La sécurité d’emploi, la permanence, l’ancienneté devront être éliminées

Le modèle scandinaveJ’ai écrit plusieurs carnets sur la gouvernance des pays scandinaves depuis des années, l’IEDM a repris le thème pour la Suède, si on veut rétablir l’imputabilité dans la fonction publique, il faut de nouveau rendre les gens imputables, comme dans le privé.

La sécurité d’emploi, la permanence, l’ancienneté devront être abolies, sans cela on ne réglera jamais la source du problème.

Il faut comprendre que ces privilèges ont été acquis par simple copinage entre les syndicats et les politiciens, un pour garder la paix syndicale et l’autre pour gagner des votes, comme les retraites dorées, d’ailleurs.

Malheureusement, l’effet pernicieux de ces privilèges fait en sorte que personne n’est imputable à pas grand-chose.

L’exemple classique, le ministère du Transport a flambé 55 milliards de contrats en infrastructure, sans avoir les ressources nécessaires pour vérifier la qualité des services rendus, pas grave, mon emploi est blindé et ce n’est pas mon argent.

La nature humaine est ainsi faîte, si on sécurise trop une position, les gens vont en abuser, si la personne sent que ça job est en jeu et doit être réévalué chaque année, il va performer.

Si on refuse d’accepter ce constat du comportement humain, on ne réglera JAMAIS l’efficacité et l’imputabilité du secteur public et les pays scandinaves l’avaient bien compris, il y a 30 ans.

Avez-vous remarqué comment les médias en ont très peu parlé de ce rapport, pourtant il est là la source du problème de la non-efficacité et la non-imputabilité de l’État.

Typique des médias traditionnels, on parle plus souvent du chien écrasé ou du petit scandale du fonctionnaire sans attaquer l’origine du problème.

·         Évidemment, on ne veut pas se mettre à dos les politiciens et les GROS syndicats, d’autant plus, si je fais trop de vague, je risque de perdre des commanditaires publicitaires.

·         Les seules fois que nos politiciens québécois utilisent les pays scandinaves comme référence, c’est de nous baragouinez, en nous disant qu’ils paient beaucoup d’impôts et pratiquement il n’y a pas de travail au noir.

Le seul problème avec cette morale simpliste, il oublie juste de dire que leur gouvernance est foncièrement à l’abri de la corruption, de la collusion et du copinage contrairement au Québec, ce type de comportement est maintenu depuis des décennies.

Les études dans le monde entier sont très claires, plus qu’on gouvernement est corrompus, plus le peuple devient corrompus, si on veut un peuple fier et noble, il faut que le gouvernement prêche par l’exemple.

Malheureusement, pour le type de politiciens québécois que nous avons depuis 20 ans.

Il est préférable de ne pas traumatiser
les groupes d’intérêts que de bien gouverner


Certains extraits de l’étude de l’IEDM : L’organisation du travail dans le secteur public : l’exemple de la Suède

L’organisation du travail dans le secteur public  l’exemple de la SuèdeRémunération individualisée et liée au rendement

Un système de rémunération individualisée et liée au rendement pour les employés de l’État a été mis en place, en remplacement de l’ancienne structure centralisée, rigide et uniforme.

Ainsi, plus de 90 % des employés du secteur public en Suède ont maintenant des rémunérations différenciées qui varient en fonction

·         du rendement du travailleur,

·         du niveau de responsabilité qui correspond aux tâches à accomplir et

·         du salaire dans le secteur privé pour un travail équivalent.

Évaluation

organisation du travail en SuèdeL’évaluation du rendement de chaque employé du secteur public en Suède se fait sur une base individuelle au moins une fois par année selon des objectifs précis à atteindre.

Autant les employés efficaces peuvent être promus, autant les employés qui ne remplissent pas leur mandat de travail peuvent être rétrogradés, voire même congédiés.

La sécurité d’emploi n’est garantie que par la compétence de l’employé.

Il est là le gros bobo du secteur public, une job blindée, crée de l’insouciance blindée.

Les emplois à vie n’existent plus pour les employés du secteur public, lesquels sont maintenant régis par des règles pratiquement identiques à celles du secteur privé

Qualification

Dans la fonction publique, on n’accorde aucune préséance aux employés de l’État dans l’attribution des emplois vacants, les postulants en provenance du secteur privé étant considérés sur un pied d’égalité.

Les emplois à vie n’existent plus pour les employés du secteur public, lesquels sont maintenant régis par des règles pratiquement identiques à celles du secteur privé.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le système de rémunération individualisée a rapidement reçu l’appui des employés de l’État et de leurs syndicats

Des chercheurs de l’OCDE estiment en outre qu’il a jusqu’ici atteint l’un de ses principaux objectifs d’origine, soit d’améliorer le recrutement et la rétention des employés les plus qualifiés.

Les décisions d’embauche

Les fonctionnaires sont-ils maintenant à la merci des choix arbitraires et des orientations partisanes du parti au pouvoir? Bien au contraire.

Les décisions d’embauche et de promotion dans la fonction publique sont depuis longtemps à l’abri de l’ingérence politique en Suède et les réformes n’ont altéré en rien les règles strictes déjà présentes visant à limiter l’arbitraire

En outre, les cas d’abus sont régulièrement dénoncés dans les médias

Le caractère indépendant de la fonction publique a d’ailleurs joué un rôle déterminant dans le succès du nouveau système de rémunération liée au rendement et au mérite, en rassurant les employés sur l’impartialité du processus d’évaluation et d’attribution de promotions.

Corruption

Fait intéressant, la Suède figure depuis plus d’une décennie parmi les pays perçus comme étant les moins corrompus au monde, en plus de se classer dans les premiers rangs pour ce qui est du professionnalisme de sa fonction publique

Ainsi, la Suède fait la démonstration qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une organisation du travail dans le secteur public qui repose sur la permanence et l’ancienneté pour contrer le favoritisme et la corruption, comme l’affirment souvent les leaders syndicaux au Québec.