Le peuple est insatisfait de la démocratie québécoise

Et je suis tout à fait d’accord avec eux.

Tout le monde croit vivre en démocratie. Et pourtant, aucun citoyen ne croit que son bulletin de vote va changer quelque chose. Le pouvoir réel est oligarchique, c’est-à-dire dans les mains d’un petit groupe d’hommes.

L’influence des citoyens sur l’action

Plus de la moitié des Québécois  (59 %) trouvent qu’ils n’ont pas leur  mot à dire dans les actions posées par le gouvernement. Ce sentiment d’aliénation et  d’impuissance est plus fort chez les Québécois âgés de 55 ans et plus,  malgré le fait qu’ils soient ceux qui  participent le plus au processus électoral. 


La seule démocratie qui semble fonctionner équitablement à terme, c’est la démocratie directe des Suisses, ayant le frein et le moteur.

L’idée est très simple :

Les Suisses ne considèrent pas comme pleinement démocratiques les pays où le peuple ne peut qu’élire des représentants et perd tout pouvoir de décision en dehors des élections.

Les initiatives populaires, où de simples citoyens prennent l'initiative de soumettre une proposition au vote, servent à faire obstacle à la domination des groupes d’intérêts.

·         Les Suisses ont compris qu'il ne fallait pas laisser les sujets graves aux mains des hommes politiques.

·         C’est un moyen de redonner la parole aux citoyens non organisés en lobbies, en groupes de pression.


Comment fonctionne la démocratie suisse ?

Comme le peuple n’a pas le temps de prendre lui-même toutes les décisions politiques, il élit des représentants qui légifèrent et gouvernent.

Ces représentants ne sont toutefois pas autorisés à confisquer le pouvoir.

Le peuple conserve en effet la possibilité d’intervenir dans les affaires publiques en lançant :

1.      Des référendums (frein : refuser une décision des élus)

2.      Des initiatives  (moteur : proposer une modification de la législation)

Si le nombre requis de signatures est atteint, une votation populaire doit être organisée dont le résultat s’impose aux élus.

Mais de tels changements devront venir du peuple, non, des politiciens actuels qui profitent  des dérives de la démocratie pour prendre le pouvoir et satisfaire les groupes d’intérêts.

Lecture complémentaire : Démocratie directe

Avez-vous remarqué que ce sondage n’a pas été débattu dans nos médias traditionnels, pourtant, la démocratie est la base de notre société pour maintenir un équilibre, mais les médias traditionnels appartiennent à l’oligarchie qui profite justement de ces dérives.


Extrait de : Les jeunes sont insatisfaits de la démocratie québécoise,  par Alec Castonguay, l’Actualité, 4 Avril 2012

BAROMÈTRE CITOYEN DES INSTITUTIONS POLITIQUESDepuis les élections québécoises de 2008, la satisfaction relativement à l’état de notre démocratie est en chute libre, révèle le nouvel Indice citoyen des institutions politiques. Les jeunes sont particulièrement désenchantés.

La démocratie québécoise est mal en point. Depuis les élections de 2008, la confiance de la population envers les institutions politiques est en chute libre, révèle un sondage mené par CROP et la chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval.

Le premier Indice citoyen des institutions politiques québécoises, obtenu par L'actualité, montre à quel point la perception des élus s'est détériorée entre décembre 2008 et novembre 2011 (bien avant la grève étudiante actuelle). CROP a posé la même série de questions pour mesurer la satisfaction des Québécois relativement à leur système à trois années d'intervalle.

Satisfaction globale à l’égard de la démocratie

Alors que 68 % des Québécois se disaient « très » ou « assez satisfaits » de la façon dont la démocratie fonctionnait au Québec en 2008, ils n'étaient plus que 53 % à le penser en 2011. « C'est une baisse significative. En temps normal, ces données bougent beaucoup plus lentement », dit Youri Rivest, vice-président de la firme CROP.

En 2008, 50 % de la population était « d'accord ou plutôt d'accord » avec l'affirmation selon laquelle « les gens du gouvernement font ce qui est juste ». Selon les données de 2011, ils ne sont plus que 32 %. Et chez les 18 à 34 ans, cette proportion est d'à peine 24 % (elle atteignait 46 % en 2008).

