La défaillance d’un pays peut arriver très rapidement


Extrait de : Du risque d’être petit, Andreas Höfert, Economiste en chef, UBS, Le temps, 12 mars 2012

L’évolution de la notation de pays en difficulté est plus brutale pour les petits que pour les grands pays. C’est un sujet d’inquiétude pour 13 pays qui ont encore la note maximale AAA

La banqueroute de la Grèce est bientôt derrière nous, de manière ordonnée, ou non ordonnée, ou même masquée. Pour le créancier privé de la Grèce, la subtilité du volontaire ou non volontaire est futile. En effet, si vous possédez des obligations grecques, vous venez probablement – entre les amortissements et les plans de d’échange de dette – de perdre plus de 70% du montant nominal de votre avoir.

Après la défaillance grecque, les acteurs financiers vont très rapidement se chercher une nouvelle victime de l’euro. Le Portugal paraît à cet égard le candidat le plus plausible. Certes, pour l’instant, il est sous le parapluie du Fonds européen de stabilité financière. Mais, ces trois dernières années, sa note de crédit est passée, pour Standard & Poor’s, de AA – en janvier 2009 à BB actuellement. Ce n’est donc déjà plus un investissement solide.

La détérioration du Portugal a été aussi rapide que brutale, avec une perte de 7 points en l’espace de trois ans. Des dégradations du même ordre de grandeur ont été observées sur la défaillante Grèce (qui a perdu 10 points en moins de trois ans) et sur l’Irlande qui a passé de la note maximum AAA à BBB + (moins 7 points). De ce point de vue, l’Islande avait joué un rôle précurseur. Entre avril et juin 2008, sa note de crédit s’était détériorée de six points, avant que la petite île ne se déclare d’elle-même en défaillance partielle.

Une fois que la note de crédit commence à être dégradée,
la défaillance d’un pays
peut arriver très rapidement.

Ce qui, du coup, remet en question la valeur de départ de cette note. Un investisseur qui a acheté une obligation irlandaise début 2009 avec un AAA ne s’attendait sans doute pas à se retrouver avec du BBB + deux ans plus tard.

Il existe pourtant des contre-exemples. L’Italie a certes subi une dégradation de sa note de crédit depuis 2009, mais de trois crans seulement, passant de A + à BBB +.

Tout le problème est basé sur une prémisse économique dangereuse, c’est que les agences de notations américaines cotent les pays,
en fonction d’une
règle d’or .

Un état peut emprunter indéfiniment aussi longtemps qu’il paie ces intérêts

Mais elles ignorent le rôle fondamental que jouent les recettes fiscales  et insistent sur la capacité de continuer à se financer par la dette  plutôt que sur la réelle capacité de remboursement.

Le Japon, avec son ratio dette par rapport au PIB qui se situe actuellement à près de 240%, est campé de manière stable sur son AA – depuis une demi-décennie. Il semble donc que les détériorations de crédit des grands pays soient plus lentes que celles des petits. Cela peut s’expliquer par des retours d’échelle plus importants, par une assiette fiscale plus diversifiée et, probablement aussi, par un poids moins important du secteur financier sur l’ensemble de l’économie.

Ne pas oublier qui est l’auteur de l’article, le chef économiste d’UBS, certains pays s’en sortent, car ils impriment de l’argent (ex : États-Unis, Royaume-Uni, Japon), pour l’Italie et l’Espagne ils s’en sortent actuellement, car la BCE a inondé le marché avec 1 trilliard d’Euros à 1 %, en s’assurant que les banques locales achètent les obligations souveraines défaillantes, car le marché privé n’en voulait plus.

Si cela s’avère exact, il s’agirait d’une bonne nouvelle pour la France et pour les Etats-Unis. Mais c’est aussi une source d’inquiétude pour les treize pays qui ont encore la note maximale.

Pour Dagong (agence de notation chinoise), elle cote en fonction de ravoir son capital.

Seuls sept pays sont gratifiés d'un AAA pour leur dette en monnaie locale (Norvège, Danemark, Luxembourg, Suisse, Singapour, Australie et Nouvelle-Zélande)

Car, parmi eux, seuls l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui pourrait bientôt la perdre, sont des «grands» pays. Les pays scandinaves, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse semblent tous très solides. Mais, une fois que le maximum est perdu, la chute peut être très rapide.


Québec

Maintenant, imaginer le Québec, en trois ans, le gouvernement :

·         À taxer le peuple de 10 milliards, en détruisant son économie.

·         À reçu en transfert fédéral plus de 15 milliards en incluant une péréquation de 8 milliards.

Et, ils ne sont même pas capables d’équilibrer encore le budget.

Alors, imaginer un jour, quand le marché décidera de s’acharner sur le Québec, car il a trop étiré l’élastique du crédit facile, ça ne vas pas être beau à voir.