3 raisons tout à fait sérieuses de castrer tous les politiciens

Peu scientifique, mais ça fait du bien, une très belle plume, d’ailleurs.


Extrait de : 3 raisons tout à fait sérieuses de castrer tous les politiciens, Jesrad, Ne Cede Malis, 28 mars 2012

Combien de fois avons nous été déçus par nos élites ? Il semblerait bien que chaque nouveau lot de scandales, chaque nouveau retournement de veste inopiné, chaque nouvelle découverte de corruption et de népotisme parmi ceux à qui nous confions les rênes du pays s’accumule et s’empile en un vertigineux mont de dégoût, alimentant toujours plus la défiance envers l’état. A mesure que le temps passe, Et pourtant, un tel écueil a pu être évité ou tout du moins prévenu en grande partie

Ce n’est pas du tout une plaisanterie, et la question est absolument sérieuse et pertinente, même (surtout !) aujourd’hui: chez les sumériens comme dans l’empire assyrien, plus de 2000 ans avant J.C. et dans les administrations complexes de la Chine, en passant par les empires romain et byzantin, et ce jusqu’au XVIème siècle et même au delà, la pratique de la castration pour les fonctionnaires de l’état et des administrations était, pour des millions de gens et pendant des millénaires, une évidence… avec de bonnes raisons de l’être, raisons qui peuvent tout à fait s’appliquer à nouveau de nos jours :

Les eunuques ont une très longue histoire, et leur place prévalente voire même exclusive dans les administrations de nombreuses civilisations du passé ayant autrement peu en commun ne peut s’expliquer que par l’expérience pratique et donc les résultats bien concrets de ce choix délibéré : par exemple, même dans l’empire byzantin où la religion s’opposait avec véhémence à cette pratique, on persistait à préférer presque systématiquement les eunuques à n’importe quel autre candidat pour assurer le bon fonctionnement des institutions… et ce certainement pas un hasard.

Qu’ils aient été gardes de palais, fonctionnaires d’état civil et du trésor, domestiques particuliers des seigneurs, assignés aux archives ou bien occupant les postes les plus hauts – ministres, diplomates plénipotentiaires, chancelliers, généraux et amiraux, vizirs, chefs des services de renseignement ou même espions, membres éminents du clergé, grands chambellans, juges et autres chefs de palais ou de cérémonies, on en retrouve la trace persistante partout dans les appareils d’état développés et complexes des Assyriens, de Chinois, des Japonais, des Byzantins, des Egyptiens, des Perses, des Grecs, des Romains, des Vietnamiens, des Coréens, des Ottomans, dans les Califats, et encore tant d’autres… et pourtant ils n’étaient socialement, à l’origine, que les derniers des esclaves : par exemple, en Chine, la castration était initialement le châtiment réservé aux violeurs, doublé de servitude à vie, mais avec l’ascension sociale des eunuques celle-ci est vite devenue un critère obligatoire pour entrer au service de l’empereur, au point que l’auto-castration est même devenue courante chez ceux qui briguaient ces postes prestigieux.

Les non-eunuques en venaient souvent à jalouser les eunuques, intriguant contre eux ! Une telle évolution, et une telle reconnaissance, répétée pendant des siècles par autant de nations, de l’adéquation manifeste entre la castration totale et les fonctions d’état doit forcément pouvoir s’expliquer :

1.   Pour commencer, appliquer la castration définitive comme critère d’entrée au service de l’état résout un nombre non-négligeable de conflits d’intérêt: plus un fonctionnaire se trouve à un poste important, et plus il peut être tenté de détourner son autorité au profit de sa propre famille, particulièrement pour favoriser sa descendance (Sarkozy, EPAD). Avec la castration complète (accompagnée de célibat, donc), si elle est réalisée au début de la vie d’adulte, il n’y a plus ni descendance ni conjoint, donc ce type de corruption est évité entièrement. Cela évite aussi la formation de dynasties ou de baronnies où l’on se transmet un poste, une mairie, ou quelque autre responsabilité, de parent à enfant (ou d’oncle à neveu, ou que sais-je encore), accaparant le pouvoir au détriment de tous.

2.   Ensuite, c’est la meilleure méthode pour se prémunir d’une grande quantité de problèmes de harcèlements (Tron), de scandales d’ordre sexuel (DSK), de paternité cachée (Mazarine) et autres complications et embarrassements publics (Clinton), garantissant mieux l’intégrité du sommet de l’état et évitant aussi au passage de disperser leur action et leur concentration en futilités. Les garanties supplémentaires que cela apporte à leur réputation ne sont pas non plus négligeables: impossible de les salir par des accusation de viol ou de s’être laissés mener par le bout de la braguette.

3.   Et enfin, le coût personnel élevé que cela représente assure d’un minimum d’implication et de conviction – oserais-je dire de vocation – de la part des candidats aux plus hautes fonctions de l’administration. Il n’y a pas de retour possible, après tout. Cela permet d’éviter la professionnalisation de la politique, donc d’attirer les gens en mal d’enrichissement indû et rapide, ou les ambitieux conduits par la soif de pouvoir, pour ne garder que ceux disposés à se consacrer réellement à leur charge. Il semblerait aussi, de par l’expérience qu’en avait nos prédécesseurs, que la castration favorise un comportement de serviteur zélé – plutôt que de maître abusif – ce qui est toujours souhaitable chez ceux en qui on place de hautes responsabilités et dans les mains desquels on concentre les pouvoirs.

