Quand admettra-t-on que l’économie n’est pas une science exacte?

Le texte est intéressant, je vous l’ai maintes fois dit, utilisez l’opinion des économistes avec un très gros grain de sel, très subjective en fonction de leurs employeurs et leurs clients qu’ils desservent.

Exemple : Tous les économistes des banques canadiennes vous chantent en cœur qu’il n’y pas de bulle spéculative immobilière au Canada. Évidemment, il est tout à fait naturel qu’une maison ait doublé de prix en dix ans, même si votre salaire n’a eu qu’un gain de 30 %.

L’ensemble des économistes ne connaît rien en économie réelle et bien souvent quand ils fondent des constats, ils se limitent avec quelques variables.

L’économique réel est beaucoup trop complexe qu’une simple équation mathématique ou une simple idéologie (tel que la mondialisation débridée).

Ils sont souvent utilisés par les médias traditionnels pour sécuriser le peuple, qui foncièrement ne connaît rien sur la complexité de l’économie réelle, mais sait pertinemment que ça ne tourne pas rond.

On les achète pour calmer le jeu pour justifier la position des politiciens qui sont à la solde des groupes d’intérêts.

À part de quelques exceptions, l’ensemble des économistes ne sont que de purs charlatans universitaires.

Si un économiste est indépendant de fortune et ne reçoit aucune subvention d’État ou de lobby, c’est déjà un bon départ, mais ils sont rares.


Ce qui faisait dire à Clinton, non sans humour, qu’il disposait certes des meilleurs économistes mondiaux, mais qu’aucun ne lui conseillait la même chose.

Son problème étant de savoir à qui faire confiance. Je n’y vois que de triviales concessions des économistes aux lois du plus fort, aux pouvoirs en place. Qui les paient les plus souvent.(1)


The great economist Paul Samuelson used to say, paraphrasing the physicist Max Planck, that:

“Economics progresses one funeral at a time.”


Liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts.

Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Ces liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts, ne sont pas secrètes. Mais leurs bénéficiaires se gardent bien d’en faire la publicité. Avant le cataclysme de 2008, chacun s’accommodait de l’équivoque : les journalistes exhibaient leurs experts censément neutres, lesquels empochaient les dividendes de leur ubiquité sous forme de notoriété accrue et d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais, depuis 2008, les accointances des économistes ne passent plus inaperçues. L’effet Dracula aura-t-il raison de cette forme intellectuelle de prévarication ? Suffira-t-il de la rendre publique pour la vaincre ? Tel est le pari de la prestigieuse Association américaine d’économie (American Economic Association, AEA).

Depuis le début de cette année, les articles publiés dans les revues scientifiques membres de l’association sont tenus de dévoiler les éventuels conflits d’intérêts impliquant les auteurs. (2)

Excellent article du Devoir, sur le sujet:


Extrait de : Quel pouvoir pour les apprentis sorciers de la finance?, Éric Desrosiers, Le Devoir, 12 janvier 2013

Les pays et leurs gouvernements sont-ils les jouets d’apprentis sorciers de haut vol qui font semblant de tout savoir sur la conduite de l’économie, ou est-ce le contraire ? Est-ce qu’un peu tout le monde est à la fois coupable et victime ?

Il y avait de la fébrilité dans l’air, à la réunion annuelle de l’Association américaine d’économie qui s’est tenue à San Diego la fin de semaine dernière. « Ces réunions sont habituellement très académiques et n’ont aucun écho dans le grand public, raconte l’économiste québécois Marc Van Audenrode, qui était sur place. Mais cette fois-ci, on savait qu’une petite bombe politique venait d’être lâchée. »

La bombe en question a pris la forme d’une présentation de l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, où il reconnaissait que les experts avaient systématiquement sous-estimé l’impact économique des politiques d’austérité prescrites aux pays aux prises avec une crise de leur dette souveraine. Attribuée à la plupart des prévisionnistes, notamment ceux des institutions économiques internationales les plus influentes, comme la Commission européenne, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le FMI, l’erreur d’appréciation serait venue du fait qu’on aurait appliqué aux pays en crise un modèle théorique prévu pour une situation plus normale. Le résultat est que les dommages économiques à court terme infligés par les compressions de dépenses et les hausses de revenus des gouvernements ont été, durant les jours les plus sombres de la crise, deux, sinon trois fois plus sévères qu’on l’avait prévu.

Pas une science exacte

Ce n’est pas la première fois qu’on accuse les économistes d’en savoir moins qu’ils ne le prétendent et de guider ainsi les gouvernements vers de mauvaises voies. L’incapacité des économistes à prédire la dernière grande crise mondiale est un récent exemple souvent cité. Un expert de l’Université de la Colombie-Britannique affirmait, le mois dernier, que le fameux retard de productivité que le Canada accuserait sur les autres pays développés serait surtout dû à une erreur de mesure qui risque de coûter cher si les gouvernements s’y fient trop.

