Le dollar canadien, une devise liée au pétrole

Voici un article d’un spéculateur sur le dollar canadien.

Je tout à fait d’accord avec lui, on a un sérieux dilemme, une économie asymétrique.


Extrait : Le dollar canadien, une devise liée au pétrole, Chronique Agora,  Paris, Mardi 13 mars 2012

Le Canada, dixième puissance mondiale, fait face à un dilemme complexe pour préserver sa compétitivité et améliorer une situation économique intérieure très fragile.

Excédent commercial en hausse grâce à l'énergie

En effet, l'économie canadienne repose beaucoup (beaucoup trop ?) sur ses exportations vers son partenaire commercial principal : les Etats-Unis. La balance commerciale a affiché en janvier des niveaux record avec une hausse des exportations vers les Etats-Unis de 5,3% et de 2,5% vers l'Europe.

Principaux moteurs de cette hausse ? Métaux, alliages, or et bien sûr le pétrole. La vente de brut a atteint 6,9 milliards de dollars, soit un record historique.

La consommation résiste à la crise ; pas à la dette

Sur le plan domestique, les dépenses des ménages ont progressé de 0,7% dont une progression de 2,5% des achats de biens durables. Problème : l'endettement des ménages inquiète le patron de la banque centrale, M. Carney, qui l'évoquait dans le communiqué publié il y a quelques jours : "[...] les dépenses des ménages canadiens devraient rester élevées par rapport au PIB alors que les ménages alourdissent leur dette, ce qui constitue le risque domestique principal".

Et malgré un PIB de 1,8%, toutefois en dessous des attentes, le chômage a atteint un plus haut de 10 mois en janvier à 7,6%. Dans ces conditions, la politique monétaire devient cruciale.

La banque centrale en plein doute

Entre la hausse de sa monnaie qui pénalise la compétitivité de ses exportateurs et la remontée de l'inflation sensible au-delà de l'objectif des 2% (2,5% sur un an en janvier), la banque centrale navigue à vue.

Ce jeudi, elle a de nouveau décidé de maintenir son taux principal à 1% et indique dans son communiqué pour le moins prudent que "les exportations nettes ont été soutenues par l'activité américaine plus forte qu'anticipée mais devraient peu contribuer à la croissance, ce qui reflète de la demande étrangère encore modérée et les défis de compétitivité en cours, y compris la vigueur persistante du dollar canadien".

Il est clair que, malgré l'inflation, la banque centrale a le doigt sur la gâchette pour essayer d'enrayer la hausse de sa devise et surtout doper encore son industrie pétrolière.

Car tu détruis ton secteur manufacturier entre temps,
si la devise est trop forte.

Pétrodollar canadien...

Depuis octobre 2011, le dollar canadien s'est apprécié de 13%, dépassant la parité avec le dollar américain et a ainsi suivi la tendance des matières premières, pétrole en tête. Cette corrélation se renforce davantage avec un baril élevé. Le pétrole, issu en partie des sables bitumineux, a un coût de production compris entre 25 $ et 30 $ le baril, là où cela ne coûte que 1 $ dans les exploitations traditionnelles.

C'est pourquoi vous pouvez noter une accélération de la hausse du Huard, à la fois sous l'effet de la politique monétaire des Etats-Unis mais surtout lorsque le baril WTI approche les 100 $, rendant par la même occasion le brut canadien plus cher.

Dollard vs Pétrole

USD/CAD : un dollar peut en cacher un autre

Désormais, il vous faut plus d'un dollar américain pour acheter un dollar canadien. Et si la reprise reste fragile pour le Canada qui doit affronter un taux de chômage au plus haut depuis 10 mois, la devise devrait poursuivre encore son ascension jusqu'à la prochaine réunion du comité monétaire le 17 avril.

Mon avis ?

Techniquement, la paire USD/CAD devrait poursuivre sa chute vers le support à 0,9725. Votre stop pourra être positionné au-dessus de la résistance à 1,0050 $CAD.