Ne balayons donc pas sans réfléchir la sagesse des grandes civilisations qui nous ont précédé. Cyrus le Grand, fondateur de l’empire perse, savait ce qu’il faisait en nommant des eunuques à chaque poste dans son palais. De même, on ne peut pas rejeter le bon sens des romains et après eux des byzantins quand ils leur confiaient la bonne marche des aspects les plus importants de leur société… et ce pendant plus d’un millénaire ! Et ce n’est pas un hasard si les eunuques accumulèrent tant de prestige et d’influence, particulièrement sous la prospère dynastie Han, en Chine.

Très sérieusement, donc, en regard des leçons du passé comme celles du présent, la castration devrait être une étape obligatoire et éliminatoire dans l’examen d’entrée à l’ENA et même au concours de la fonction publique, au niveau national.


Les faillites d'États, une constante dans l'histoire

Mes commentaires à la fin.


Extrait de : Les faillites d'États, une constante dans l'histoire, Guillaume Vuillemey, Finyear, 25 Février 2011

Longtemps, un refrain que l'on ne questionnait qu'à mots couverts a bercé l'Europe : les États, ressassait-on, ne peuvent faire faillite.

La succession des crises des finances publiques (Islande, Grèce, Irlande, Portugal) a brutalement jeté bas ce dogme. Mais l'analyse, pour être complète, mérite d'être poursuivie plus avant.

Quand on observe le temps long, les défauts de paiement des États font davantage figure de règle que d'exception. La volonté actuelle d'éviter à tout prix la mise en défaut des États insolvables est une nouveauté à l'échelle de l'histoire. Loin de n'être que bénéfique, elle porte en elle de lourds dangers.

Un regard sur le passé n'est jamais inutile pour juger de l'instant présent. Comment les États, au cours des siècles écoulés, ont-ils géré leurs errements en matière de finances publiques ? Par le défaut de paiement. Dans un ouvrage récemment traduit en français, deux économistes américains de renom, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff jettent un nouvel éclairage sur le sujet. De nombreuses statistiques appuient leur thèse, qui revisite huit cents ans d'histoire des six grands continents.

Quels enseignements tire-t-on ? Partout autour du monde, les défauts de paiement des États ont été chose commune au cours des derniers siècles. Si leur fréquence a diminué dans les pays développés au XXème siècle, elle a augmenté dans les pays en voie de développement. Concernant l'Europe, la France détient un record avec huit défauts entre le XIVème et le XVIIIème siècle.

Au cours du seul XIXème siècle, l'Espagne a fait sept fois défaut. La Grèce se distingue également. Elle a été en défaut pendant plus de la moitié des années écoulées depuis son indépendance en 1830. Au début des années 1930, pendant la Grande Dépression, de nombreux États européens n'ont pu faire face à leur dette : l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie.

La leçon de l'histoire, nous disent Reinhart et Rogoff, n'est pas celle que l'on aimerait entendre.

Non seulement les États peuvent faire faillite, mais ils ne s'en privent pas
pour liquider des obligations devenues trop lourdes.

Ce n'est pas tout. Quand elles ont été remboursées, les dettes l'ont souvent été grâce à une monnaie dévaluée du fait de l'inflation. La planche à billets, au XXème siècle, a remplacé – avec un immense gain d'efficacité – le rognage des pièces d'argent. Le pouvoir d'achat des monnaies s'est immuablement érodé depuis le Moyen-Âge, et continue à baisser aujourd'hui. Dans le même temps, les banques qui prêtaient aux États se sont vu conférer des privilèges croissants. Elles sont, in fine, devenues les banques centrales, dotées du monopole d'émission de la monnaie. Un exemple suffit : quand Napoléon confère une série de privilèges à la Banque de France, ce n'est pas pour garantir la stabilité macroéconomique, mais pour financer les guerres européennes.

Une conclusion s'impose : si l'on s'attache au temps long, l'histoire des États apparaît comme étant celle de promesses financières rarement honorées. Quelles leçons tirer pour la crise actuelle ?

A l'échelle européenne, la volonté martelée de refuser tout défaut
est une nouveauté radicale.

Pour préserver sa monnaie, la zone euro tourne le dos à la procédure de liquidation la plus simple. Est-ce là une avancée bénéfique ? Rien n'est moins sûr.

Des siècles durant, les défauts de paiement ont été un garde-fou efficace contre la montée en puissance de l'État : parce qu'ils doutaient des remboursements à venir, les créanciers hésitaient à prêter.

Seule une discipline budgétaire solide permettait d'établir la confiance. Comme la faillite pour une entreprise, le défaut de paiement d'un État joue un rôle économique essentiel. Non seulement il est une sanction pour ceux qui ont mal utilisé des ressources, mais aussi pour ceux qui ont apporté des capitaux sans prendre suffisamment de précautions. En l'occurrence, de nombreuses banques ont prêté de manière inconsidérée à la Grèce ou à l'Irlande. En sauvant ces pays, on subventionne avant tout leurs créanciers, c'est-à-dire les banques qui ont commis une erreur en mésestimant les risques portés par ces obligations d'État.

