Du pain, des jeux et la France

Si ça peut vous consoler, on est tous dans la merde.

«La démocratie libérale prétend être un gouvernement responsable, un ordre politique dans lequel le gouvernement doit répondre de ses actes devant les gouvernés », imaginait. Hélas, le gouvernement étant l’émanation, la créature et le produit désirés d’une volonté générale perverse, c’est alors à peine s’il doit et peut répondre de ses actes et de leurs conséquences.

Une énorme majorité désirant plus de prestations sociales, plus de prélèvements et de prêts, par voie de conséquence plus de dettes, aux dépens des prétendus exploiteurs que sont les chefs d’entreprises, les actionnaires, les financiers, sans compter les classes moyennes, il est dans l’ordre de sa logique de ne pouvoir demander à elle-même des comptes sans se décrédibiliser.

C’est ainsi que la démocratie autodétruit sa prospérité et sa liberté d’action. En ce sens le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes va à l’encontre de la finalité attendue : le devoir des peuples d’aller vers plus de liberté et de prospérité est bafoué par la course des peuples vers leur fossoyeur(1)


Extrait de : Du pain, des jeux et « the Economist », Charles Gave, Institut des libertés, 19 nov 2012

Le magazine Britannique, The Economist  vient de faire sa première page sur notre « Cher et Vieux pays », pour soutenir que la France était gérée en dépit du bon sens et allait tout droit à la catastrophe.

Cette thèse a été accueillie par une bordée d’injures proférées par les plaisantins habituels du style Montebourg ou Moscovici, que bien entendu, le monde entier nous envie. Quant on a affaire à des réponses d’une telle qualité, on ne peut s’empêcher de penser à la phrase de Chateaubriand, « Il faut  savoir être économe de son mépris en raison du grand nombre de nécessiteux » 

Laissons donc ces esprits médiocres à leur nullité et venons-en à la critique elle-même.

Pour ceux qui suivent ce site depuis un certain temps, le périodique Britannique ne fait que reprendre point par point le diagnostic que j’avais effectué sur la situation de notre pays et qui était paru  juste avant l’élection Présidentielle sous le titre « Ce que les citoyens doivent savoir avant d’aller voter »Que le lecteur me permette d’en reprendre les points principaux, chacun d’entre eux ayant été illustré à l’époque par un graphique qu’il serait totalement inutile de mettre a jour, tant les choses ont continué à aller dans le même sens, c’est-à-dire se sont détériorées plus avant.

Résumons ces principaux points même et surtout si tout le monde les connait.

·         La France n’est plus compétitive internationalement comme en fait foi son déficit extérieur.

·         Depuis l’an 2000, le cout du travail est monté beaucoup plus en France qu’en Allemagne (voir les 35 heures par exemple), ceci expliquant largement la perte de compétitivité mentionnée plus haut.

·         Les déficits publics sont gigantesques, alors même que les prélèvements fiscaux sont considérables, et j’ai presque envie de dire, parce que les prélèvements sont gigantesques. La France a un déficit primaire de son budget (ce qui veut dire un déficit avant le service de la dette) et un déficit de ses comptes courants, ce qui fait que la dette tant extérieure qu’intérieure  grimpe constamment, ce qui entrainera a terme une perte totale de notre Souveraineté

·         La dette publique est en pleine explosion et se rapproche de 100% du PNB. Dans le passé, un tel niveau a toujours empêché toute croissance économique (voir le grand livre de Reinhardt and Rogoff à ce sujet)

·         Le nombre de travailleurs du secteur public est de 40 % supérieur (à population équivalente) à ce qu’il est en Allemagne par exemple. Comment espérer que la France puisse être concurrentielle avec notre voisin si nous avons 40% de fonctionnaires en plus. Et si nous ne sommes pas concurrentiels, nous ne pourrons pas rester dans un taux de change fixe avec l’Allemagne, ce qui veut dire qu’une nouvelle crise de l’Euro est inévitable, et dans un avenir proche.

·         Le poids de l’Etat Français dans l’économie est sans doute le plus élevé de tous les pays de l’OCDE, aux alentours de 57 %.

·         La rentabilité des entreprises exerçant leurs activités en France est  en baisse structurelle et à un plus bas historique, ce qui fait que le moindre choc conjoncturel peut en tuer un grand nombre. Jamais depuis 1980, les entreprises françaises n’ont été aussi vulnérables à un ralentissement potentiel, lequel est en train d’arriver, la France étant d’ores et déjà en récession.

·         Comme c’est de cette rentabilité que dépend l’emploi, il est tout à fait évident que le chômage va exploser à la hausse (ce qui a bien commencé), et avec lui le déficit budgétaire.

Tous ces faits sont simplement rappelés par the Economist qui s’inquiète du manque de réactions des autorités Françaises devant ce qui pourrait rapidement tourner à la catastrophe, comme cela a été le cas déjà en Espagne, au Portugal ou en Italie.

Voila qui me parait bien normal