L'Espagne, le Portugal ou l'Italie sérieux problèmes avec l'austérité


Extrait de : La rigueur, coûte que coûte, Sandra Moatti, Alternatives Economiques,  n° 311 - mars 2012

Sauvée in extremis, la Grèce n'est pas pour autant sortie d'affaire. Et les difficultés de l'Espagne, du Portugal ou de l'Italie traduisent l'échec de l'austérité généralisée en Europe.

Ils pensaient en avoir fini avec les nuits blanches et les Sommets de crise à répétition. Mais il a fallu attendre 5 heures du matin, le 21 février dernier, pour que les dirigeants européens actent enfin le dernier en date des plans de sauvetage de la Grèce. Athènes devrait ainsi éviter le défaut de paiement qui la menaçait, face aux 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance le 20 mars prochain qu'elle aurait été incapable de rembourser. En " sauvant " une nouvelle fois la Grèce, les pays de la zone euro cherchent à préserver l'accalmie qui règne depuis le début de l'année sur les marchés de dette publique. Une détente qui doit d'ailleurs bien plus à l'action puissante de la Banque centrale européenne (BCE), qui inonde littéralement les banques de liquidités, qu'au plan que les dirigeants européens se sont fixé au Sommet du 9 décembre dernier (l'avancée de l'entrée en vigueur du mécanisme européen de solidarité et le durcissement des règles budgétaires, voir page 12).

Mais pendant que l'incendie se calme sur les marchés, les rues d'Athènes sont en feu et les autres économies de la périphérie de la zone - Espagne, Portugal, Italie, Irlande - replongent elles aussi dans la récession. Qu'est-ce qui l'emportera au final ? L'action apaisante de la BCE ou les effets dévastateurs d'une austérité budgétaire qui étouffe la croissance et attise les mécontentements ? Difficile à dire pour l'instant. Mais les maigres chances de succès du plan d'ajustement de l'économie grecque, laboratoire grandeur nature des médications européennes, n'incitent guère à l'optimisme.

Grèce : Des saignées massives

Le nouveau plan d'austérité infligé à la Grèce, le septième depuis début 2010, est d'une extrême sévérité. Au total, c'est un resserrement budgétaire de l'ordre 12 % du produit intérieur brut (PIB) qui lui est demandé d'ici à 2015. Afin de rétablir les comptes publics,

·         le salaire des fonctionnaires est réduit de 35 % et

·         leurs effectifs amputés d'un quart (suppression de 150 000 postes).

Côté protection sociale,

·         la durée de cotisation retraite est allongée de 37 à 40 annuités,

·         l'âge légal de départ recule de quatre ans, à 65 ans,

·         les indemnités de licenciement sont divisées par deux.

Côté recettes,

·         la TVA bondit de 4 points, à 23 % ;

·         diverses taxes sur les carburants, les cigarettes ou les alcools s'envolent,

·         tandis que le seuil d'imposition sur le revenu tombe de 12 000 à 5 000 euros.

Le secteur privé n'est pas épargné :

·         dans le but de restaurer la compétitivité dégradée du pays, le salaire minimum devrait baisser de 22%, de 750 à 586 euros (- 35 % pour les jeunes).

(Attention, par mois)


Le Portugal ?

Marc Chevallier

" Nous ne laisserons pas ce qui s'est passé en Grèce se dérouler ici ", affirmait le Premier ministre du Portugal Passos Coelho, début février. Pourtant, le Portugal a vu en janvier la note de sa dette dégradée par Standard&Poor's au même rang que les " junk bonds ", les obligations pourries. Et les taux de ses obligations à court terme ont dépassé ceux à long terme, signe que les marchés anticipent un défaut de paiement du Portugal.

La dette publique portugaise (102 % du PIB en 2011) est pourtant moindre que la grecque (160 %). Et le gouvernement lusitanien respecte son programme de réduction des déficits, au prix d'une austérité drastique équivalente à presque 6 points de PIB en 2011.

