Diamant: le Québec «gaspille une occasion unique»

Il semble que je ne suis pas le seul à exiger de la transformation, Transformation du diamant: Québec ne forcera pas les producteurs, la plupart des pays développés sont surendettés, ils deviennent de plus en plus exigeants vis-à-vis des compagnies minières d’exiger de la transformation, car l’extraction à elle seule est peu payante.

Dans le cas des diamants le gouvernement ontarien a forcé aux extracteurs de réserver une «allocation» de 10% de ses diamants pour des tailleries locales.

Donc, nos chers politiciens québécois à la gomme, si c’est valable pour le monde entier et le l’Ontario, c’est aussi valable pour la richesse détenue par les Québécois, donc faîtes votre jobs :

Pour protéger les intérêts du peuple au lieu de faire du simple copinage
avec certains groupes d’intérêts.

Je vous invite à lire le second article, même en Afrique ça joue dur, ils sont écœurés de se faire exploiter, tu joues selon nos règles ou tu dégages.


Extrait de : Diamant: le Québec «gaspille une occasion unique», Hugo Fontaine, La Presse, 31 mars 2012

Le Québec est en train de gaspiller une occasion unique d'établir une industrie locale de transformation du diamant, affirme le directeur général de la Bourse du diamant du Canada.

Le gouvernement du Québec n'a pas l'intention d'imiter l'Ontario et les Territoires du Nord-Ouest et de forcer Stornoway Diamond, qui lancera la mine Renard en 2016, à réserver une «allocation» de 10% de ses diamants pour des tailleries locales.

«Si vous [les Québécois] n'obtenez rien [pour la transformation], c'est une honte, lance Adam Shubinsky, joint aux bureaux torontois de la Bourse du diamant, qui est à la fois un lieu de commerce et une association de l'industrie. Le gouvernement met un paquet d'argent pour aider Stornoway à vendre des diamants, notamment en construisant une route qui se rend à la mine. Le gouvernement du Québec a une obligation morale de s'assurer que les intérêts économiques du Québec à long terme soient favorisés, pas seulement les intérêts à court terme d'une société.»

Adam Shubinsky souligne que c'est le système d'allocation de pierres de bonne qualité imposé par le gouvernement ontarien qui assure «le formidable succès de la taillerie de Sudbury», qui reçoit certains des meilleurs diamants de la mine Victor. Plus la valeur d'un diamant est élevée, moins la différence de coûts de main-d'oeuvre entre l'Inde et le Canada a un impact.

Pierre Leblanc, de Canadian Diamonds Consultants, soutient que l'allocation est «fort probablement un élément essentiel pour avoir une taillerie» qui fonctionne au Québec.

Si le gouvernement ne force pas la main du producteur, cela rendra très difficile l'accès de la taillerie aux diamants bruts québécois de bonne qualité, note M. Leblanc. Sans cela, la taillerie doit passer par le marché d'Anvers, à un coût plus élevé qui grugera ses faibles marges de profit.

«Une taillerie au Québec peut difficilement survivre s'il n'y a pas de diamants produits au Québec qui lui sont fournis», dit aussi Marie-José Girard, présidente de la société d'exploration Dios et membre du conseil d'administration du Centre canadien de valorisation du diamant, à Matane.

Ce n'est pas Stornoway qui insistera. Car un tel système peut amputer légèrement les profits, explique Adam Shubinsky. En réservant certaines de ses plus belles pierres à la vente locale, même au prix du marché, cela diminue la valeur des lots de pierres vendus à Anvers.

Une seule autre option

Selon M. Shubinsky, une seule autre option est envisageable pour qu'une taillerie survive au Québec: que Stornoway établisse un réseau de distribution proprement canadien, sans passer par Anvers.

Selon M. Shubinsky, les sociétés indiennes, qui dominent le marché mondial de la taille, n'hésiteraient pas à s'approvisionner ici et à transformer ici les pierres de plus grande valeur, tout en expédiant les autres pierres en Inde. Il y a de la valeur ajoutée à un diamant de qualité miné, taillé et poli au Canada, ou plus précisément au Québec.

Pour l'instant, l'étude de faisabilité du projet Renard repose sur la vente des diamants par l'entremise d'Anvers. Et Québec a indiqué cette semaine qu'il n'imposera pas de système d'allocation à Stornoway.

Le président et chef de la direction de Stornoway Diamond Corporation, Matt Manson, refuse de commenter tout ce qui a trait à la transformation et à la commercialisation des pierres qui sortiront de Renard. Trop tôt pour en discuter, dit-il, parce que la société est entièrement concentrée sur le financement et la construction de la mine.