Créer un fonds européen pour se prémunir contre tout défaut d'un État supprime une discipline essentielle pour les détenteurs de capitaux comme pour les gouvernements concernés.

Le risque est collectivisé et la responsabilité individuelle diluée.

A cet égard, le FMI est un précédent illustre. Ainsi que le note Kenneth Rogoff, ancien directeur des études de cette institution, la création du Fonds après la seconde guerre mondiale « a coïncidé avec une plus grande fréquence des épisodes de défaut souverain ».

Les garanties européennes pourraient produire des effets similaires. Quant au problème de fond – la discipline des emprunteurs et des créanciers – il n'est pas réglé, seulement transféré à un niveau plus élevé. Considérés à l'aune de l'histoire, les défauts de paiement, malgré toutes les perturbations dont ils s'accompagnent, demeurent la sanction et l'incitation les plus efficaces pour permettre une gestion saine.


La venue des CDS a déresponsabilisé le prêteur

C’est quoi des CDS, me direz-vous. Et bien, il s'agit tout simplement d'assurances sur un prêt accordé à un État, pour le cas où ce dernier ferait défaut et ne pourrait donc pas rembourser son emprunt, le créancier se couvre donc, auprès d'une assurance.

Si vous lisez ma petite histoire sur la règle d’or, elle n’aurait jamais pu s’implanter si les CDS avaient été interdits.

JP Morgan Chase a inventé CDS dans les années 1990, un produit dérivé fort lucratif, la beauté des swaps, c'est qu'ils transfèrent le risque à partir des gens qui n'en veulent pas à des gens qui sont heureux de le supporter, pour un prix.

Par contre, le CDS fausse la prudence du créancier, normalement, un investisseur détenant des obligations d'un pays voudra s’assurer de ravoir son capital, la venue des CDS a faussé cette perspective,  elle déresponsabilise le risque du prêteur en cas d’un défaut de paiement et déresponsabilise le pays souverain en se surendettant.

La même analogie s’applique avec le monde immobilier, si ‘Fannie Mae and Freddie Mac’ n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu de bulle immobilière.

Ce sont les assurances sur les prêts douteux qui ont incité les banques à prêter à des gens souvent à la limite de la solvabilité.

La même logique avec la SCHL, plus de 60 % des prêts immobiliers au Canada, sont sur une couverture de la SCHL, donc plus de 60 % des gens qui ont des prêts aurait été trop à risque sans avoir cette assurance.

Ces assurances déresponsabilisent le risque des banques, engendrent du crédit facile et une bulle immobilière.

En fait, les produits dérivés comme les CDS devraient être interdits, mais soyez assurés, ça n'arrive pas, car nos politiciens ont trop besoin du crédit de l'État pour acheter des votes.

Mais voici, un exemple classique comment un système financier peut déraper.


What Is Inflation?

1.        What Is Inflation?

Inflation refers to the increasing price of goods and services that ultimately decreases a nation's purchasing power. As the cost of living increases, each unit of currency buys less. The result is a decrease in the value of a nation's currency.

2.        Measuring Inflation

Inflation is measured by Statistics Canada using the Consumer Price Index (CPI). The cost of a fixed "basket" of goods and services purchased by typical consumers is tracked over time. About 650,000 prices are checked each year across Canada.

3.        Inflation Rate

The number that determines the rate of change of prices (usually calculated monthly or annually) is the rate of inflation. The core rate of inflation excludes the most volatile items in the CPI basket, such as gasoline, vegetables, and tobacco.

4.        International Lending And Exchange     Ra Rates

As nations borrow money from each other, prices can rise as a response to interest and national debt. Inflation can also occur when a currency's exchange rate plunges, causing imports to spike in price.

5.        The Money Supply

Widely considered a long-term cause for inflation is the amount of money in circulation. However, there is disagreement among economists as to how the money supply affects inflation. Many say that as governments print excesses of money to cope with crises (for example, to revive an economic recession), prices increase dramatically. But others argue the recent economic crisis, which resulted in the printing of money but little inflation, disproves that theory

6.        Production And Labour Costs

Production and labour costs are factors contributing to inflation. If the raw materials for a product increase in price, so does the price of the final product. Similarly, a rising cost of living causes workers to demand increased wages--costs that are passed on to the consumer.

7.        Deflation

When prices fall, what occurs is the opposite of inflation: deflation. This is typically considered dangerous because lower prices can correspond with lower demand, leading to a deflationary spiral. Depressions are linked to deflation, but deflation itself doesn't always symbolize a bad economy. For example, more efficient production can result in price deflation, but that doesn't indicate a shrinking economy.

