Le système Européen tout entier est foutu

Rien de réjouissant pour les investisseurs des bonds souverains, mais rien de réjouissant pour le peuple aussi.

Il est très rare dans les budgets des pays européens que l’on inclut les déficits actuariels (retraite) dans le ratio dette/PIB, une chance, car le taux de suicide augmenterait.

Contrairement au Canada, les déficits actuariels sont comptabilisés sur la dette brute, au Québec, c’est environ 75 milliards si vous être conservateurs (option :  lunettes roses) mais si vous avez un brin de réalité, ça s’approche plutôt de 105 milliards.

Donc, notre taux d’endettement incluant le fédéral varie selon le type de lunette.

Remarquez, si vous avez une dette publique de 110 à 800 % de votre dette/PIB, les politiciens savent très bien qu’ils seront incapables de payer, alors aux moments opportuns, ils vont vous annoncer qu’il n’y a tout simplement pas assez d’argent disponible pour honorer tous les engagements de retraite qui ont été pris.

Il est inévitable que beaucoup de ces engagements de retraite ne seront jamais honorés, soyez avisés d’avoir un plan B.


Extrait de : Europe: la vérité qu'on n'ose imaginer, Graham Summers - Gains, Pains and Capital, 24 gold, 05 décembre 2012

Je suis conscient que la situation en Europe puisse être quelque peu déroutante. Mis à part le fait que nous ayons à gérer plus de vingt pays disposant tous de leur propre économie et de leurs propres problèmes d’endettement, nous devons aussi nous occuper de la BCE et des nombreux plans et fonds de sauvetage (LTRO 1 et 2, EFSF, ESM et plus récemment, OMT).

Par souci de clarté, je tenterai ici d’expliquer les problèmes de l’Europe en utilisant des termes simples.

La première chose que vous devriez savoir est que la BCE dispose d'un effet de levier bien plus important que son homologue Américain. Selon le FMI, l’effet de levier les banques Américaines serait de 13 pour 1.

L’effet de levier des banques Européennes est de 26 pour 1. Pour expliquer les choses simplement, disons qu’elles disposent de 26 dollars d’actifs pour chaque dollar de capital propre.

Voyez les choses de cette manière: imagiez que vous disposiez de 100.000 dollars sur votre compte en banque et que vous contractiez un prêt de 2,6 millions de dollars pour vous acheter une maison et d’autres biens de votre choix. Pensez-vous que vous vous trouveriez dans une situation financière stable ?

C’est pourtant là la situation dans laquelle se trouvent actuellement les banques Européennes.

Nous savons également que le FMI publie uniquement des rapports basés sur les actifs déclarés par les banques. Combien de fois au cours de ces quelques dernières années avons-nous découvert que les banques étaient des entités honnêtes ne cachant rien de leur niveau de risque ?

Jamais.

Nous devrions donc appréhender l’effet de levier de 26 pour 1 comme étant un strict minimum. La réalité pourrait être bien pire. Une chose est toutefois claire : les banques Européennes sont insolvables.

En dehors de cela, les nations Européennes sont aussi en banqueroute. J'ai conscience que tout le monde semble préférer se concentrer sur la dette des nations en fonction de leur PIB, mais la réalité est que les banques Européennes, une fois les déficits actuariels comptabilisés, sont bien plus en difficulté que ce que l’on pourrait croire.

La même chose est vraie pour les Etats-Unis, bien que leur déficit actuariel ne soit rien en comparaison de celui de l’Europe. Depuis 2004, nous savons que :

Pays

Dette en % du PIB
(déficit actuariel inclus)

Grèce

875%

Espagne

244%

Italie

364%

France

549%

Allemagne

418%

UE

434%

États-unis

400%

Nous avons donc un système bancaire en banqueroute dans des pays en banqueroute.

Et maintenant, passons à la partie la plus amusante…

Ce système financier tout entier est basé sur l’idée que les obligations Européennes sont toujours sans risque.

Nous avons donc des nations en banqueroute, qui vendent des obligations à des banques insolvables, qui à leur tour utilisent ces obligations pour porter leur effet de levier à plus de 26 pour 1 (au passage, l’effet de levier de Lehman était de 30 pour 1 lorsque la banque s’est effondrée).

Et je parle bien ici de l’intégralité du système financier Européen.

J'espère que vous comprenez maintenant à quel point l’Europe est enlisée. Il lui sera parfaitement impossible de se sortir de cette situation, à moins que l’Union toute entière se mette soudainement à voir grimper son PIB de 10% sur dix ans.

Et cela n’arrivera bien sûr jamais.

Alors si je peux vous donner un conseil : faites confiance à votre intuition. Les plans de sauvetages infinis ne pourront jamais fonctionner pour la bonne et simple raison que le système Européen tout entier est foutu. Le système financier des Etats-Unis, bien que problématique, se porte très bien en comparaison.

En clair, lorsque l’Europe s’effondrera (et elle le fera), la situation sera pire encore que ce que nous avons pu voir jusqu’alors. Les banques centrales ont déjà un effet de levier dangereusement élevé, ayant virtuellement dépensé toute leur énergie à manipuler les marchés au cours de ces quatre dernières années.