Financement des partis de la CAQ + corruption (sondage)


Extrait de : Financement des partis : la CAQ propose ses solutions, Radio-Canada, 4 mai 2012

La Coalition avenir Québec propose de nouvelles règles pour assainir le financement des partis politiques au Québec.

Selon le chef de la CAQ, François Legault, cette révision des règles sur le financement des partis politiques est nécessaire, car le gouvernement libéral n'a pas pris les mesures appropriées pour enrayer la corruption et le trafic d'influence.

« Malgré toutes les révélations embarrassantes, Jean Charest a refusé d'aller au fond des choses, probablement pour ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. Je pense qu'il est temps qu'on règle ce dossier »,

a déclaré François Legault.

D'après le chef de la CAQ, tous les scandales qui se multiplient alimentent dans la population un cynisme des plus néfaste envers la classe politique. C'est pourquoi il est plus que temps, selon la CAQ, de redresser la barre pour assainir les pratiques liées au financement des partis.

Pour François Legault, l'un des principaux problèmes du système québécois de financement des partis est la course pour obtenir de l'argent.

« Les partis politiques sont obligés d'amasser plusieurs millions de dollars pour financer des campagnes qui coûtent de plus en plus cher. Et pour y arriver, ils utilisent tous les moyens disponibles. »

— François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Pour assainir le système de financement des partis politiques, la CAQ propose trois mesures que François Legault a présentées vendredi en conférence de presse.

Réduire et fixer les dépenses des partis politiques

·         La première proposition consiste à réduire de façon majeure les dépenses totales autorisées par la loi lors des campagnes électorales. La CAQ voudrait que les années où il n'y a pas d'élections, les dépenses maximales des partis politiques ne dépassent pas 2 millions de dollars.

·         Les années où il y a élections, cette limite serait augmentée à 4 millions de dollars pour chaque parti politique.

À titre de comparaison, lors de la campagne de 2007, le Parti québécois a dépensé 7,8 millions de dollars contre 9,5 millions de dollars pour le PLQ et 2,4 millions de dollars pour l'ADQ.

Réduire la limite de contribution des particuliers

·         La deuxième mesure avancée par la CAQ est de réduire à 100 $ par individu le montant annuel maximal des contributions à une formation politique. La limite actuelle prévue par la loi québécoise est de 1000 $ par personne, par parti politique.

Selon François Legault, cette mesure permettra d'éliminer notamment l'utilisation de prête-noms pour contourner la loi sur le financement des partis par des entreprises qui utilisent des noms fictifs pour verser plus que la somme autorisée par la loi à un parti.

·         La CAQ propose aussi qu'on continue d'enregistrer tous les dons aux partis politiques au DGEQ, mais sans exception. « C'est-à-dire qu'il n'y aurait plus aucun don en espèce qui serait permis », précise François Legault.

·         La Coalition suggère également que les individus ne soient à l'avenir autorisés qu'à financer un seul parti.

Le manque à gagner

·         Pour compenser le manque à gagner dans les caisses des partis engendré par cette mesure, la CAQ propose que l'actuel crédit d'impôt accordé aux contribuables pour les contributions politiques soit désormais versé aux partis.

Suivant ce principe, un individu qui verserait 100 $ à un parti permettrait à l'organisation de recevoir 300 $ au total du directeur général des élections. Bref, pour chaque dollar donné à un parti par un particulier, l'État rendrait 3 dollars au parti.

Des élections à date fixe

·         La troisième mesure préconisée parla Coalition avenir Québec est l'instauration d'élections à date fixes.

« On le vit actuellement, je pense qu'autant le Parti québécois que la Coalition sont obligés d'engager actuellement des dépenses qui seront perdues s'il n'y a pas d'élections », a expliqué François Legault.

Selon lui, avec l'instauration d'élections à date fixe, les partis pourraient réduire ces dépenses inutiles et mieux planifier les ressources financières et le financement dont ils ont besoin pour faire campagne.

