À qui profite le Plan Nord ?

Plan Nord - A ui profite le plan NordJ’ai lu l’étude sur le Plan Nord de l’IRIS et moi aussi j’ai de sérieux doutes sur sa rentabilité, j’ai utilisé certains extraits.

Comme j’ai déjà dit :

M. Charest au lieu de faire du bruit qui va nous coûter des milliards pour faire un Plan Nord, pourquoi ne pas faire un Plan Sud à la place pour améliorer la compétitivité de nos entreprises existantes.

On sait la réponse ?

Il faudrait réduire les congés parentaux, il faudrait réduire le coût de la santé (FS), il faudrait même éliminer l’équité salariale, il faudrait avoir les mêmes règles syndicales que les États-Américains (Right to Work), il faudrait éliminer l’agressivité fiscale pour tenter d’équilibrer un budget d’un État obèse.

Typique de politiciens carriéristes, faire du bruit pour gagner des votes, mais on n’attaque jamais les profondes de fonds.


« Compte tenu des sommes en cause et des enjeux en présence, une consultation permettrait d’entendre l’opinion d’experts, notamment en matière de droits miniers, afin de déterminer le «modèle d’affaires» le plus efficace pour que le Québec retire le maximum des bénéfices provenant de l’exploitation des ressources. » (1)


Conclusion

·         Alors que le gouvernement investira entre 16,5 et 23,1 G$ et

·         Que l’investissement d’Hydro-Québec dans le Plan Nord atteindra 47 G$

·         Au cours des 25 prochaines années, le retour annoncé de ces investissements, en termes de retombées fiscales, semble relativement faible, à 14,2 G$.

·         Cette somme ne correspond qu’à 0,8 % du budget annuel de dépenses du gouvernement québécois.

·         L’investissement demandé à l’entreprise privée se limitera vraisemblablement à une somme comprise entre 9,9 et 16,5 G$ et sera même compensé par un taux très préférentiel sur l’électricité consommée.

·         En contrepartie, le Québec risque d’en tirer un développement économique régional très aléatoire, puisque l’équilibre économique du Nord sera étroitement assujetti à la valeur boursière des minerais exploités.

·         La création d’emplois risque d’être moindre que celle annoncée, en plus d’être assujettie à un modèle de développement régional peu efficace.

·         Enfin, la hausse de l’immigration (interne et externe du Québec) dans le Nord du Québec et l’augmentation des dépenses publiques et environnementales afférentes risquent d’engendrer des coûts supplémentaires de près de 6,15 G$ sur 25 ans. Au total, ces coûts non considérés, qui s’élèveront à près de 246 M$ annuellement, viendront gruger plus de 43 % des retombées fiscales annoncées.

·         Au final, le Plan Nord, dans son montage actuel, nous apparaît donc exagérément favorable à l’entreprise privée en faisant porter la plus grande part des risques aux contribuables québécois en échange de faibles retours sur leur investissement collectif.

·         En effet, entre ce que le gouvernement investira sur 25 ans et ce qu’il obtiendra en redevances, le déficit du Plan Nord s’élève à 8,45 G$ pour les contribuables québécois.


Extrait de : À qui profite le Plan Nord ?, Note socio-économique, IRIS,Mars 2012

40 milliards de fonds publics

Le gouvernement du Québec fonde beaucoup d’espoirs sur le Plan Nord. Déjà, il a annoncé des investissements de 80 milliards de dollars, dont plus de la moitié proviendront des fonds publics et d’Hydro-Québec, afin de développer un projet que le premier ministre compare à « la Baie James ».

Plan Nord - Investissement

Cette note socio-économique propose un survol des coûts économiques, environnementaux et sociaux qui accompagneront nécessairement un développement accéléré du Nord, données qui sont généralement négligées lors d’annonces officielles.

De plus, une évaluation réaliste des retombées économiques annoncées nous amène à mettre en doute l’ampleur des bénéfices promis aux contribuables.

Elle suggère que le gouvernement ne peut garantir la protection efficace de la moitié du territoire du Nord et que, comme on le constate dans le cas-type de Fort McMurray (Alberta), les booms liés à l’extraction des ressources naturelles ont de lourdes répercussions  socio-économiques.

PlanNord - Scénarios possibles

On voit déjà que la plus grande part des investissements proviendra de la société d’État. Ces investissements serviront à la création d’infrastructures pour fournir en énergie les industries nordiques. En plus de ces investissements et bien qu’elle n’offre pas de subvention comme telle, Hydro-Québec offrira sans doute des tarifs préférentiels aux industries minières, comme elle le fait déjà avec les alumineries québécoises.

