Une balance commerciale saine : un pays sain économiquement

Il y a des fois ça prend drôlement du temps à comprendre le bon sens.

Ta balance commerciale est fondamentale pour garder le plein emploi. Si tu es trop déficitaire, tu t’endettes, le peuple s’endette, pour équilibrer ton budget, tu dois encore plus taxer et tu deviens de moins en moins compétitif, une vraie spirale vers le défaut de paiement.

Donc, il faut avoir des ententes commerciales de réciprocités entre pays.

Réciprocité :

·         Produits avec valeurs ajoutées, et s’il y a trop gros déséquilibre entre les pays un tarif douanier est appliqué.

·         La valeur ajoutée est importante, car vendre des lingots d’aluminiums pour recevoir en contrepartie des sécheuses ou des laveuses, tu deviens rapidement déficitaire par rapport au nombre d’emplois, sa qualité et les revenus que tu en retires.

Exemple au Québec : ce n’est pas en recevant 400 millions de redevances minières qu’on va pouvoir satisfaire un budget de 80 milliards.

Les attentes bilatérales de ce genre devient absolument nécessaires, tant aussi longtemps que les partenaires du G20 tirent leurs couvertes de chaque bord.

Il semble que ce genre de discours dans le monde politique officiel commence à s’infiltrer.

Voici certaines idées qui semblent émerger actuellement pour rétablir un équilibre économique.

No investment or market access in their countries and none will be granted in Canada that it seeks bilateral relationships where whatever value-added products Canadians import are offset by similar exports. (1)


I wouldn't flinch at putting a 30 percent tariff on Chinese goods, or a tariff on imports across the board, with the whole world or the countries running a surplus with us. (2)

1.      Premier article : Il semble que ce genre de discours dans le monde politique officiel commence à s’infiltrer entre les partenaires de l’Euro, voir l’article.

2.      Le deuxième article démontre qu’une balance commerciale négative cause plus de dommage qu’un simple déficit, dans notre cas, un dollar surévalué à un fort impact sur les recettes fiscales.


Ce n'est pas une crise de la dette, mais des compétitivités

Extrait de: Ce n'est pas une crise de la dette, mais des compétitivités, Eric Le Boucher, Slate.fr, 28/04/2012

Le constat de Mario Draghi change tout: une politique monétaire, même «inorthodoxe» ne suffit plus. Redresser la production est plus important que de réduire la dette.

En apparence, Mario Draghi est venu en renfort des thèses françaises en réclamant qu'un «pacte de croissance» soit ajouté au «pacte budgétaire» conclu par les Européens sur insistance allemande. En réalité, le président de la BCE ne s'est pas seulement démarqué des thèses germaniques, il a carrément renversé la table.

Évidemment, l’Allemagne ne voulait pas aller sur ce terrain glissant, car elle profite justement de cette situation, ayant des balances commerciales positives avec ces partenaires de l’euro.

Tel que la Chine, ne veut pas en discuter, car elle a un excédent commercial majeur depuis des décennies avec les États-Unis.

En parlant de «revenir en arrière», il a dit une vérité terrible à entendre: les Européens se sont trompés. Ils ont cru, nous avons tous cru, que la crise européenne commencée en Grèce était une crise des dettes souveraines. Les gouvernements impécunieux auraient profité de l'euro pour faire des cadeaux gratis à leurs concitoyens.

Mario Draghi nous dit: la crise se manifeste en effet par le creusement des déficits, mais elle est en réalité beaucoup plus grave, c'est une crise des compétitivités.

L'Europe n'est pas seulement en crise budgétaire, elle est en crise économique. Comme l'expliquent Silvia Merler et Jean Pisani-Ferry:

Le problème premier dans la zone euro n'est pas le déficit budgétaire
mais le déficit commercial.

Mario Draghi l'a admis: il ne sert à rien de mettre les banques sous assistance de la BCE s'il n'y a pas en aval d'entreprises pour demander des crédits et investir.

Ça change tout

Cela change quoi? Tout. Cela montre que la politique monétaire, même «inorthodoxe», ne suffit pas. Il faut une inversion de l'ordre des priorités entre dette et compétitivité. Les candidats français à l'élection présidentielle devraient non pas se féliciter du renfort de Mario Draghi, mais se précipiter vers leurs équipes pour réécrire complètement leurs programmes: changez tout! Redresser la production est plus important que de réduire la dette.

Air connu, direz-vous. Les Français de gauche comme de droite disent, depuis la signature du traité de Maastricht il y a vingt ans, que la «stabilité» germanique (la lutte contre l'inflation) ne peut être l'alpha et l'omega de l'Europe. La croissance doit compter aussi. Certes. Mais ils l'ont toujours fait sans réelle conviction.

Quand Lionel Jospin monte au créneau en 1997 pour finalement se contenter d'un changement cosmétique du «Pacte de stabilité» devenu «Pacte de stabilité et de croissance», sans aucun contenu, il ne subit pas une défaite diplomatique. Il subit une défaite intellectuelle. La conviction domine en Europe que les déficits commerciaux n'ont plus aucune importance, l'euro permet de les financer sans frais. Il suffit donc de tenir les comptes budgétaires, les seuls que Bruxelles et Francfort doivent surveiller.

Quand la crise arrive, les Allemands gagnent: vous voyez, les pays du club Med sont en faute. Ils ont été laxistes, mais, quand la bise est venue, les voilà fort dépourvus. Ils gagnent... jusqu'à ces dernières semaines, quand la récession s'installe et que les pays tombent les uns après les autres dans la spirale dépressionniste. Les économistes s'interrogent. Combien de temps ces fautifs vont-ils devoir souffrir? Ils calculent: quinze ans de purge en Grèce, dix ans en Espagne, sept ans en Italie. Les hommes politiques s'effraient: les gouvernements ont le temps de valser et les partis populistes de voir leurs rangs grossir...