8.        Hyperinflation

Fast economic growth is not always beneficial because it can lead to hyperinflation--a cycle of rapidly rising prices. When there is a drastic increase in the money supply without a corresponding increase in demand, the value of each unit of currency diminishes. In the picture above, a woman protests hyperinflation by carrying around worthless notes in Serbia during its hyperinflation crisis in 1992

9.        Controlling Inflation

The Bank of Canada employs interest rates to maintain a target inflation rate. The bank can raise interest rates when inflation is too high, or lower them when it's too low. With high interest rates, demand typically decreases for certain goods and services as they become harder to finance

10.             Other Methods Of Control

In an attempt to control inflation, Prime Minister Pierre Trudeau's government introduced the Anti-inflation Board (AIB) in 1975. It was the board's responsibility to supervise and control wages and prices, and was part of a 1970s trend -- followed even by U.S. President Richard Nixon -- that saw politicians attempt to legislate away inflation. Canada's program was phased out in 1978, and most Western countries abandoned price controls after finding them largely ineffective.

Source: Canada Inflation: February Sees Jump As Gas, Food Push Prices Up, Huff Post, 03/23/2012


 

Où passent les milliards de la BCE?

Comme les États-Providences sont de plus en plus insolvables, grâce à la règle d’or.

On peut emprunter indéfiniment aussi longtemps
que l'on paie nos intérêts

Bien sûr, un tel énoncé n'a ni queue ni tête, mais dans le monde de la finance, les dérives sont acceptées aussi longtemps que c’est payant.

Donc, puisque certains pays sont légèrement en difficulté ne pouvant plus vendre leurs obligations sur le marché privé, car ceux-ci les trouvent trop pourrîtes.

Alors, essayons de déterminer le parcours du trillion de crédit émis par la BCE.


Extrait de : Où passent les milliards de la BCE?, L’Echo, 28 mars 2012 

On observe une baisse des prêts aux entreprises, tandis que les prêts aux ménages restent inchangés. Il semble donc que les milliards d'euros injectés par la BCE dans le secteur bancaire ne passent pas dans l'économie réelle.

Belle surprise, c’est exactement ce qui s’est passé avec les QE américains, drôlement plus payant de spéculer que d’investir dans l’économie réelle, rien de nouveau en soi, rien de très offensant, on le savait d’avance

Mario Draghi avait souligné que les opérations à trois ans de la BCE visaient à prévenir un tarissement du crédit

Les banques ont réduit le crédit aux entreprises en février dans la zone euro, tandis que celles d'Espagne et d'Italie ont thésaurisé en emprunts souverains, ce qui laisse penser que l'argent dont la Banque centrale européenne a inondé le système bancaire n'a pas encore été envoyé vers l'économie réelle.

·         Le flux de prêts aux entreprises non financières a diminué de trois milliards d'euros en février après une hausse d'un milliard le mois précédent, tandis que le flux de prêts aux ménages n'a pas changé.

Autre indicateur, la croissance de l'agrégat monétaire M3, mesure générale de la quantité de liquidités dans l'économie, qui a été de 2,8% annuels en février après 2,5% en janvier et 2,4% attendus, suivant un consensus Reuters.

Howard Archer, économiste de Global Insight, observe que la baisse des prêts aux entreprises et la stagnation des prêts aux ménages "suscite la crainte que les 489 milliards d'euros prêtés aux banques européennes par la BCE à l'issue d'une appel d'offres à trois ans en décembre n'aient pas été répercutés - au moins jusqu'à présent - dans le crédit au secteur privé".

La BCE a procédé à deux opérations de refinancement à long terme (LRTO), en l'espèce de trois ans, en décembre et en février, injectant plus de 1.000 milliards d'euros dans le secteur bancaire.

A noter qu'Archer observe que la statistique de février ne peut pas avoir pris en compte le second LTRO, qui a eu lieu le 29 février.

"Nous ne pensons plus que la BCE abaissera à nouveau les taux même si nous estimons que ce serait plutôt justifié compte tenu de la possibilité très réelle que la zone euro subisse une contraction du PIB à la fois au premier et au deuxième trimestres de cette année".

Le président de la BCE Mario Draghi avait souligné que les opérations à trois ans de la banque centrale visaient à prévenir un tarissement du crédit et non pas à soutenir l'achat de dette souveraine.

Chers, M Draghi un ancien de Goldman Sachs, essaie de nous faire croire cette idiotie, il savait très bien, ce qui allait se produire, ou les banques locales achetaient leurs dettes souveraines, ou les pays souverains faisaient défaut.

Néanmoins, les chiffres de la BCE montrent que les banques espagnoles et italiennes ont accru leurs achats nets d'obligations souveraines de la zone euro le mois dernier.

·         Pour les banques italiennes, la hausse, sans précédent, est de 23 milliards d'euros à un encours total de 301,6 milliards d'euros.

·         Pour leurs homologues espagnoles, la progression est de 15,7 milliards d'euros à un encours record de 245,8 milliards d'euros.


 

L’État-Providence n‘est qu’une spoliation légale.

Deux articles qui vont dans le même sens, l’État-Providence n‘est qu’une spoliation légale.


Extrait de : L’ère de la « fiscocratie », Nathalie Elgrably-Lévy, Journal de Montréal, 28 mars 2012

Si notre employeur, notre propriétaire ou notre banque nous obligeait à signer des contrats de plusieurs centaines de pages rédigés dans un langage incompréhensible, nous crierions au scandale, avec raison.

