Retraite dorée : C’est l’escroquerie parfaite.

"La promesse d’hier n’est que l’illusion d’aujourd’hui,
l’illusion d’aujourd’hui n’est que la frustration de demain,
alors mieux vaut avoir conscience aujourd’hui des réalités de demain"

Québec Droite a été un des premiers blogues à parler de l’insolvabilité des régimes de retraite de la fonction publique.

Lentement, on commence à accepter ce constat. Par contre, les politiciens toujours aussi irresponsables n’apportent aucune modification majeure sur de tels avantages, étant acquis par pur copinage entre le pouvoir politique et syndical.

Comme je mentionne souvent, ce n’est parce que  les politiciens et les syndicats couchent ensemble, un pour garder la paix syndicale et l’autre pour gagner des votes :

Que le peuple a donné son accord à supporter des retraites pyramidales.

Pure coercition entre deux partis en oubliant d’informer adéquatement la troisième partie (le créateur de richesse) des coûts réels de tels privilèges.

Mais comme tout État providence qui se respecte, on va attendre que l’élastique pète avant de faire des modifications sur de tels privilèges, qui est une iniquité flagrante, pour :

1.      Les jeunes fonctionnaires, car il ne restera plus d’argent, quand viendra leur tour.

2.      Une iniquité inacceptable pour le secteur privé qui lui a de grandes chances, que plus de 50 % d’entre eux risquent d’être au seuil de pauvreté à leur retraite, en demandant le supplément de Garantit de Revenu, d’autant plus ironique que ce sont eux les vrais pourvoyeurs de fonds

3.      Et une arnaque INTERGÉNÉRATIONNELLE totalement IMMORALE en empruntant sur le crédit de leurs enfants, pour se permettre des retraites dorées qui n’ont à toute fin que payé le 1/3, 1/4 ou le 1/5 selon leurs conventions collectives.

Alors, à tous ceux qui font la morale facile sur le dos de vos jeunes sur le sens de la responsabilité sociale et de beaux principes démocratiques (qui sont dans les faits qu’une démocratie de groupe d’intérêts), je fais un petit préambule avec Bastia.

Oui, les M. et Mme concitoyens des États Providence, vous avez créé une des plus
belles arnaques intergénérationnelles de tous les temps.

Je ne parle pas particulièrement pour le Québec, comme ça fait des années que je scrute l’économie –international, les peuples des États Providences ont tous le même comportement, du simple déni.

Quand un individu me dit : j’ai payé de l’impôt toute ma vie, c’est leur tour.

Aucun problème avec ce raisonnement.

Le seul problème :

C’est que TU N’AS PAS ASSEZ PAYÉ D’IMPÔTS
pour tous les services que tu as reçus,

et c’est pour cela que l’on se tape déficit budgétaire, année après chaque année.

Soyez assurés ont ne changera pas le monde, la nature humaine est ainsi faîtes, le peuple va jouer à l’ignorance irrationnelle, et ils vont se gargariser avec une morale très sélective (genre : coupe les dépenses, sauf dans ma cour), et on laissera à nos jeunes : une province, une région, un pays qui se dirigent tous droits vers des faillites.

Bravo ! pour le piteux résultat que l’ont leurs lègue, l’histoire nous jugera sur notre comportement de nos trois dernières décennies d’immoralité.

Q.D.


Préambule : Bastiat précurseur de l’école des choix publics.

Bien avant les économistes du « Public Choice » au XXe siècle, Bastiat a démystifié l’État et a montré que lorsqu’un gouvernement outrepasse sa mission de défense des personnes et des biens, il incite les groupes d’intérêt à rechercher des privilèges et à influer sur le pouvoir pour obtenir des avantages au détriment des contribuables et des consommateurs. 

« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde », écrivait Frédéric Bastiat dans un pamphlet intitulé L'État.

Certains groupes d'intérêts particuliers ont compris qu’il était plus facile de gagner de l’argent par l’engagement politique que par des comportements productifs. Ils cherchent à voler l'argent des autres sous l'égide de l'État, sapant la capacité de production du marché par la multiplication des lois, des taxes et des contraintes bureaucratiques.

Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de financer les promesses électorales qui se multiplient au fil du temps.

La crise de la dette publique souveraine en est une preuve suffisante. Toute analyse rationnelle digne de ce nom démontre que l’État est de plus en plus incapable de s'acquitter de ses obligations et que les promesses de nouveaux droits ne seront pas tenues.

Et cela n’empêchera pas non plus l’électeur de voter pour lui. Malheureusement, l'électeur moyen est rationnellement ignorant des conséquences économiques des programmes qui lui sont proposés. Car la plupart des citoyens ne sont pas des militants politiques mais des consommateurs.

