Dette et dépenses de l’État : apprendre des expériences internationales


Extrait de : Dette et dépenses de l’État : apprendre des expériences internationales,  Alex Korbel, 24 Gold, 28 février 2012

Quarante années d’expériences dans plus de vingt pays montrent que la réduction des dépenses de l’État, sans hausse d’impôts, est le moyen le plus efficace pour réduire le poids de la dette publique.

Évidemment, le Québec a oublié ce message, tandis que l’Ontario l’a compris, différence, relativement simple nos politiciens couchent littéralement avec les groupes d’intérêts (corruption étatique), tels que satisfaire nos gros syndicats.

Quand l’argent est mal distribué en créant de sérieuse iniquité telle que le privé-public ou intergénérationnel, toute hausse est contestée, l’exemple des étudiants en est un.

Alors l’État perd toute crédibilité en tentant d’imposer une hausse.

La dette de l’État français est passée de 20% du PIB en 1978 à 86,2% en 2011 (87% en 2012). Le service de la dette devient le premier poste du budget (46,9 milliards d’euros), devant celui de l’Éducation Nationale (44,5 milliards) et de la Défense (30,1 milliards).

France - Évolution d'endettement

Évolution du niveau d’endettement de l’État français

La République française n’est pas le premier État aux prises avec un ratio d’endettement (dette publique/PIB) dangereux.  Heureusement, le monde universitaire a déjà mis en évidence ce qui peut être fait pour réduire ce ratio tout en ayant un effet bénéfique pour l'économie du pays.

Large changes in fiscal policy taxes versusAlberto Alesina et Silvia Ardagna, de l’Université Harvard aux États-Unis, ont examiné 107 plans gouvernementaux visant à réduire la dette publique dans 21 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 1970 et 2007.

Leurs résultats laissent entrevoir que les réductions d'impôt sont plus favorables à la croissance que l'augmentation des dépenses de l’État dans le cas d'une relance budgétaire.

Ils ont aussi constaté que la réduction des dépenses de l’État est le moyen le plus efficace pour réduire le ratio d’endettement :

« Nous montrons que les réductions de dépenses publiques sont beaucoup plus efficaces que les hausses d'impôts afin de stabiliser la dette de l’État et d'éviter les ralentissements économiques. Mieux, nous présentons plusieurs cas où la réduction des dépenses de l’État adoptée afin de réduire le déficit public a provoqué une forte croissance économique en lieu et place d’une récession. »

La fonction publique est une dépense, tandis que taxer de tous bords réduit le pouvoir d’achat des consommateurs, réduisant ainsi l’activité économique.

Pourtant, notre ministre Bachand est un économiste, il devrait connaître ces principes de base, mais il y a un problème, c’est avant tout un politicien carriériste, alors on oublie la théorie et vive ma carrière politique.

Large changes in fiscal policy: taxes versus spending.

Our results suggest that tax cuts are more expansionary than spending increases in the cases of a fiscal stimulus. Based upon these correlations we would argue that the current stimulus package in the US is too much tilted in the direction of spending rather than tax cuts. 

For fiscal adjustments we show that spending cuts are much more effective than tax increases in stabilizing the debt and avoiding economic downturns.

In fact, we uncover several episodes in which spending cuts adopted to reduce deficits have been associated with economic expansions rather than recessions. We also investigate which components of taxes and spending affect the economy more in these large episodes and we try uncover channels running through private consumption and/or investment. (Source, page 3)

La conclusion de l’étude

Réussite :

Montre que dans les cas où les plans de réduction du ratio d’endettement réussissent (une réussite étant définie comme la réduction cumulative du ratio d’endettement d’au moins 4,5 points sur trois ans),

·         Ils sont le résultat d’une baisse de deux points de PIB des dépenses publiques et

·         d’une baisse d’un demi-point des rentrées fiscales. 

Infructueux :

Les plans de réduction du ratio d’endettement infructueux (aboutissant à une augmentation cumulative du ratio d’endettement de l’État), eux,

·         Sont le fruit de réductions des dépenses de l’État plus faibles (0,8 points de pourcentage en moyenne) et

·         d’une importante augmentation des recettes fiscales (1,4 points).

C’est exactement ce que le Québec en fait, pour ne pas traumatiser les groupes d’intérêts, pour le peuple vous n’êtres que du bétail à cash, s’il vous en reste ?

Le Fonds monétaire international (FMI) est arrivé à des résultats similaires et indique que l’ajustement budgétaire que doivent réaliser beaucoup de pays aujourd’hui a en réalité de nombreux précédents :

« Au cours des trois dernières décennies, il y a eu 14 exemples dans des pays développés (et 26 exemples dans des pays en voie de développement) où les États ont fait baisser de sept points de pourcentage leur ratio d’endettement.  Plusieurs pays ont également été en mesure de maintenir d'importants excédents budgétaires sur plus de cinq années suivant la mise en œuvre de ces mesures (…). » (Source, page 5)

Les plans de relance basés sur l’augmentation des dépenses de l’État et l’augmentation du fardeau fiscal ne fonctionnent pas. Les gouvernements japonais, européens et américains les ont mis en application, sans succès.

Il est maintenant temps de tirer les leçons de quarante années d’expériences dans plus de vingt pays et d’enfin réduire les dépenses de l’État et le fardeau fiscal pour renouer avec la croissance économique et le progrès social.

Pour réduire les dépenses d'États, tout en gardant le même niveau service, il faut augmenter son efficacité, ça ne marchera pas, tant aussi longtemps que l'on n'élimine pas certains privilèges que les syndicats de la fonction publique, on acquit durant les dernières décennies par chantage syndical.

Sécurité, ancienneté et permanence devront  être abolies, comme dans les pays scandinaves, tout employé d’État redevient imputable et son salaire est en fonction de son mérite.

Même, si le discours n’est pas plaisant, on va être obligé de l’imposer, devant l’impasse financière québécoise.