Federal Budget 2012: That’s savings, folks, not cuts

Deux bons articles sur le budget fédéral.

·         By 2016-17, program spending will be some $27-billion higher.

·         L'augmentation s'élève à 36,1 milliards, ce qui représente une ponction supplémentaire d'impôt de 30% au bout de la cinquième année.

·         Un alléchant profit de 3,5 milliards avec les nouvelles mesures fiscales et tarifaires


Extrait de: Flaherty’s no-cut budget, By Niels Veldhuis and Charles Lammam, Financial Post, Mar 30, 2012

Fédéral budget - 2012

By 2016-17, program spending will be some $27-billion higher

There it was on the front page of The Globe and Mail: “$5.2-billion [in] total spending cuts.” The Toronto Star screamed: “Tories slash spending in fiscal overhaul,” while CTV proclaimed: “Budget to cut spending nearly $6-billion.”

Perhaps they read a different budget than the one we found on the Department of Finance’s website. Here’s what the Conservatives’ budget actually stated: “The results of the government’s review of departmental spending amount to roughly $5.2-billion in ongoing savings.”

That’s savings, folks, not cuts.

And what will the Conservatives do with the “savings”? Spend them.

In the coming fiscal year (2012-13), the Conservative government plans to spend $245-billion (leaving aside interest charges on the debt). From there, program spending will increase each and every year over the budget’s five-year planning horizon. By 2016-17, program spending will be some $27-billion higher than it this year.

How exactly is a $27-billion increase in spending interpreted as a $5.2-billion cut?

It’s simple, really. When the Conservatives slow the growth of spending increases, media and other pundits interpret that as cutting. When they find savings in one area of their $245-billion budget and spend it in another area, they’re cutting. When they reduce planned spending some four years into the future (2015-16) from $266-billion to $262-billion, they’re cutting — even though planned spending is still increasing from 2014-15 to 2015-16.

Whether the Conservatives decrease, increase or keep spending constant, they are seen to be slashing it.

The $5.2-billion in savings comes from departmental spending which only accounts for approximately 31% of the total amount that the federal government spends on programs each year.

And even departmental spending will not be cut by the headline figure of $5.2-billion. Rather, the $5.2-billion in savings won’t be achieved until 2015-16 and it will decrease planned spending rather than actual year- over-year spending. As the graph close by shows, departmental spending will increase by $2.4-billion over the next five years. There will be even greater increases in overall federal spending on transfers to people and governments.

The unfortunate reality is that Canadians are not getting an open and honest discussion about our government’s fiscal situation, potential risks and what really needs to be done.

Doit-on être surpris de la part de nos politiciens.

Consider that The Globe and Mail’s editorial board thought it was “A prudent, conservative budget” and the National Post’s editorial board thought it was “Putting Canada on the right fiscal track.”

But that fiscal track is one that relies on the hope that revenues will eventually catch up to spending to balance the books by 2015-16. Over the next four years, the government is assuming revenue growth averaging 4.9% annually.

Je suis, quand même surpris que nos chroniqueurs économiques n’aient pas vu cette boulette, totalement irréaliste comme projection.

Even as the Canadian economy was humming along from 2002 to 2007, and outperforming most other countries, federal budgets never forecast revenue growth of that magnitude. For instance, Budget 2003 forecast average revenue growth of 4.0%; Budget 2004, 3.3%; Budget 2005, 4.2%; Budget 2006, 3.6%; and Budget 2007, 3.5%.

A plan that relies on overly optimistic, perhaps even unrealistic, revenue projections to grow out of deficit contains significant downside risk and almost no upside potential. If revenues don’t increase as expected, the country will be left with larger deficits for a much longer time period and significantly more government debt.

One slight bump in the road ahead and there’s almost no chance that the government will be able to meet its 2015-16 balanced budget target, which is already one year later then promised in last year’s election. Even the government’s own estimates show that if economic growth stalled by a percentage point, the deficit would grow by about $4-billion.

Instead of relying on a risky plan to balance the budget, the Conservatives should have used their majority to enact a bold and aggressive plan to balance the budget more quickly through actual reductions in spending. Doing so would have reduced the tremendous debt burden being passed to the next generation of taxpayers and helped set the foundation for future economic growth.

A shorter timeline to a balanced budget would have also mitigated the risks associated with future economic shocks, leaving the Conservatives with significant upside potential. That is, if revenues rebound robustly, the government would have the fiscal room to implement a much-needed multi-year plan to reduce personal income taxes.

While most in the media may think the government delivered a conservative austerity budget, the reality is otherwise. The 2012 balanced budget plan was almost identical to that delivered under a minority Conservative government back in 2011.

We noted then that Flaherty’s plan was on “shaky ground.” We’ll stick by that assessment now.

Niels Veldhuis (@nielsveldhuis) and Charles Lammam (@charleslammam) are economists with the Fraser Institute.


Extrait de : Pas de hausse... mais plus d'impôt, Michel Girard, La Presse, 31 mars 2012

Une devinette. Grâce à quelle recette magique le gouvernement Harper peut-il se permettre de projeter l'élimination du déficit fédéral d'ici l'exercice financier 2015-2016?