Quand ils votent, les électeurs soutiennent les candidats qui leur promettent de vivre aux dépens de l'État. Ils ignorent le fait que l'État vit à leurs dépens

En effet, Bastiat insiste sur le fait que le gouvernement ne produit aucune richesse. « Sous la dénomination d'État, on considère la collection des citoyens comme un être réel, ayant sa vie propre, sa richesse propre, indépendamment de la vie et de la richesse des citoyens eux-mêmes, et puis chacun s'adresse à cet être fictif pour en obtenir qui l'instruction, qui le travail, qui le crédit, qui les aliments, etc., etc. Or, l'État ne peut rien donner aux citoyens qu'il n'ait commencé par le leur prendre » (Propriété et Spoliation). L’État doit nécessairement prendre aux uns pour donner aux autres. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est l'essence même de l’État.(réf: 1)


Petite note pour le Québec :

Quand j’attends certains journalistes et économistes parler, de déficits actuariels de 36 milliards, commencer à faire vos devoirs sérieusement.

Ce n’est pas 36 milliards de déficits actuariels, mais plus de 76 milliards, il ne faut jamais oublier de compter le montant que l’on a dû emprunter (FARR) pour payer actuellement les retraites dorées, car bien sûr l’État n’a jamais capitalisé les fonds, elle ne fait qu’emprunté.

Donc, 36 milliards d’emprunts, ajoutés 10 milliards de pertes dus au beau jugement de la Caisse de Dépôt, de plus, elle se vide rapidement, car les entrées de fonds ne compensent pas les sorties de fonds.

Donc, dans  10 ans, on aura toujours 36 milliards de dettes sur le dos de nos jeunes, car ça fait plus de 20 ans que l’on ne paie plus le capital et on aura cumulé plus de 20 milliards d’intérêts sur cet emprunt.

Pensez-vous ? quand elle sera vide, on va avoir le privilège d’emprunter un autre 36 milliards pour des retraites dorées, ça va être bien beau si le marché va nous laisser emprunter juste pour payer les dépenses courantes.

Bel exemple d’immoralité de notre supposément beau système démocratique !


Extrait de : Les retraites pourront-elles être payées ces prochaines années ?, Minuit moins une, 15/11/2012

A l’heure où l’économie mondiale s’enfonce inexorablement dans une crise profonde et durable, où la financiarisation du capitalisme fait apparaître des brèches toujours plus béantes, et où les gouvernements semblent de moins en moins aptes à faire face aux amas de dettes accumulés depuis 60 ans, la promesse d’une retraite future pourrait bien être anéantie par un retour à la réalité plus rapide et plus douloureux que prévu, car qui a compris que le système des retraites fonctionne en réalité selon un schéma de Ponzi (autrement appelé entreprise pyramidale) a déjà fait le deuil de son ex-future retraite.

Promesses

Le système des retraites tel que nous le connaissons aujourd’hui en France (système quasi identique dans l’ensemble des pays développés), voit le jour en octobre 1945 avec la création de la Sécurité Sociale, ordonnance n°45-2250. Il s’agit d’un système basé sur la solidarité intergénérationnelle où les actifs paient pour les retraités, avec en échange, la promesse de recevoir plus tard le même soutien de la part des générations suivantes, ou comme le dit l’ordonnance de 1942 : « les cotisations des actifs servent à payer immédiatement les retraites, tout en leur ouvrant des droits pour leur future retraite ». Contrairement aux idées reçues donc, les cotisations versées ne sont pas « mises en épargne » par la Sécurité Sociale ou par les caisses complémentaires, pour être reversées ensuite à la personne qui a cotisé, mais utilisées instantanément par ces organismes pour rémunérer les personnes qui sont déjà à la retraite.

Il s’agit d’un droit, qui lui-même, peut être modifié par la loi à tout moment. Le droit à retraite est par conséquent une promesse qui peut ou ne pas s’appliquer. C’est le cas actuellement avec le droit au logement, qui ne s’applique que dans de très rares cas. Pourquoi en serait-il autrement avec le droit à retraite ?

Comprendre que le droit à retraite est une promesse infondée, c’est comprendre que le Père Noël n’existe pas et que si demain papa et maman (Sécurité Sociale et caisses complémentaires) n’ont plus les moyens de « jouer » au Père Noël alors c’est la fête de Noël qui disparaît, et les cadeaux (pensions) avec.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système par répartition (système choisi par le régime de Vichy en 1941) est préféré au système par capitalisation car considéré comme plus stable. L’âge de la retraite est alors prévu à 65 ans. Rapidement, les pensions s’avèrent insuffisantes et des caisses complémentaires, dont l’adhésion n’est d’abord pas obligatoire, voient le jour afin de compléter les pensions versées aux retraités. Au début des années 1970, les cotisations aux régimes complémentaires sont rendues obligatoires pour tous les salariés du secteur privé, le taux de liquidation de la pension à 65 ans passe de 40% à 50%, les femmes ayant élevés 2 enfants se voient bénéficier d’une majoration de leur durée d’assurance, et les régimes d’artisans et de commerçants sont alignés sur le régime général. En 1982, l’âge de départ à la retraite est avancé à 60 ans pour tous les assurés totalisant 37,5 années de cotisations.

