Faut-il «sauver» le secteur manufacturier ?

Un article de Pierre Fortin, sur la pertinence du secteur manufacturier, l’article est bon dans l’ensemble, il constate que le Canada a de sérieux défis pour maintenir son secteur manufacturier, surtout avec nos voisins américains qui commencent à devenir les Chinois de l’Amérique du Nord.

Par contre, à la fin, il coule littéralement, typique d’un professeur d’économie qui n’a jamais rien compris de l’économie réelle, il voit que des chiffres, mais le secteur manufacturier est la colonne vertébrale de ton économie, car multiple écosystème gravitent autour d’eux, et génèrent des emplois encore payant avec multiples services connexes.

Les commentaires de ces blogueurs sont plus pertinents et plus de profondeur que sa conclusion simpliste.

De plus les Américains l’ont très bien compris, ils vont utiliser tous les moyens pour reprendre leurs secteurs manufacturiers, et le Canada est une proie facile, car le coût de la main-d’œuvre est nettement trop cher par rapport au 46 millions d’Américains (plus que la population canadienne !) qui sont au ‘food stamp’ et sont prêt à travailler à 10 $ de l’heure.

Un autre article sur le sujet, un provenant des Américains, qui expliquent la pertinence d’avoir un système manufacturier fort.


Extrait de : Faut-il «sauver» le secteur manufacturier ?, par Pierre Fortin, Actualité, 13 Avril 2012

En 1951, 30 % des travailleurs québécois étaient actifs dans le secteur manufacturier ; l'an dernier, ce pourcentage était passé à 12 %. Même tendance en Onta­rio. Aux États-Unis, la diminution a été encore plus prononcée. Ce secteur n'y emploie plus que 9 % de tous les travailleurs.

À long terme, deux grandes forces ont laminé l'emploi manufacturier. Premièrement, les pro­grès de la technologie et de l'orga­nisation du travail ont amené les entreprises à produire de plus en plus avec de moins en moins de travailleurs. Deuxiè­me­ment, la fabrication standardisée de produits bas de gamme s'est progressivement déplacée vers les pays émergents à faibles salaires : autrefois vers le Japon, ensuite vers la Corée du Sud, Hong­kong et Taïwan, et main­te­nant vers la Chine, l'Inde, le Bré­sil, le Mexique, la Thaïlande, etc. Notre grande industrie du vêtement, par exemple, qui occupait 70 000 Québécois il y a 40 ans, ne soutient plus que 12 000 emplois.

Les années 1990 ont vu l'accord de libre-échange avec les États-Unis entrer en vigueur et le dollar canadien se déprécier jusqu'à 64 cents américains. L'accès libre au marché américain, avec des produits à prix imbattables, a alors permis aux exportations, surtout manufacturières, du Qué­bec et de l'Ontario de doubler de 1992 à 2002. Cela a fait oublier la tendance voulant que l'emploi manufacturier diminue à long terme. Mais le vent a tourné depuis. En 10 ans, l'emploi dans ce secteur a connu une dégringolade spectaculaire de 25 % dans les deux provinces.

Ce revirement soudain a plusieurs causes.

·         L'entrée en scène de la Chine dans le commerce mondial a rogné les parts de marché des entreprises manufacturières canadiennes et américaines.

·         Le boum pétrolier en Alberta a contribué à propulser le dollar canadien vers la parité avec le dollar américain.

·         La récession nord-américaine de 2008-2009 et la reprise anémique qui a suivi ont freiné la demande de produits fabriqués au Canada.

·         Aux prises avec l'effondrement de leur secteur manufacturier, les États-Unis n'ont pas hésité à reprendre la voie du protectionnisme, en dépit de leur prétendue philosophie libérale. L'Administration fédérale américaine a ressuscité le Buy American Act (en français, loi « Achetez américain ») de 1933 et les États se sont lancés dans un festival de subventions à leur industrie manufacturière.

Cette stratégie n'est évidemment pas étrangère à ce qui arrive à des entreprises installées au Québec, comme Electrolux, Papiers White Birch et Mabe.

Il faut faire tout ce qui est raisonnablement possible pour sauver nos entreprises manufacturières en difficulté et, quand on n'a plus le choix, ne pas lésiner sur l'aide aux salariés mis à pied, pour faciliter leur transition vers de nouveaux emplois ou de nouveaux métiers. Mais faut-il aller plus loin et multiplier les cadeaux fiscaux, les subventions et les mesures protectionnistes en faveur du secteur manufacturier ? La professeure Christina Romer, de l'Université de Cali­fornie, qui a présidé le Comité des conseillers économiques du président Obama en 2009 et 2010, vient de sonner l'alarme à ce sujet. Selon elle, utiliser l'argent des contribuables pour accorder une protection particulière au secteur manufacturier ne donne pas les résultats escomptés et exerce une discrimination injuste envers tous les autres secteurs de l'économie.

Christina Romer a raison. Le secteur manufacturier reste un joyau de l'économie. Mais nous avons besoin d'une politique pour l'ensemble de nos industries, pas d'une politique pour un secteur qui n'emploie que 10 % ou 15 % de nos travailleurs.


