A cet égard, le modèle islandais est très intéressant

Un extrait d’un texte provenant de la Suisse

Extrait de : La finance représente une industrie comme une autre et doit être protégée, Le temps, 15 mars 2010


«Une suggestion pourrait être de laisser toute entreprise supranationale se débrouiller toute seule. Leurs moyens sont plus importants que ceux des caisses publiques. D’ailleurs il y a incompatibilité de fond entre ultralibéralisme et subventions publiques.

A cet égard, le modèle islandais est très intéressant.

Les faillites bancaires ont mis un temps le pays à genoux, mais son modèle démocratique l’a sauvée d’une évolution à la grecque. Par le biais de référendums, le peuple a refusé net de soutenir les égarements de patrons bancaires peu scrupuleux. Ils ont nationalisé ces banques, mis en prison certains responsables et contrôlé leur monnaie nationale. En 3 ans, le pays a renoué avec une croissance de 2,9% dans le respect de la population!

La place financière suisse doit être défendue de la même manière qu’en cas d’attaque physique, pour ne pas dire militaire. Nous ne sommes pas sur le terrain d’une entreprise en particulier, mais d’un territoire appartenant au bien commun. On peut aimer ou pas la finance, c’est une industrie comme une autre qui fait a priori son métier avec talent, et qui doit donc être protégée. Les patrons et traders voyous doivent être traités dans le respect de la loi suisse.

La Suisse gagnerait à avoir un marketing économique vigoureux et proactif, qui s’appuie sur le fantastique réseau mondial diplomatique et économique existant. Rappelons que les investissements directs de la Suisse à l’étranger s’élevaient à 877,705 milliards de francs – dont 200 milliards en Amérique du Nord, avec 2 663 501 emplois concernés – dont 400 000 en Amérique du Nord! La Suisse a des arguments à faire valoir dans le cadre des négociations. L’argument de la petite taille est une facilité politique qui ne convainc pas. Il serait enfin agréable de voir des contreparties à tous les efforts consentis par le peuple (sauvetage de la zone euro, soutien au FMI…), qui mérite autre chose qu’une liste grise de l’OCDE ou un strapontin personnalisé au G20.»