L’endettement total

Si l’on additionne toutes les dettes, c’est-à-dire, les dettes des ménages, des sociétés, des administrations publiques, des institutions financières et les dettes implicites ( tel que les retraites, promesses futures).

Quelles sont les incidences ?

En fait, dans l’économie réelle tout est lié, exemple, si on crée un sur endettement  des concitoyens en leur donnant du crédit facile, tel qu’au Québec et au même moment l’État québécois est en sérieuse difficulté financière et elle taxe de tous bords les concitoyens pour tenter d’équilibrer son budget.

Elle détruit sa propre économie, car le concitoyen déjà surendetté n’ayant pas de marge de manœuvre, la seule solution qu’il lui reste est de réduire ces dépenses, donc, réduit la consommation intérieure.

Et là, on tombe, dans  ce cercle vicieux du phénomène  ‘Trop d’impôts, tue l’impôt’

Et cette spirale s’enclenche, moins d’entrées fiscales, plus d’impôts, moins d’entrées …


Extrait de : L’endettement total, Par Yann Henry, 24 gold, 05 décembre 2012

Le sujet de la dette est actuellement omniprésent dans les médias. Quand ceux-ci l’évoquent, ils parlent le plus souvent de la dette publique. Celle-ci, nous l’avons déjà vu dans un précédent article, comprend principalement la dette souveraine ainsi que celles des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale. Mais ces organisations publiques ne sont évidemment pas les seules à emprunter. Pour définir la notion d’endettement total, on rajoute traditionnellement les dettes des agents non financiers. Ces derniers se répartissent de la manière suivante :

les ménages, constitués des particuliers, des entrepreneurs individuels et des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) les sociétés non financières (SNF), privées et publiques

L’exercice qui consiste à sommer ces trois dettes permet de prendre la mesure du poids de l’endettement global dans les principaux pays développés et du fait qu’on approche probablement de sa limite.

Cela peut aussi sembler osé et critiquable de les rapprocher. On ne peut, en effet, pas les mettre sur un pied d’égalité car elles sont de nature différente. L’entreprise investit dans du matériel ou dans la recherche. Les particuliers vont s’endetter pour acquérir des biens de consommation ou leur résidence principale (ou un bien immobilier dont le loyer est destiné à assurer la retraite). Les administrations publiques, à l’inverse, s’endettent pour financer les dépenses courantes. Là où l’entreprise et les particuliers investissent pour améliorer leur rentabilité ou leur avenir, et donc créer des ressources supplémentaires les administrations publiques dépensent sur des critères politiques souvent éloignés de l’« intérêt général » (si cette notion peut avoir un sens), comme nous l’explique l’école des choix publics.

Donc ces trois dettes ne sont pas de même nature, mais pourtant leur agrégat fait tout de même sens car il y a des liens.

L'État, pour payer ses dettes, va devoir piocher dans les poches des ménages et des entreprises, ce qui revient à leur transférer ses dettes.

Il est donc tout à fait pertinent d’étudier l’endettement actuel de ces derniers, pour savoir s'ils seront capables de supporter ce surpoids, et dans quelle mesure.

De plus, il est également naturel de regarder les niveaux d’endettement parmi les principales puissances économiques du fait des relations qui peuvent exister entre elles. En effet, il n’y a pas besoin de beaucoup d’imagination pour émettre l’hypothèse de dettes souveraines grecques remboursées par les contribuables français ou allemands.

La photographie de la situation à la fin du deuxième trimestre 2012 est la suivante :

Endettements totaux

C’est en Allemagne et en France que les endettements totaux sont les plus faibles, ce qui tombe assez bien puisque les États allemands et français sont la pierre angulaire du dispositif de sauvetage de la zone euro (MES/FESF). 

Ménages+ Sociétés non Financières, Administrations publiques

Si l’on regarde l’évolution sur les dix dernières années, on s’aperçoit que l’endettement total a explosé dans tous les pays (à l’exception de l’Allemagne), le record étant pour l’Espagne qui flirte avec les 100 points de PIB d’augmentation :

Endettement totaux

Lecture des tableaux : l’endettement des ménages français représentait 35,1% du PIB en 2002 et a progressé de 21,2 points de PIB ces 10 dernières années.