Des Etats-Unis, l'esprit keynésien souffle que Barack Obama a, lui, attendu le retour de la croissance avant de commencer à serrer la ceinture. Il obtiendra une croissance de 2,5% cette année tandis que l'Europe plonge. N'a-t-il pas raison? David Cameron a fait l'inverse en Grande-Bretagne: une purge violente du budget avec la suppression de 800.000 fonctionnaires va «libérer» le capital privé et relancer l'investissement, espérait-il. Hélas, rien ne se passe de tel. L'investissement végète, la Grande-Bretagne est en récession depuis six mois. Le malheur est que ce constat, qu'il y a urgence de relancer la production dans les pays du Sud, débouche sur une inconnue: comment ces pays doivent-ils faire? Et comment l'Europe peut-elle les aider?

La compétitivité, la dette, l'Europe: en France, la politique économique du futur président devra trouver l'équilibre dans ce triangle. L'exercice est objectivement très délicat et il s'effectuera en outre sous la double surveillance contradictoire des électeurs et des créditeurs, de la rue et de la City. Il eût fallu travailler et en débattre. François Hollande, qui a omis la compétitivité de son projet, aura bien du mal à faire admettre à son parti que le plus urgent finalement est «d'aider les entreprises à produire»


Canada’s current account deficit is a huge drain

Extrait de: Canada’s current account deficit is a huge drain, Arthur Donner and Doug Peters, Globe and Mail, Apr. 09, 2012

As much as the current account deficit is important, it’s just a symptom of a bigger underlying problem, i.e. an overvalued currency.

– National Bank, Weekly Economic Letter, March 19, 2012

Canada’s sterling reputation for stability has developed into a serious economic problem, as countries and businesses look to the Canadian dollar as a safe currency.

·         The result has been an inflow of short-term financial investments that have pushed up the external value of the loonie.

·         With a high dollar, Canadian exports, especially of manufactured goods, have deteriorated, and imports have soared.

·         Canada’s international current account has moved from a surplus to a significant deficit.

A recent National Bank article posed the question of whether the Canadian dollar is overvalued, then set out a rather convincing argument that the answer is yes. The overvalued currency has contributed to the major deterioration in the current account position.

We not only agree but also suggest that Canada’s current account deficit outlook (which is related to our strong dollar) is far more serious than the fiscal problems facing the federal government. The reason for this is that Canadian policy-makers and the public in general have much more scope for tackling our fiscal problems than we have for tackling the current account and trade deficit problems.

The current account position in the balance of payments (the difference between exports and imports of all goods and services) is the broadest measure of trade between Canada and the rest of the world. It’s roughly the same as the trade balance figures used in the measure of GDP. In 2011, Canada recorded its third consecutive annual current account trade deficit after a decade of surpluses.

Historically, Canada has relied on exports (particularly manufacturing, forest products, minerals and energy) as the engine for economic growth. During most of the 40 years preceding the past decade, Canada recorded current account deficits. Then, with the dawn of the 21st century, the current account suddenly moved sharply into a surplus position.

The recent elevation in our dollar has shifted a decade-long manufacturing trade surplus into a substantial deficit – perhaps permanently.

Canada’s current account deficit was $48.30-billion in 2011, the second highest on record after 2010’s $50.86-billion. Last year’s current account deficit represented 2.8 per cent of GDP, as compared with 3.1 per cent in 2010.

The problem that a current account deficit poses is that it represents a leakage of output, jobs and incomes to other countries.

Valable pour tous les pays industriels

So when Canada records a deficit running about 3 per cent of GDP, it implies that the domestic economy has to grow 3 per cent faster just to stand still.

Try to imagine the production and job gains potentially associated with an additional 3 per cent of GDP growth. If the $48-billion was added to the Canadian economy, it would represent an enormous number of new jobs across the country.

In other words:

The current account deficit represents a huge drain on the economy.

And as some politicians and economists have been stressing, a major reason for this loss of jobs and production to other countries was the escalation of the Canadian dollar to approximate parity with the U.S. dollar.

Although there’s no scientific way of determining what represents fair value for the loonie, most analysts would place it in the 80- to 90-cent U.S. range.

There’s little doubt that Canada’s high-flying currency has been heavily influenced by soaring resource and commodity prices, particularly that of oil. China and other emerging market economies that are rapidly industrializing play a key role in this complex story.

The overall effect on Canada has been a major shift from hefty goods trade surpluses from roughly $50-billion to $70-billion annually between 2000 and 2008 into approximate balance last year. At the same time, Canada’s services trade deficit has continued to widen over the past decade.

There’s no easy policy answer to an overpriced loonie. Much of the challenge will have to be met by business itself with strong increases in efficiency and productivity in the manufacturing sector to make Canada competitive.

But Canada should also be sure that its tax policies don’t favour short-term financial investments that don’t result in real investments in plant, equipment and resources.

Tel que des bulles immobilières par des investisseurs étrangers.

We can also learn from Germany’s success in supporting its export-oriented manufacturing firms. Its manufacturing sector has highly paid, skilled workers who make innovative products that provide value for customers as well as profits for its shareholders. Germany’s manufacturing industries also contribute to a healthier environment and to the country’s strong trade surplus.

Arthur Donner is a Toronto-based economic consultant who has been an adviser to federal and provincial governments. Doug Peters is a former chief economist of the Toronto-Dominion Bank and a former secretary of state (finance) in the Chrétien government.