« C'est inquiétant, parce que les jeunes représentent l'avenir de notre démocratie. Historiquement, les 18 à 34 ans sont plus idéalistes que la moyenne. On devient cynique en vieillissant. Or, on constate que les jeunes le sont maintenant plus que leurs parents », dit Youri Rivest.

Indice citoyen des institutions politiques

 

La baisse de l’indice citoyen des

institutions politiques entre 2008 et 2011

suggère que le cynisme et le désir de

changement des Québécois à l’égard de la politique en général y sont pour quelque chose.

 

L’Indice subit sa plus importante baisse

parmi les jeunes de 18-34 ans (baisse de 9 points).

Globalement, l'Indice citoyen était de 54 sur 100 en 2008 - 100 équivaut à la satisfaction absolue envers la démocratie. Il n'était plus que de 47 en 2011. « À 54, c'était déjà très faible.

Mais passer sous la barre du 50 démontre qu'il existe un sentiment d'inconfort constant. C'est un feu jaune. Il y a plus d'insatisfaits que de satisfaits quant à l'état de notre démocratie », explique le vice-président de CROP.

« La détérioration est très nette depuis trois ans. Et il ne s'agit pas que d'un jugement envers le gouvernement Charest. C'est toute la classe politique qui suscite la méfiance. Les gens n'aiment pas ce qu'ils voient »,

Vous êtres pas les seuls, dans le monde entier, les peuples le constatent que le réel pouvoir n’est plus dans les mains des 99 % mais plutôt au 1 %.

explique François Gélineau, titulaire de la chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval, dont l'Assemblée nationale est partenaire.

Il ajoute que le Québec a été « très gâté en matière de controverses depuis quelques années », ce qui a certainement fait bouger l'aiguille.

Perception des partis politiques au Québec

Autre exemple : alors qu'on observe une multiplication des partis politiques au Québec depuis 2008, 64 % des Québécois affirment pourtant que « tous [ceux-ci] se ressemblent ». Ils étaient 47 % à penser ainsi en 2008. Chez les jeunes de 18 à 34 ans, cette proportion a atteint 52 % en 2011, alors qu'elle s'élevait à 64 % en 2008. « C'est un jugement très dur. Les gens estiment que l'offre politique ne leur convient pas, qu'elle ne se démarque pas d'un parti à l'autre », dit François Gélineau.

Selon les données de 2011, près de 59 % des Québécois pensent qu'ils n'ont pas leur mot à dire à propos des actions du gouvernement. La proportion était de 53 % en 2008.

Inévitablement, un cynisme plus fort entraîne une perte d'intérêt pour la politique. Ainsi, seulement 30 % des Québécois ayant participé au dernier sondage ont dit beaucoup s'en préoccuper, alors qu'ils étaient 35 % en 2008. À l'opposé, près de 22 % ont affirmé peu s'en soucier en 2011, alors qu'ils étaient 15 % trois ans plus tôt.

La seule (petite) bonne nouvelle du coup de sonde est qu'une majorité de Québécois continue à croire que les élections constituent une façon de tenir les gouvernements responsables de leurs actes. En 2008, 83 % des personnes interrogées ont répondu en ce sens. Le résultat actuel est de 71 %, et chez les 18 à 34 ans, la proportion chute à 59 % (elle était de 87 % en 2008). « Cet indicateur est aussi en baisse, mais au moins, il est encore au-dessus du 50 %. C'est rassurant dans la mesure où les élections représentent la base de notre système démocratique », dit Youri Rivest.

Le même sondage sera effectué l'an prochain pour mesurer l'évolution de confiance de la population envers les institutions politiques depuis novembre 2011. Tous les résultats peuvent être consultés ici, en format PDF.

Les deux sondages identiques ont été menés auprès de 1000 adultes ayant le droit de vote au Québec. Celui de 2008 provient d'une enquête téléphonique, alors que celui de 2011 a été effectué à l'aide d'un panel Internet. Dans les deux cas, on a pondéré les résultats afin de refléter la distribution de la population selon le sexe, l'âge, la région de résidence, la langue d'usage, la langue maternelle et le niveau de scolarité.