Vente à perte des tarifs hydro-électrique

Ces alumineries ont droit au tarif L, soit 4,5 ¢ le kilowattheure1 alors que le coût de production marginal, c’est-à-dire le coût de production de chaque nouveau kilowattheure pressenti pour les nouveaux projets de barrage hydroélectrique comme celui de la Romaine, est estimé à 10 ¢ le kilowattheure2.

Si ce n’est pas une subvention à proprement parler, il s’agit d’un avantage comparatif énorme que l’État fournit au privé, sans promesse de retour sur son investissement à long terme.

Je pense que l’IRIS n’a pas encore compris, on ne construit pas des barrages pour que ça soit rentable mais pour faire des jobs, c’est une excellent méthode du peu de crédit qui nous reste pour arriver plus vite dans le mur.


Les nombreux projets en chantier d'Hydro-Québec risquent de fonctionner à perte, ce qui devrait coûter cher aux Québécois. La chute du prix d'électricité devrait en effet créer une situation où la société d'État exporte à perte vers les États-Unis.

Uniquement pour le projet La Romaine, huit milliards $ seront dépensés pour construire quatre centrales, qui produiront 1550 MW.

Chaque kW/h provenant de ce complexe coûtera douze cents à produire. Or, Hydro-Québec ne peut espérer exporter de l'électricité à plus de cinq cents le kW/h en raison des prix actuels de l'électricité.

«La cause de la baisse, c'est l'arrivée du gaz de schiste, a expliqué le titulaire de la Chaire en économique de l'énergie électrique de l'Université Laval, Jean-Thomas Bernard. Qu'on en produise au Québec ou non, c'est un phénomène nord-américain. Le prix est bas, et il va demeurer bas pour 8 à 10 ans.»

Au total, d'ici quatre ans, 25 G$ devraient être investis à travers la province pour produire 4500 MW, un montant qui pourrait facilement grimper, selon l'administrateur Claude Garcia. «Les cinq dernières centrales faites par Hydro-Québec ont défoncé le budget de 26%», a-t-il déploré.

Les Québécois risquent donc de se retrouver dans une situation où ils épongent la perte de sept cents le kW. (1)


Peu de redevance

Plan Nord _redevancesEntre 2011 et 2016, le Plan Nord prévoit des investissements publics totaux de 2,16 G$5. Or, sur cinq ans, les redevances perçues par l’État devraient atteindre 1,4 G$, dont seulement 120 M$ seront associés aux nouveaux projets miniers identifiés par le Plan Nord6. À plus long terme (25 ans), les perspectives de retour en retombées fiscales totales des 80 G$ investis, incluant les redevances minières et hydrauliques et les recettes fiscales, s’élèveraient à 14,3 G$, soit près de 570 M$ en moyenne par année. Ce montant équivaut à moins de 0,8 % du budget de dépenses du gouvernement du Québec8.

Cette somme est très faible comparativement aux sommes que l’on se propose d’investir dans le Plan Nord. De surcroît, même dans notre scénario le plus optimiste, le gouvernement québécois investirait plus (16,5 G$) que ce qu’il ne récoltera de cette opération (14,2 G$).


Marché très cyclique

En effet, la quantité d’emplois qui s’ajouteront au secteur minier dans le cadre du Plan Nord dépend strictement de l’ouverture effective des mines et des projets de transformation projetés, de leur rentabilité à long terme et de leur durée de vie.

Évidemment, cette rentabilité est conditionnelle à des prix de minerais élevés. Bien sûr, les prix de certains métaux, et notamment de l’or, atteignent des niveaux records ces dernières années, et le déclin des réserves de métaux (et donc leur rareté) pourrait contribuer à maintenir cette tendance dans l’avenir. Toutefois, plusieurs autres facteurs d’importance influent sur la valeur des minéraux, dont la demande provenant des économies asiatiques émergentes, ce qui entraîne la baisse de d’autres composantes minérales.

De plus, ce sont des mines à la limite de la rentabilité, d’où le pourquoi qu’ils ne sont pas opérationnels, si ça vas mal ce sont les premières qui vont fermer.

À l’été 2009, le secteur minier était l’une des industries québécoises ayant connu « la plus forte décroissance en raison de la dégringolade des prix sur le marché des matières premières13 ».

En somme, les prix des ressources ne font l’objet d’aucune certitude, même s’ils sont en hausse actuellement. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi les minières tentent présentement de protéger leurs investissements liés au Plan Nord. L’exemple de la mine de Canadian Royalties, une filiale de l’entreprise chinoise Jien Canada Mining, est éloquent. La minière n’investira que si le gouvernement construit un port en eau profonde pour faciliter le transport et l’expédition du minerai. Même son de cloche pour le projet Otelnuk d’Adriana Ressources, qui se concrétisera uniquement si le gouvernement construit « un chemin de fer de850 km menant jusqu’au port de Sept-Îles ».

