Université : Iniquité salariale flagrante entre les jeunes et les vieux

Excellent article de Youri Cormier, finissant en doctorat expliquant que notre système d’éducation est totalement inéquitable entre les jeunes et les vieux.

Parce que les vieux se graissent et les jeunes n’ont que des miettes.

Évidemment, ce sont les vieux tel que les Elgraby et les Facals qui tapent sur les jeunes dans la rue en les traitants d’irresponsables, que diriez-vous de partager avec vos jeunes confrères certains privilèges financiers que vous acquis par copinage syndical et politique.

Évidemment, il ne faut pas toucher à leurs futures grosses retraites dorées, leurs multitudes jours de vacances, leurs bénéfices marginaux, leurs années sabbatiques et leurs salaires 3 fois supérieurs à la moyenne médiane du simple québécois.

Il ne faut pas oublier, leur sécurité d’emploi et leur permanence qui permet d’être imputable de rien sur la qualité de l’enseignement, tel que les professeurs d’économies qui enseignent des théories économiques totalement dépassées.

En fait, c’est toujours la même histoire, les vieux refusent de ne perdre aucun privilège, pour les jeunes on s’en fout.

Connaissez l’histoire de la clause orphelin : notre cher, ancien ministre M. Bouchard (1999) étant obligé de réduire les dépenses d’États sous la pression des agences notations à accepter la clause orphelin par les syndicats, évidemment aucun courage devant cet injustice d’autant plus, un jeune ça ne vote pas !, typique d’un politicien carriériste.

Ce texte date de 1999, n’est-ce pas hallucinant, j’ai l’impression qu’il est écrit hier.


« Force Jeunesse déplore que les jeunes travailleurs qui arrivent sur le marché du travail fassent les frais des politiques de réduction de la masse salariale des entreprises. L’équation est simple: pour les patrons et les syndicats, il est beaucoup moins périlleux de sabrer dans le salaire de base de ceux qui ne sont pas encore embauchés, que de chercher à geler ou à diminuer les salaires des employés déjà en poste.

De leur côté, les syndicats approuvent ces inégalités de traitements (les clauses orphelin) parce qu’elles leur évitent d’avoir à couper dans les très alléchantes conditions salariales qui datent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître dont bénéficient les membres aînés. «Le problème des clauses orphelin, c’est la représentation directe du fossé qui existe entre le poids politique des baby-boomers et celui des nouveaux venus sur le marché du travail, croit Rebello. Pour une entreprise, c’est très facile d’ajouter des échelons au bas de l’échelle salariale et de refiler la facture à ceux qui seront embauchés dans l’avenir, parce que personne n’est là pour protester. On demande aux plus jeunes de supporter cent pour cent des compressions! C’est aberrant.»

Il arrive aussi que les jeunes travailleurs écopent parce qu’ils ne sont pas assez nombreux pour peser dans la balance. «C’est ce qui est arrivé aux enseignants: les compressions salariales demandées, qui étaient de trois cents dollars par tête de pipe, auraient facilement pu être absorbées par tout le monde. Mais le syndicat a préféré geler l’échelle salariale des profs dont le salaire était encore en progression (donc, des plus jeunes), ce qui représente mille cinq cents dollars par année par prof. C’est finalement 30 % des enseignants – ceux dont le salaire grimpait encore – qui ont donc payé la facture à eux seuls!». Réf : (1


Extrait de : Sommet sur l'éducation? Parlons du fossé.., Youri Cormier, Doctorant au King's College de Londres, Huff Post Québec, 28/01/2013

Afin de célébrer la soumission de ma thèse de doctorat, j'ai invité ma gang à boire du champagne dans mon flat un peu crasseux, que je partageais avec quatre colocataires au centre-ville de Londres. Soyons honnêtes. Ce n'était pas vraiment du champagne, mais un vin mousseux cheap qui goûtait précisément ce qu'il valait. Il faut quand même être économe. C'est bien beau d'étudier au pays de Shakespeare afin de rapatrier une expertise particulière, mais je prends des allures d'un Marchand de Venise: certains s'achèteraient une maison avec le genre d'hypothèque que j'ai sur mon éducation.

