Différentes réactions sur le rapport d’Amours

Extrait de : Rapport D'Amours : le maire Labeaume réclame des outils pour appliquer les recommandations

Labeaume réclame des outils

Cependant, ajoute-t-il, ce rapport ne donne pas d'outils légaux aux villes pour changer les règles. Le maire explique que les négociations avec les syndicats achopperont si le gouvernement ne donne pas plus de pouvoir aux villes pour rétablir un certain rapport de force.

Régis Labeaume ne croit pas que les syndicats accepteront de négocier de bonne foi. « Pourquoi un syndicat ferait ça? Parce que là, ça impose des changements fondamentaux et ça veut dire qu'il y a plein d'affaires qui existent maintenant qui ne peuvent plus exister dans les conventions. C'est clair. »

Selon lui, les villes aux prises avec le problème du déficit des caisses de retraite sont toujours dans un cul-de-sac.

« C'est la prochaine génération qui va frapper le mur. »

Il a tout à fait raison, nous avons au Québec et dans l’ensemble de l’Amérique du Nord des syndicats de confrontation, ils ont acquis leurs avantages à coup de chantage sur le dos du peuple.

Pourquoi pensez-vous qu’un chauffeur d’autobus à Montréal gagne autant qu’un ingénieur ?

Parce que, quand il n’était pas content, il arrêtait le transport en commun, en cumulant plus de 30 ans de chantage syndical, on se retrouve avec des aberrations, des retraites dorées qui frisent plus d’un million, des bénéfices marginaux plus de 50 %, et un salaire hors proportions pour leurs types de qualifications, et ce n’est pas unique au Québec, en Ontario c’est le même foutu problème (futur carnet).

Par contre, aux États-Unis pour forcer la négociation avec les syndicats, on leur dit, si vous ne voulez pas négocier réellement, on autorise la ville à faire faillite.

Étrange !, il commence à négocier sérieusement.

Évidemment, le PQ n’accordera jamais ce privilège aux villes, car il couche avec les syndicats.

Après on se demande pourquoi les jeunes contestent l’ordre établi, les Suisses ont une véritable démocratie, au Québec c’est une démocratie de groupes d’intérêts, enfin …


À Martineau: Joanne Marcotte sur le Rapport D'Amours

À Martineau Joanne Marcotte sur le Rapport D'Amours


Extrait de : Votre chèque de paye amputé pour une retraite dont vous ne rêvez pas nécessairement, Michel Kelly-Gagnon, IEDM, 19 avril 2013

Alors que les Québécois sont déjà ensevelis sous une quantité hallucinante de taxes et impôts, voilà qu'un comité recommande d'en ajouter davantage. Dévoilé mercredi, le rapport d'Amours propose d'instaurer un nouveau programme social, en imposant une nouvelle taxe sur la masse salariale de 3,3 %, pour garantir un revenu supplémentaire aux retraités de 75 ans et plus.

Les taxes sur la masse salariale que paient déjà les employeurs québécois sont de loin les plus élevées au Canada. Ces taxes comprennent diverses cotisations comme la CSST, la RRQ, l'assurance parentale, l'assurance-emploi, le Fonds des services de santé et j'en passe. Les taxes sur la masse salariale ont un impact direct sur le salaire versé à l'employé. Par exemple, pour rémunérer un employé 40 000 $, l'employeur doit débourser environ 45 000 $. En plus, l'employé doit aussi payer une part de ces cotisations, ce qui fait en sorte que le salaire au bout du compte est d'environ 37 000 $... avant impôts!

L'augmentation des revenus de retraite des Québécois ne passe certainement pas par un alourdissement du fardeau fiscal des entreprises, créatrices d'emplois et de richesse. Et si la réponse se trouvait chez chacun d'entre nous? Le rapport d'Amours mentionne par ailleurs que les Québécois comprennent les conséquences de leurs décisions financières: «(...) le comité d'experts insistant sur le fait que le citoyen doit rester libre de définir son âge effectif de départ à la retraite, dans la mesure bien sûr où il assume les conséquences de son choix.»

Le rapport d'Amours affirme que les citoyens doivent rester libres de décider l'âge de leur retraite. Je suggère que ces derniers aient la même liberté pour déterminer leur niveau de vie à la retraite et, par conséquent, l'épargne volontaire encouragée par la fiscalité doit demeurer une avenue importante.

Ce que les experts disent, c'est que bien des Québécois n'épargnent pas assez et qu'ils ne pourront pas mener le même train de vie à leur retraite. Ces gens font le choix d'avoir un meilleur niveau de vie durant leur vie active, plutôt que de mettre de l'argent de côté pour leur retraite.

Les gens qui n'épargnent pas et qui ne bénéficient pas d'un régime de pension d'un employeur sont-ils pour autant laissés à eux-mêmes? Non. Les prestations de la RRQ (dont la contribution est obligatoire et déterminée en fonction du salaire) et les prestations de la Sécurité de la vieillesse assurent alors un revenu minimum pour un citoyen qui a fait le choix d'avoir un meilleur niveau de vie durant sa vie active, plutôt que de mettre de l'argent de côté pour sa retraite.

Le véritable péril qui guette le Québec, autant du point de vue social que du point de vue des finances publiques, c'est l'immense déficit des régimes de retraite des employés de la fonction publique et des municipalités. Sur cette question, le rapport d'Amours s'en remet essentiellement au gouvernement pour négocier une entente. Les mêmes politiciens qui, depuis des années, préfèrent ignorer cette bombe à retardement.

Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.


Extrait de : Le rapport D’Amours et l’avenir des régimes de retraite : entre responsabilité individuelle et solutions collectives, FCEI, 17 avril 2013

«  Le rapport D’Amours ne peut laisser personne indifférent à la lumière des enjeux importants qui y sont soulevés et qui démontrent clairement les choix auxquels la société québécoise est confrontée aujourd’hui concernant l’avenir des régimes de retraite. Les constats du comité sont fort préoccupants, mais on doit s’interroger à savoir si les remèdes proposés ne pénaliseront pas indûment les petites entreprises en leur imposant une nouvelle taxe sur la masse salariale », a déclaré Mme Martine Hébert, vice-présidente, Québec, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), en réaction au rapport déposé par le comité d’experts dirigé par M. Alban D’Amours.

Selon la FCEI, certaines recommandations sont particulièrement judicieuses et correspondent aux points de vue exprimés par la FCEI à l’occasion des consultations menées par le comité. C’est le cas des recommandations qui traitent de la mise en place rapide des régimes volontaires d’épargne-retraite, réclamés par la FCEI depuis plusieurs années et de celle liée à l’obligation de fixer les cotisations à 50 % pour les employeurs et à 50 % pour les employés dans le secteur public.

Cependant la FCEI se questionne sur les effets de certaines mesures proposées. Notons ceux qui ont trait à l’établissement d’une rente longévité, qui serait financée par des cotisations sur la masse salariale. Il faut s’attendre à ce que cette mesure ait un impact négatif sur l’économie et les salaires.

En effet, il est question de ponctions allant jusqu’à plus de 5 milliards $ par année, ce qui représenterait un fardeau important pour les PME et leurs travailleurs. D’autre part, il faudra faire une réflexion sur l’harmonisation de cette nouvelle mesure avec le système de retraite dans le reste du Canada.

 « Il est important de rappeler que le comité d’experts a souligné l’importance essentielle de l’épargne individuelle dans la planification de la retraite, ce à quoi nous souscrivons. Nous souhaitons d’ailleurs que cet élément prenne une place centrale dans les débats qui auront cours prochainement », a indiqué M. Simon Gaudreault, économiste à la FCEI.

 « Il y a lieu d’avoir un dialogue sociétal non-partisan sur l’avenir des retraites au Québec.  En ce sens, nous sommes heureux que le gouvernement ait annoncé son intention de tenir une telle commission. Ce sera là l’occasion de discuter plus amplement de l’ensemble des recommandations du rapport D’Amours», a conclu Mme Hébert.

La FCEI entend participer à la commission parlementaire qui se tiendra sur les recommandations du rapport d’Amours et tient à remercier ses auteurs pour la qualité de leur recherche et de leurs réflexions.

En qualité de plus important groupement de petites et moyennes entreprises au Canada, la FCEI regroupe plus de 109 000 membres au pays, dont 24 000 au Québec, œuvrant dans tous les secteurs. Elle est non partisane et son financement provient uniquement de l’adhésion de ses membres. Elle procure aux dirigeants de PME une voix forte et convaincante à tous les ordres de gouvernement et contribue à l’essor économique (www.fcei.ca)


Extrait de : Dépôt du Rapport D’Amours – Projet Montréal demande un débat de fond pour trouver des solutions concrètes aux déficits actuariels des municipalités, Projet Montréal, 19 avril 2013

Le Comité d’experts sur l’avenir du système de retraite québécois recommande dans son rapport plusieurs mesures pour assurer des retraites adéquates et suffisantes aux travailleurs et travailleuses. Quoique ce soit un objectif louable et souhaitable, Projet Montréal s’inquiète que les recommandations et le mandat du Comité ne se soient pas davantage attardés à la problématique des déficits actuariels courants auxquels font face plusieurs administrateurs publics, notamment les municipalités qui cumulent à elles seules un déficit total de 9 milliards $. Malgré un refinancement par la Ville de Montréal de sa dette actuarielle initiale, celle-ci s’élève toujours au-dessus d’un milliard de dollars, et elle devra débourser en 2013 près de 580 M$, soit 12% de son budget annuel en services courants et pour résorber ce déficit.

Les recommandations de ce rapport constituent, certes, des changements nécessaires et indispensables, mais ils ne vont tout simplement pas assez loin en ne s’adressant qu’à la pérennité des régimes des travailleurs actuels et non aux déficits actuariels accumulés des régimes auxquels participent déjà des retraités. « Le système actuel inflige une pression insoutenable sur les finances de la métropole et, par le fait même, sur sa vitalité économique. Il est urgent de trouver des mesures d’allègement ou d’effectuer une véritable restructuration de fond de ces régimes », a déclaré Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et aspirant maire.

Le partage du risque et les pouvoirs de renégociation des droits acquis offrent des pistes de solution pour palier au problème posé par la pression accrue des régimes de retraite sur les finances de la Ville de Montréal. Par contre, à court terme, Montréal est soumise à des déficits actuariels en constante augmentation. Le jour même de la publication du rapport, l’annonce de la ministre Maltais sur le prolongement des mesures d’allègement au refinancement des régimes de retraite offrait davantage de solutions que les recommandations de ce rapport. « Un débat doit être lancé pour trouver des solutions aux déficits actuariels, car sans des mesures concrètes, les citoyens montréalais devront à nouveau éponger ces pertes », a conclu Richard Bergeron.