Très mécanisé

Par ailleurs, malgré les booms miniers actuels et futurs, les perspectives d’emploi dans le secteur sont peu prometteuses à long terme en raison de la mécanisation du travail et des chutes de réserves de métaux. En 20 ans, entre 1991 et 2010, le nombre d’emplois dans le secteur québécois de l’extraction minière et de l’exploitation en carrière a chuté de près de 18 %, et la part de ces emplois dans ceux de l’ensemble des industries au Québec a diminué de près du tiers (-32,4 %)16. La même tendance est observable dans l’ensemble du Canada, où le nombre d’emplois dans le secteur des mines métallifères a chuté d’environ 60 % entre 1961 et 2009.

Investissements supplémentaires

Budget en infrastructures sur 5 ans du Plan Nord Plan Nord -Services sociaux
Les coûts d’un boom minier dans le Nord du Québec

Comme le montre le tableau 5, le Plan Nord prévoit un budget de 1,2 G$ en infrastructures durant les 5 premières années.

Dans le domaine des routes, le budget du Québec de 2011- 2012 établit que les coûts totaux de construction sont considérés sur une période de 25 ans52. Or, ces coûts de construction ne tiennent pas compte de la détérioration des routes, particulièrement rapide dans le Nord du Québec, en raison des températures extrêmes et des lourds charges routières dues à l’exploitation minière. Nous pouvons donc déjà prédire une hausse importante des coûts inclus dans les prévisions budgétaires du Plan Nord.

En termes de mesures sociales pour le Nord, le gouvernement québécois prévoit 382 M$ pour l’intégration de nouveaux logements sociaux et de programmes d’éducation spécialisée.

Or, le Nord québécois a déjà un besoin criant d’aide de ce type et aura besoin d’investissements supplémentaires pour supporter porter l’augmentation de population liée au boom minier. Les prochaines lignes sont une estimation basée sur la hausse de la population du Nord du Québec. Le tableau 6 détaille cette estimation sur 25 ans des coûts supplémentaires que le gouvernement pourrait devoir verser dans le Plan Nord, afin d’absorber les effets socio-économiques d’un boom minier et de la hausse de population qui s’ensuivra au cours des années à venir.

C’est dire que les coûts qui incomberont aux contribuables seront nécessairement plus élevés que ce qui est actuellement prévu pour le Plan Nord. Nous évaluons que plus de 6,15 G$ devront être ajoutés en dépenses, investissements et coûts de toutes sortes pour le développement minier du Nord du Québec.

Conclusion

·         Alors que le gouvernement investira entre 16,5 et 23,1 G$ et

·         Que l’investissement d’Hydro-Québec dans le Plan Nord atteindra 47 G$

·         Au cours des 25 prochaines années, le retour annoncé de ces investissements, en termes de retombées fiscales, semble relativement faible, à 14,2 G$.

·         Cette somme ne correspond qu’à 0,8 % du budget annuel de dépenses du gouvernement québécois.

·         L’investissement demandé à l’entreprise privée se limitera vraisemblablement à une somme comprise entre 9,9 et 16,5 G$ et sera même compensé par un taux très préférentiel sur l’électricité consommée.

·         En contrepartie, le Québec risque d’en tirer un développement économique régional très aléatoire, puisque l’équilibre économique du Nord sera étroitement assujetti à la valeur boursière des minerais exploités.

·         La création d’emplois risque d’être moindre que celle annoncée, en plus d’être assujettie à un modèle de développement régional peu efficace.

·         Enfin, la hausse de l’immigration (interne et externe du Québec) dans le Nord du Québec et l’augmentation des dépenses publiques et environnementales afférentes risquent d’engendrer des coûts supplémentaires de près de 6,15 G$ sur 25 ans. Au total, ces coûts non considérés, qui s’élèveront à près de 246 M$ annuellement, viendront gruger plus de 43 % des retombées fiscales annoncées.

·         Au final, le Plan Nord, dans son montage actuel, nous apparaît donc exagérément favorable à l’entreprise privée en faisant porter la plus grande part des risques aux contribuables québécois en échange de faibles retours sur leur investissement collectif.

·         En effet, entre ce que le gouvernement investira sur 25 ans et ce qu’il obtiendra en redevances, le déficit du Plan Nord s’élève à 8,45 G$ pour les contribuables québécois.