Shadow Bank higher than $62 trillion in 2007

Le vidéo vidéo-édito de Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan est très intéressant.

67.000 milliards de dollars, soit une taille égale à l’ensemble de l’économie mondiale

Au théâtre d’ombres de la haute finance, on mise et on risque chaque jour.

Sur les titres des dettes souveraines, l’or, les matières premières, des sociétés ou des indices. On y gagne des fortunes, on y perd aussi des sommes colossales.

Mais, et c’est plus grave, on y met parfois à risque l’ensemble de l’économie mondiale.

Au moment où les économies se débattent avec un nouvel avatar de la crise.

Malgré les réglementations créées depuis 2008, la sphère des activités financières hors la loi, non pas délictueuses mais situées dans une zone grise non régulée, dépasse désormais celle de la finance régulée.

C’est que la crise de la dette publique a remplacé celle des dettes immobilières, que les agences de notation, négligentes en 2008 crient aujourd’hui au loup au moindre risque et que les banques ont transféré vers le shadow banking, la banque de l’ombre, peu ou pas réglementée, leurs activités à risque.

Via une filiale installée dans un paradis fiscal, tout devient possible: spéculer sur ses fonds propres, prendre des positions contraires à celles de ses clients, posséder des hedge funds…

Et bien sûr à l’abri de payer des impôts

C’est qu’il est plus difficile, par définition, de réglementer les zones grises de la finance que la banque qui exerce en pleine lumière. Même (ou surtout) lorsqu’il s’agit des mêmes.

Ainsi, aux Iles Caïman, cinquième place financière mondiale grâce à une confondante absence de législation, les plus grandes banques internationales ont pignon sur rue.

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Une pointe d’humour …

Un système jamais à court d'imagination

Quoi de plus simple et élégant que cette solution pour éviter de rendre des comptes? Deux des banques qui ont fait faillite en 2008, Lehman Brothers l’américaine et Northern Rock la britannique, avaient recours à cet expédient.

Et puis, la crise amenuisant les espoirs de gain sur les marchés classiques, les financiers se sont tournés vers les matières premières. D’autant plus que l’expansion de la Chine, de l’Inde et des «Brics» poussent à la hausse les cours des métaux comme ceux des produits agricoles.

Et tant pis si certains peuples ne peuvent payer les prix internationaux, eux qui ne cherchent qu’à se nourrir.


Myret Zaki : Pourquoi la “finance de l’ombre” reste au-dessus des lois, Perceval, 22 novembre 2012

Les nouveaux chiffres sont sortis le 18 novembre. La finance de l’ombre, ou “shadow banking”, continue de croître au su et au vu des régulateurs. Sa taille atteint aujourd’hui 67.000 milliards de dollars, soit une taille égale à l’ensemble de l’économie mondiale.

On peut la définir comme un système financier parallèle au système bancaire réglementé.

Le shadow banking se compose essentiellement de spéculateurs sophistiqués. Son rôle dans les crises de 2002 (Enron, Worldcom) et 2008 (subprime) est avéré.

Et pourtant, les gouvernements, en procédant au sauvetage de l’ensemble du système financier en 2008, ont récompensé l’échec de la finance spéculative et incité les spéculateurs déréglementés à poursuivre leurs activités, qui ont augmenté de 5.000 milliards depuis la crise.

En cause également, le lobbying efficace à Washington qui met en échec les velléités actuelles de la France et de l'UE de réglementer le shadow banking.

Plus concrètement: des fonds spéculatifs d'importance systémique, ou des banques à haute intensité spéculative (Goldman, Morgan, Deutsche Bank) peuvent connaître un krach soudain révélé suite à des risques trop élevés accumulés ces dernières années sur ces transactions hors bilan, non répertoriées, opaques, utilisant les instruments dérivés traités hors bourse (et valorisés en montant notionnel à 640'000 milliards de dollars!

Une crise d'illiquidité survenant sur un marché spéculatif (dérivés sur obligataire immobilier, sur devises, ou sur matières premières ou autre) peut déstabiliser la planète financière, qui à son tour déstabilisera la planète de l'économie réelle.

On pourrait alors vivre un "bis repetita" amplifié des crises précédentes... Qui sauvera alors le système?


Extrait de : Shedding Light on Shadow Banking, By Peter Coy, Business Week,  November 19, 2012

FSB ReportFund money-market fund and American International Group (AIG), then the world’s largest insurer.

Creditors accumulated chits that were unpayable by debtors, and the lack of government deposit insurance meant there was nothing to stop the creditors from panicking when the chits hit the fan.

What’s surprising is that four years after the crisis, shadow banking remains a huge force.


According to a Nov. 18 report (PDF) by an international body of regulators, the Financial Stability Board, worldwide assets in shadow banking, ranging from money-market mutual funds to banks’ off-balance-sheet vehicles to credit derivatives, totaled $67 trillion last year.

That’s higher than $62 trillion in 2007, the year before the crash.

Shadow Bank assets

The U.S. accounts for 35 percent of that. The field has shrunk a bit as a share of the surveyed countries’ economies, to 111 percent from a peak of 128 percent, while remaining about half the size of the conventional banking sector, the board says.


Pour le Canada

Extrait de: Shadow banking system needs a regulatory framework, By Larry MacDonald, September 05, 2012

Reserve requirements on bank capital and liquidity, along with deposit insurance, produced many decades free of the kind of bank runs (mass withdrawals of deposits) that helped tip the world into the Great Depression of the 1930s.

Yet, outside this regulatory framework grew a now substantial shadow banking sector where credit intermediation is occuring without oversight.

(The shadow banking system includes finance companies, commercial-paper issuers, money-market funds, the securitization process, and repurchase ("repo") markets for short-term financing of securities.)

Combatting the Dangers Lurking in the ShadowsIn the case of the 2008 financial crisis one result of this kind of credit intermediation was the runaway securitization of mortgages and a consequent boom in the housing sector, followed by a painful contraction.

However, he argues that financial regulators need to turn their attention more to the potential threats lurking in the shadow banking system.

And they are significant, given the size of shadow banking activities.

According to Bank of Canada statistics (end of 2011), shadow banking totalled $868 billion—spread out over finance company loans ($95 billion), commercial-paper issuance ($54 billion), money-market funds ($35 billion), securitized instruments ($39 billion), and repo markets ($645 billion).

Like banks, these activities should also face capital and liquidity requirements. And there is also a need for regulation in particular areas, such as the banks' links with shadow intermediaries and the ratings process for securitized products.

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