Dans les années 1970-80, les promesses se multiplient donc sans que personne ou presque (à l’exception de Pierre Laroque et de quelques autres) ne remette en question la faisabilité et la viabilité à long terme de ces promesses,

·         malgré l’allongement régulier de la durée de vie (et donc l’augmentation importante de la facture sanitaire)

·         et l’anticipation prévisible du départ massif des baby-boomers à la retraite au début du XXIème siècle.

Ceci étant, on est en droit de se demander si la hausse de productivité, et donc de richesse, observée depuis 30 ans ne vient pas compenser la hausse des coûts liés au vieillissement de la population. Il s’agirait alors d’un problème de répartition des richesses et non plus d’un problème démographique. Quoi qu’il en soit, ceci ne change rien aux desseins des gouvernements des pays développés, qui cherchent par tous les moyens à réduire les dépenses liées aux retraites.

Illusions

De promesses en promesses, c’est l’illusion des peuples qui va crescendo, peuples qui continuent d’espérer, qui acceptent de voir s’effacer les promesses du passé pour ainsi maintenir un droit à retraite qui n’a de droit que le nom, car cette promesse de récompense pour un travail parfois ingrat et souvent pénible ne se perpétue que pour maintenir l’économie à flot, puisque un niveau d’épargne trop important et un niveau de consommation trop insuffisant entraîneraient des déséquilibres trop brusques qui ne permettraient pas au système économique actuel de maintenir ses propres illusions.

Croire à la retraite, c’est croire que la vie d’après sera meilleure que la vie d’aujourd’hui, c’est également croire à la pérennité d’un système économique, qui comme toute chose sur Terre ne voit le jour que pour mieux disparaître. Le problème, c’est qu’à force de revenir sur les promesses du passé, on finit par revenir sur la promesse de départ, à savoir le droit à retraite pour tous.

En réalité, nos économies sont tellement endettées qu’elles n’ont plus les moyens de financer nos illusions et que tôt ou tard il faudra bien que la vérité éclate au grand jour comme cela fut le cas lorsque les investisseurs du Bernard L. Madoff Investment Securities LLC voulurent retirer leurs fonds. Car contrairement à ce nom rassurant, le fonds d’investissement de Bernard Madoff n’était ni un fonds d’investissement (Investment), ni un fonds sécurisé (Securities). C’est la même chose avec la Sécurité Sociale et les caisses complémentaires : la Sécurité Sociale n’a de sécurité que le nom (il ne s’agit que d’une promesse et donc d’une illusion). Quant aux caisses complémentaires, elles sont en réalité vides. Il s’agit donc du plus grand schéma de Ponzi sur Terre, de la plus grande escroquerie de tous les temps.

Schéma de Ponzi

Charles Ponzi, qui donna son nom au schéma du même nom, était à la tête de la Securities Exchange Company, qui une fois n’est pas coutume n’avait de sécurisé que le nom (Securities). Il proposait aux investisseurs un taux de rendement de 50% sur 45 jours via l’achat de coupons de poste. L’argent des nouveaux entrants servait à rémunérer les sortants, si bien que temps que le nombre des nouveaux entrants était supérieur au nombre des sortants, le système était viable. En revanche, lorsque les investisseurs commencèrent à quitter le système de Ponzi, celui-ci s’effondra sur lui-même et Charles Ponzi fut arrêté. C’est exactement la même chose avec la Sécurité Sociale, les nouveaux entrants (actifs) paient actuellement pour les sortants (retraités). Mais on l’a vu, lorsque les sortants (baby-boomers) seront plus nombreux que les nouveaux entrants (baby-busters), alors c’est la promesse et l’illusion qui s’effondreront en même temps, mais il n’y aura alors plus de coupables puisque tout le monde est coupable dans cette histoire.

C’est l’escroquerie parfaite.

Quant aux retraites complémentaires, PERP, rachat des années d’études, et sur-cotisations, il s’agit ni plus ni moins que d’un dérivé de la première promesse qui ne garantit en rien que l’argent versé aujourd’hui réapparaîtra un jour, à moins que cet argent ne réapparaisse sous forme de monnaie totalement dévaluée, et donc sans aucune valeur.

La promesse d’hier n’est que l’illusion d’aujourd’hui, l’illusion d’aujourd’hui n’est que la frustration de demain, alors mieux vaut avoir conscience aujourd’hui des réalités de demain.