Hausse des frais de scolarité un brin d’immoralité ?

Actuellement, il y a un débat entre la hausse des étudiants, je me suis attardé sur le sujet, car le débat est intéressant.

L’approche de Richard Martineau les étudiants doivent payer leurs justes parts, car ce sont les frais les moins dispendieux au Canada.

L’approche d’Éric Duhaime : les étudiants vivent dans la province la plus endettée de l’Amérique du Nord et ce sont eux qui vont avoir le problème plus tard devant l’irresponsabilité de nos politiciens.

Je ferai mes commentaires à la fin, examinons leurs approches :


Richard Martineau

Éric Duhaime

 

 

Lettre à Éric Duhaime

 

On m’a dit que tu t’es fait « barouetter » par des étudiants, alors que tu as défendu leur cause à de nombreuses reprises en dénonçant les hausses des frais de scolarité sur toutes les tribunes.

 

Comment aimes-tu l’expérience ? Super, non, de se faire insulter par les gens mêmes que tu défends ?

 

Ça t’apprendra à les avoir critiqués quand ils bloquaient des ponts !

 

Tu sauras qu’avec les étudiants, c’est comme avec Bush : tu es avec eux ou contre eux. Pas de demi-mesures.

 

Tu acceptes TOUT ce qu’ils font et TOUS les moyens qu’ils utilisent pour arriver à leurs fins, ou tu es un ennemi à abattre.

 

Vive la solidarité aveugle, et bonjour l’esprit critique…

 

UN SYSTÈME « BEN CORRECT »

 

Tu écris souvent, cher Éric – que ce soit dans tes chroniques ou dans ton livre L’État contre les jeunes – que nous devrions avoir honte d’enterrer les jeunes sous une montagne de dettes.

 

C’est vrai : nous vivons sur la carte de crédit et pelletons toujours nos dettes « par en avant », c’est-à-dire dans la cour de la génération montante.

 

Mais approche, je vais te chuchoter un secret dans l’oreille : si les jeunes pouvaient, ils feraient EXACTEMENT la même chose.

 

Demande aux jeunes ce qu’ils pensent du modèle québécois, tu verras : la très grande majorité le trouvent « ben correct ».

 

Regarde les étudiants qui manifestent dans les rues : tu crois que plusieurs sont dans « ta » gang ? Qu’ils veulent réformer le système québécois, qu’ils demandent au gouvernement de couper dans ses dépenses, de revoir son offre de services et de passer la hache dans l’État ?

 

Non. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre, comme leurs parents.

 

BLANC BONNET, BONNET BLANC

 

Habituellement, les jeunes défendent des causes qui se situent à l’extrême opposé de celles défendues par leurs parents. Ils brassent la cabane, arrivent avec des idées neuves, inédites, révolutionnaires…

 

Or, en 2012, les jeunes ne se battent pas pour qu’on réforme le système que leurs grands-parents ont mis sur pied et que leurs parents ont soigneusement nourri. Ils se battent pour qu’on le maintienne, même s’il craque de tous bords, tous côtés !

 

La seule différence entre les baby-boomers et la majorité des jeunes qui manifestent dans les rues, c’est la couleur des cheveux.

 

Les deux groupes défendent

 

EXACTEMENT le même système !

 

AU-DELÀ DES GÉNÉRATIONS

 

Tu défends beaucoup les jeunes, en disant qu’ils sont victimes de la génération précédente. Tu te trompes, Éric : ils sont victimes d’une idéologie qui TRANSCENDE les générations.

 

La preuve : EUX-MÊMES protègent cette idéologie que tu ne cesses de pourfendre ! Ils défendent le système même qui les a foutus dans la merde !

 

Eux aussi veulent des services « gratuits » mur à mur, achetés à crédit !

 

Ta vision de la jeunesse est touchante. Mais elle est naïve. Les jeunes dont tu parles n’existent pas ou alors, en très petit nombre. Voilà pourquoi les étudiants te conspuent même si tu les défends : ils ne veulent RIEN savoir de tes idées. Ni des miennes.

 

Ils ne veulent pas un système fondamentalement différent.

