C’est sur cet étudiant qu’on a tiré

Situation très déplorable pour cet étudiant.

Plus, un article du Globe and Mail sur la protestation de nos jeunes étudiants, un article beaucoup moins hystérique ayant beaucoup plus de profondeur que certains chroniqueurs qui ont tendance à les traités de paresseux, d’irresponsables et de communistes …

(Je vous fais rappeler que la dette du Québec est de 234 milliards et plus de 2/3 sont des dépenses d’épiceries, qui sont les vrais irresponsables ?)


Extrait de : C’est sur cet étudiant qu’on a tiré, par Brigitte Faivre-Duboz, Le Devoir, 7 mai 2012

Un étudiant du Cégep de Saint-Laurent, membre très actif de l’Association étudiante, a été grièvement blessé en fin de semaine à Victoriaville, il a perdu un oeil et souffre d’un traumatisme crânien. Il aurait vraisemblablement été victime d’une balle de caoutchouc tirée par la police [N.D.L.R. : Cette information n’a pas été confirmée].

J’ai eu le trop bref bonheur d’enseigner la littérature à ce jeune homme pendant un mois, avant le déclenchement de la grève. Je l’ai, depuis, maintes fois croisé, aux manifestations et au cégep, surtout dans le cadre du cégep populaire dont il est un des plus fervents animateurs. C’est un esprit bouillonnant, libre, ouvert, généreux, curieux, toujours en éveil. Des étudiants comme lui, je fantasme d’en voir défiler des centaines dans mes classes, de ces êtres qui ont moins besoin d’enseignants que de guides pour les aider à faire le tri dans le foisonnement des idées qui les interpellent de tous bords tous côtés. Il incarne à la perfection le type même d’étudiant que la formation générale collégiale, fondée sur des valeurs humanistes, cherche à former : des êtres dotés de solides armes intellectuelles pour critiquer et transformer la société dont ils commencent alors à être des membres actifs à part entière.

Ce que beaucoup de petits-vieux ont tendance à oublier, en leur léguant bien malgré eux une SALE dette et une ÉCONOMIE totalement dysfonctionnelle et en leur donnant un très mauvais goût de la perspective de leur avenir.

Le dialogue et l’écoute

C’est sur ce jeune homme que l’on tire avec un attirail de guerre…

On aurait eu plutôt tout intérêt à l’écouter, lui et ses semblables, au sens fort de prêter l’oreille, comme on tend la main dans un geste d’accueil. Il aurait pu vous expliquer la démocratie directe et vous auriez vu alors qu’il ne se contente pas de la prôner, mais la vit au quotidien : il entre en débat avec tous ceux qui désirent le faire, avec passion et humour, sans agressivité, jamais.

Je l’ai vu discuter avec une autre de mes étudiants, l’une de celles qui ont demandé une injonction, à la sortie de l’audience, alors que le juge venait tout juste de donner raison à cette étudiante, et d’enfoncer un douloureux clou dans le mouvement qu’il porte à bout de bras avec ses camarades depuis maintenant plus de trois mois. Discussion énergique, mais civilisée, qui n’a rien à voir avec le cirque que nous donnent à voir nos députés et ministres à l’Assemblée nationale… Rien à voir non plus avec le mépris condescendant que la plus grande partie de notre élite, celle si soucieuse de ses privilèges, assène aux étudiants.

Convictions affirmées

Il aurait pu aussi, si vous vous étiez donné la peine de vous intéresser un peu à ce qu’il a à dire, vous inviter au Cégep populaire qui fait vibrer la grande salle du Cégep de Saint-Laurent depuis les tout débuts de la grève. Dans cet espace ouvert, au propre et au figuré, ont défilé de très nombreux penseurs, professeurs et acteurs sociaux venus partager bénévolement leur savoir avec toujours au moins une cinquantaine d’étudiants.

Des étudiants qui montrent, par leur présence même et leurs interventions, toujours nombreuses, que l’éducation libre, gratuite et désintéressée, portée par la nécessité du savoir et non son utilité, des étudiants de la trempe de M. en ont déjà jeté les jalons. Non, ils n’ont pas attendu qu’on leur donne la permission pour commencer de jeter les bases de la société dont ils rêvent.

Ce jeune homme de vingt ans est l’exact opposé des hommes et des femmes qui nous gouvernent actuellement : il incarne ses convictions avec une probité et une pugnacité qui l’honorent et qui devraient faire rougir de honte ceux qui nous dirigent et que je tiens personnellement responsables de la tragédie dont il devra porter toute sa vie les traces.

Tu vas nous manquer. En attendant que tu te remettes, tes compagnons et compagnes, ainsi que moi-même, continueront de prendre le parti de ces valeurs et idéaux que tu as si exemplairement défendus jusqu’à présent.

Brigitte Faivre-Duboz, Professeure de littérature au Cégep de Saint-Laurent.