Récession

Mais ces mesures d'austérité, parmi les plus inégalitaires d'Europe selon une étude de la Commission européenne [1], poussent à nouveau le pays dans la récession, avec - 3,1 % prévus en 2012 selon la Banque du Portugal, après - 1,5 % en 2011. Ce qui fait douter de la capacité de Lisbonne à rembourser sa dette.

D'autant qu'elle traîne également une dette privée très importante et qui ne se dégonfle guère. Parallèlement, le chômage atteint déjà 13,6 % de la population active et jusqu'à 31 % des moins de 25 ans. La réponse du gouvernement portugais a surtout consisté à flexibiliser les salaires, les embauches et les licenciements, afin de regagner la compétitivité perdue durant la décennie 2000.

Peu qualifiés

Avant même la crise, l'économie lusitanienne était en effet en stagnation : son industrie, orientée vers les biens de consommation à faible valeur ajoutée, a beaucoup souffert de la concurrence des pays émergents. Trop petites, investissant très peu en recherche et développement, les entreprises portugaises ont vu leurs marges écrasées. Touchées par un violent credit crunch (*) , elles n'ont pas la capacité d'investir pour monter en gamme.

Le très bas niveau de productivité du Portugal (nettement inférieur à celui de la Grèce) est notamment lié à la faible qualification de sa main-d'oeuvre : seuls 28 % des adultes avaient achevé des études secondaires en 2008. Plus encore que la réduction engagée du coût du travail, c'est l'amélioration du système éducatif qui paraît prioritaire pour élever le potentiel de croissance du pays. Or, l'éducation a été l'une des principales victimes de l'austérité : son budget recule davantage en 2011 que le reste des dépenses publiques.

[1] " The distributional effects of austerity measures : a comparison of six EU countries ", Research Note, novembre 2011, Commission européenne.


Pour les créanciers de la Grèce, notamment les pays d'Europe du Nord, cette austérité est doublement justifiée. En premier lieu, parce qu'elle n'est que la correction des dérives du pays depuis son entrée dans l'euro. En témoigne le déficit courant qui atteignait près de 18 % du PIB en 2008 et qui était encore de 10 % en 2011. L'effort demandé à Athènes est aussi la contrepartie du soutien exceptionnel qui lui est apporté : les créanciers privés de l'Etat grec ont finalement accepté de renoncer à plus de 100 milliards sur les 206 milliards de dette qu'ils détiennent [1]. De leur côté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Fonds monétaire international (FMI) devraient débloquer 130 milliards d'ici à 2014, après les 110 milliards décidés en mai 2010, dont 73 milliards ont déjà été déboursés. Une aide dont la majeure partie sert à accompagner l'abandon de créances consenti par les investisseurs privés. Notamment à recapitaliser les banques grecques, que l'annulation de la moitié de leurs créances sur l'Etat grec conduirait sinon à la faillite.

Une profonde dépression

Force est cependant de constater que les " remèdes " infligés à la Grèce sont en train de tuer le malade.

Depuis 2008,

·         Après quatre années consécutives de baisse, le PIB a plongé de 15 %.

·         Le chômage touche un travailleur sur cinq et quasiment un jeune sur deux, lesquels quittent d'ailleurs le pays en masse : entre début 2008 et début 2011, la tranche d'âge des 20-29 ans a perdu un dixième de ses effectifs.

·         L'investissement est en chute libre, les équipements des entreprises et les infrastructures se dégradent.

·         Les indicateurs sociaux et humains sont alarmants, dans un pays dont le quart de la population vivait déjà en 2010 dans la pauvreté ou au bord de l'exclusion sociale.

