Enfin la Taxe Tobin !

Enfin, il était grand temps qu’on commence sérieusement à appliquer une taxe sur les produits dérivés et les échanges d’actions.

Évidemment, tous les politiciens qui couchent avec les financiers refusent une telle proposition particulièrement :

·         M. Harper (Bay Street),

·         David Cameroun du Royaume-Uni (Centre financier de Londres),

·         Pour Obama il est mitigé, car il ne sait plus sur quel pied dansé, celle de Wall Street ou celle du 99 %.


Extrait de : Tobin rapportera bien plus que prévu, Courrier international, Courrier international, 30 janvier 2013

La future taxe européenne sur les transactions financières, surnommée taxe Tobin, rapportera plus qu’initialement prévu, annonce le Financial Times dans son édition du 30 janvier. Le quotidien britannique a eu accès à la dernière version du projet de directive. Selon ses informations, le rendement de cet impôt sera compris entre 30 et 35 milliards d’euros par an, alors que l’on parlait plutôt de 10 à 20 milliards d'euros.

Onze pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Estonie, France, Grèce, Italie, Portugal, Slovaquie et Slovénie) se sont engagés à appliquer cette taxe, dont le taux serait de 0,1 % sur les échanges d'actions et d'obligations et de 0,01 % sur les produits dérivés.

Afin de limiter les risques de délocalisation des opérations, elle sera prélevée dès que l’une des parties sera basée dans l’un des pays qui l’ont adoptée, quel que soit le lieu où la transaction sera réalisée.

La Commission européenne doit affiner ses propositions d'ici au mois de mars. La taxe entrera en vigueur au plus tôt en 2014.


Extrait de: Wider euro ‘Tobin tax’ will net €35bn, By Alex Barker in Brussels, January 29, 2013

Brussels’ drive for a Europe-wide tax opened an irreconcilable rift between EU members, forcing a eurozone vanguard to forge a smaller transaction tax bloc covering two-thirds of EU economic output but excluding the City of London.

This long-awaited Brussels blueprint, to be published within weeks, is the basis for talks between the 11 states, who no longer need permission to implement the levy from opponents such as Britain or Sweden.

The draft, prepared by the EU tax commissioner Algirdas Semeta, casts a wider net than expected by adding anti-avoidance measures to the original plan for an EU-wide levy, so that financial business does not decamp to safe havens.

Under the plan, a levy of 0.1 per cent on stock and bond trades and 0.01 on derivatives is imposed on any transaction involving one financial institution with its headquarters in the tax area, or trading on behalf of a client based in the tax area.

Such a levy is dubbed a Tobin tax after economist James Tobin, who mooted a global tax on currency trades in the 1970s.

In a bid to clampdown on avoidance, as “a last resort” the Commission proposes the tax should also apply to transactions based on where the financial product was issued, even if the parties trading it are in Asia, the US or Britain.

This would cover shares, depository receipts, bonds, money market instruments, structured products and exchange-traded derivatives “with a clear connection to a participating member state”.

This requirement will mean “it will be less advantageous to relocate activities and establishments outside the FTT jurisdictions” since the financial instruments “will be taxable anyway”.

While the proposal calls for the levy to be in place by January 2014, officials say the talks could take much longer and will partly depend on Berlin’s appetite for a quick deal.

The €30bn-€35bn generated is bigger than expected. The broad scope of the draft tax will come as a surprise to some member states and is still likely to trigger a lively debate, even within the Commission, according to senior European officials.

Extra exemptions are also included in the design of the tax, in part to soften the impact on pension funds and core economic activity. Tax is not liable on overnight repurchase agreements, the issuance of shares and units in retail funds known as Ucits and the exchanges of stock in mergers.

The proposal will absolve eurozone states or central banks from paying the tax when intervening in secondary sovereign bond markets, even though investors trading bonds would be liable. Spot currency transactions are also exempt.

To win political consensus for the deal, further carve-outs are likely. Those countries that have expressed interest in a transaction tax include Belgium, Germany, Estonia, Greece, Spain, France, Italy, Austria, Portugal, Slovenia and Slovakia.

An impact assessment for the EU-wide levy suggested it would hit long-term growth and cost jobs. An updated analysis is not being prepared for the eurozone-only tax.

If this design of the tax is adopted, it would mean offshoots of banks headquartered in the tax area – such as Deutsche Bank or BNP Paribas – as well as any trades undertaken on behalf of clients based in the 11 countries will be hit by the levy, even if they are trading in the City of London.

Any US or Asian institutions trading securities issued in France, Germany, Italy or Spain would also be taxed.


Extrait de : Une taxe financière rapporterait au moins 1 G$, Michel Munger, Argent, 18 février 2013  

L'imposition d'une taxe sur les transactions financières fait son chemin en Europe. L'idée ne fait pas l'unanimité, même ici, malgré le fait qu'elle pourrait rapporter plus de 1 G$ par année.

L'imposition d'une taxe sur les transactions financières fait son chemin en Europe. L'idée ne fait pas l'unanimité, même ici, malgré le fait qu'elle pourrait rapporter plus de 1 G$ par année.

La Bourse de New York a déjà menacé de déménager en raison d'une taxe financière qui existait jusqu'en 1981.

Le projet de l'Union européenne a été présenté la semaine dernière, après la conclusion d'un accord en janvier. Les transactions sur actions et obligations seraient taxées à 0,1%, contre 0,01% pour les contrats dérivés. La France s'est dotée d'une taxe de 0,2% en août dernier. D'autres pourraient suivre dès l'an prochain.