Extrait de: Young adults have a right to be up in arms, Rob Carrick, Globe and Mail, May. 02, 2012

Talk to your kids before you dismiss those Quebec student demonstrators as a bunch of spoiled malcontents.

Even if they’re not on their way into the streets to protest rising university tuitions, young adults have some legitimate grievances about the growing financial divide between them and the older generation.

1.      Think about jobs – more people are expected to remain in the work force after age 65, which means less opportunity for recent graduates to find their first career-building position.

2.      Think about housing – the baby boomers bought up all the cheap houses and now it’s prohibitively expensive to buy in some big cities.

3.      Think about social programs – Old Age Security is being preserved untouched for today’s seniors by taking benefits away from younger Canadians, and we haven’t yet seen what changes will be required to our health care system as the population ages.

The Quebec demonstrations can’t be dismissed as simply an example of the province’s strong tradition of social activism, and neither are they the actions of selfish youths who aren’t satisfied with the lowest post-secondary tuitions in North America. What’s going on in the province is a fight by twenty somethings to be heard by governments that seem to have little interest in them.

As our population ages, young adults are increasingly being marginalized in a demographic sense. And they’ve never been much of a force politically. It’s no wonder, then, that politicians have little or nothing to say about the growing economic divide. You don’t win an election addressing that issue.

Tuition fees are the gateway problem for today’s young people in a financial sense. Some argue that cutting tuition only benefits well-off families because they’re the only ones who can afford to send their kids to university or college. Maybe so, but the net result of tuition costs at current levels is that, according to the Canadian Federation of Students, the average debt for university graduates is almost $27,000. At today’s interest rates for student loans, it would cost a grad a hefty $530 a month to pay that debt off over five years.

Large student debts would be both tolerable and fair in an economy where graduates can get on with their careers fairly quickly.

But, anecdotally at least, this doesn’t seem to be the case. A quick summary of stories I’ve heard from recent graduates since my new book, How Not To Move Back In With Your Parents: A Young Person’s Guide to Financial Empowerment, was published last month:

·         The only jobs I can find are unpaid internships.

·         The job I have doesn’t pay me enough to take care of my student loans and afford my own apartment.

·         All I can get are short-term contracts.

·         I’m competing for jobs against people who are way overqualified.

Tout fait exact, on le remarque aux États-Unis

53.6% of New College Grads are Jobless or Underemployed in 2011

Young adults with bachelor's degrees are increasingly scraping by in lower-wage jobs - waiter or waitress, bartender, retail clerk or receptionist, for example - and that's confounding their hopes a degree would pay off despite higher tuition and mounting student loans.

His situation highlights a widening but little-discussed labor problem. Perhaps more than ever, the choices that young adults make earlier in life - level of schooling, academic field and training, where to attend college, how to pay for it - are having long-lasting financial impact.

With the state's economy languishing in an extended housing bust, a lot of young graduates have shown up at job placement centers in tears. Many have been squeezed out of jobs by more experienced workers, job counselors said, and are now having to explain to prospective employers the time gaps in their resumes. (1)

I spoke with Zach Dayler, national director of the Canadian Alliance of Student Associations (CASA), in researching this column. He mentioned that his organization recently posted an opening for an entry-level policy and research analyst. People with law and master’s degrees are applying.

Once they land a job, the dream of home ownership lives strong in today’s young adults. Unfortunately, the flip side of all the money made in housing by baby boomers is sky-high prices for first-time buyers. It’s easy to say these buyers should suck it up and wait their turn, but that means enduring the older generation’s advice that renting is the dumbest financial move ever (actually, it’s buying a house you can’t properly afford).

One reason for pessimism in the outlook for twentysomethings is that governments are cutting both jobs and spending. Part of the government’s rationale is that it must prepare for the financial needs of the aging baby boom generation. The last federal budget announced a reform of OAS that will gradually raise the age of eligibility to 67 from 65 starting in 2023. People 54 and older are untouched by the changes. These are the very same retirees who in many cases binged on debt, neglected their retirement savings and thus will have to stay in the work force longer. Twenty somethings, get a load of your new competitors in the job market – mom and dad.

So why haven’t more kids been demonstrating like those Quebec students?

Mr. Dayler, of CASA, said students in other provinces are accustomed to tuition increases and the idea that a post-secondary education means going into debt.

The anger is there, however. “Just ask most young people what they think of their political representatives.”


The Canadian Federation of Students estimates the average debt for university graduates is almost $27,000. Here's an example of the cost and length of time it might take to repay this amount.

Loan Payback Period    10 Years          5 Years

Total Debt                      $27,000           $27,000

Interest rate                   5.5%               5.5%

Monthly payment           $301               $530

Total interest payable     $8,387            $4,052

Total amount payable     $36,129          $31,795

Notes

-a floating rate loan at prime+2.5 percentage points is used for this example

-an assumption is made here that the student will take advantage of a six-month repayment grace period after graduation (interest accrues during that period and is added to the amount owing)

Source: CanLearn.ca