·         Le nombre de sans-abri a augmenté de 25 % en deux ans, l'accès aux soins se ferme, les conditions de santé se détériorent, le nombre de suicides augmente…

Et les perspectives sont désespérantes : dix années de vache maigre sont censées permettre de ramener la dette publique à 120 % en 2020, le niveau qui était le sien en 2008. Et encore, au vu des prévisions de croissance catastrophiques pour 2012 et 2013, ces projections paraissent exagérément optimistes. En effet, entre l'effondrement des revenus et de l'activité, une fraude fiscale plus intense que jamais et des privatisations qui rapportent bien moins que prévu, les recettes ne rentrent pas. Et il se murmure déjà qu'un autre plan de soutien sera inévitable

Echapper à cette descente aux enfers supposerait une annulation massive de la dette grecque, de la part des créanciers non seulement privés mais aussi publics, doublée d'un véritable plan de reconstruction de l'économie et des institutions. Mais pour les pays d'Europe du Nord, ce serait " récompenser le vice " ou, dans un langage plus économique, encourager l'aléa moral : tous les pays en difficulté seraient incités à demander le même traitement qu'Athènes. Et puis, comment faire confiance à des dirigeants qui mettent si peu d'empressement à combattre les maux qui gangrènent leur pays, à commencer par la fraude fiscale…

Amputer ?

Alors que faire ? Prononcer le divorce ? La rupture, évitée de justesse le mois dernier, n'est toujours pas à exclure, tant l'exaspération et le ressentiment se sont accumulés de part et d'autre. Si les Grecs, dans leur majorité, sont attachés à l'euro et ne se font guère d'illusion sur la qualité de leurs institutions et de leur classe politique, ils supportent de moins en moins les diktats de la troïka. Le sentiment de désespoir et d'humiliation nourrit la montée des extrêmes. Dans ces conditions, rien ne garantit que le gouvernement qui sortira des urnes après les élections législatives prévues le 8 avril prochain s'en tiendra aux termes du plan de rigueur voté le 12 février.


Irlande : le bon élève en difficulté

Marc Chevallier

L'Irlande a tout fait pour s'attirer les louanges de la troïka (*) . Dans l'espoir de stabiliser sa dette publique à 120 % du PIB d'ici à 2013, elle a entrepris un effort budgétaire équivalent à 3,4 % du PIB en 2011, renouvelé en 2012 à hauteur de 2,7 % du PIB. Une austérité qui se décline en une hausse de l'impôt sur le revenu, de la taxe foncière, de la TVA… Des mesures qui touchent les ménages, mais épargnent les entreprises, Dublin restant plus que jamais accrochée à son faible niveau d'impôt sur les sociétés.

Pauvreté

Après trois ans de coupes dans les dépenses publiques, le pays devrait encore supprimer 6 000 postes de fonctionnaires cette année et tailler dans les dépenses de santé, d'éducation et de protection sociale.

Au total, l'ensemble des mesures d'austérité décidées de 2009 à 2011 a singulièrement augmenté le risque de pauvreté, comme le souligne la Commission européenne [1].

Exode

Grâce à un assouplissement des règles encadrant le marché du travail, l'Irlande a en outre baissé le coût salarial unitaire (*) de 20 % depuis 2008, une baisse qui a atteint 30 % dans les secteurs tournés vers l'exportation.

Ce qui avait fait redémarrer l'activité au début de 2011 après trois années de récession. Mais elle recule de nouveau depuis l'été dernier, fragilisée par la récession en Europe.

Cette baisse du coût du travail n'a pas non plus empêché le chômage de rester installé au-dessus de 14 %, alors que le surendettement des ménages demeure colossal.

La baisse des prix immobiliers se poursuit quatre ans après l'éclatement de la bulle, tandis que la demande intérieure est en chute libre.

Du coup, l'émigration reprend massivement : l'Irlande perd quasiment 1 000 habitants chaque semaine

[1] " The distributional effects of austerity measures : a comparison of six EU countries ", Research Note, novembre 2011, Commission européenne.


