Québec a sous-estimé de 11 milliards $ la croissance de sa dette

Enfin le gouvernement reconnaît qu’il y a eu de la magouille comptable.

Les recommandations du vérificateur devront être EXÉCUTOIRES

À certains chers journalistes qui font du simple copier-coller de la propagande gouvernementale avec un faux équilibre budgétaire et d’un accroissement de dépense de 2,7 % au lieu de 5,17 %, vous allez être obligé de réviser vos articles et travailler plus fort.

·         Félicitations aux deux vérificateurs, M. Renaud Lachance et M. Michel Samson (par intérim), qui n’ont pas lâché prise pour démontrer les magouilles des budgets en transférant les dépenses hors du périmètre comptable.

·         Félicitations à l’ex-ADQ, au Parti Québécois et la CAQ de ne pas tomber dans le panneau facile démontrant que l’équilibre budgétaire n’est qu’une simple fumisterie comptable par endettement.


Extrait de : Québec a sous-estimé de 11 milliards $ la croissance de sa dette, Pierre Couture, Le Soleil, 21 mars 2012

(Québec) Le gouvernement Charest reconnaît avoir sous-estimé la croissance de la dette québécoise de 11 milliards $ au cours des prochaines années. En 2015, la dette de l'État québécois devrait ainsi fracasser la barre des 203 milliards $.

Québec  - Dette brute - 2012-2013Au cours de la prochaine année seulement, la dette de l'État québécois s'alourdira de 10,3 milliards $ (+ 5,6 %). Au 31 mars 2013, elle s'élèvera à 183,8 milliards $ ou 55 % du produit intérieur brut (PIB).

Lors du dépôt de son budget en 2010, le gouvernement avait pourtant projeté la dette du Québec pour 2015 à 192 milliards $. Or, de nouvelles dépenses comptables et de nombreux dépassements de coûts ont fait plutôt passer cette projection à 203 milliards $.

Le gouvernement Charest se range donc derrière les arguments du vérificateur général par intérim du Québec, Michel Samson, qui, il y a quelques semaines, avait souligné cette contradiction grossière.

Parmi ces nouvelles dépenses reconnues, le gouvernement confirme qu'il devra financer à même le service de la dette les dépassements des coûts dans les systèmes de soins de santé et d'éducation. Résultat : 5,8 milliards $ devront être ajoutés au montant total de la dette.

Des investissements plus importants que prévu en immobilisations et des engagements dans les fameux PPP (autoroutes 25 et 30, haltes routières, CHUM et salle de l'OSM) ajouteront également 3,7 milliards $ d'ici 2015 à la facture de la dette.

La plus endettée au pays

Chemin faisant, le Québec reste la province la plus endettée du Canada alors que sa dette (173,3 milliards $ au 31 mars prochain) représente maintenant 54,6 % de son PIB.

En raison du lourd déficit prévu cette année (1,5 milliard $) et l'ajout de nouvelles dépenses de 3,6 milliards $, Québec prévoit que la dette brute s'alourdira de 10,5 milliards $ cette année. Elle passera en 12 mois de 173,3 milliards $ à 183,8 milliards $.

Comme le gouvernement prévoit recourir à des déficits et des dépenses importantes en immobilisations au cours des prochaines années, la dette de la province s'alourdira de près de 30 milliards $ de façon cumulative jusqu'en 2015.

Cette année, Québec consacrera tout près de 8,2 milliards $ en frais d'intérêt sur la dette.

Or, l'explosion des emprunts fera également augmenter les frais financiers liés à cette dette. En 2015, les frais d'intérêt annuels seront alors de 9 milliards $.

Pour le critique du Conseil du trésor du Parti québécois, Sylvain Simard, cette révision de la croissance de la dette démontre que le gouvernement Charest n'a pas été en mesure de contrôler ses dépenses tout en «hypothéquant les générations futures».

Selon la Coalition avenir Québec (CAQ), le Québec va tôt ou tard frapper un mur en raison de sa lourde dette. «Il y a un éléphant dans la pièce, et c'est l'explosion du service de la dette qu'on a dans ce budget, un budget qui est irresponsable. Ce gouvernement a fait exploser la dette du Québec de 55 milliards $ en neuf ans», a fait savoir le chef François Legault.

Pour le député de Québec solidaire, Amir Khadir, «le budget actuel est le chant du cygne d'un gouvernement insensible, qui refuse d'écouter sa population et qui est profondément discrédité par la population du Québec.»

Hydro-Québec devra se serrer la ceinture

Le gouvernement du Québec imposera encore cette année des restrictions budgétaires à ses sociétés d'État. L'an dernier, les efforts demandés ont permis à Québec des économies de 154 millions $, dont 100 millions $ chez Hydro-Québec. Cette année, le gouvernement espère aller chercher 230 millions $.

Hydro-Québec sera mise à contribution, où le gouvernement espère réduire les dépenses et hausser la productivité de 150 millions $.

Loto-Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ) ne sont pas en reste. Elles devront compresser leurs dépenses de 80 millions $, soit 40 millions $ chacune.