Parions également que la classe politique interviendrait rapidement pour dénoncer et condamner ce genre de pratiques, invoquer le droit à l’information et imposer la clarté et la transparence, un principe maintenant sur toutes les lèvres de nos bienveillants élus.

Pourtant, les lois qui régissent nos relations avec l’État sont loin d’être intelligibles. Certaines sont même carrément inaccessibles pour la quasi-totalité d’entre nous.

La Loi sur les impôts du Québec est une parfaite illustration, car elle contient des milliers d’articles, les uns plus hermétiques que les autres.

Par exemple, en matière de revenu imposable, l’article 37.0.2 énonce « Un particulier doit inclure dans le calcul de son revenu pour l’année provenant d’une charge ou d’un emploi un montant qu’il reçoit dans l’année à titre d’allocation ou de remboursement à l’égard d’un montant qui serait admissible en déduction dans le calcul de son revenu en vertu du chapitre III si celui-ci n’avait droit à aucun montant à ce titre, sauf dans la mesure où le montant ainsi reçu est inclus par ailleurs dans le calcul de son revenu pour l’année ou pris en considération dans le calcul du montant qu’il a déduit en vertu du chapitre III pour l’année ou une année d’imposition antérieure. »

De quoi donner le vertige !

Comme nous avons l’obligation de respecter la loi sous peine d’amendes, cette opacité est loin d’être anodine. D’abord, parce qu’elle fait en sorte que nous ne sommes pas tous égaux sur le plan de l’information. Seule une poignée de contribuables peuvent comprendre le texte de loi ou encore s’offrir à grands frais les services de spécialistes en la matière. 

Vulnérables

Ensuite, parce qu’elle a permis l’émergence d’une « fiscocratie ». Aujourd’hui, les contribuables sont vulnérables devant un despote sans âme ni visage : le fisc.

D’une part, la complexité de la législation fiscale multiplie les probabilités d’erreurs et expose même les plus honnêtes contribuables à de douloureuses sanctions.

D’autre part, elle soumet les citoyens mal informés à l’arbitraire de percepteurs fiscaux qui pourraient manipuler la loi ou qui voudraient profiter de son caractère obscur pour l’interpréter à l’avantage du Trésor public.

Exceptions

Finalement, l’opacité de la législation est la preuve qu’en matière de fiscalité, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne.

Si la Loi sur les impôts est si volumineuse et si obscure, c’est notamment parce qu’elle accorde une multitude d’exceptions, de déductions et d’avantages de toutes sortes à certains groupes.

Elle constitue un moyen efficace de privilégier et de corrompre la clientèle des partis tout en étant suffisamment discret pour éviter l’indignation et la controverse.

Il fut un temps où l’impôt était prélevé pour permettre à l’État de servir les contribuables.

À présent, les contribuables sont au service d’un État hypertrophié et obnubilé par son auto-alimentation.

La démocratie fait lentement place à la fiscocratie…

Pensez-y lorsque vous remplirez votre déclaration de revenus.


Extrait de : Elections : de quel droit se permettent-ils... !, Patrick de Cazanove, Institut Turgot, 21 mars 2012

Les politiciens ne veulent pas voir les causes de la crise. Probablement parce que cela ne les intéresse pas, pour la simple raison qu’ils en sont responsables. Comme ils sont responsables des dettes et déficits publics.

Ils veulent faire croire aux gens qu’ils peuvent régler ces problèmes.

Mais, prisonniers de leurs certitudes dirigistes, ils persistent dans leurs erreurs qui sont :

1.      De ne pas réduire la dépense publique mais d’augmenter les prélèvements obligatoires

2.      De ne pas rendre la liberté économique mais d’accroître l’interventionnisme de l’État.

3.      De ne pas faire confiance à l’épargne mais de miser sur le crédit bon marché et la planche à billets.

Les pseudos propositions chocs se succèdent dans une course à la prédation. Les commentateurs discutent de la manière dont elle est perpétrée, de son niveau, de son affectation, de ses victimes, de ses bénéficiaires, de son efficacité, de ceux qui y échappent. Or c’est l’acte de prédation lui-même qu’il faut remette en cause.

Nul ne pose la seule question qui en vaille vraiment la peine : à quel titre, de quel droit, un individu se permet-il de voler ses semblables, d’intervenir dans leur vie privée ?

À quel titre, de quel droit un politicien le fait-il ?

Normalement, personne ne peut légitimement porter atteinte aux biens d’autrui.

Si quelqu’un vient chez vous pour prendre, contre votre gré, une part importante de vos revenus, vous le mettez dehors. Même s’il vous dit que c’est pour la bonne cause. S’il revient avec un complice armé, vous appelez les gendarmes. Dans tous les cas, il commet un délit passible des tribunaux, et encourt des sanctions. Mais si cette même personne revient chez vous, accompagnée d’un gendarme ou d’un policier, elle vous contraint alors à payer. Cette fois, c’est vous qui êtes passible des tribunaux si vous ne vous exécutez pas.