Sur l’exemple français, cette augmentation de l’endettement des ménages provient principalement de la progression des encours de crédits à l’habitat (de 337,1 à 861,6 milliards d’euros, soit de 22,3% à 43,1% du PIB), celle-ci trouvant pour origine l’augmentation (la bulle ?) de l’immobilier

La venue des CDS a déresponsabilisé le prêteur

C’est quoi des CDS, me direz-vous. Et bien, il s'agit tout simplement d'assurances sur un prêt accordé à un État, pour le cas où ce dernier ferait défaut et ne pourrait donc pas rembourser son emprunt, le créancier se couvre donc, auprès d'une assurance.

Si vous lisez ma petite histoire sur la règle d’or, elle n’aurait jamais pu s’implanter si les CDS avaient été interdits.

JP Morgan Chase a inventé CDS dans les années 1990, un produit dérivé fort lucratif, la beauté des swaps, c'est qu'ils transfèrent le risque à partir des gens qui n'en veulent pas à des gens qui sont heureux de le supporter, pour un prix.

Par contre, le CDS fausse la prudence du créancier, normalement, un investisseur détenant des obligations d'un pays voudra s’assurer de ravoir son capital, la venue des CDS a faussé cette perspective,  elle déresponsabilise le risque du prêteur en cas d’un défaut de paiement et déresponsabilise le pays souverain en se surendettant.

La même analogie s’applique avec le monde immobilier, si ‘Fannie Mae and Freddie Mac’ n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu de bulle immobilière.

Ce sont les assurances sur les prêts douteux qui ont incité les banques à prêter à des gens souvent à la limite de la solvabilité.

La même logique avec la SCHL, plus de 50 % des prêts immobiliers au Canada, sont sur une couverture de la SCHL, donc plus de 50 % des gens qui ont des prêts aurait été trop à risque sans avoir cette assurance.

Ces assurances déresponsabilisent le risque des banques, engendrent du crédit facile et une bulle immobilière.

En fait, les produits dérivés comme les CDS devraient être interdits, mais soyez assurés, ça n'arrive pas, car nos politiciens ont trop besoin du crédit de l'État pour acheter des votes.

Mais voici, un exemple classique comment un système financier peut déraper.
(Réf :
1)

Endettements des institutions financières

Une étude de McKinsey de janvier 2012 nous permettait d’obtenir les endettements des institutions financières. Bien que les données de McKinsey datent un peu et représentent la situation à la fin du deuxième trimestre 2011 (c’est-à-dire un an d’écart avec les chiffres de la Banque de France), on peut tout de même les intégrer et obtenir l’ordre de grandeur suivant :

Endettements des institutions financières

Les dettes implicites

Dette Implicite Euro

Dettes garanties par l’État

Notons aussi que la Cour des comptes s’inquiétait récemment du niveau de dettes garanties par l’État, qui pourrait « influencer négativement la perception qu’ont les investisseurs extérieurs de la solvabilité de la France ». Celles-ci s’élevaient en 2011 à 124 milliards d’euros. D’ailleurs, contrairement au FESF, les émissions du MES n'augmenteraient pas la dette publique des différents États contributeurs.

Il est donc apparu que la dette publique, si elle semblait à juste titre préoccupante pour beaucoup, n’était en fait que la face immergée de l’iceberg de la dette.

Il ne s’agit évidemment pas de condamner le principe de la dette, lorsque celle-ci provient des agents non financiers. Mais le niveau actuellement atteint est pour le moins préoccupant. Si les administrations publiques sont les principales responsables de l’augmentation de l’endettement total, les agents non financiers y ont dans la plupart des cas contribué et risquent dans un futur proche d’être mis à contribution de manière plus importante pour porter ce fardeau. Or, les chiffres ci-dessus, laissent penser qu’ils pourraient bien ne pas être en mesure de le faire.

Donc, chers peuples étant surendettés, il n’y a plus de marge manœuvre pour sauver le déficit de l’État, a moins que l’État imprime de l’argent et vous devenez
de plus en plus pauvres.