Des inquiétudes supplémentaires, si l’on se projette dans le futur

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le constat que l’on souligne découle d’une observation du système de retraite tel qu’il est aujourd’hui. Les inquiétudes formulées par le comité d’experts prennent une ampleur supplémentaire, lorsque l’on se projette vers le futur avec un horizon de 30 à 40 ans.

Plusieurs facteurs se conjuguent, faisant en sorte que la situation ne pourra que se dégrader dans l’avenir, sans modification majeure apportée au système.

·         Les régimes à prestations déterminées sont fragilisés, et leur promesse est fondée sur des rendements incertains.


Elle n’est pas fondée sur un rendement incertain,
elle est fondé sur une
arnaque.

Imaginez une caisse de retraite qui vous propose de payer votre retraite sans risque le double, le triple, de ce que vous avez cotisé (du fait de l’allongement de l’âge de la retraite et de l’augmentation du niveau de vie) mais qui, pour se faire, se contente de virer sur votre compte les cotisations des actifs
(les futurs retraités).

Ce système, bien évidemment insoutenable dans le temps compte tenu de la pyramide des âges, a pour nom « cavalerie financière », « boule de neige » ou encore « arnaque de Ponzi ». Il est viable tant que le nombre de nouveaux actifs connaît une croissance forte.

Il s’écroule et fait faillite lorsque le nombre de nouveaux actifs dans le système (le marché du travail) baisse et le nombre de retraités réclamants leur retraite augmente. La promesse de rémunération des retraites n’est qu’une fausse promesse. Un faux droit.

C’est ainsi que notre système de retraite:

 n’est qu’une gigantesque arnaque de Ponzi ! ou de Madoff !

  

On ne peut garantir une prestation,
si le rendement n’est pas garanti.


·         La protection assurée par le régime fédéral de base se réduira graduellement, en raison des modalités d’indexation retenues.

Typique du fédéral, il camoufle ces déficits structurels sur le dos des provinces, la santé en est un bel exemple.

Les pressions démographiques ajoutent à cette nécessité d’épargner davantage pour la retraite.

·         L’espérance de vie s’accroît régulièrement. Entre 1971 et 2011, l’espérance de vie à 65 ans au Québec a augmenté d’un peu plus de cinq ans chez les femmes et de près de six ans chez les hommes. Simultanément, la durée de vie au travail se réduit, l’entrée dans la vie active ayant lieu plus tard et les travailleurs prenant leur retraite plus tôt.

·         Depuis 1970, la durée de vie au travail des hommes a ainsi diminué de huit ans.

·         Les travailleurs travaillent moins longtemps, pour financer une retraite plus longue : au Québec, entre 1970 et 2009, la part de la période de vie au travail dans la vie totale est passée d’environ 60 % à 45 %.

Évolution de la durée de la vie active au travail d’un individu entre 1970 et 2009

Évidemment, le secteur public prend sa retraite plus tôt

«En effet, travailler dans le secteur public peut mener à une prise de retraite plus hâtive, grâce, notamment, à la présence d’un régime de retraite qui comporte de meilleures caractéristiques (CIRANO, 2010; Kieran, 2001; ISQ, 2010).

On constate ainsi que 60 % des nouveaux retraités québécois âgés de 50 ans et plus du secteur public ont pris leur retraite alors qu’ils avaient moins de 60 ans en 2008 et 2009, comparativement à seulement 32 % dans le secteur privé (incluant les travailleurs autonomes). (1)