Allemagne, Chine même stratégie mercantilisme

Une excellente vidéo sur la réussite de l’Allemagne.

Que remarque-t-on, un lien étroit entre les syndicats, les politiciens et les entrepreneurs.

Les politiciens allemands savent très bien que la richesse d’un pays ce sont les entrepreneurs, sans eux, il n’y pas d’emplois, pas de revenus, pas de dépenses.

  • Contrairement au Québec, on s’est foutu depuis au moins 10 ans des conséquences politiques sur la viabilité économique de nos entreprises, seul mot d’ordre pour nos politiciens carriéristes québécois gagné des votes, on se retrouve donc le plus cancre de l’Amérique du Nord.
  • Des syndicats allemands conciliants, n’ont pas celle de la confrontation comme au Québec. La sécurité, la permanence et l’ancienneté est un privilège immuable au Québec acquis par coup de chantage syndical sur le dos du peuple, causant l’inefficacité et la non –imputabilité des individus.
  • Des entrepreneurs allemands sachant très bien que leurs forces ce sont leurs employés n’ont pas seulement le rendement ou les dividendes pour satisfaire les actionnaires, de plus, dans le conseil d’administration les syndicats ont du pouvoir.

Extrait de : La face cachée du modèle allemand, Guillaume Duval , Alternative Économique, 13 février 2013

Que ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le "modèle allemand" ? On fait en particulier très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie. Or, explique Guillaume Duval sur XerfiCanal, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande.


La face cachée de l’Allemagne, le mercantilisme.

En refusant de laisser aller les pays du sud de l’Euro en difficulté, sachant très bien qu’ils ne pourront jamais compétitionner contre les produits allemands, on les assigne dans la pauvreté perpétuelle.

Extrait de : Et si l’Allemagne était le problème?, Institut des libertés, Charles Gaves, 19 Février 2013

Mon raisonnement depuis un moment fait remarquer que notre voisin d’outre Rhin subventionne sa production, taxe sa consommation (hausse de la TVA) et refuse de déréglementer les secteurs de services ou il n’est pas concurrentiel. Le but  était de dégager des excédents extérieurs que les autorités allemandes, encore et toujours mercantilistes, ont toujours considéré comme le signe d’une bonne gestion, ce qui est une erreur intellectuelle gigantesque. La majorité peut avoir tort aussi, comme trop souvent l’histoire nous l’a prouvé ne serait-ce que pendant la dernière guerre. Une erreur reste une erreur, même si elle est partagée par 90 % de la population.

Le mercantilisme a toujours amené à des désastres économiques ou financiers et nous en avons encore une preuve aujourd’hui.

Nous sommes en effet en train d’arriver au point ou le monstre que l’Allemagne a réveillé va se retourner contre elle.

L’Allemagne a accumulé depuis 10 ans un surplus commercial d’environ 700 milliards d’euro avec ses partenaires de l’Euro.

Ce qui veut dire en termes simples que l’Allemagne a vendu pour 700 milliards de plus qu’elle n’a acheté et qu’en contrepartie, elle a reçu plein de jolis bouts de papiers émis par des Grecs, des Italiens ou des Espagnols reconnaissant qu’ils doivent de l’argent aux allemands pour la Mercedes dans laquelle ils roulent.

Eh oui, si vous avez un excédent des comptes courants, vous avez un déficit de la balance des capitaux, c’est-à-dire que vous prêtez de l’argent à ceux qui achètent vos produits. Et si vous êtes dans une monnaie unique, vous ne pouvez pas demander aux Irlandais de vous filer une partie de leurs réserves de change pour solder vos dépenses. Le règlement des différences de balance commerciale se fait par l’Allemagne acceptant de la dette émise par des Irlandais. Pas d’autre solution. Sauf pour les Allemands a bâtir des usines en Espagne, ce qu’ils n’ont pas fait puisque c’était moins cher chez eux.

Et tous ces bouts de papier sont domiciliés dans les coffres des banques allemandes. Par exemple, les banques allemandes auraient prêté 180 milliards d’euro aux banques irlandaises en achetant leurs obligations ou en leur prêtant directement, ce qui correspond a prés de trois fois le PNB Irlandais.

Ce qui laisse à penser que les autorités de contrôle des banques allemandes, Bundesbank en tète, ont complètement failli à leur devoir de surveiller les banques allemandes.

Qui, en Allemagne, a été assez fou pour laisser les banques allemandes s’engager à ce point sans y mettre le holà ? Et en faire autant en Espagne, en Grèce, dans les subprimes Américain etc…

L’irresponsabilité des autorités financières de contrôle en Allemagne dépasse l’entendement.