Si le gouvernement fédéral avait imposé une taxe de 0,1% l'an dernier, il aurait prélevé 1,22 G$ sur les 1217 G$ de transactions réalisées à la Bourse de Toronto et au TSX croissance.

Il est l'heure d'aller de l'avant, estime Yves Michaud, fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC).

«Ça n'ébranlerait pas les colonnes du temple, raconte-t-il. Le fruit de cette taxe, s'il est bien géré, peut moraliser le système. Ça pourrait être destiné à la formation des citoyens à la connaissance du fonctionnement des marchés.»

La taxe ne mettrait toutefois pas fin à la spéculation sur le marché, avance-t-il. «Les parieurs de l'économie mondiale vont continuer [leur travail]. Il faut simplement séparer les activités des banques. Elles sont faites pour gérer les avoirs de leurs dépositaires, au lieu d'effectuer de la spéculation de haute voltige.»

Les apôtres d'une taxe se trompent, rétorque Anna Pomeranets, économiste au département des marchés financiers à la Banque du Canada. La mesure aurait des effets secondaires, dont un recul des transactions et l'injection d'une nouvelle dose de volatilité sur le marché.

Dans une note datant de l'automne, Mme Pomeranets écrit que plusieurs pays se sont cassé les dents par le passé. Par exemple, la Suède taxait les actions à 2% en 1986. «Soixante pour cent des échanges concernant les onze actions suédoises les plus activement négociées se sont déplacés à la Bourse de Londres».

«À mesure que le volume d'activité sur la Bourse suédoise diminuait, ajoute l'économiste, il en allait de même des revenus tirés de l'impôt sur les gains en capital, ce qui a complètement annulé les recettes provenant de la taxe en 1988.»

Anna Pomeranets indique aussi que l'État de New York a abandonné en 1981 une taxe financière… parce que le New York Stock Exchange menaçait de déménager.

Par contre, il a juste oublié de dire que ce sont onze pays qui emboîtent le pas, et elle appliqué aussi tôt que la transaction est émise dans un pays signataire, peu importe son origine…, oups !

Pour sa part, l'Association des banquiers canadiens a déjà pris position contre une taxe.

Selon cet organisme, il s'agit d'une mauvaise politique, surtout lorsque l'économie est fragile.

Quelle hypocrisie, économie fragile, mon œil, pour les PME peut-être !

Mais certainement pas, pour les banques canadiennes, ils ont justes fait 30 milliards de profit cette année, et nous le peuple on a juste fait 26 milliards de déficits au fédéral.

Si c’était moi, qui serais premier ministre, vous auriez bien plus qu’une simple taxe Tobin, que diriez-vous d’une taxe bancaire de 60 % ?

Puisque vous jouissez d’un oligopole unique au monde, vous auriez la chance d’avoir une taxe unique au monde.

Si vous n’êtres pas d’accord, aucun problème, mais finis votre oligopole.


“Demain, comme hier, les épargnants seront les garants des dérapages bancaires à venir.

Sur les 4.000 milliards de dollars des mouvements financiers internationaux quotidiens, 5% seulement alimentent le financement de l’économie réelle, les 3.800 milliards restant sont liés à des opérations spéculatives.” (1)


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    # by Québec de Droite - 25 février 2013 à 10 h 32

    Pour celui, qui avait écrit un commentaire et que j'ai effacé par mégarde.

    « Es-tu sérieux une taxe ? »

    La taxe vise à dégonfler la spéculation financière sur les devises en décourageant les transactions les plus spéculatives.
    Celles-ci consistent majoritairement en des paris répétés très souvent portant sur de très petites variations des taux de change (ou des valeurs des actifs financiers), engageant des montants gigantesques.

    On estime couramment qu'une taxe de 0,1 % sur l'ensemble des transactions financières réduirait très fortement – de 50 à 80% – le volume de ces transactions, contribuant à stabiliser les marchés financiers.
    Malgré cette forte réduction des transactions, celles-ci resteraient suffisamment nombreuses pour que la taxe rapporte plusieurs centaines de milliards de dollars à l'échelle mondiale.
    Cette taxe sert surtout à éliminer le ‘fast trading’, on utilise des ordinateurs qui font des millions de transactions par seconde, pour faire de la simple spéculation et qui ne rapporte rien à l'économie réel.

    Donc, tous ceux qui ont les moyens d’avoir de tels outils, tel que les : Goldman Sachs et Cie et nos banques canadiennes ne sont pas en reste.

    Pour avoir une idée de grandeur de cette spéculation NÉFASTE en 2010 :
    • Les ordres automatiques ont représenté 56% du volume des transactions sur les marchés américains en 2010.

    • En Europe, ce chiffre dépasserait désormais les 40%.

    • En août dernier, pour atteindre 75% de toutes les transactions aux États-Unis.

    • Conduit les opérateurs à surinvestir dans des stratégies centrées sur l’attitude des autres acheteurs et vendeurs plutôt que sur la valeur fondamentale des actifs.

    • Ce phénomène accroît le coût global des transactions et détériore la liquidité du marché.
    • Les devises sont elles aussi de plus en plus souvent échangées à haute vitesse, estiment qu’un quart des transactions au comptant est passé par les traders à haute fréquence (HFT).

    • 97 % de ces transactions interbancaires correspondent à de la spéculation sur les micro-évolutions de cours entre les différentes monnaies.