Ce train de mesures, en plus de calmer la course au financement des partis, permettrait, selon François Legault, de réduire la dépendance des partis politiques envers un éventail de « groupes qui se manifestent dans des cocktails, dans des déjeuners et toutes sortes d'activités ».

Ces mesures permettraient aussi, selon la CAQ, aux partis politiques qui disposent d'un financement moindre de se battre à armes plus égales avec leurs adversaires lors des campagnes électorales.

Je pourrais ajouter d’autres éléments pour améliorer notre démocratie.

1.      Un scrutin proportionnel pour améliorer la pluralité d’opinion.

2.      Et de la démocratie directe (frein et moteur), pour ne JAMAIS accorder plein pouvoir aux politiciens durant leur mandat.

On a juste à examiner les conséquences désastreuses économiques dans le monde entier, la principale préoccupation des politiciens est de rester aux pouvoirs en spoliant la richesse et le crédit de son peuple.


Extrait de : Désabusement collectif,  Jean Louis-Fortin, Journal de Montréal, 23 avril 2012  

Les Québécois croient que la corruption est partout chez les politiciens et dans la construction.

Les Québécois sont désabusés. Ils ont perdu confiance envers l’ensemble de la classe politique et de l’industrie de la construction, qu’ils estiment rongé par la corruption, révèle un sondage Le Journal de Montréal/Léger Marketing.

C’est un véritable ras-le-bol collectif qui se dégage des résultats de la consultation menée au cours des derniers jours.

 

Pas moins de 85 % des Québécois croient que la corruption entre les élus et des entrepreneurs privés est un problème répandu, qui n’est pas limité à seulement quelques personnes.

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Chez les francophones, ce sont presque 9 personnes sur 10 qui y voient un fléau généralisé.

« Les gens veulent du ménage, et du ménage rapidement », estime Jean-Marc Léger, président de la firme Léger Marketing.

Désabusement collectif - 2« Les citoyens ont atteint la limite de leur tolérance. Il y a tellement eu d’impunité au cours des années », remarque l’expert en sondages.

« Une gangrène »

Dans l’opinion publique, personne n’est épargné. Entreprises de construction, firmes de génie-conseil, maires, élus du Parti libéral du Québec et du Parti québécois ; tous sont associés à la corruption.

« C’est comme une gangrène qui est dans l’ensemble de la classe politique. Même la Coalition Avenir Québec (le parti de François Legault), qui n’a jamais été au pouvoir, est éclaboussée », observe Jean-Marc Léger.

Bombardés de rumeurs et d’allégations, les Québécois finissent par croire que le problème est plus grave qu’il ne l’est en réalité, estime le sondeur.

Mais selon lui, alors que des élections provinciales auront lieu dans la prochaine année, il ne sera pas facile pour le premier ministre Jean Charest de changer cette perception.

« Il y a eu des accusations, mais tant qu’il n’y aura pas de coupables, les gens penseront que tout le système est corrompu », dit-il.

Plus sévère ?

Pour combattre la corruption, les répondants au sondage estiment que le système d’appel d’offres public devrait être revu afin d’être plus transparent. Les peines imposées aux coupables pourraient aussi être plus sévères, croient les Québécois.

L’idée que les maires puissent être élus pour un maximum de deux mandats consécutifs, à l’image des députés provinciaux, récolte aussi une bonne part d’appuis.

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Examiner la dernière question, pas très encourageante, meilleure solution la démocratie directe, la population devient le plus gros groupe d’intérêt, ce qui empêche les éternelles magouilles entre politiciens et les groupes d’intérêts traditionnels.

« Certains sont là depuis tellement longtemps qu’ils savent comment déjouer le système », rappelle Jean-Marc Léger.

Chose certaine, une possible augmentation des salaires des élus et des fonctionnaires pour contrer la corruption est rejetée catégoriquement par les Québécois.