Imaginez maintenant une réunion de quartier, où les adultes de plus de 18 ans décident à la majorité de mandater l’un d’entre eux pour aller s’emparer de tout ou partie des revenus d’un autre habitant. À leur profit, ou au profit d’un tiers décrit comme dans le besoin. Ce qui évite à chacun des votants de donner eux mêmes à ce tiers. Il y a de fortes chances que, là aussi, la police intervienne et que la justice s’en mêle. Supposons que toutes les réunions de quartier, donc tous les votes, aient lieu le même jour, avec des urnes, des assesseurs etc., pour élire des mandataires qui iront spolier autrui. Cela s’appelle une élection, le mandataire est le politicien, et c’est la dictature de la loi de la majorité. La police et la justice vous contraindront à vous y plier.

Dans les deux cas il y a une différence entre la première et la deuxième situation. Le but de la spoliation, que ce soit la noble cause ou le secours à un tiers, n’a pas changé.

Ce qui a changé c’est que le spoliateur a "le Pouvoir".

En France il a été élu. Le prélèvement, sous forme de taxe ou d’impôt, est devenu obligatoire de par la loi. La spoliation est devenue d’intérêt général. Elle est légalisée. Frédéric Bastiat a, dans « La Loi », fort bien écrit sur ce sujet.

Pour traiter différemment la spoliation illégale et la spoliation légale, il faudrait croire que les mêmes actes violent vos droits individuels s’ils sont effectués par un privé non élu, mais ne les violent plus s’ils sont accomplis par un privé élu.

Certains diront que l’État ne peut pas voler, puisqu’il prélève des sommes pour le bien de tous, tandis qu’un voleur le fait pour son bien propre. Par là même, des gens qui condamnent le vol illégal soutiennent le vol légal. Pour faire bonne mesure ils vous traiteront de mauvais citoyen si vous défendez vos biens!

Ils ajouteront qu’il faut payer des impôts pour le bien commun. Mais ils ont bien du mal à définir précisément cet intérêt général.

Exemple, c’est pour votre bien commun que vous dépensez plus de 11 milliards par année pour octroyer des retraites dorées à notre aristocratie.

L’intérêt général n’existe pas sans unanimité. Il émerge naturellement du marché, mais pas d’instances gouvernementales, fussent-elles élues.

Pour ce qui les concerne, on peut essayer de le cerner de manière pragmatique, en précisant les fonctions communes susceptibles de recueillir, à défaut d’unanimité, le consentement de la quasi-totalité des gens vivant ensemble. Le minimum est que ces fonctions ne fassent pas grief. Ce sont celles qu’ils ne peuvent accomplir, au mieux, eux-mêmes. Soient les fonctions de justice et de sécurité intérieure et extérieure. La Sécurité concerne les biens et les personnes, mais aussi la sécurité juridique, administrative et fiscale. La Justice rend à chacun son dû, dans le respect de tous les droits d’autrui. Il faut y ajouter un filet de sécurité « pour des circonstances extraordinaires, pour des cas urgents (…), secourir certaines infortunes, ménager certaines transitions ». L’État veille alors uniquement au respect des Droits individuels et des contrats.

Par conséquent, dans une société libre,

Un homme politique doit être élu dans un but précis et limité.

·         Il doit recevoir un mandat, non pas flou avec des pouvoirs illimités, mais bien défini, avec des pouvoirs restreints.

·         En aucun cas il ne peut porter atteinte aux droits naturels d’autrui qui sont la Liberté, la Propriété, la Personne.

·         Il ne peut donc, légitimement, ni spolier quelqu’un au profit d’un autre, ni intervenir dans sa vie privée, en particulier dans l’économie.

Pour financer ces fonctions régaliennes, la moindre des choses serait que les politiciens demandent leur avis aux personnes à qui ils envisagent de faire payer une contribution, d’en préciser le but et les bénéficiaires. Personne ne peut faire payer un autre à sa place. Tout impôt, tout taux d’imposition, doit être voté et accepté par les individus qui le paieront. Et non pas voté par ceux qui en profiteront.

L’objection fréquente est que, dans ce cas là, personne ne voudra participer et que rien ne pourra se faire.

C’est oublier que, chaque jour, des millions de gens décident librement, au sein de secteurs importants, de dépenses groupées et paient leur quote-part. C’est le cas des copropriétaires qui votent les dépenses de copropriété immobilière. C’est le cas, en Suisse, où les habitants votent leurs impôts locaux et leurs affectations.

Oui, mais en Suisse, c’est une des plus belles démocraties, par contre pour les politiciens c’est la plus mauvaise, car elle réduit le magouillage pour gagner des votes.

Par conséquent, si l’objectif de l’impôt est suffisamment « d’intérêt général », les gens le voteront. Parce qu’ils seront convaincus de son utilité, ils accepteront d’y contribuer volontairement. Cela obligera les politiciens à être très rigoureux dans la gestion des biens communs !

Or, le seul rôle du politicien aujourd’hui, en France est de gérer et d’organiser la spoliation légale. À quel titre le fait-il ? Un titre électif. De quel droit le fait-il ? Aucun !

Il est possible d’y remédier. En vertu de son titre électif il assure le fonctionnement de l’État régalien pour lequel il doit obtenir l’assentiment des individus à leur contribution.

En vertu du droit « inviolable et sacré » de propriété, il doit respecter les droits individuels, et rendre la liberté économique au gens.

