Université : 2.1 milliards de déficits principalement pour les régimes de retraite et les vacances accumulées

Un texte ayant du contenu, et pose sérieusement la question si l’argent investi dans nos universités sont bien investis? Ce que les étudiants posent d’ailleurs comme question ?

Évidemment, Charest ne veut pas offusquer ces groupes d’intérêts, ne pas oublier chers peuples qu’il vous a tabassé d’une hausse de 10 milliards de taxes et de tarifs en moins de 3 ans sans réduire aucune dépense pour satisfaire notre État obèse.

N’est-il pas valable de repenser le financement de notre système universitaire avant de hausser les frais de scolarités, surtout avec leur LÈGUE que nous leur donnons ?


Extrait de : Loi spéciale: les étudiants doivent rentrer et le gouvernement discuter, Francois Pouliot, les affaires.com, 16-05-201

Les étudiants en grève au Québec devraient accepter de rentrer en classe dès maintenant, avant que ne s’abatte la loi spéciale. Il est temps pour eux de réfléchir à donner du lest et à gagner plus d’appuis dans leurs rangs et dans la population. Cela ne veut pas dire qu’il faut pour autant cautionner la position du gouvernement.

On a à quelques reprises sourcillé, mercredi soir, en entendant les plaidoyers de madame Courchesne et monsieur Charest. Tout comme ceux des représentants étudiants.

D’abord ce qui nous a déplu chez le gouvernement.

Il est bon de donner de la perspective et d’indiquer que :

·         14 Cegep sur 48 sont en difficultés (grève) 11 universités partiellement en problème sur 18.

·         Il est moins bon cependant de laisser entendre que les étudiants qui étudient sont favorables aux dernières offres.

Pour en côtoyer un certain nombre, ce n’est pas ce que l’on sent. Il est vrai de dire qu’une minorité empêche une majorité d’entrer, mais il n’est pas vrai de dire qu’une majorité partage les vues gouvernementales et acceptent une hausse des frais de scolarité de 75% sur sept ans.

Il y a ici une nuance que l’on se garde malheureusement trop souvent de faire.

L’argument de la nécessité d’investir dans les universités pour avoir des institutions de « calibre mondial » est aussi une expression qui sonne curieusement.

Avec 7 millions de population, le Québec ne peut avoir 18 universités du calibre d’Harvard, MIT, Oxford et Stanford.

Il faut un bon réseau d’universités avec différents points de force. C’est à cela qu’il faut réfléchir.

Et il semble y avoir moyen de faire cela à meilleur coût. Est-il nécessaire de rappeler qu’avant le 850 M$ de réinvestissements annoncé il y a deux ans par Québec, les dépenses globales des universités étaient déjà supérieures à celles de la moyenne canadienne et nettement supérieures à celles de l’Ontario (29 242$ par étudiant québécois ou 1,94% du PIB, contre 26 383$ par étudiant ontarien ou 1,76% du PIB).

Il y a une importante réflexion à faire sur les coûts de fonctionnement des universités québécoises et, malheureusement, le couvercle est en train d’être mis sur la marmite en l’oubliant. Il est toujours plus facile de lever un tribut que de couper de la dépense.

Déficits courants des universités québécoises

Le réseau des universités québécoises est déficitaire. Pas surprenant. Qu’est-ce qui n’est pas déficitaire au Québec? Ah oui : les Hautes Études commerciales, qui jouissent d’un surplus budgétaire substantiel de 14,3 millions, selon les données les plus récentes. C’est l’unique exception à la règle universitaire.

Selon les documents officiels du ministère de l’Éducation consultés par Le Journal, toutes les universités du Québec, sans exception, sont déficitaires, c’est-à-dire que leurs dépenses surpassent leurs revenus. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, vous dira n’importe quel recteur, le gouvernement finira bien par passer l’éponge par effacer l’ardoise comme d’habitude. C’est ce qui a été fait quand les apprentis-sorciers de l’UQAM se sont lancés dans l’aventure immobilière...

Déficits

Les déficits accumulés totalisent maintenant 2,1 milliards. Il n’était que de 483 millions en 2009. D’où vient cette explosion des déficits?

De la refonte de la comptabilité des universités. On n’avait pas l’habitude, chez les comptables des vénérables institutions, de tenir compte de toutes les dépenses. On parvenait ainsi à obtenir des déficits acceptables, comptés en centaines de millions; cela n’était pas décourageant.