 

Ils veulent « more of the same »

Pour qui parlent-ils ?

 

Tu as raison, Richard, que certains leaders étudiants se font ces jours-ci les vils perroquets de baby-boomers syndicalistes.

 

À écouter le discours de Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la CLASSE, l’organisation la plus radicale des grévistes-étudiants, on croirait entendre la vieille casette de la CSN des années 70. Hier, il annonçait d’ailleurs que lui et quelques autres hurluberlus vont aller à Alma samedi prochain manifester en compagnie des lock-outés de Rio Tinto Alcan. N’essaie pas de trouver un lien avec la cause étudiante, il n’y en a aucun. Ce sont de vulgaires camarades socialistes qui s’unissent.

 

Là où tu as cependant complètement tort Richard, c’est lorsque tu penses que ces jeunes gauchistes représentent un tant soit peu l’ensemble de leur génération.

 

GÉNÉRATION LIBERTÉ

 

J’ai la chance ces dernières semaines de faire une tournée des cégeps et des universités. À chacun des endroits visités, je puis t’assurer que ceux qui sont contre mon discours de droite et de responsabilité individuelle sont généralement les profs syndiqués et les représentants de l’association syndicale étudiante.

 

L’écrasante majorité des cégépiens et des universitaires québécois comprennent parfaitement que le vieux modèle d’État providence nuit à leurs intérêts.

 

Aucun jeune ne se fait d’illusions. Tous savent qu’ils vont payer 4 à 5 fois plus en cotisations aux régimes de retraite publics pour en retirer moins que leurs parents. Ils sentent instinctivement que la montagne de dette dont ils héritent finira par les ruiner. Ils appréhendent que le système de santé leur coûte les yeux de la tête toute leur vie et que la carte soleil soit pleine une fois qu’eux atteindront l’âge où on nécessite le plus de soins. Ils devront alors repayer de leurs poches.

 

L’ARGENT DES AUTRES

 

Tout le monde veut toujours mener une vie plus facile, au-dessus de ses moyens, au crochet des autres. Évidemment, les jeunes comme les vieux aimeraient se gaver dans le buffet des services publics pour refiler ensuite la facture à ses enfants ou à ses petits-enfants. Ce système-là arrête cependant de fonctionner quand il manque de l’argent des autres. On est rendu là. La carte de crédit de nos enfants et de nos petits-enfants ne passe plus dans la machine. La transaction est R-E-F-U-S-É-E. Va falloir changer de stratagème.

 

Pendant que les baby-boomers arrivent à l’âge de la retraite, nos infrastructures publiques tombent en ruine, un gars sur trois dans nos écoles décroche au secondaire, on attend 20 heures en moyenne dans ce qu’on appelle "l’urgence" de nos hôpitaux, les caisses des régimes de retraite publics se vident, notre dette publique est hors de contrôle, la question constitutionnelle est dans un cul-de-sac, on peine à intégrer nos nouveaux arrivants et les jeunes sont de moins en moins nombreux.

 

Ne sous-estime pas, Richard, l’intelligence de la relève. Elle est certes moins nombreuse, mais elle est bien plus scolarisée que ses parents, plus bilingue et plus ouverte sur le monde.

 

La jeunesse silencieuse se fera entendre, “ loud and clear ”, dès que notre société de ti-vieux daignera l’écouter… Moi, j’ai confiance en cette génération !

 


Richard Martineau et Éric Duhaime : échange de lettres et les étudiants


Mario Dumont et Réjean Breton: Frais de scolarité, grèves étudiantes et impunité généralisée

On ne corrige pas une erreur, par une autre erreur !


Opinion de Québec Droite

En fait, tous les deux ont raison, justes des visions différentes.

Sur le plan comptable, M. Richard Martineau a raison, les étudiants paient beaucoup moins chers que le reste des étudiants canadiens et drastiquement moins que l'étudiant américain, ces arguments sont solides.

Par contre, Éric regarde la situation à long terme, examinons les faits.

Le Québec est tellement endetté, si le Québec était un État-Souverain, il serait le troisième pays le plus endetté du monde, 113 %.

