Une démocratie de peuple, peut-être un jour ?

C’est vrai que le pouvoir corrompt, M. Jean Marc Léger suggère de réduire leurs mandats à deux.

Peut-être, mais c’est loin d’être suffisant, on le remarque aux États-Unis, même si le président est limité à deux mandats, on constate, le pouvoir à Washington est contrôlé par les oligarques, surtout aux Sénats et à la Chambre des Représentants.

Dans les pays modernes, nous avons eu depuis 3 décennies, une dérive constante :

Une démocratie de peuple vers une
démocratie de groupe d’intérêt

Domination des groupes d’intérêt dans le monde politique

On peut définir les groupes d'intérêt comme des regroupements organisés de votants (ou d'entreprises) ayant des préférences semblables pour une politique spécifique. En concentrant leur lobbying sur une mesure particulière, ces groupes peuvent gagner l'adoption d'une politique qui leur vaut des bénéfices directs, tout en en diluant le coût sur des millions de contribuables ou de consommateurs.

Ces groupes seront donc disposés à engager des ressources pour obtenir des mesures qui les favorisent. On désigne le fardeau de ces investissements qui ne servent qu'à opérer des transferts de richesse, comme la course aux faveurs ou aux rentes. (1)

Les sages suisses plusieurs barrières

Souvent, je fais référence de la démocratie directe de la Suisse, comme référence.

Mais, c’est nettement plus fin qu’une simple consultation populaire.

Les sages Suisses ont inséré plusieurs barrières pour réduire le pouvoir des groupes d’intérêts, le type de gouvernance joue un rôle fondamental.

Le bannissement du culte de la personnalité

L'exécutif suisse détient une caractéristique unique en son genre, il n'y a pas de chef.

Le conseil fédéral est constitué de sept super-ministres et d'un président du conseil désigné parmi eux chaque année sans que deux mandats puissent se suivre. Ils sont élus individuellement au conseil, par vote du parlement. De fait, chacun d'entre eux, d'un bord politique ou d'un autre, doit convenir à la moitié des députés. Le résultat en est la représentation simultanée au conseil fédéral de tous les grands courants de la politique suisse.

Cette cohabitation permanente est appelée démocratie de concordance, par opposition à la démocratie d'alternance présente dans tous les autres pays « démocratiques ».

Ce mode électoral tend à privilégier les candidats attachés aux dossiers et prêt à travailler sur le long terme, aux dépens de ceux, plus doués pour les promesses démagogiques et les bains de foule.

Les conseillers fédéraux se répartissent entre eux les ministères, aucun d'eux ne domine, le pouvoir exécutif est partagé, les personnalités fortes n'émergent pas, le culte de la personne non plus.

Un conseiller fédéral peut être expulsé par un vote majoritaire au parlement après 4 ans de présence, il reste dans ses fonctions pour 10 ans en moyenne.

La démocratie de concordance a une importance particulière en démocratie directe, lorsqu'une proposition émane du conseil fédéral elle fait l'objet d'un consensus en son sein, au moins de façade, elle est donc fortement discutée.

Il en résulte que si elle est soumise au vote du parlement, et plus encore lors d'un référendum, le débat public se fait bien plus sur le contenu du texte que sur son origine politique.

Inversement dans une démocratie d'alternance, un projet émis par le gouvernement se transforme largement en plébiscite, pour ou contre la faction au pouvoir.(2)

Et pourquoi, de tels débats n’ont pas lieu dans nos médias traditionnels ?

La désinformation des médias, les citoyens doivent être exaspérés de l’unilatéralisme des gouvernements, pour en être convaincus, ils doivent être informés convenablement.

Or, au Québec, la concentration des médias protège le pouvoir en place et encourage le statu quo en matière de système électoral.

Donc, de spécifier d'avoir simplement deux mandats pour résoudre notre problème de démocratie, démontrent à quel point, le manque de sérieux d'une sérieuse discussion sur nos dérives démocratiques.


Deux articles :

1.      Le premier de Jean Marc Léger et son sondage.

2.      Le deuxième article provenant d’un français vivant en Chine commentant les dérives démocratiques en Chine et notre démocratie fictive de nos pays occidentaux.


Extrait de : Le pouvoir corrompt, Jean-Marc Léger, le Journal de Québec, 23 avril 2012

Duplessis est revenu. On a l’impression d’être de retour dans les années 50 avec les coups de matraque sur les jeunes, la vente des richesses naturelles au rabais et la corruption de la classe politique.

Dans les années 50, plusieurs étaient impliqués dans des petites combines plus ou moins louches. C’est l’inverse aujourd’hui, peu sont impliqués, mais le sont dans un système plus organisé.

