Où passent les milliards de la BCE?

Comme les États-Providences sont de plus en plus insolvables, grâce à la règle d’or.

On peut emprunter indéfiniment aussi longtemps
que l'on paie nos intérêts

Bien sûr, un tel énoncé n'a ni queue ni tête, mais dans le monde de la finance, les dérives sont acceptées aussi longtemps que c’est payant.

Donc, puisque certains pays sont légèrement en difficulté ne pouvant plus vendre leurs obligations sur le marché privé, car ceux-ci les trouvent trop pourrîtes.

Alors, essayons de déterminer le parcours du trillion de crédit émis par la BCE.


Extrait de : Où passent les milliards de la BCE?, L’Echo, 28 mars 2012 

On observe une baisse des prêts aux entreprises, tandis que les prêts aux ménages restent inchangés. Il semble donc que les milliards d'euros injectés par la BCE dans le secteur bancaire ne passent pas dans l'économie réelle.

Belle surprise, c’est exactement ce qui s’est passé avec les QE américains, drôlement plus payant de spéculer que d’investir dans l’économie réelle, rien de nouveau en soi, rien de très offensant, on le savait d’avance

Mario Draghi avait souligné que les opérations à trois ans de la BCE visaient à prévenir un tarissement du crédit

Les banques ont réduit le crédit aux entreprises en février dans la zone euro, tandis que celles d'Espagne et d'Italie ont thésaurisé en emprunts souverains, ce qui laisse penser que l'argent dont la Banque centrale européenne a inondé le système bancaire n'a pas encore été envoyé vers l'économie réelle.

·         Le flux de prêts aux entreprises non financières a diminué de trois milliards d'euros en février après une hausse d'un milliard le mois précédent, tandis que le flux de prêts aux ménages n'a pas changé.

Autre indicateur, la croissance de l'agrégat monétaire M3, mesure générale de la quantité de liquidités dans l'économie, qui a été de 2,8% annuels en février après 2,5% en janvier et 2,4% attendus, suivant un consensus Reuters.

Howard Archer, économiste de Global Insight, observe que la baisse des prêts aux entreprises et la stagnation des prêts aux ménages "suscite la crainte que les 489 milliards d'euros prêtés aux banques européennes par la BCE à l'issue d'une appel d'offres à trois ans en décembre n'aient pas été répercutés - au moins jusqu'à présent - dans le crédit au secteur privé".

La BCE a procédé à deux opérations de refinancement à long terme (LRTO), en l'espèce de trois ans, en décembre et en février, injectant plus de 1.000 milliards d'euros dans le secteur bancaire.

A noter qu'Archer observe que la statistique de février ne peut pas avoir pris en compte le second LTRO, qui a eu lieu le 29 février.

"Nous ne pensons plus que la BCE abaissera à nouveau les taux même si nous estimons que ce serait plutôt justifié compte tenu de la possibilité très réelle que la zone euro subisse une contraction du PIB à la fois au premier et au deuxième trimestres de cette année".

Le président de la BCE Mario Draghi avait souligné que les opérations à trois ans de la banque centrale visaient à prévenir un tarissement du crédit et non pas à soutenir l'achat de dette souveraine.

Chers, M Draghi un ancien de Goldman Sachs, essaie de nous faire croire cette idiotie, il savait très bien, ce qui allait se produire, ou les banques locales achetaient leurs dettes souveraines, ou les pays souverains faisaient défaut.

Néanmoins, les chiffres de la BCE montrent que les banques espagnoles et italiennes ont accru leurs achats nets d'obligations souveraines de la zone euro le mois dernier.

·         Pour les banques italiennes, la hausse, sans précédent, est de 23 milliards d'euros à un encours total de 301,6 milliards d'euros.

·         Pour leurs homologues espagnoles, la progression est de 15,7 milliards d'euros à un encours record de 245,8 milliards d'euros.