Le Québec par sa mauvaise gestion financière depuis des décennies a un déficit cumulé de 120 milliards sur 183 milliards de dettes brutes, plus de (35 .1 % du PIB) ces dépenses ont servi à payer des dépenses d'épiceries.

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Tel que mentionné dans mon carnet, État-Providence, un brin d’immoralité une dépense d’épicerie est une dépense immorale.

À chaque fois, qu’un pays, une province, ou une région fait un déficit budgétaire associé à des dépenses d'opérations (épiceries), vous êtres en situation immorale.

Vous obtenez des services sans payer le coût du service réel et vous transportez le fardeau de la dépense sur le dos de vos fils et petits-fils.

S'il y avait seulement cet unique problème, on pourrait se contenter, on n'est dans le même bateau que l'ensemble des États-Providence.

Par contre, nous avons un double problème, tel que mentionné depuis 2 ans sur mon blogue, et repris par les médias, dans moins de 15 ans, on va avoir 2 travailleurs par retraité et cette année :

·         Même avec 4 travailleurs par retraité.

·         En ayant reçu plus de 8 milliards de péréquations.

·         10 milliards de taxes additionnelles sur le dos du peuple depuis 3 ans et

·         En augmentant la dette de 10 milliards par année, on n’arrive même pas à équilibrer le budget.

Alors, chers concitoyens, comment pensez-vous que l'on va s'en sortir avec seulement deux travailleurs par retraité ?

Et c’est là, la question morale se pose ?

Les jeunes qui sont à l’école dans 15 ans seront dans la trentaine, ils devront supporter la Province-État parmi la plus endetté du monde avec le deuxième pire problème démographique au monde.

Beau cadeau à LEUR donner ?

En plus, vous voulez hausser leurs frais de scolarité, si la province avait le même niveau d'endettement comme les autres provinces, je n'aurais aucun problème à augmenter les tarifs scolaires, mais c'est très loin d'être le cas.

Si la plupart des étudiants ne connaissent pas les détails économiques, ils savent très bien que le Québec se dirige dans le mur, et ça ne prend pas un doctorat en économie, pour comprendre ce funeste déroulement.

De plus, ils n'ont jamais eu le droit au chapitre, car on leur passe une monstrueuse dette pour satisfaire des services que l'on n'avait pas les moyens, drôlement faciles, leurs transférer la dette, quand ils ne sont pas encore nés ou n'avaient pas le droit de vote.

Selon M. Réjean Breton, on ne corrige pas une erreur par erreur, exacte sur le principe, mais naïf dans la réalisation.

Car il est beaucoup plus facile pour un gouvernement de taper sur les étudiants que de réduire les retraites dorées de l'aristocratie ou les groupes de pression des entreprises qui reçoivent autant de subventions que d'impôts de sociétés que l'on reçoit.

Programme  d’austérité

Comme je scrute le monde entier régulièrement, à peu près aucun État-Providence n'a implanté des programmes d'austérité sans avoir eu la pression du marché extérieur, donc avant que le gouvernement puisse réduire les privilèges de ces groupes d'intérêts, ça risque de prendre quelques années.

Donc, non seulement, ont leurs demandes de supporter une montagne dette non responsable, mais on veut augmenter leurs frais de scolarité ?

Il faudrait que le gouvernement fasse un bout de chemin avant de taper sur les jeunes, c’est la même analogie, en tant que peuple, il y a trois ans, quand vous disiez au gouvernement avant de nous hausser, réduit donc, tes dépenses ?

Qu’ont-ils faits à la place, ils ont réduit l'accroissement des dépenses et même à ce chapitre, ils n'ont même pas réussi, pourquoi ne pas réduire les dépenses ?

Parce qu’ils ne veulent pas, offusquer les groupes d’intérêts.

En tant que peuple, nous n'avons eu aucun sens moral pour leur transfèrer une dette d'épiceries de 120 milliards sur le dos, il faudrait garder un minimum de décence moral avant de hausser leurs frais de scolarité, que l'on réduise nos dépenses avant de hausser les frais de scolarité.

Donc, je suis en accord avec la position de M. Éric Duhaime.

Q.D.