Foxconn et Espagne source d’un même problème

Deux problèmes différents, mais provienne de la même source, une mondialisation débridée qui profite à l’oligarchie.

Apple utilise les Chinois comme du bétail humain pour réduire au maximum les coûts de production et pour maximiser les profits.

Apple annonce des profits record

13,6 milliards de profits sur 46 milliards de dollars de ventes, marge : 36 %

Tandis, que les Espagnols, sont malheureusement 10 fois trop chers qu'un Chinois, ce qui est valable pour tous les pays industriels, donc, les compagnies de masse (beaucoup d'emplois) sont transférés dans les pays émergents, pour le reste de la population qui fait des études vous êtres encore cinq fois trop chers.

Donc, concurrence déloyale en considérant que l'aspect du coût du bétail humain, si nous voulons avoir une Économie mondiale équilibrée, on doit considérer le coût de la démocratie (ex. : filet social) et le coût associé à l'écologie, sans cela ce n'est que du simple dumping social.


Extrait de : Chez Foxconn, les salariés travaillent plus de 76 heures par semaine, L'Expansion.com,  30/03/2012

La Fair Labor Association a audité pendant un mois trois usines du sous traitant d'Apple en Chine. Elle dénonce des conditions de travail trop difficiles. Apple et Foxconn s'engagent à rectifier le tir.

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Des étudiants chinois simulent la mort des ouvriers de Foxconn, un fournisseur d'Apple

Chez Foxconn, l'un des principaux sous-traitants du fabricant informatique Apple basé en Chine, les employés ne comptent pas leurs heures. La Fair Labor Association (FLA) vient de passer 3.000 heures à inspecter trois usines de Foxconn. Elle a aussi interrogé 35.000 ouvriers. Les résultats de cette enquète sont accablants.

La FLA met au jour "des heures supplémentaires excessives et des problèmes de rémunération de ces heures supplémentaires, des risques en termes de santé et de sécurité, des manquements cruciaux de communication qui ont mené à un sentiment généralisé de conditions de travail peu sûres chez les ouvriers".

"L'enquête a notamment découvert qu'au cours des douze derniers mois, les trois usines où des problèmes ont été trouvés avaient dépassé à la fois les normes de 60 heures de travail hebdomadaires de la FLA (y compris les heures supplémentaires) et les limites légales hebdomadaires chinoises de 40 heures plus 36 heures supplémentaires maximum", détaille un communiqué.

"Pendant les périodes de pic de production, le nombre moyen d'heures travaillées dépasse les 60 heures par semaine. Il y a eu des périodes pendant lesquelles certains employés ont travaillé plus de sept jours d'affilée sans l'interruption requise de 24 heures", ajoute-t-il.

Que, pour un téléphone à 500 dollars, la main-d’œuvre lui coûte moins de 10 dollars.

Le salaire d’un employé junior de Shenzhen passe ainsi à 1800 yuans (290 dollars) par mois. Il y a trois ans, le montant était de 900 yuans.(1)

Apple s'est engagé auprès de l'association à "ramener les heures de travail aux limites légales tout en préservant leur rémunération, à améliorer les conditions sanitaires et de sécurité et à offrir aux ouvriers des possibilités réelles" de faire entendre leurs doléances, ajoute la FLA.

"Apple et son sous-traitant Foxconn ont accepté nos recommandations et nous allons surveiller les progrès et en faire état publiquement", a commenté Auret van Heerden, le directeur général de la FLA, cité dans le communiqué. Foxconn a notamment accepté de mettre ses usines en conformité totale avec les limites légales chinoises et les normes de la FLA sur les heures de travail d'ici juillet 2013", selon un plan proposé par l'association.

L'organisme va continuer à surveiller les conditions de travail dans ces usines pour "vérifier la mise en oeuvre" des promesses d'Apple. L'association avait été chargée à la mi-janvier par le groupe californien d'inspecter les usines de ses fournisseurs chinois et notamment celles de Foxconn, après avoir été accusé d'y laisser perdurer des conditions de travail déplorables. La FLA compte dans ses membres des universités, des organisations à but non lucratif et des entreprises.


Extrait de : Une marée humaine défile dans l'Espagne en grève, AFP, Le Monde.fr, 29.03.2012

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L'Espagne a vécu au ralenti, jeudi 29 mars, du fait d'une grève générale contre la réforme du travail et la politique d'austérité du gouvernement de droite, qui présente vendredi un budget 2012 marqué par de nouvelles coupes, sous l'œil inquiet de Bruxelles. La grève générale, à l'appel des grands syndicats,Comisiones Obreras (CO) et UGT, a été ponctuée de manifestations.

Portant de petites pancartes où étaient dessinés des ciseaux, symbole des réductions budgétaires, cent mille manifestants au moins ont parcouru les avenues du centre de Madrid. Les syndicats ont annoncé près de un million de personnes, le quotidien El Pais cent soixante-dix mille.

Dans le cortège, José Luis Rodriguez, commercial de 35 ans dans le secteur automobile, expliquait qu'il avait fait le choix de perdre une journée de salaire pour défendre ses droits, en faisant grève pour la première fois de sa vie.