Les Québécois ont raison d’exiger que leur gouvernement fasse le ménage et éradique la corruption sous toutes ses formes. Mais les Québécois ont tort de croire que la majorité des politiciens sont corrompus.

Tout le monde est accusé

Le gouvernement a tellement laissé pourrir la situation que toutes les classes politiques et d’affaires sont maintenant soupçonnées de corruption.

Les Québécois sont convaincus que la majorité des députés sont impliqués d’une manière ou d’une autre dans des problèmes de corruption. Même la CAQ, qui n’a jamais gouverné, est accusée de corruption. Pourtant, ce n’est pas vrai.

Les Québécois sont convaincus que la corruption est répandue à tous les niveaux. Ils croient que les maires et les fonctionnaires sont tous plus corrompus les uns que les autres. Pourtant, ce n’est pas vrai.

Les Québécois sont convaincus que les firmes d’ingénierie et les firmes œuvrant dans le domaine de la construction sont tous des bandits. Pourtant, ce n’est pas vrai.

Le peuple est convaincu que l’UPAC et la Commission Charbonneau ne réussiront pas à faire la lumière sur la corruption. Pourtant, je crois en la justice.

Follow the money

Croyez-vous vraiment qu’un politicien va jouer sa réputation et sa carrière pour une contribution, souvent minime, à son parti politique ? Croyez-vous vraiment que les politiciens s’en mettent plein les poches ?

Je sais que vous ne me croirez pas, mais la grande majorité des politiciens sont honnêtes et travaillent dans l’intérêt des citoyens.

Par contre, beaucoup d'entre eux sont incompétents, car ils n'ont pas l'expertise pour gérer des milliards et leurs soucis premiers, est  de se faire réélire.

La corruption fait partie d'un et plusieurs vices cachés du style de démocratie que nous avons instaurés.

Vous constaterez que la plupart de ceux qui se feront prendre par l’UPAC ou par la Commission Charbonneau ne seront pas nécessairement des politiciens, mais des entrepreneurs qui négocient des millions avec le gouvernement. « Follow the money », comme disait Deep Throat, le célèbre délateur dans le « Watergate » qui a mené à la destitution du Président américain Nixon.

Le problème majeur, c’est que les politiciens qui demeurent trop longtemps au pouvoir pensent que l’État leur appartient tandis qu’il appartient au peuple.

Un politicien qui demeure trop longtemps au pouvoir confond ses intérêts personnels avec ceux de la collectivité. Il est souvent prêt à tous les compromis pour demeurer en place.

Limitons la durée des mandats et nous aurons une meilleure démocratie.

Peut-être, mais très loin d’être suffisant.


Le pouvoir corrompt - 1

Le pouvoir corrompt - 2

 

 

Le pouvoir corrompt - 3


Extrait de : Un monde, deux mauvais systèmes, Reflet de Chine, 24 avril 2012

Lorsque l'on ne dispose que d'un seul neurone, il est bien difficile de réfléchir. Tel est le cas de ces personnes unissant quelques articles critiquant certains aspects de la démocratie et le fait d'extraire de la Chine autre chose que le jus négatif filtré par les médias. De là à faire de moi un anti-démocrate de circonstance, il n'y a qu'un pas que certains ont allègrement franchi avec un étiquetage sorti tout droit de leur imagination pourtant peu développée.

Il est vrai en contrepartie que je ne me suis jamais trop exprimé sur ce sujet, préférant laisser les MicXXX GueXXX (les X remplacent les neurones inexistants de cet expert en intelligence économique désirant, et on le comprend, rester anonyme)et autres adorateurs du régime de Vichy cracher leur venin à mon sujet.

Je tiens d'ailleurs à profiter de l'occasion avant qu'il ne rentre dans son COCKPIT pour remercier « chineconquerante et autres monsieurlepresident (pas de quoi en faire un fromage) » pour leur promotion, qui si elle n'a mis en lumière que peu d'intelligence économique ou autre de leur part, a prouvé l'utilité de poubelles de ce genre, les poignées étant représentées par la courte liste des coureurs de backlinks dont le nom figure en bas du réceptacle.

Après cette parenthèse dont il est urgent de refermer le couvercle en raison des odeurs nauséabondes qui s'en dégagent, passons à la raison de cet article. Si le premier point peut sembler superflu, il demande pourtant à être précisé. Celui-ci concerne le régime politique actuel en Chine dont il est inutile de dire qu'il est loin d'être parfait. De là à vouloir à tout prix vouloir que ce pays adopte le même semblant de démocratie que celui de bien d'autres pays, il y a un pas que pour ma part je me refuse de franchir.