« Quand admettra-t-on que l’économie n’est pas une science exacte ? Qu’on y jongle avec beaucoup trop de variables pour tenir ses conclusions pour des certitudes et que, par conséquent, les gouvernements devraient toujours faire preuve d’autant de pragmatisme et de prudence que possible », dit Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec et maintenant professeur d’économie internationale, entre autres à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal et à l’École polytechnique de Montréal. « Moi, comme ministre des Finances, je demandais des contre-expertises lorsque je n’étais pas sûr des opinions qu’on me présentait. »

Remarque, il n’a pas pu s’empêcher de faire de l’économie par endettement, le PQ était expert à baisser le taux chômage en employant plus de fonctionnaires, on se retrouve donc avec un État obèse avec des retraites insolvables, ce qu’on ne fait pas pour rester au pouvoir ?

Entrevue avec l'ancien secrétaire du Conseil du trésor Denis Bédard, qui démontre une totale irresponsabilité de nos politiciens.

L'«envers du décor». Dans une conférence à Innsbruck en 2007, il note qu'au final, «l'État est sorti éclopé de cette aventure». On a étiré au maximum tous les «élastiques» disponibles, illustre-t-il:

- Augmentation des impôts «jusqu'à ce que les contribuables québécois soient parmi les plus taxés au Canada».

- Augmentation des emprunts jusqu'à ce que le Québec soit la province la plus endettée, après Terre-Neuve (36,1 % du PIB, par rapport au Québec, 34,3 %).

Denis Bédard se souvient des années d'expansion phénoménale du secteur public. À partir de 1974, la croissance des dépenses atteint un rythme de 20 % annuellement alors que le PIB croît seulement de 4,9 %, puis stagne pratiquement en 1975 à 0,9 %. «Au début des années quatre-vingt, c'était catastrophique: la rémunération globale des employés du secteur public était beaucoup plus élevée que celle du secteur privé, les contribuables étaient surtaxés et le Québec était surendetté.»

Élastiques étirés au maximum

En 1991, dans une conférence, Denis Bédard s'interrogeait: vivons-nous une «impasse budgétaire» ou une «impasse de l'État»?

 «Lorsque tous les élastiques disponibles ont été étirés au maximum, on peut dire qu'on est rendu à l'impasse de l'État.» (4)

Marc Van Audenrode ne croit pas, de son côté, à cette histoire d’erreur méthodologique du FMI. La majorité des économistes sérieux avaient, selon lui, les bons chiffres depuis longtemps. « C’est un problème politique, pas scientifique », dit le professeur à l’Université de Sherbrooke et associé directeur à la firme américaine de consultants en économie et en finance Analysis Group. « Il y a tout un courant de pensée qui attribue des vertus spéciales aux politiques d’austérité dans de telles circonstances et il y a, malheureusement, trop d’économistes qui sont prêts à faire l’impasse sur ce que la science nous enseigne pour dire aux politiciens ce qu’ils veulent entendre. » Il en veut pour exemple cette guerre que le gouvernement fédéral mène depuis des années contre les travailleurs qui abuseraient de l’assurance-emploi sans qu’on ait de preuve scientifique de ces abus.

Les hommes en complets bleus

Les gouvernements n’ont toutefois pas toujours le loisir d’imposer leur vision de l’économie ni même de pouvoir refuser celle des autres, rappelle l’économiste en chef du Mouvement Desjardins, François Dupuis. « Quand un gouvernement a affaire aux grandes institutions internationales comme le FMI, c’est que plus personne ne veut lui prêter de l’argent et qu’il n’est plus en position de décider grand-chose. » La situation dans laquelle se trouve actuellement le gouvernement grec ou portugais lui rappelle le cas de certains pays africains où il a travaillé au début des années 90. « Ils arrivaient en avion de Washington avec leurs complets bleus et leurs mallettes. Ils allaient directement dans le bureau du ministre des Finances et lui disaient : “ Ça, c’est le plan que vous allez suivre. ”»

Les marchés, et leurs agences de notation, ne font guère plus de cadeaux, souligne-t-il. « Ils réagissent et sanctionnent bien avant les autres. »

Mais Marc Van Audenrode rappelle, encore une fois, que ceux qui préfèrent se laisser guider par leur idéologie plutôt que par les faits ne sont pas toujours ceux que l’on dit. Il en veut pour preuve cette mise en garde que Moody’s et Fitch ont faite, l’hiver dernier, au gouvernement de Stephen Harper contre les dangers de vouloir aller trop vite avec ses mesures d’austérité en pleine période d’incertitude économique.