Malheureusement, je vous ne vous inviterez pas à postuler un emploi chez Agence Revenu Québec, c’est totalement du délire votre affaire, on vous enfermerait pour hérésie.


Foxconn et Espagne source d’un même problème

Deux problèmes différents, mais provienne de la même source, une mondialisation débridée qui profite à l’oligarchie.

Apple utilise les Chinois comme du bétail humain pour réduire au maximum les coûts de production et pour maximiser les profits.

Apple annonce des profits record

13,6 milliards de profits sur 46 milliards de dollars de ventes, marge : 36 %

Tandis, que les Espagnols, sont malheureusement 10 fois trop chers qu'un Chinois, ce qui est valable pour tous les pays industriels, donc, les compagnies de masse (beaucoup d'emplois) sont transférés dans les pays émergents, pour le reste de la population qui fait des études vous êtres encore cinq fois trop chers.

Donc, concurrence déloyale en considérant que l'aspect du coût du bétail humain, si nous voulons avoir une Économie mondiale équilibrée, on doit considérer le coût de la démocratie (ex. : filet social) et le coût associé à l'écologie, sans cela ce n'est que du simple dumping social.


Extrait de : Chez Foxconn, les salariés travaillent plus de 76 heures par semaine, L'Expansion.com,  30/03/2012

La Fair Labor Association a audité pendant un mois trois usines du sous traitant d'Apple en Chine. Elle dénonce des conditions de travail trop difficiles. Apple et Foxconn s'engagent à rectifier le tir.

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Des étudiants chinois simulent la mort des ouvriers de Foxconn, un fournisseur d'Apple

Chez Foxconn, l'un des principaux sous-traitants du fabricant informatique Apple basé en Chine, les employés ne comptent pas leurs heures. La Fair Labor Association (FLA) vient de passer 3.000 heures à inspecter trois usines de Foxconn. Elle a aussi interrogé 35.000 ouvriers. Les résultats de cette enquète sont accablants.

La FLA met au jour "des heures supplémentaires excessives et des problèmes de rémunération de ces heures supplémentaires, des risques en termes de santé et de sécurité, des manquements cruciaux de communication qui ont mené à un sentiment généralisé de conditions de travail peu sûres chez les ouvriers".

"L'enquête a notamment découvert qu'au cours des douze derniers mois, les trois usines où des problèmes ont été trouvés avaient dépassé à la fois les normes de 60 heures de travail hebdomadaires de la FLA (y compris les heures supplémentaires) et les limites légales hebdomadaires chinoises de 40 heures plus 36 heures supplémentaires maximum", détaille un communiqué.

"Pendant les périodes de pic de production, le nombre moyen d'heures travaillées dépasse les 60 heures par semaine. Il y a eu des périodes pendant lesquelles certains employés ont travaillé plus de sept jours d'affilée sans l'interruption requise de 24 heures", ajoute-t-il.

Que, pour un téléphone à 500 dollars, la main-d’œuvre lui coûte moins de 10 dollars.

Le salaire d’un employé junior de Shenzhen passe ainsi à 1800 yuans (290 dollars) par mois. Il y a trois ans, le montant était de 900 yuans.(1)

Apple s'est engagé auprès de l'association à "ramener les heures de travail aux limites légales tout en préservant leur rémunération, à améliorer les conditions sanitaires et de sécurité et à offrir aux ouvriers des possibilités réelles" de faire entendre leurs doléances, ajoute la FLA.

"Apple et son sous-traitant Foxconn ont accepté nos recommandations et nous allons surveiller les progrès et en faire état publiquement", a commenté Auret van Heerden, le directeur général de la FLA, cité dans le communiqué. Foxconn a notamment accepté de mettre ses usines en conformité totale avec les limites légales chinoises et les normes de la FLA sur les heures de travail d'ici juillet 2013", selon un plan proposé par l'association.

L'organisme va continuer à surveiller les conditions de travail dans ces usines pour "vérifier la mise en oeuvre" des promesses d'Apple. L'association avait été chargée à la mi-janvier par le groupe californien d'inspecter les usines de ses fournisseurs chinois et notamment celles de Foxconn, après avoir été accusé d'y laisser perdurer des conditions de travail déplorables. La FLA compte dans ses membres des universités, des organisations à but non lucratif et des entreprises.


Extrait de : Une marée humaine défile dans l'Espagne en grève, AFP, Le Monde.fr, 29.03.2012

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L'Espagne a vécu au ralenti, jeudi 29 mars, du fait d'une grève générale contre la réforme du travail et la politique d'austérité du gouvernement de droite, qui présente vendredi un budget 2012 marqué par de nouvelles coupes, sous l'œil inquiet de Bruxelles. La grève générale, à l'appel des grands syndicats,Comisiones Obreras (CO) et UGT, a été ponctuée de manifestations.

Portant de petites pancartes où étaient dessinés des ciseaux, symbole des réductions budgétaires, cent mille manifestants au moins ont parcouru les avenues du centre de Madrid. Les syndicats ont annoncé près de un million de personnes, le quotidien El Pais cent soixante-dix mille.

Dans le cortège, José Luis Rodriguez, commercial de 35 ans dans le secteur automobile, expliquait qu'il avait fait le choix de perdre une journée de salaire pour défendre ses droits, en faisant grève pour la première fois de sa vie.