On appelle cela de la magouille comptable, remarquez le gouvernement du Québec faisait pareil, belle imputabilité ?

Après on se demande, pourquoi le peuple ne croit plus à nos institutions démocratique.

Transparence et imputabilité sont deux notions fondamentales pour établir une crédibilité d’État, deux notions qui ont disparu depuis
au moins deux décennies.


Sauf qu’on a obligé les universités à tenir compte de toutes leurs dépenses et en particulier de celles qui grossissaient le plus vite, et le plus discrètement : leurs régimes de retraite et leurs avantages sociaux. 2,1 milliards

C’est ce qui a provoqué une explosion des déficits.

« Les déficits cumulés des universités sont passés de 483 millions, au 31 mai 2009, à 2,05 milliards, au 31 mai 2010, et à 2,1 milliards, au 30 avril 2011.

Cet état de situation est essentiellement attribuable à l’inscription de passifs liés aux avantages sociaux futurs, dont principalement les régimes de retraite et les vacances accumulées », précisent les documents du ministère.

Extrait de : Troubler la pais sociale, Michel Hébert Journal de Montréal, 11 Mai 2012


En plus, le gouvernement fait une montagne pour une hausse de 325 millions pour les frais de scolarité et au même moment, on dépense de 11 milliards par année pour des retraite dorées pour satisfaire 10 % de la population, quand plus de la moitié des retraités du secteur privé se retrouve au seuil de la pauvreté, belle démocratie ?

PAS FORT votre système démocratique ! 


Il ne s’agit pas de dire que Québec n’a pas ouvert. Le gouvernement a fait de bons gestes avec la bonification des bourses aux plus défavorisés. Un certain nombre d’étudiants paieront effectivement moins cher qu’ils ne paient actuellement, après la hausse. L’étalement de la hausse sur sept ans plutôt que cinq est aussi une intéressante concession.

Au final, une majorité d’étudiants sortiront tout de même plus endettés. Cette hantise de la dette est susceptible de faire décrocher un certain nombre de talents. Sans s’inclure dans le groupe des talentueux (!) on s’est souvent demandé si l’on serait aujourd’hui dans nos fonctions s’il avait fallu, à l’époque de nos études, soutenir les frais de scolarité qui seront exigés dans sept ans.

Il n’y a pas de mal à payer plus tard pour d’autres la formation que l’on a reçue à une certaine époque. C’est un système qui permet d’optimiser la formation chez un plus grand nombre.

Si on a sourcillé en entendant certaines affirmations du gouvernement, on a aussi sourcillé en entendant les étudiants.

En journée lorsqu’ils ont renouvelé leur position pour un gel des frais de scolarité. En soirée, lorsqu’ils ont laissé entendre que la loi spéciale pourrait envenimer la désobéissance civile.

Sur le gel. Cette position est indéfendable et elle ne contribue qu’à s’aliéner l’opinion publique. Il devient nécessaire de faire un bout de chemin et d’accepter une certaine hausse. Au risque de se répéter, le mitoyen est généralement l’endroit où se rencontrent le plus d’intérêts. Ouvrir avec cet objectif contribuerait à dépolariser le débat et à ramener la discussion au centre. Sur la question des frais de scolarité, il n’y a curieusement plus de centre au Québec, les camps sont installés aux limites extrêmes du spectre.

Sur la désobéissance. Une approche plus mitoyenne, et une poursuite des cours permettrait probablement de rallier une bien plus grande force étudiante. Qui pourrait continuer de manifester pacifiquement, tout en bonifiant son discours pour se rallier une plus grande partie de l’opinion publique.

Histoire d’amener plus de Québécois dans leur camp, une amie suggérait par exemple hier aux étudiants de leur poser la question suivante (après avoir accepté de faire un bout de chemin) : seriez-vous d’accord si l’on augmentait les tarifs d’électricité de 75% sur sept ans?

Bien que les écarts aient vraisemblablement récemment fondus, le Québec demeure aussi l’un des endroits avec les plus bas tarifs d’électricité.

La balle est maintenant dans le camp des étudiants. De leur capacité à s’entendre pour abaisser le radicalisme dépendra la victoire ou la défaite.