Or, du côté des créanciers, l'heure n'est plus aux compromis. Dans le nord de l'Europe, la Grèce est vue comme " un puits sans fond ", selon l'expression du ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble.

Et l'idée qu'il ne sert à rien de continuer à y engloutir des milliards a gagné du terrain. Le même Schäuble estime d'ailleurs que la zone euro est aujourd'hui " mieux préparée " qu'il y a deux ans à un défaut de la Grèce. De fait, l'exposition des banques européennes à la dette grecque a nettement baissé. Et l'action de la BCE a permis de détendre les conditions de financement des banques et des pays périphériques de la zone euro. Depuis le début de l'année, les conditions d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie se sont améliorées, sans être affectées par l'incertitude entourant le destin de la Grèce. Ce n'est cependant pas le cas du Portugal, dont les taux à dix ans sont montés jusqu'à 18 % sur le marché secondaire fin janvier (voir encadré page 8). Même s'ils ont baissé depuis, leur niveau ne permet pas d'envisager un retour de Lisbonne sur les marchés dans les délais initialement prévus.


Retour à la récession en Espagne

Marc Chevallier

L'économie ibérique enregistrera au premier trimestre 2012 une contraction du PIB pire que le - 0,3 % du dernier trimestre 2011, a reconnu début février Luis de Guindos, le nouveau ministre de l'Economie espagnol.

Dans ces conditions, le chômage devrait encore augmenter en 2012, alors que l'Espagne détient déjà un triste record en Europe : 5,3 millions de chômeurs fin 2011, soit près de 23 % de la population active, et même 48,7 % chez les moins de 25 ans !

Flexibilité

Dans l'espoir d'endiguer ce fléau, le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, arrivé au pouvoir en décembre dernier, veut s'attaquer à la dualité du marché du travail, caractérisé par la coexistence de contrats à durée indéterminée (CDI), dont la rupture coûte cher à l'employeur, et de contrats temporaires permettant au contraire les licenciements parmi les moins coûteux d'Europe : un système jugé responsable du haut niveau de chômage, puisque d'un côté il freine les embauches en CDI, tandis que, de l'autre, il incite les entreprises à se défaire très vite de leur main-d'oeuvre en contrat à durée déterminée au moindre ralentissement de leur activité.

La nouvelle réforme du marché du travail, comme celles du précédent gouvernement, réduit fortement les coûts de licenciement et décentralise un peu plus la négociation collective au niveau des entreprises, tout en accroissant les incitations fiscales à l'embauche de jeunes et de chômeurs de longue durée. Jusqu'ici cependant, les réformes précédentes n'ont pas freiné l'explosion du chômage.

Expulsions

L'Espagne souffre en effet de bien d'autres maux, et en premier lieu de l'hypertrophie du secteur de la construction. Ce secteur, qui était le moteur quasi unique de la croissance jusqu'en 2007, a représenté jusqu'à 13 % des emplois, un record en Europe. Il est désormais responsable de plus du tiers des destructions d'emplois depuis 2008. La dette immobilière des ménages continue de peser lourdement (83 % du PIB en 2011), ce qui se solde par toujours plus d'expulsions : elles ont encore augmenté l'an dernier avec 43 000 procédures au cours des neuf premiers mois de 2011, contre 48 000 pour l'ensemble de 2010.

Fragilités

La crise immobilière continue aussi de fragiliser les banques espagnoles : elles doivent augmenter leurs provisions de 50 milliards d'euros afin de se protéger des pertes potentielles de leurs immenses portefeuilles d'actifs immobiliers. Ce qui devrait les inciter à s'en défaire et donc accentuer la chute des prix. Par ailleurs, l'économie espagnole pâtit toujours d'importantes faiblesses structurelles : un retard technologique, une spécialisation industrielle dans le bas et le moyen de gamme et une fragmentation du territoire entre régions, freinant la concurrence et les économies d'échelle.

