Québec : Enfin, transparence numérique !

Enfin, il était temps, c’est l’équivalent de Transparency 2.0 aux États-Unis.

« La loi en matière d'accès à l'information a […] pour objet général de favoriser la démocratie, ce qu'elle fait de deux manières connexes. Elle aide à garantir, en premier lieu, que les citoyens possèdent l'information nécessaire pour participer utilement au processus démocratique, et, en second lieu, que les politiciens et bureaucrates demeurent imputables envers l'ensemble de la population. »

Le juge Laforest, de la Cour suprême du Canada

Transparancy 2.0 :  (Mémo de Maison Blanche) L’objectif était clair. Le gouvernement ouvre « les portes et les données » à tous les citoyens afin de favoriser la transparence, la participation et la collaboration. La transparence est cruciale pour fournir aux citoyens de l’information sur ce que fait le gouvernement afin que ce dernier puisse, à son tour, être appelé à rendre des comptes.

Elle encourage les journalistes, les chercheurs, les fonctionnaires et le public à examiner de près la façon dont le gouvernement exerce le pouvoir au nom des citoyens et, ce faisant, l’améliorer. (1)


Extrait de : Québec promet la transparence, Fabien Deglise, Le Devoir, 3 mai 2012

Plus de transparence par le numérique. Québec a annoncé hier la mise en place, dès juin prochain, d’un espace en ligne visant à informer les citoyens, en temps réel, des détails et surtout de l’état d’avancement, ou pas, des projets du gouvernement.       

Ce tableau de bord, qui va, pour commencer,

1.      Documenter les contrats et projets liés au renouvellement du parc informatique de l’administration.

2.      Va s’étendre par la suite aux programmes d’infrastructure du ministère des Transports (MTQ), a annoncé la présidente du Conseil du trésor, Nicole Courchesne,

3.      Avant de toucher l’ensemble des activités de l’État.

L’annonce a été faite hier en conférence de presse à Québec lors du dévoilement du rapport d’Henri-François Gautrin sur la gouvernance numérique.

« C’est un pas dans la bonne direction pour la construction d’un gouvernement ouvert et transparent », a indiqué Mme Courchesne

En surlignant que ce Tableau de bord de l’état de santé des projets du gouvernement - c’est son nom - avait été réalisé avec des logiciels libres, forme de logiciels qui ne sont pas liés à des redevances versées à des multinationales, telles que Microsoft.

« Aux États-Unis, cet outil a été mis en place depuis longtemps et il permet de réaliser des réductions de coût. Lorsque ces informations [sur l’avancement des projets] sont publiques, il y a des resserrements [dans la gestion] qui s’opèrent », a-t-elle ajouté.

Dans les grandes lignes, cet outil de surveillance citoyenne va trouver sa place au coeur du portail d’accès à l’ensemble des données publiques du gouvernement que Québec propose de mettre en place dès juin, répondant du coup favorablement à une des recommandations de M. Gautrin.

Le tableau de bord va attribuer

1.      des codes de couleur (vert, orange, rouge) aux projets en cours,

2.      mais aussi détailler l’échéancier,

3.      les montants attribués,

4.      le nom des firmes concernées ainsi que ceux des fonctionnaires chargés d’encadrer la dépense.

Le ministre des Transports devrait annoncer dans le courant du mois de mai, a précisé Mme Courchesne, son adhésion à cet outil de diffusion des informations gouvernementales.

Le virage de la transparence

Le Tableau de bord de l’état de santé des projets confirme l’écho favorable accordé par le gouvernement au rapport Gautrin. Le document appelle l’administration publique à inscrire sa mission dans la modernité en encourageant la transparence, la collaboration et la participation citoyenne par l’entremise du numérique et des réseaux sociaux. Il fait également 32 recommandations au gouvernement que Mme Courchesne dit accepter en bloc. Québec s’engage même à les concrétiser d’ici un an.

Outre un portail d’accès unique aux données non nominatives du gouvernement, le rapport piloté par le député Gautrin invite également le gouvernement à induire un changement de culture dans l’ensemble de l’administration afin de favoriser la diffusion de l’information et des données produites par le gouvernement, d’encourager la collaboration entre les ministères et organismes publics, de stimuler la créativité des fonctionnaires, mais aussi la participation des citoyens à l’exercice de la démocratie et aux débats publics.

Le rapport, dont Le Devoir a présenté les conclusions en primeur en février dernier, invite d’ailleurs le premier ministre Jean Charest à donner le ton de cette réforme dans une déclaration sur ce projet d’« orienter son gouvernement sur la voie du Web 2.0 ». Il invite également les citoyens à faire part de leur besoin en matière de données gouvernementales et à s’en servir pour améliorer les services publics.

« Ceci n’est pas un projet technique, a résumé hier M. Gautrin, mais plutôt un projet social qui va modifier le rapport du citoyen avec le gouvernement. » Cette aventure numérique, qui confirme l’objectif de « se donner une administration publique moderne », va d’ailleurs se faire à « coût presque nul », ont précisé les deux élus, la réforme reposant surtout sur un changement de culture interne. « Nous avons déjà les ressources humaines qui gèrent ces informations. Il faut maintenant s’assurer que tout le monde travaille dans la même direction pour les rendre accessibles. »

Pour Québec ouvert, un organisme qui milite depuis plusieurs mois pour un gouvernement ouvert, le dévoilement officiel du rapport Gautrin hier, tout comme l’attitude du gouvernement à son endroit, a été qualifié de « vision aux répercussions potentiellement historiques ». Le groupe invite toutefois Québec à faire de cette ouverture une réalité en encourageant des formats de données standardisés et en s’assurant que pour certains organismes elle ne se résume pas qu’à l’ouverture d’un compte Facebook.

Québec va se donner un an pour assurer ce « déploiement de la transparence ». Les secteurs de la santé, des transports, de la sécurité publique, de l’éducation et des ressources naturelles devraient être les premiers à se dévoiler.


Gouverner ensemble

Gouverner ensembleLe passage au Web 2.0 a transformé l’internaute en producteur et en diffuseur de contenu ; il est désormais partie intégrante d’un ou de plusieurs réseaux (blogues, wikis, applications composites (mashups), réseaux sociaux). Ces nouveaux usages d’Internet ont sans aucun doute une influence sur la société, et l’État québécois doit être en mesure d’adapter sa façon de fonctionner et son offre de services au contexte actuel.

LES CONSTATS

Avec le Web 2.0, les individus ne sont plus isolés face à une source d’information. Ils sont désormais constitués en réseaux et manifestent de plus en plus d’intérêt à interagir avec le gouvernement par l’intermédiaire des médias sociaux.

Plusieurs gouvernements ont pris le virage du Web 2.0 en l’intégrant à leur administration, comme les ÉtatsUnis, lAustralie et le RoyaumeUni. Ceuxci ont mis en place une politique de divulgation proactive des données en plus d’en libéraliser l’accès. Ils se sont munis d’une vision de l’évolution des services publics, qui leur a permis d’innover dans la prestation de services, dans les processus de gestion et dans leurs relations avec leur personnel.

LES OBJECTIFS VISÉS

Miser sur l’importance d’aborder différemment les rapports entre le gouvernement et les citoyens et entre les ministères et organismes en adoptant une stratégie de communication Web 2.0, qui nécessite, de la part du gouvernement :

·         la transparence de ses activités ;

·         une participation active des citoyens à ses actions ;

·         la collaboration entre les employés des ministères et organismes gouvernementaux.