Crise de l’endettement : hiérarchisez les perdants

Le cas de Chypre est très intéressant, il est probable quand un pays va faire défaut de paiement, le peuple devra assumer une partie de la perte, exemple :

1.         Saisir une portion des dépôts bancaires.

2.         Saisir une portion des REER.

3.         Saisir une partie des fonds de retraite de la Caisse de Dépôt

4.         Imposer une taxe sur le patrimoine.

5.         Imposer une surtaxe sur les retraites.

6.         Tous les avenues sont possibles … à vous de choisir.

Peu  importe la méthode, le peuple devra renflouer une partie de l’irresponsabilité de nos 20 à 30 dernières années d’avoir trop emprunté.

Voici, certains articles que j’ai retenus sur le cas de Chypre et le comportement désinvolte du monde financier.


Extrait de : Crise de l’endettement : hiérarchisez les perdants, Par Bertrantd Jacquillat, le nouvel Économiste.fr, 11/04/2013

Dans la crise d’endettement que nous vivons, la sortie de crise ne peut se faire que de quatre manières…

Comme le soulignaient dès 2009 Reinhart et Rogoff dans leur monumental ouvrage qui a émergé comme le livre culte de la crise financière This Time is Different, Eight Centuries of Financial Folly, les crises sont toujours des crises de la dette, et d’abord et avant tout des dettes publiques.

Dans la crise d’endettement que nous vivons, la sortie de crise ne peut se faire que de quatre manières.

1.      D’abord par une réduction de la dette sous quelque forme que ce soit : défaut du pays (Islande),

2.      abandon volontaire des créanciers (Grèce),

3.      réduction des intérêts, rééchelonnement de la dette,

4.      taxation des dépôts (Chypre).

Ensuite :

a.      Par l’austérité, ce qui inclut les efforts budgétaires, la réduction des dépenses publiques, le redressement des comptes sociaux.

b.      Aussi, par l’inflation et le soulagement qu’elle procure aux débiteurs.

c.       Enfin par un choc exogène, qu’il s’agisse d’une découverte (gaz de schiste aux Etats-Unis) ou d’une guerre.

Les Etats-Unis tentent une voie qui est une combinaison de relance monétaire non conventionnelle massive, avec l’arme de la dévaluation rampante et le choc technologique que constitue l’exploitation du gaz de schiste pour réaffirmer leur compétitivité industrielle.

Les Européens utilisent un mélange des solutions de réduction de la dette, explicite pour les pays en défaut, plus progressive pour ce qui est du deleveraging des banques, et de mesures d’austérité avec des ajustements structurels réalisés sous la contrainte comme en Espagne, en Italie, voire en France, et par à-coups.

Mais, quoi que l’on veuille, une première chose est certaine : il n’y a pas de salut hors ces quatre voies, et de facto, toute sortie exige un peu des quatre.

Et comme la dernière est exogène, la stratégie des pays de l’Union européenne est de choisir quelle combinaison des trois autres solutions elles souhaitent.

Comme cette crise des dettes souveraines est fortement arrimée à une crise de l’endettement bancaire, une deuxième chose est certaine, c’est celui du retour en grâce au niveau des autorités de l’Union européenne, du principe consistant à hiérarchiser la contribution des perdants dans le deleveraging des banques : les actionnaires doivent être exposés en première ligne parce qu’ils acceptent de prendre plus de risques que les porteurs d’obligations, qui s’exposent eux-mêmes moins que les déposants, avant de faire appel en dernier ressort aux contribuables, comme cela fut prioritairement le cas depuis le début de la crise, pour éviter le risque systémique.


This Time Is Different: Eight Centuries of Financial Folly

This Time Is Different Eight Centuries of Financial FollyThroughout history, rich and poor countries alike have been lending, borrowing, crashing--and recovering--their way through an extraordinary range of financial crises.

Each time, the experts have chimed, "this time is different"--claiming that the old rules of valuation no longer apply and that the new situation bears little similarity to past disasters.

With this breakthrough study, leading economists Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff definitively prove them wrong. Covering sixty-six countries across five continents, This Time Is Different presents a comprehensive look at the varieties of financial crises, and guides us through eight astonishing centuries of government defaults, banking panics, and inflationary spikes--from medieval currency debasements to today's subprime catastrophe.

Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff, leading economists whose work has been influential in the policy debate concerning the current financial crisis, provocatively argue that financial combustions are universal rites of passage for emerging and established market nations.

The authors draw important lessons from history to show us how much--
or how little--we have learned.