Mettre de l’ordre dans ses affaires

Les trois hommes se rejoignent sur l’importance primordiale, pour un État, de tendre vers des finances publiques saines, mais aussi sur la grande diversité des cas et des solutions possibles. « On sert sans cesse aux Européens l’exemple du retour à l’équilibre budgétaire du Canada dans les années 90 alors que les deux contextes sont très différents, observe François Dupuis. Même les cas de la Grèce et de l’Espagne sont très différents entre eux. Il faut se méfier des solutions uniques. »

Le Québec a aussi eu sa propre guerre contre les déficits durant la seconde moitié des années 90, avec son lot de compressions budgétaires difficiles. « L’austérité n’est jamais facile. Pour l’opinion publique, ce n’est jamais le bon temps, on voudrait toujours qu’on coupe moins, qu’on coupe ailleurs », dit Bernard Landry, qui était alors ministre des Finances du gouvernement de Lucien Bouchard et qui ne regrette rien. « On faisait alors 4 milliards de déficit par année. Imaginez ce que cela aurait été si on n’avait rien fait. »

« Sur le plan économique, j’ai eu la partie belle », estime-t-il rétrospectivement. Contrairement à aujourd’hui, le Québec commençait, à l’époque, une période de croissance économique ininterrompue sans précédent. « Mon successeur, qui doit, à son tour, faire le déficit 0, ne se trompe pas non plus, dit-il. Sauf que ça va être beaucoup plus difficile pour lui, forcément. »

Pertinent, ce qu’il dit, mais la croissance économique a été fortement influencé parce que notre monnaie était 30 % inférieur avec la devise américaine, même si nos coûts sociaux étaient plus élevés cette différence compensait, mais à parité, nous sommes plus compétitifs.

En fait, observe François Dupuis, si le Canada, comme la Nouvelle-Zélande ou la Suède, peut servir d’exemple aux autres pays, c’est pour avoir su mettre de l’ordre dans ses finances publiques lorsque le contexte économique s’y prêtait, c’est-à-dire en période de croissance.

« Disons les choses comme elles sont : les gouvernements des pays développés ont fait preuve d’une grande négligence durant la longue période de prospérité qui s’est étendue du milieu des années 90 à la crise. Leurs situations seraient beaucoup moins délicates aujourd’hui si on avait fait ce qu’il fallait. »

Règle d’or: Une contrainte constitutionnelle sur le déficit s'avère de facto nécessaire puisque les gouvernements sont incapables de bâtir un budget équilibré même en période de croissance économique, ce qui ouvre à de nombreuses conséquences : crises financière, pressions extérieures, plans de rigueur brutaux imposés par l'extérieur, crises politiques, violences.(3)

La voix du peuple

Marc Van Audenrode voit une autre raison pour laquelle tellement de gouvernements privilégient, aujourd’hui, l’austérité budgétaire au détriment de la faible croissance qui leur reste encore. « L’impact de ces mesures est plus concret, moins diffus que celui du ralentissement économique qu’elles infligent. Il est facile de voir si le déficit recule ou non alors qu’on peut avoir du mal à évaluer les dégâts causés par un chômage plus élevé chez toute une génération de jeunes pendant des années. »

En démocratie, c’est ultimement aux populations d’obliger leurs gouvernements à prendre les décisions économiques les plus éclairées possible, conclut Bernard Landry. « Les grandes catastrophes suscitent parfois de grandes prises de conscience. » Au-delà des erreurs ou des bons coups des économistes, il espère que la dernière crise amènera les gouvernements et les grandes institutions internationales « à agir de façon plus réfléchie et responsable », mais aussi les populations à réaliser que « le temps du populisme est fini ».

Il faudrait au moins que les médias traditionnels informes adéquatement la population pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairés, comme ceux-ci appartiennent aux oligarchies, ils utilisent la faiblesse démocratique pour avoir uen main mise sur le pouvoir politique.

« Les populations doivent se comporter de façon démocratique sérieuse, dit-il. L’exemple de la Grèce est extraordinaire. Le gouvernement faisait plaisir à tout le monde, mais qui souffre aujourd’hui ? Pas les riches armateurs grecs. Le peuple peut devenir son propre ennemi dans ce laxisme. Je crois que des leçons seront apprises. »

Que c’est facile, M. le peuple vous êtres maintenant responsables du problème, l’origine de notre problème provient de notre faiblesse démocratique.

Et les Sages Suisses le savaient très bien, ne jamais faire confiance à un politicien, il faut avoir un système démocratique ou le peuple en tout temps, peut intervenir quand les politiciens dérapent, idéalement, une démocratie directe avec une gouvernance sans partie.

Mais, quand voyez-vous dans nos médias traditionnels, un sérieux débat sur la gouvernance de notre démocratie ?

JAMAIS

Car c’est un sujet tabou, car trop de gens profitent de cette faiblesse démocratique pour s’approprier la richesse du peuple ou le crédit de leurs enfants.

Ils restent les blogues, mais nous avons un minimum d’influence, peut-être, peut-on germer de nouvelle idée dans l’esprit de nos jeunes et futurs politiciens, mais la problématique est actuelle, que faire ?