Si le principe de la sacrosainte liberté d'expression est en Chine encore embryonnaire, son excès a pour fâcheuse tendance de donner libre cours au n'importe quoi, comme évoqué plus haut en ce qui concerne les deux containers à déchets. En dehors de quelques « gogols formatés », la plupart des dirigeants de nations pourtant citées en exemple dans ce domaine ne cessent de légiférer de manière plus ou moins hypocrite pour imposer des limites à cette liberté. Comme dans bien d'autres cas, cette hypocrisie passe mieux auprès des populations qu'un « Non, vous n'avez pas le droit » plus fréquent en Chine. Cette supposée liberté d'expression a d'ailleurs étrangement suivi les mêmes dérives que la démocratie en ne devenant qu'un territoire protégé dont une infime minorité est propriétaire. Il n'est en effet pas utile de trop gratter pour trouver derrière cette façade le pouvoir du moment ou à venir, et dans les deux cas le soutien financier de groupes dont l'objectif ne fait guère de doute.

La question que tout être démocratiquement constitué devrait se poser est de savoir si lors de sa naissance il doit être obligatoirement classé dans une idéologie politique quelconque. En 2012 on en est en effet encore à cette notion plus que bicentenaire, preuve que les esprits n'on que peu évolué. Le formatage intervenant dès le plus jeune âge en raison de l'environnement familial, les changements sont par la suite peu nombreux, un fils d'enseignants ayant tendance à être de gauche non pas par réflexion personnelle, mais par la voie imposée par ses parents. Afin de ne pas faire de jaloux, il faut préciser qu'il en est de même pour les « rejetons » de droite, rouler en voiture de luxe dès le plus jeune âge n'ayant que rarement pour effet de développer les aspects humanistes.

De vocation et signe de sacrifice à ses débuts, le mandat électoral censé représenter la population est devenu un certificat d'aptitude permettant de faire carrière dans la politique. Le peuple n'étant visité qu'une fois tous les cinq ans ou au travers de quelques heures de permanence, c'est entre eux que nos députés décident de notre avenir, ce qui n'a rien de très démocratique. Même si cet exemple a toujours du mal à passer auprès des formatés par la Révolution de 1789, en Chine les réunions de quartier ou réunissant des personnes ayant un intérêt commun sur un problème particulier sont presque trop nombreuses, ce qui démontre que les possibilités entre les deux systèmes existent bel et bien.

Mais me direz-vous, en France la population peut décider de ces dirigeants, ce qui n'est pas le cas en Chine. Si cela est vrai avec un PCC omniprésent à tous les niveaux de décisions, la situation en France et ailleurs est loin d'être aussi glorieuse qu'il y paraît. En ce qui concerne les grands pays, seule l'Inde dispose d'un gouvernement de coalition, ce qui s'il n'est pas sans créer quelques soucis, a au moins le mérite d'être plus représentatif que le système français ou américain.

Ce que je reproche à ces deux systèmes ?

D'avoir purement et simplement tué la démocratie en volant le pouvoir au travers des appareils de parti. Il suffit en effet de regarder la composition des parlements ou l'actuelle élection présidentielle pour se rendre compte que si en Chine le pouvoir n'appartient qu'à un seul parti, il en est de même dans ces deux pays. Même si quelques gri-gri du premier tour peuvent laisser penser le contraire, il s'agit avant tout pour les deux partis en puissance d'installer des râteaux assez larges pouvant ensuite tirer vers eux, non pas les feuilles mortes, mais les bulletins de vote d'électeurs dispersés. Dans la plupart des cas, c'est avec juste un peu plus de la moitié des voix qu'est dirigé un pays, la part restante n'ayant aucune réelle utilité si ce n'est de donner un semblant d'équilibre à la première et de préparer l'élection suivante.

Pour avoir le droit d'être candidat à la simple élection locale d'une ville de moyenne importance, la personne doit passer par le dictat du parti auquel il aura obligatoirement adhéré s'il veut espérer la moindre carrière. Sans ce sésame, peu de chances d'être admis dans cette caverne d'Ali Baba où l'on se partage tant le pouvoir que les richesses.

Le jour où les Français et d'autres auront compris la réalité de cette situation des plus ridicules et dangereuse, il leur restera à emprunter la voie prise par leurs ancêtres en espérant que cette fois ils prendront vraiment tant le pouvoir que leurs responsabilités en ne remplaçant pas la noblesse par la haute bourgeoisie et le roi par un empereur. Puisque nous sommes en période de sondages, je vous donne le résultat de celui que j'ai effectué auprès d'un panel représentatif d'une personne (moi en l'occurrence) sur les chances de voir changer le système actuel : 0.000005 %.