De nouveau la PANIQUE s’empara du marché, mais cette fois-ci elle trembla sur ces assises. Car ce sont tous les banques américaines, sinon le marché financier mondial qui sautent si on commence à appliquer les CDS sur les États en difficulté.

Quoi faire ?

Après des semaines, nos politiciens et financiers concocteront une potion ayant une toute nouvelle posologie, elle s’appellera VOLONTAIRE avec une sérieuse contre-indication de ne pas utiliser la potion SUPER assurance, ainsi on inventa un nouveau type de défaut, un défaut VOLONTAIRE.

Car vous savez grâce à la règle d’or, cela fait belle lurette que les pays ne remboursent plus leur capital, quand les obligations sont échues, ils réémettent d’autres obligations pour payer les anciennes et ne payent que les intérêts.

Il est évident que le marché des obligations venant de se faire escroquer n’était pas dupe, puisqu’il venait de perdre l’unique garantie d’être remboursé.

Et ainsi, des pays devinrent rapidement insolvables, car le marché refusa d’acheter d’autres obligations.

Toujours en mode PANIQUE, nos politiciens et financiers concocteront une nouvelle potion, mais cette fois-ci, ça va être une SUPER potion magique. Ne pouvant pas acheter directement les obligations à cause de certaine contrainte juridique, ils décidèrent de donner aux banques européennes, une SUPER potion magique de 495 milliards d’euros virtuels à 1% et même plus tard une seconde SUPER potion magique de 1,000 milliards d’euros virtuels.

En les incitant fortement, bien sûr, de racheter les bonds souverains qui ne trouvaient plus preneur, ainsi on résolut un problème en faisant apparaître 495 milliards d’euros dans un chapeau pour acheter des obligations pourrîtes.

Donc, chers peuples :

« Vous avez dans vos fonds de pension des trilliards d’obligations souveraines qui sont proches de l’insolvabilité et ont été achetées grâce à une règle d’or
basée sur une simple arnaque
»

Bravo ! M. Les politiciens et financiers corrompus :

Une autre belle histoire qui risque de finir TRÈS, TRÈS mal !

Q.D.