Par PAHuot ( ) | ven, 04/13/2012 - 14:24

Notre grande économie de services est nourrie par ses producteurs de biens un peu comme dans la nature où les plantes qui seule sont capables de capturer l'énergie du soleil, sont la source primaire de nourriture. Le secteur manufacturier canadien a permis à une vaste industrie de services de se développer et il est toujours aujourd'hui responsable de beaucoup plus que ses 12% d'emplois directs. Si ce secteur ne doit pas en principe bénéficier d'un traitement de faveur, notre société ferait bien tout de même de soutenir son secteur productif et créateur de valeur ajoutée. Il serait faux de dire que tous les secteurs de notre économie sont d'égals contributeurs de richesse. Une économie constituée seulement d' emplois de Wallmart s'étiolerait rapidement comme une plante privée de soleil.

Par RstGermain ( ) | dim, 04/15/2012 - 22:32

De nombreuses entreprises de service sont tributaires de l'industrie manufacturière. Les bureaux d'ingénierie, les cabinets de comptables et plusieurs autres emplois bien rémunérés dépendent des usines qui achètent leurs services. Attendez-vous à voir déguerpir tous ces emplois vers les économies émergentes dans un futur très rapproché. Il y a un bon moment déjà que les grandes firmes d'ingénierie exportent leur savoir faire et il ne faudra pas beaucoup de temps pour que ces emplois nous quittent eux aussi comme les emplois manufacturiers. Que restera-t-il alors sinon les emplois chez Wall Mart, des détaillants "bon marché" alors que nous nous appauvrirons sans cesse? Une société sans génie, sans créativité, sans ingéniosité, vivant de l'exploitation de ses richesses naturelles, dépossédant les générations à venir et polluant notre monde. Franchement, laisser tomber tous les fabricants au nom de la sacro-sainte libre concurrence qui garantie un profit aux multi-nationales tout en détruisant les sociétés, c'est pas pour moi. Merci


Extrait de: MAKE: An American Manufacturing Movement,  By Gary Mintchell Automation Team, March 18, 2012

The Council on Competitiveness (www.compete.org) presents "Make: An American Manufacturing Movement." It transmits this strategy to the President, members of Congress, governors and stakeholders across the country in business, academia and labor.

Says the release from the Council,

"ultimately, though, we are issuing a call to the American people with a renewed sense of urgency and resolve. Manufacturing is a cornerstone of American independence, economic prosperity and national security that we must not surrender."

Americans are makers—a nation of tinkerers, inventors, craftsmen and entrepreneurs. Our call for a robust manufacturing sector stems not from a nostalgic yearning for the past, but a clear-eyed determination to forge a dynamic future for Americans through a new era of production excellence. Manufacturing remains a driver of innovation and job creation, even as automation and technology make manufacturing more efficient.

The United States must implement sound policies to grow the manufacturing sector. We applaud the increased public and political attention given to manufacturing, though we remain deeply concerned that the United States has yet to understand and fully respond to the challenges affecting the American economy. America’s economic portfolio requires a healthy and growing manufacturing sector to tackle the grand macro-economic problems facing the country, like job creation, debt reduction and infrastructure investments.

We urge the President and Congress to act with us to implement this strategy and do their part to unleash America’s manufacturing potential. This strategy is powerful because it includes input from the highest levels of industry, academia, research and labor—representing sectors across the manufacturing landscape.

These leaders and experts agree that manufacturing is critical for American prosperity and national security. We must take immediate action to remain globally competitive.

The image of manufacturing as dumb, dirty, dangerous and disappearing is far from accurate. Today, manufacturing is smart, safe, sustainable and surging.

It has evolved to encompass a wide range of digital, mechanical and materials technologies that infuse every step of designing, developing, fabricating, delivering and servicing manufactured goods.

This includes high-tech modeling and simulation as well as robotics, artificial intelligence and sensors for process control and measurement. Manufacturing is about managing global supply chains and digital networks. And, more than ever, manufacturing is about engaging with employees and customers to create new tailored products and experiences to meet the discerning needs of customers around the world.

In this global, knowledge intensive and consumer-oriented economy, the competitiveness of U.S. manufacturing has never been more uncertain or more important—nor have policy prescriptions been more contentious. All Americans would benefit from getting this right. A new era of manufacturing excellence offers hope for good jobs, new innovations and a higher standard of living. America would benefit from faster economic growth, a more secure industrial and defense base and an ability to produce solutions to national challenges in energy, health, environment and the economy. A robust American manufacturing sector can also spur global economic growth as well as help supply safe food and water to a global population that could reach more than nine billion people in the next 50 years.

America cannot rely forever on a consumption-based, debt-fueled economy. America needs to put its fiscal house in order, invest strategically, and produce more goods and services for consumers at home and around the world.

Although America remains the world’s top producer, our nation has surrendered important manufacturing sectors. They were not all lost in the pursuit of cheaper labor or as a result of products becoming low-margin commodities.

We have lost production of cutting-edge innovations developed in America because of tax, regulatory, skill, finance and infrastructure limitations that make production elsewhere more competitive.

Americans have always been pioneers, risk-takers and makers. Our task is to set those impulses free and embrace production once more. We must create a business environment that fosters breakthrough innovations, rapid commercialization and manufacturing at scale. Americans have proven adept at rising to the economic challenge of their time. Such a time is now for manufacturing—and we are confident that Americans will set in place the policies to ignite a new era of competitive and sustainable manufacturing.