Et maintenant, les Allemands, ces préteurs irresponsables, se retournent vers les Espagnols ou les Irlandais et leur disent qu’il est hors de question qu’ils ne soient pas remboursés, et que s’il faut, les populations locales doivent être réduites à la misère pour sauver ces banquiers incompétents s’il en fut, outre Rhin

Même pattern pour les Chinois

C’est exactement ce que la Chine a fait depuis au moins une bonne décennie par rapport aux Américains, elle a acheté leurs dettes pour qu’ils consomment.

Entre temps les compagnies américaines se délocalisaient :  production, savoir-faire et écosystèmes, de plus, durant le négociation initiale de la mondialisation, les multinationales se sont assurées que le renminbi n’était pas flottant, sécurisant ainsi leurs investissements privés.

Ce fut une belle connerie, valable pour l’investisseur étranger en Chine, mais destructeur pour les emplois des pays modernes, car elle donnait un avantage concurrentiel inestimable à la Chine.

« C'est une stratégie géniale, un pacte gagnant-gagnant: les multinationales engrangent les bénéfices, et la Chine les excédents commerciaux.

Aux dépens de l'industrie et des balances commerciales de l'Europe et des Etats-Unis, qui perdent des emplois et des capitaux.»

Les Américains n’ayant pas les mêmes contraintes que les pays de l’euro avec leur monnaie unique, constatent leurs erreurs, ils ont décidé depuis 3 ans d’imprimer de l’argent, gagnant ainsi sur deux fronts.

1.      Dévaluer leurs argents pour être plus concurrentiel.

2.      Tout en dévaluant implicitement, les 800 milliards de réserves américaines cumulées par les Chinois, la Chine voyant le stratagème, essaie actuellement de convertir le plus rapidement ces réserves américaines en bien tangible étrangères, tel que mines, port, transport.

3.      Effets pernicieux de cette impression d’argent, la Chine n’achète plus de dollars américains, la FED est d’obliger de racheter ces propres émissions d’obligations.

Donc, le mercantilisme n’est pas seulement lié à l’Allemagne, mais aussi à la Chine.

Si j’étais ministre des finances Irlandais ou Espagnol (ce que grâce au ciel je ne suis pas), je mettrais en avant les faits suivants.

·         Si je dois $ 1 million  à ma banque, j’ai un problème.

·         Si je luis dois $ 1 milliard, c’est elle qui a un problème.

Ce ne sont pas, ou pas seulement les Espagnols ou les Irlandais qui ont un problème : après tout, eux ils roulent en Mercedes.

Ce sont les banques et compagnies d’assurance allemandes 
qui sont bourrées des papiers émis par ces braves gens.

Et que l’on ne me dise pas que la bonne foi des banquiers allemands a été surprise : prêter trois fois le PNB pour aider les banques en Irlande à spéculer à du laisser de grasses commissions qui n’ont sans doute pas été perdue pour tout le monde, suivez mon regard.

Bref, avec sa politique mercantiliste imbécile, l’Allemagne a créé un problème financier monstrueux, dont, par un juste retour des choses, elle va être la victime, et c’est pour cela que le mercantilisme est une imbécillité.

Valable pour la mondialisation débridée,
 un jour le pendule revient toujours en position d’équilibre.

Je dirai donc simplement à Madame Merkel (même et surtout parce qu’elle ne demande rien):

  »Vous êtes à l’origine du problème, les banques qui sauteront en premier ce sont les vôtres, il serait urgent que vous trouviez une solution comme de continuer à financer le reste de l’Europe et à déréglementer à toute allure les secteurs ou vous n’étes pas concurrentiels pour nous permettre de vous vendre quelque chose. Etre créditeur, ne vous donne aucun droit spécial tant vous avez été nuls dans la distribution des crédits . »

En termes simples:

Abandonnez votre politique mercantiliste désastreuse, qui nous a mené là où nous en sommes. Ce n’est pas en appauvrissant les autres européens que les dettes que vous avez accumulées seront remboursées, bien au contraire.

Au lieu de cela,

·         coupez les impôts sur la consommation,

·         déréglementez,

·         cessez de pressurer les salaires,

·         ouvrez vos frontières et redevenez ce que l’Allemagne d’Adenauer et de Kohl  a toujours été, une force de croissance.

L’Europe ne se renforcera que si les économies, toutes les économies croissent.

Sinon, elle échouera, ce qui serait tragique.

Et l’Allemagne en portera la responsabilité. Encore