Secteur minier: 10 000 emplois de moins en Australie

Imaginer, si l’Australie a des problèmes à rentabiliser ces mines en ayant des voisins comme la Chine, alors, nous, on n’est pas sortis du bois, quand nous sommes aux antipodes.

Dépenser des milliards pour investir dans des projets miniers, qui sont à risques, est-ce raisonnable ?, et des redevances minables par rapport aux investissements encourus par le peuple.

Remarque au Québec, ce qui est important c’est de faire des emplois, même s’ils ne sont pas rentables, on a un exemple typique : le barrage de la Romaine.

Les commentaires du président de Rio-Tinto Alcan l’année passée se sont révélés justes.

Tom Albanese, pdg du géant britannique Rio Tinto

Met en garde contre un excès d’enthousiasme relié au Plan Nord du gouvernement Charest, soulignant :

·           Que les coûts de construction de nouvelles infrastructures pourraient s’avérer très élevés.

·           Les sommes requises pour développer des projets miniers dans le Grand Nord sont considérables pour amener la ressource dans les mains des consommateurs.

·           Il faut construire la mine, des routes, établir des collectivités, a-t-il expliqué. «Ce sont des coûts énormes».

·           M. Albanese a ajouté que le Québec et le Canada étaient désavantagés par rapport à l’Australie, dans la mesure où le gros de la demande croissante pour les métaux provenait de l’Asie.

·           Or, les importants coûts de transport par bateau font en sorte que les projets développés au Québec doivent être à la base plus rentables.

·           Les conditions climatiques rendaient coûteuse l’implantation des minières dans le Grand Nord. « La saison où nous pouvons pleinement opérer est très courte », a-t-il souligné.

Les prix pourraient baisser

Le prix très élevé des métaux entraînait l’intérêt d’acteurs non traditionnels, mais que cela ne durerait pas éternellement.

Le marché est efficace. Pendant longtemps, le prix des métaux a été très bas. Maintenant il est élevé, mais il faut s’attendre tôt ou tard à ce que l’accroissement de l’offre vienne rétablir l’équilibre.

Source: Plan Nord, Le Japon n’est pas gagné d’avance

De plus, le marché minier est un marché mou, car il est très cyclique, si moindrement le marché subit une baisse, les mines cessent d’opérer.

Alors, le Plan Nord, des libéraux ou du PQ, c'est simplement du bruit, pour ne pas régler les problèmes de fond de nos industries québécoises, car la liberté économique est déficiente ( ex : fardeau réglementaire trop lourd, masse salariale trop élevée, agressivité fiscale…)

Au lieu de dépenser des milliards par emprunt, il faudrait peut-être améliorer la compétitivité des entreprises existantes ?

Typique, de nos politiciens québécois, l'art de faire de la politique en surface, sans régler les problèmes de fond, malheureusement, c'est un travail trop difficile, car il faudrait réduire certaines vaches sacrées (tel que congés parentaux, équités salariales) et toutes les bidules que l'État-Providence québécois a inventé pour se distinguer tout en détruisant ces entreprises.

Il ne faut pas être surpris pourquoi notre économie réelle a un rendement négatif.


Extrait de : Secteur minier: 10 000 emplois de moins en Australie, Suzanne Dansereau, les affaires.com, 04-12-2012   

Destination minière par excellence, l’Australie a perdu près de 10 000 emplois et 2 G$ US de dépenses dans ce secteur au cours des derniers mois, selon une compilation effectuée par l’organisme R2Mining and CostMine et publiée mardi matin sur le site Mining Digest.

«La majorité des minières se sont aperçues qu’il n’est plus rentable d’investir dans le climat actuel» écrivent les auteurs de l’étude, Shariar Shafiee et Nick Abbate.

Parlant de climat,

·         ils font référence au ralentissement de la Chine,

·         mais aussi aux «incertitudes suscitées par les taxes sur les activités minières et le carbone,

·         un taux de redevance en croissance et

·         la hausse du dollar australien», peut-on lire dans le rapport.

Voici quelques exemples australiens: BHP Biliton a abolit 6750 emplois dans ses mines de charbon; 700 dans ses mines de fer et 100 dans une mine de nickel. De son côté Rio Tinto a fermé une mine de charbon, coupant 170 emplois et remerciant 70 sous-traitants. Elle a abolit 90 emplois dans une aluminerie et 80 dans une mine de diamants.

Globalement, plusieurs géants sont à revoir leurs stratégies d’investissement et de production. Ainsi, lundi, la brésilienne Vale, plus important producteur de fer au monde, a annoncé qu’elle réduirait ses dépenses de 1,2 G$ US en 2013, citant la baisse de ses bénéfices et la diminution de la demande et des prix dans le secteur. Elle imite sa rivale australienne Rio Tinto qui a annoncé son intention de réduire ses investissements de 7G$ par an d’ici 2014.

Au Québec, la minière Cliffs Natural Ressources a suspendu l’expansion de sa mine de fer en 2013, remerciant 400 employés temporaires et plusieurs sous-traitants.