"Cette journée va me coûter 60 euros, c'est peu en comparaison de ce qu'ils risquent de me prendre demain avec la réforme, ils peuvent me jeter à la rue", lançait-il. "Ils attaquent les droits des travailleurs, si nous ne sortons pas dans les rues, ils ne sauront pas que nous sommes contre la réforme."

L’industrie automobile chinoise a mis un pied dans la porte…

« Il est clair que les véhicules chinois, indiens ou d’autres pays émergents, seront dans les prochaines années monnaie courante sur les routes européennes », cette phrase n’est pas lancée à la légère, elle émane de celui que l’on pourrait qualifier d’examinateur en chef, Michiel Von Ratingen, le secrétaire général d’EuroN-CAP, organisme de référence incontournable pour commercialiser. (2)

VIOLENCES À BARCELONE

Les manifestants, évalués à huit cent mille par les syndicats, à dix fois moins par la police, défilaient aussi à Barcelone, la deuxième ville du pays, où des violences ont éclaté entre policiers et groupes de jeunes. "La police a dû intervenir et a utilisé des balles en caoutchouc" face à un "groupe assez important" qui a provoqué "des incidents violents", a déclaré un porte-parole du ministère de l'intérieur régional. Des images de la télévision catalane ont montré des groupes de jeunes brûlant des conteneurs à ordures et faisant face aux policiers antiémeutes, casqués. Ces derniers ont tiré plusieurs balles en caoutchouc, visant le sol.

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Les incidents de Barcelone ont été les plus violents, mais des heurts ont également éclaté dans d'autres villes, comme à Séville et à Madrid durant les premières heures de la grève. Au total, cent soixnte-seize personnes ont été interpellées, cinquante-huit policiers et quarante-six manifestants ou grévistes ont été blessés à travers le pays, selon le ministère de l'intérieur.

Partout ailleurs, la mobilisation était forte, avec cinquante mille personnes à La Corogne selon la police, vingt-cinq mille à Saint-Jacques de Compostelle, selon les syndicats, entre soixante-douze mille et quatre cent mille dans toute l'Andalousie, entre trente-cinq mille et deux ent cinquante mille à Valence, selon les estimations.

Agitant des drapeaux rouges et des pancartes avec les mots "Réforme du travail, non", les grévistes s'étaient installés tôt le matin aux portes des usines, des marchés de gros de Madrid et de Barcelone, des banques ou des stations de transports en commun, placardant des affichettes annonçant : "Fermé pour cause de grève". "J'espère que cette manifestation servira à quelque chose, que la réforme sera modifiée, aujourd'hui le licenciement est presque gratuit", s'indignait Maria José Velasco, une vendeuse au chômage de 38 ans.

Madrid turbulence

Les syndicats dénoncent cette réforme approuvée le 11 février par le gouvernement et destinée à combattre un chômage record, à 22,85 % des actifs. Pour eux, son seul effet sera d'aggraver le fléau, alors que le gouvernement lui-même prévoit la destruction de six cent trente mille emplois en 2012 et un chômage à 24,3 % en fin d'année. "C'est la juste réponse à une réforme brutale de notre marché du travail", a expliqué Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général des CO.

Cette grève générale est la sixième depuis le rétablissement des libertés syndicales, en 1977. La précédente remonte au 29 septembre 2010, sous le gouvernement socialiste.

ÉLÈVE TURBULENT DE LA ZONE EURO

L'impact de la grève semblait avoir été limité par l'accord de service minimum conclu entre syndicats et pouvoirs publics, sans compter le souci de nombreux Espagnols de ne pas perdre une journée de salaire dans un contexte de rigueur. A Madrid, 30 % en moyenne des métros et des bus devaient circuler. Dans le reste du pays, 30 % des trains régionaux étaient prévus, de même que 20 % des trains nationaux.

Les compagnies aériennes Iberia, Air Nostrum  et Vueling ont, elles, annulé en moyenne 60 % de leurs vols. Outre les services  publics, les industries métallurgiques et automobiles semblaient les plus touchées par les arrêts de travail. Des lieux touristiques, comme l'Alhambra de Grenade  ou le Musée Picasso de Barcelone , sont restés fermés.

Cent jours après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Mariano Rajoy, les nuages s'amoncellent sur l'Espagne , qui fait désormais figure d'élève turbulent de la zone euro : retour à la récession, exaspération sociale grandissante, dérapage budgétaire à hauts risques et chômage galopant.

La grève arrive ainsi au pire moment : sous l'œil de ses partenaires européens, inquiets de l'état des finances publiques du pays, le Conseil des ministres doit présenter vendredi le budget 2012, marqué par des coupes sévères. L'objectif de ce budget, qualifié d'"austère" par Mariano Rajoy lui-même, est de réduire à 5,3 % du PIB en fin d'année le déficit public, après un dérapage jusqu'à 8,51 % en 2011, au prix de lourds sacrifices sociaux.

Tout les pays n’ayant pas assez de compétitivité, sortez de l’euro, cette situation ne favorise que l’oligarchie financière, la mondialisation débridée et les industriels allemands.