Non non! Détrompez-vous, ce n'est pas avec l'abolition à partir de l'an prochain de l'exemption d'impôt sur le traitement de 130 000$ du gouverneur général du Canada que l'on va éliminer le déficit. Il est vrai que le gouverneur général va commencer à payer de l'impôt à partir de 2013 sur son salaire. Mais, à la page 458 du budget, on mentionne que ce sera le «traitement ajusté» du gouverneur qui deviendra imposable. Oh! oh! Cela laisse présager que le gouvernement haussera le traitement du gouverneur en fonction des impôts que ce dernier devra dorénavant payer. Résultat? Niet, pas un cent de plus dans les coffres, a affirmé à La Presse Affaires le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé.

Bien entendu, les nouvelles compressions budgétaires (devant atteindre 5,2 milliards de dollars dans cinq ans) mises en place dans la fonction publique aident de toute évidence le ministre des Finances, Jim Flaherty, à nous présenter, selon ses prévisions, un premier surplus budgétaire à partir de l'année 2015, et ainsi de suite.

Mais ces compressions ne représentent dans les faits qu'une partie de la recette magique qui permet au ministre Flaherty de faire passer le budget fédéral d'un déficit de 21 milliards pour le nouvel exercice financier de 2012-2013 à un surplus de 3,4 milliards en 2015-2016. Et à un surplus de 7,8 milliards l'année suivante.

Quelle est donc la partie cachée de la recette qui permet aux conservateurs de jouer aux héros de la finance publique?

On la trouve dans une hausse appréciable des revenus budgétaires au cours des cinq prochains exercices financiers.

Les revenus budgétaires vont augmenter de 64,5 milliards de dollars d'ici 2016-2017, soit 2,4 fois plus que la hausse cumulative (26,7 milliards) des charges projetées des programmes budgétaires.

Une fois que l'on tient compte de la charge supplémentaire de 5 milliards au chapitre des frais de la dette publique, on constate que le gouvernement fédéral s'en tire finalement avec un gain net sur cinq ans de 32,7 milliards.

Elle est donc là la «vraie» recette magique par l'entremise de laquelle le gouvernement Harper réussira à effacer graduellement le déficit fédéral, pour aboutir en 2015 avec un surplus.

Non mais quelle performance! Les financiers de la planète ne manqueront sûrement pas de citer ainsi le Canada en exemple. D'autant plus que le gouvernement Harper réussira à abaisser le ratio de la dette fédérale à 28,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2016-2017, soit le même niveau d'avant la récession de 2008. Le meilleur ratio de tous les pays industrialisés.

Et quel heureux hasard de réussir à effacer le déficit à partir de 2015, l'année électorale... où le gouvernement Harper sera obligé de défendre devant l'électorat le bilan de ses cinq années de gouvernement majoritaire.

Revenons à l'importante hausse de revenus que le gouvernement fédéral encaissera au cours des cinq prochaines années et décortiquons-la.

Plus de la moitié des 64,5 milliards de hausse provient de l'impôt sur le revenu des particuliers. L'augmentation s'élève à 36,1 milliards, ce qui représente une ponction supplémentaire d'impôt de 30% au bout de la cinquième année.

L'impôt sur le revenu des sociétés rapportera quelque 7,3 milliards de plus, en hausse de 22%.

Au chapitre des recettes tirées des diverses taxes (dont la TPS) et des droits d'accise et de douane, le gouvernement fédéral bénéficiera d'un ajout de 8,4 milliards. Ça équivaut à un supplément de 20% par rapport à l'exercice financier qui se termine aujourd'hui.

La crise financière 2008-2009 s'est avérée particulièrement douloureuse pour le programme de l'assurance-emploi.

«Dans le présent budget, explique le ministre, le gouvernement adopte des mesures en réponse aux préoccupations des employeurs et des employés au sujet de la stabilité et de la prévisibilité des taux de cotisations et en limitant la hausse des cotisations à 5 cents par année jusqu'à ce que le Compte des opérations de l'assurance-emploi soit équilibré.»

De 1,78$ par tranche de 100$ de rémunération assurable, le taux actuel de cotisation passera à 1,95$ en 2016-2017.

La hausse de la cotisation à l'assurance-emploi a peut-être l'air anodine. Mais elle ne l'est absolument pas. Les recettes tirées de cette hausse de cotisation rapporteront un supplément de revenus de 4,9 milliards d'ici cinq ans.

Au cours des cinq prochains exercices financiers, le ministre Jim Flaherty projette d'aller chercher un profit cumulatif de 15,7 milliards avec l'assurance-emploi, le revenu des cotisations dépassant largement le coût des prestations versées aux chômeurs.

Par ailleurs, à entendre le discours du ministre des Finances, on a l'impression que l'annonce des nouvelles mesures fiscales touchant l'impôt sur le revenu des particuliers, l'impôt des sociétés, la fiscalité internationale, les taxes, les douanes... n'aura pas trop d'impact financier sur le budget.

Erreur de perception! Il suffit de sortir sa calculette pour se rendre compte que le gouvernement Harper va réussir à engranger au cours des cinq prochains exercices financiers un alléchant profit de 3,5 milliards avec les nouvelles mesures fiscales et tarifaires qu'il met en place à partir du nouvel exercice financier.