Radio-Canada beaucoup de gras dans notre société d’État

Intéressant l’article de Michel Girard sur Radio-Canda, surtout vers la fin.

Coût de la masse salariale sur les frais d’exploitations :

·         Radio-Canada : 582 millions/1.2 milliards  = 48 %

·         Entreprises privées : 532 millions/1.9 milliards = 28 %

Donc, il y a bien du GRAS dans notre société d’État payer par les contribuables canadiens, d’une qualité douteuse et certainement pas neutre pour avoir un vrai débat de société.


Extrait de : Radio-Canada et la télé privée: deux mondes, Michel Girard, La Presse, 16 avril 2012

À la lumière des plus récentes données financières disponibles, la télé d'État de la CBC/Radio-Canada serait contrainte de réduire ses dépenses de plus de la moitié si le gouvernement fédéral supprimait sa subvention.

En effet, sur des revenus de 1,45 milliard de dollars, la subvention fédérale compte pour 813 millions et les revenus autonomes (publicité, services spécialisés, divers fonds, etc.) pour 638 millions. Or, les dépenses de la télé radio-canadienne totalisent environ 1,5 milliard.

C'est donc dire que les dépenses (1,5 milliard) surpassent les revenus autonomes (638 millions) par plus de 2,3 fois.

Au chapitre de la télévision d'État, CBC/Radio-Canada transmet au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) des résultats financiers sur sa télévision dite traditionnelle et sur sa télévision spécialisée (RDI, CBC Network, Bold, ARTV).

Du côté de la télé traditionnelle, CBC/Radio-Canada rapporte pour l'exercice 2010-2011 des dépenses avant amortissement et intérêts de 1,2 milliard, comparativement à des revenus autonomes de quelque 500 millions. Comme vous pouvez le constater, il s'agit là d'un méchant déséquilibre entre les revenus autonomes et les dépenses.

 

Comment la télé d'État se compare-t-elle à la télévision privée canadienne traditionnelle?

À vrai dire, il n'y a aucune comparaison valable. Sur des recettes totales de 2,15 milliards, les chaînes de la télévision traditionnelle privée au Canada ont engendré un bénéfice d'exploitation de 255 millions de dollars. Et ce, sans recevoir de subvention fédérale!

Par contre, du côté de ses réseaux de télévision spécialisée, CBC/Radio-Canada affiche une belle rentabilité alors que les revenus dépassent les dépenses significativement. Sur des revenus de 54,3 millions, RDI a rapporté un bénéfice d'exploitation (avant amortissement et intérêts) de 10,1 millions. CBC New Network (anciennement Newsworld) a engendré un bénéfice d'exploitation de 16,2 millions sur des revenus de 85,5 millions. Même ARTV fait ses frais, déclarant un bénéfice de 132 138$ sur des revenus de 16,5 millions. Et le réseau Bold (anciennemernt Country Canada) déclare un bénéfice de 327 321$ sur des revenus de 4,3 millions.

Question: comment ses quatre réseaux de la télévision spécialisée de la CBC/Radio-Canada peuvent-ils se rentabiliser par eux-mêmes alors que la télévision traditionnelle d'État est si loin de l'autorentabilité? La réponse réside dans les revenus tirés des abonnés des entreprises de distribution par câble et par satellite. Ce qui n'est pas le cas de la télévision traditionnelle.

Par ailleurs, en cette période de compressions budgétaires, des détracteurs de la CBC/Radio-Canada se demandent pourquoi le gouvernement Harper ne privatise-t-il pas cette société d'État.

Leur argument? Non seulement pourrait-il encaisser un bon prix de vente, mais, en plus, cela permettrait au gouvernement fédéral d'économiser l'alléchante subvention de 1,1 milliard de dollars, incluant la radio, qu'il verse, bon an, mal an, dans les coffres de la télévision et de la radio d'État.

Quel est donc l'attrait financier de la télé CBC/Radio-Canada pour une entreprise privée? À première vue, je n'en vois pas, une fois la subvention fédérale abolie.

Pour rentabiliser la télé d'État, il faudrait que l'acquéreur frappe à coups de bazooka dans le réseau de la télévision traditionnelle, dont les dépenses dépassent plus de deux fois les revenus autonomes.

Juste en ce qui concerne les réductions de personnel, ce serait catastrophique pour les employés de la télévision d'État.

Sur des dépenses d'exploitation de 1,2 milliard de dollars, la télévision traditionnelle de la CBC/Radio-Canada a déclaré pour l'année 2010-2011 une rémunération globale de 582 millions, et des effectifs de 6214 personnes.

Pendant ce temps-là, l'ensemble des réseaux de télévision traditionnelle privée au Canada déclarait une rémunération globale de 532 millions (6336 employés) sur des dépenses d'exploitation de 1,9 milliard.

Pour des effectifs et une rémunération globale semblables, la télévision privée au Canada encaissait en 2010-2011 quelque 2,2 milliards de revenus autonomes (majoritairement de la publicité), soit quatre fois plus que les revenus autonomes de la CBC/Radio-Canada.

Comme on peut le voir, deux mondes séparent la télé privée et la télé d'État. Quel parti politique fédéral oserait démanteler la CBC/Radio-Canada pour la refiler à l'entreprise privée?