L’Alberta veut nos bras et notre technologie

Entre temps, avant qu’Ottawa change sa politique industrielle et son taux de change, les entrepreneurs d’ici peuvent avoir l’opportunité d’obtenir des contrats de l’ouest.

Par contre, ça ne change pas le débat de fonds, une sur évaluation de notre monnaie affecte la compétitivité de nos entreprises.


Extrait de : L’Alberta veut nos bras et notre technologie, Hugo Joncas, les affaires.com, 11-05-2012   

Les sociétés pétrolières albertaines ont besoin de la technologie et des travailleurs québécois. Un groupe de revendication d’Edmonton débarque à Montréal et à Québec pour passer le message, les 15 et 16 mai, accompagné d'une quarantaine de chefs d'entreprise.

«L’Alberta contre le reste du pays, c’est une mentalité dépassée. Nous avons besoin d’amis au Canada et dans le monde pour appuyer le développement de notre économie»,

dit d’entrée de jeu Tim Shipton, président de l’Alberta Enterprise Group (AEG), un «groupe de revendication pour le bon sens en politiques publiques», selon son site Internet.

Dans sa province d’origine, l’organisme milite surtout pour une fiscalité favorable aux entreprises et une réduction de la bureaucratie.

Il a été fondé en 2006 par un groupe d’organisateurs pour la campagne de Mark Norris au leadership du Parti progressiste-conservateur albertain, après sa défaite. Un fervent opposant à la taxe sur le carbone envisagée par le Parti libéral du Canada à l’époque.

En venant au Québec, l’AEG veut surtout présenter les innombrables occasions d’affaires qui se présentent dans la «production responsable d’énergie» en Alberta pour les entreprises québécoises.

Le groupe entamera donc dans les prochains jours une mission à Montréal et Québec. «Quarante chefs d’entreprises viendront pour rencontrer leur vis-à-vis, dit Tim Shipton. Le but est de créer un réseau pour parler de stratégie d’affaires, une poignée de main à la fois.»

Le président de l’AEG insiste sur la présence ici d’un important secteur des technologies vertes. «Nous pensons que ces entreprises peuvent nous aider à surmonter les défis que présente notre industrie énergétique.»

Pour Tim Shipton, l’important secteur manufacturier du Québec peut également bénéficier largement de l’industrie des sables bitumineux, tout en évitant la surchauffe économique à la province de l’Ouest.

«Les produits, les machines dont nous avons besoin, devraient être manufacturés ici. Pas besoin de venir en Alberta et de construire une usine. Si vous avez une certaine expertise, vous pouvez rééquiper votre usine au Québec. Ça ne crée pas de fuite de technologie hors de la province.»

Aussi longtemps que les coûts de transport et de services n’influencent
pas drastiquement la marge bénéficiaire.

Pour lui, cette nouvelle conception a fait son chemin petit à petit dans les cinq dernières années. «Nous ne voulons pas répéter les erreurs des booms passés, dit-il. Nous ne voulons pas faire surchauffer l’économie jusqu’à ce que l’inflation fasse exploser les coûts et salaires, au détriment du développement économique.»