"Cette journée va me coûter 60 euros, c'est peu en comparaison de ce qu'ils risquent de me prendre demain avec la réforme, ils peuvent me jeter à la rue", lançait-il. "Ils attaquent les droits des travailleurs, si nous ne sortons pas dans les rues, ils ne sauront pas que nous sommes contre la réforme."

L’industrie automobile chinoise a mis un pied dans la porte…

« Il est clair que les véhicules chinois, indiens ou d’autres pays émergents, seront dans les prochaines années monnaie courante sur les routes européennes », cette phrase n’est pas lancée à la légère, elle émane de celui que l’on pourrait qualifier d’examinateur en chef, Michiel Von Ratingen, le secrétaire général d’EuroN-CAP, organisme de référence incontournable pour commercialiser. (2)

VIOLENCES À BARCELONE

Les manifestants, évalués à huit cent mille par les syndicats, à dix fois moins par la police, défilaient aussi à Barcelone, la deuxième ville du pays, où des violences ont éclaté entre policiers et groupes de jeunes. "La police a dû intervenir et a utilisé des balles en caoutchouc" face à un "groupe assez important" qui a provoqué "des incidents violents", a déclaré un porte-parole du ministère de l'intérieur régional. Des images de la télévision catalane ont montré des groupes de jeunes brûlant des conteneurs à ordures et faisant face aux policiers antiémeutes, casqués. Ces derniers ont tiré plusieurs balles en caoutchouc, visant le sol.

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Les incidents de Barcelone ont été les plus violents, mais des heurts ont également éclaté dans d'autres villes, comme à Séville et à Madrid durant les premières heures de la grève. Au total, cent soixnte-seize personnes ont été interpellées, cinquante-huit policiers et quarante-six manifestants ou grévistes ont été blessés à travers le pays, selon le ministère de l'intérieur.

Partout ailleurs, la mobilisation était forte, avec cinquante mille personnes à La Corogne selon la police, vingt-cinq mille à Saint-Jacques de Compostelle, selon les syndicats, entre soixante-douze mille et quatre cent mille dans toute l'Andalousie, entre trente-cinq mille et deux ent cinquante mille à Valence, selon les estimations.

Agitant des drapeaux rouges et des pancartes avec les mots "Réforme du travail, non", les grévistes s'étaient installés tôt le matin aux portes des usines, des marchés de gros de Madrid et de Barcelone, des banques ou des stations de transports en commun, placardant des affichettes annonçant : "Fermé pour cause de grève". "J'espère que cette manifestation servira à quelque chose, que la réforme sera modifiée, aujourd'hui le licenciement est presque gratuit", s'indignait Maria José Velasco, une vendeuse au chômage de 38 ans.

Madrid turbulence

Les syndicats dénoncent cette réforme approuvée le 11 février par le gouvernement et destinée à combattre un chômage record, à 22,85 % des actifs. Pour eux, son seul effet sera d'aggraver le fléau, alors que le gouvernement lui-même prévoit la destruction de six cent trente mille emplois en 2012 et un chômage à 24,3 % en fin d'année. "C'est la juste réponse à une réforme brutale de notre marché du travail", a expliqué Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général des CO.

Cette grève générale est la sixième depuis le rétablissement des libertés syndicales, en 1977. La précédente remonte au 29 septembre 2010, sous le gouvernement socialiste.

ÉLÈVE TURBULENT DE LA ZONE EURO

L'impact de la grève semblait avoir été limité par l'accord de service minimum conclu entre syndicats et pouvoirs publics, sans compter le souci de nombreux Espagnols de ne pas perdre une journée de salaire dans un contexte de rigueur. A Madrid, 30 % en moyenne des métros et des bus devaient circuler. Dans le reste du pays, 30 % des trains régionaux étaient prévus, de même que 20 % des trains nationaux.

Les compagnies aériennes Iberia, Air Nostrum  et Vueling ont, elles, annulé en moyenne 60 % de leurs vols. Outre les services  publics, les industries métallurgiques et automobiles semblaient les plus touchées par les arrêts de travail. Des lieux touristiques, comme l'Alhambra de Grenade  ou le Musée Picasso de Barcelone , sont restés fermés.

Cent jours après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Mariano Rajoy, les nuages s'amoncellent sur l'Espagne , qui fait désormais figure d'élève turbulent de la zone euro : retour à la récession, exaspération sociale grandissante, dérapage budgétaire à hauts risques et chômage galopant.

La grève arrive ainsi au pire moment : sous l'œil de ses partenaires européens, inquiets de l'état des finances publiques du pays, le Conseil des ministres doit présenter vendredi le budget 2012, marqué par des coupes sévères. L'objectif de ce budget, qualifié d'"austère" par Mariano Rajoy lui-même, est de réduire à 5,3 % du PIB en fin d'année le déficit public, après un dérapage jusqu'à 8,51 % en 2011, au prix de lourds sacrifices sociaux.

Tout les pays n’ayant pas assez de compétitivité, sortez de l’euro, cette situation ne favorise que l’oligarchie financière, la mondialisation débridée et les industriels allemands.