Pire, les secteurs d'avenir sont en passe d'être sacrifiés sur l'autel de l'austérité. Ainsi, alors que l'Espagne était devenue le premier producteur d'énergie éolienne d'Europe, devant l'Allemagne, avec des acteurs industriels de rang mondial comme Iberdrola ou Gamesa, le gouvernement a annoncé il y a peu la suspension temporaire des aides aux nouvelles installations de production d'énergie renouvelable.


Risques de contagion

La zone euro aurait tort de se croire à l'abri des conséquences d'un défaut grec. " Pour l'instant les pare-feu ne sont pas en place ", estime l'économiste Gilles Moec, de la Deutsche Bank. La force de frappe du FESF et du FMI est toujours insuffisante. " Il faudrait être capable de mettre 1 000 milliards sur la table pour faire face aux refinancements de l'Italie, de l'Espagne et de la Belgique au cours des trois prochaines années. Pour le moment, le compte n'y est pas. " Les risques de contagion dépendent aussi et surtout de l'état des autres économies périphériques.

Le retour de la croissance est finalement le seul moyen de conjurer la méfiance des marchés, mais aussi la révolte des peuples.

Or, les prévisions sont extrêmement sombres

·         En Italie, l'activité recule déjà au deuxième semestre 2011 et le FMI prévoit une récession sévère en 2012 (- 2,2 %), qui se prolongerait en 2013 (voir encadré ci-dessus).

·         Les perspectives de l'Espagne sont à l'avenant (voir encadré ci-contre).

·         Et elles sont encore plus catastrophiques pour le Portugal.


Italie : la potion amère du professeur Monti

Marc Chevallier

Les riches italiens sont de plus en plus nombreux à se séparer de leur Ferrari pour ne pas attirer l'attention, suite à l'opération de contrôle lancée par le fisc italien, le jour de l'an, auprès des conducteurs de grosses cylindrées, dans la très chic station de ski de Cortina d'Ampezzo. Signe qu'après des années de laxisme, la lutte contre l'évasion fiscale initiée par le nouveau gouvernement de Mario Monti est prise au sérieux. Cette pratique coûterait en effet 120 milliards d'euros chaque année à l'Etat et a contribué à catapulter la dette publique italienne à plus de 100 % du PIB avant la crise. Un niveau devenu insoutenable avec la chute de la croissance intervenue depuis 2008 et l'emballement des taux d'intérêt lié à la crise grecque.

Nouvelle cure

Outre la lutte contre l'évasion fiscale, le gouvernement s'est lancé dans une nouvelle cure d'austérité, après les deux plans déjà votés en 2011 sous Berlusconi : taxes sur les produits de luxe, réintroduction de l'impôt foncier et vaste réforme des retraites sont venues s'ajouter à la hausse de la TVA, à la réduction des dépenses des collectivités locales et des administrations, ainsi qu'aux coupes dans les programmes sociaux. Une potion amère, équivalente à 2,6 points de PIB pour 2012, qui empêche le secteur public de jouer son rôle de stabilisateur automatique au moment où le crédit bancaire s'assèche à nouveau.

Et ce ne sont pas les maigres mesures de soutien à l'activité décidées parallèlement (vague de libéralisation visant à ouvrir à la concurrence les secteurs " protégés ", baisses d'impôts pour les entreprises réinvestissant leurs profits ou embauchant en CDI des femmes et des jeunes…) qui sont à même de pousser l'Italie sur le sentier d'une croissance durable.


La débâcle grecque aurait pu sonner comme un avertissement pour les dirigeants européens. Mais non. Ce sera l'austérité, coûte que coûte, quitte à sacrifier la Grèce sur son autel. Athènes est et restera un cas à part, voudraient faire croire les dirigeants européens. Mais déjà, un nouveau plan d'aide au Portugal, moins d'un an après le premier, paraît inévitable. Et après ? Combien de victimes faudra-t-il pour que l'Europe remette en cause sa stratégie suicidaire ?