Plan Nord: Des entreprises québécoises ont du mal à obtenir l'argent.

Le Plan Nord est un projet risqué, car il est à la limite de la rentabilité à cause de l’éloignement des sites, du climat et des coûts de transport pour satisfaire les pays émergents.

Donc, si la conjoncture devient difficile, nous le peuple aura dépensé des milliards (emprunt) en infrastructure pour des mines non rentables.

Les sommes requises pour développer des projets miniers dans le Grand Nord sont considérables pour amener la ressource dans les mains des consommateurs.

Les conditions climatiques rendaient coûteuse l’implantation des minières dans le Grand Nord.

M. Albanese a précisé que son groupe préférait se concentrer sur des projets de qualité qui seront rentables à long terme. (1)

Compte tenu des sommes en cause et des enjeux en présence, une consultation neutre permettrait d’entendre l’opinion d’experts sur la rentabilité réelle du Plan Nord et le risque associé.

Normalement, c’est le gouvernement qui devrait jouer ce rôle, mais comme le gouvernement a peu de crédibilité sur la bonne gestion de l’État un moratoire s’impose.

Un exemple relativement simple : Pourquoi dépenser des milliards pour des barrages non rentables ?

Concentrons-nous, sur le Plan Sud pour améliorer notre compétitivité avec les compagnies déjà existantes?, ça serait un bon départ.


Extrait de : Plan Nord: trou financier pour les PME, Marc St-Hilaire, Le Quotidien, 01 mai 2012

Joints au cours des derniers jours, des entrepreneurs aux prises avec cette problématique abordent prudemment le sujet. Tous réclament l'anonymat, craignant d'être exclus des prochains contrats.

Des entreprises québécoises ont du mal à obtenir l'argent qui leur est dû pour des travaux réalisés dans le cadre du Plan Nord. Selon les différents cas révélés, le manque à gagner se chiffre en millions, voire en dizaines de millions de dollars.

Selon différentes sources, l'euphorie engendrée par le vaste chantier n'est plus ce qu'elle était il y a deux ou trois ans. Aussi certaines compagnies étrangères ont-elles choisi de ralentir la cadence dans leurs projets d'exploitation.

Attendant une meilleure conjoncture économique, celles-ci retardent les paiements. Certaines multinationales, comme l'indienne Tata Steel, vont même jusqu'à ne plus répondre aux courriels et autres messages qui leur sont adressés par les fournisseurs.

Joints au cours des derniers jours, des entrepreneurs aux prises avec cette problématique abordent prudemment le sujet. Tous réclament l'anonymat, craignant d'être exclus des prochains contrats.

Si certaines entreprises disposent des ressources financières suffisantes pour patienter, d'autres sont actuellement étranglées. Celles-ci devront inévitablement accepter un règlement à rabais afin de ne pas tout perdre.

Faute d'obtenir leur argent, ces petits contracteurs ne peuvent rembourser leurs propres dettes; les institutions bancaires réduisent leur marge de crédit; l'étau se ressert dangereusement.

Et puisque les donneurs d'ordres sont établis sur d'autres continents, les dirigeants leur sont inaccessibles.

Désorganisation

Plusieurs autres théories sont avancées pour expliquer la situation.

Le Plan Nord est-il, finalement, moins attrayant qu'il ne le paraissait à l'origine?

La possibilité d'une élection printanière au Québec rend-elle plus frileuses les compagnies étrangères?

Selon l'un des entrepreneurs touchés, le problème réside plutôt à un manque d'encadrement dans le développement du Grand Nord québécois.

Dans son analyse, il soutient que tout va trop vite, que tout le monde veut atteindre le fil d'arrivée avant ses compétiteurs.

Les grandes firmes d'ingénierie, responsables des projets majeurs, seraient plus que jamais désorganisées devant l'ampleur des travaux à exécuter, mentionne le chef d'entreprise.

Le gouvernement sait

Ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard admet avoir été informé de la situation il y a quelques jours. En entrevue, il affirme que Québec n'a pas l'intention d'abandonner à elles seules les PME en difficulté.

«C'est ce qu'on m'a donné comme information et nous allons regarder ça très sérieusement», insiste-t-il.

Le ministre Simard ajoute que le dossier sera porté à l'attention de son confrère Pierre Corbeil, responsable du Plan Nord au sein du gouvernement.

«Je veux un tableau complet pour en parler à mon collègue responsable du Plan Nord. Nous allons ensuite analyser les solutions qu'on peut apporter», confie-t-il.

 Aucun plan d'action n'a encore été identifié par Québec.