Investissement Québec détient une participation de 37% dans Stornoway, de Vancouver.


Extrait de : RSE régulée, stratégique et subie en Afrique, Luciano Barin Cruz, Ecofin RSE, 25 Mars 2012

(Agence Ecofin) - Dans le cadre de la mise en œuvre de la Responsabilité sociétale des entreprises dans les pays en voie de développement, les thèses du chercheur Luciano Barin Cruz soutiennent qu’il faut trouver un équilibre entre une « RSE régulée » impulsée par les Etats et une « RSE stratégique » mise en œuvre volontairement par les entreprises. Dans le cadre africain, il faut en plus que les entreprises intègrent dans leur business modèle une « RSE subie ».

La « RSE subie » une spécificité africaine ?

Peut-on être riche quand les voisins sont pauvres? Sûrement oui dans les sociétés individualistes où le « je possède donc je suis » est la règle. Mais il est de plus en plus difficile pour une organisation d’être un îlot de richesse dans un océan pauvreté même lorsqu’elle respecte toutes ses obligations fiscales et sociales.

Toute entreprise installée sur un territoire est obligée de reverser des dividendes aux autorités nationales et locales. Une manière de partager les bénéfices. Mais les communautés locales sont de plus en plus exigeantes par rapport au partage de la richesse. D’autant qu’elles perçoivent mal l’exploitation de « leurs » ressources naturelles sans amélioration de leurs conditions de vie. C’est alors qu’elles font pression sur l’entreprise (le voisin riche) pour se faire entendre avec des menaces à peine voilées.

Face à cette situation de plus en plus tendue, l’entreprise est obligée de revoir sa stratégie et accorder une attention particulière à cette partie prenante. Dans une Afrique, dont certaines populations vivent dans les conditions de précarité inquiétante, la « RSE subie » est un risque à prendre en compte par les entrepreneurs et les investisseurs. De plus, face aux manques d’infrastructures en Afrique, il n’est pas rare que l’entreprise pallie aux missions de l’Etat. Cette « RSE subie » mérite encore réflexion mais c’est une problématique cruciale pour les décideurs politiques, les ONG, les entreprises, les associations communautaires et les riverains.

En Afrique, la RSE subie est aussi un risque important pour les multinationales.

Un nouveau gouvernement qui décide :

1.      d’annuler tous les contrats avec une ou plusieurs industries minières ou forestières parce qu’ils sont jugés défavorables pour le pays,

2.      les communautés locales qui décident de manière unilatérale une augmentation des droits sur les titres fonciers ou

3.      exigent la construction des infrastructures énergiques et routières qui sont normalement du ressort de l’Etat  

telles sont autant de menaces pour les sociétés transnationales en Afrique.

Les investisseurs sont donc contraints d’être attentifs à la distribution des richesses créées localement et à la prise en compte des impacts environnementaux et sociaux pour anticiper ces risques.

RSE régulée, stratégique et subie en Afrique

Cette RSE subie se manifeste prioritairement autour de cinq enjeux principaux :

1.       indigénisation ou partage « équitable » des richesses,

2.       la pression constante des voisins, industrialisation et

3.       création de la valeur ajoutée en Afrique,

4.       internalisation des externalités environnementales et

5.       ressources humaines,

pour les patrons aussi:

C’est RSE ou bien « Dégage ! »

Pour la sécurité des investissements et la durabilité de l’entreprise, il est nécessaire d’assurer une veille stratégique sur ces 5 enjeux principaux pour anticiper les risques et saisir les opportunités.

Dans une Afrique qui émerge et se positionne comme la nouvelle frontière de l’économie, les entreprises sont condamnées à innover pour que création de la valeur économique rime avec préservation des ressources, partage des richesses, lutte contre les pollutions et justice sociale.

Une telle démarche avant-gardiste a permis à une poignée d’entreprises africaines pionnières l’amélioration de leur productivité, l’accès à de nouveaux marchés, la consolidation des partenariats commerciaux avec la clientèle et la chaîne d’approvisionnement, l’amélioration de leur image, le maintien des cadres de haut-niveau, augmentation du chiffre d’affaires, des relations de bon voisinage avec les communautés locales et une amélioration du dialogue social avec les salariés au sein de l’entreprise.

Transformer les menaces de la RSE subie en opportunités de la RSE stratégique (green business, Bas de la Pyramide et Social Business) tout en anticipant la RSE régulée n’est plus un mythe mais une réalité en Afrique. (1)