De retour au Québec, où j'espère trouver un poste universitaire, je me dis: tant mieux, ça bouge ces temps-ci. Printemps érable. Sommet de l'éducation. Je dois être à la bonne place. Je me suis vite détrompé! À voir le peu de disponibilités et les salaires offerts, j'en arrive à l'impasse : au Québec, même si je réussis à dénicher un de ces rares postes, il me sera quasiment impossible de rembourser ma dette. Pendant ce temps, à l'étranger, non seulement les postes sont plus nombreux, mais ils sont rémunérés à un niveau proportionnel à l'investissement que représente mon diplôme. Sitôt arrivé à la maison, me voilà déjà décidé à repartir.

Certains blâment le sous-financement des universités pour expliquer la publication au compte-goutte des offres d'emplois, se disant que toute augmentation de l'investissement mènerait à une offre proportionnelle de postes bien rémunérés.

Mais la culture interne de ces établissements ne fonctionne pas ainsi.

Plus d'argent investi ne m'aidera pas si je me heurte à une iniquité salariale croissante entre le personnel-cadre et le personnel enseignant, et entre les jeunes que l'on qualifie de «chargés de cours» et les «professeurs titulaires» plus âgés qui ont pourtant des diplômes et des connaissances identiques (ou parfois même vétustes).

Si on leur signe un chèque, à qui ira la cagnotte, à qui les pinottes? Allons voir.

·         Un professeur à temps plein au Canada gagne en moyenne 87 500$, mais cela ne représente que 53% du personnel enseignant.

·         Le 47% restant, qui regroupe les temps partiels et les chargés de cours, ne gagne en moyenne que 40 000$, malgré leurs 22 années (ou plus) d'éducation.

En enseignement secondaire et primaire, ce genre de système à deux vitesses ne serait jamais toléré. Mais à l'université, on a coupé de 10% le nombre de professeurs depuis dix ans, tout en augmentant le nombre de chargés de cours de 30%. Et comme aucun professeur n'a pu être démis de ses fonctions, cela fut accompli en offrant moins de promotions aux jeunes. Si je restais ici, j'aurais donc de bien meilleures chances de tomber dans la catégorie des 47% exploités que celle des 53% bien nantis, et ce, pour longtemps...

«T'aurais dû juste choisir un domaine plus payant, si tu voulais faire de l'argent», me dit-on. Ce à quoi je réponds : « Je préfère choisir le domaine que j'aime et ensuite un pays plus accueillant. » Partout ailleurs, le doctorat est mieux valorisé qu'ici. Alors qu'aux États-Unis, 42% des docteurs travaillent dans le secteur privé, au Canada, on ne les retrouve quasiment qu'à l'université qui embauche 87% des titulaires d'un doctorat. De plus, au Canada, le docteur gagne en moyenne 8% que ceux possédant une maîtrise, mais aux États-Unis, la prime est de 43%.

Les docteurs canadiens souffrent aussi d'un taux de chômage 50% plus élevé que celui des maîtres, et ils se situent à plus du triple de celui des docteurs américains. Ce déséquilibre n'est pourtant pas le résultat d'une surproduction de diplômés du troisième cycle. Au contraire, en termes de production par habitant, le Canada se situe au 23e rang sur les 34 pays de l'OCDE, parmi les cancres de la classe. Au Portugal, en plus de produire le plus grand nombre de doctorants de l'OCDE, c'est aussi là qu'on retrouve leur plus faible taux de chômage!

Oui, je me suis mis à regarder ailleurs. Non seulement retrouve-t-on près de dix fois plus d'ouvertures sur les sites web universitaires étrangers que ceux du Canada, mais, de plus, même les postes juniors en Angleterre sont payés entre 52 000 et 71 000$. En Australie, un chargé de cours à temps plein gagne entre 87 000 et 100 000$ dans mon domaine. Et pour ce qui est d'une carrière à plus long terme, on y ouvre aussi des postes de professeur régulièrement, plutôt que de les sabrer année après année.

Le marché est rendu mondial et compétitif, mais le Canada et le Québec ne jouent pas dans la même catégorie. Nous formons une ligue de repêchage pour le reste de la planète.