La mondialisation a le hoquet

Il semble que le bon sens est revenu, nos chers politiciens ayant cette fâcheuse tendance à réagir tardivement sur des sujets sérieux, on enfin comprit que la mondialisation, tel qu’instaurés il y plus de trois décennies, n’avait aucun sens.

Ça fait des années je vous le dis, la mondialisation tue beaucoup plus d’emplois qu’elle en crée, de plus, ce quel crée ce sont des emplois moins rémunérateurs.

Il est difficile de compétitionner contre un chinois ou un indien quand il possède un QI égal au vôtre, mais coûte 5 fois moins cher.

Donc, l’OMC a de moins en moins d’emprise sur le commerce international, les pays préfèrent des accords de libre-échange bilatéraux et régionaux ayant un meilleur contrôle de la situation.

De plus, l’OMC franchement était contrôlée par l’oligarchie, exemple, maintenir la devise chinoise aussi basse aussi longtemps, n’a que favoriser la délocalisation massive et assurer les futurs investisseurs en Chine, de ne pas perdre leurs investissements, s’il y avait eu une hausse de la devise Chinoise.

Ajouter des subventions camouflées, des protections de marchés, des entreprises d’État qui gobent des entreprises privées, ce sont de multiples irritants qui se sont additionnés démontrant que l’OMC ne contrôlait pas la situation.

Et quand une usine se fait délocaliser, il est difficile de générer de nouveaux emplois pour compenser, car le temps de gestation d’une usine mature peut prendre de 10 à 25 ans.

D’où le chômage de masse en Europe, même si on rétablit sa compétitivité par l’austérité, les emplois ne sont pas au rendez-vous, car l’entrepreneur n’a même pas encore démarré son entreprise.

« Les partisans du libre-échange mondialiste soulignent que grâce aux délocalisations et aux importations en provenance des pays à bas salaires, jamais les prix dans les hypermarchés n’ont été aussi bas »

·         Mais c’est oublier que les consommateurs ne sont pas seulement des acheteurs.

·         Ils sont également des producteurs qui gagnent leur vie et qui paient des impôts

« En tant que consommateurs ils peuvent acheter des produits meilleur marché. Mais pour ces consommateurs la contrepartie de ces importations à bas prix

·         est finalement la perte de leur emploi ou

·         la baisse de leurs salaires,

·         et des impôts accrus pour couvrir le coût social du chômage et de la politique de l’emploi.

Dès lors les avantages apparents des produits bon marché sont plus que contrebalancés par leurs coûts économiques et sociaux réels de toutes sortes »

Une bonne nouvelle, mais une moins bonne pour le Canada

Car le Canada n’est par très bon avec le libre-échange, il est extrêmement difficile de coordonnées nos efforts en tant que nation, il y a constamment des conflits entre les politiciens fédéraux-provinciaux (ne joue pas dans ma cour), une syndicalisation de confrontation, un peuple qui refuse de perdre des cadeaux empoisonnés, (ne coupe pas dans ma cour).

Malheureusement cette synergie au changement n’est pas au rendez-vous, tandis que d’autres pays coordonnent tous les éléments pour progresser et faire face à une plus grande compétitivité.

The volume of Canadian exports today is at the same level it was a decade ago.

And after rising for most of the previous decade, the share of non-US exports in total exports has hardly changed in the past four years. In fact, recently it has been moving in the wrong direction.

Furthermore, within the non-US space, all recent activity was concentrated in one country—China.

This uni diversification is certainly not what the architects of Canada’s nine free trade agreements with non-US partners have envisioned. (1)


Extrait de : L’OMC menacée de disparition, Éric Desrosiers, Le Devoir, 25 avril 2013

Les négociations du cycle de Doha piétinent pendant que se multiplient les accords de libre-échange bilatéraux

 

Tim Groser, candidat à la succession de Pascal Lamy à la direction de l’OMC, s’inquiète pour l’avenir de l’organisation:

«L’OMC, qui devrait être au centre du commerce mondial, connaît un grave problème: elle court le risque de devenir inutile»,

dit-il.

Consultez le rapport du groupe de réflexion sur l'avenir du commerce

L’avenir de l’OMC est compromis par l’aggravation des problèmes de chômage, d’inégalités et de pollution, mais aussi par la multiplication des accords de libre-échange bilatéraux et régionaux, met en garde un groupe de sages.

Le commerce international a crû beaucoup plus vite depuis le milieu des années 90 (+123 %) que l’économie mondiale dans son ensemble (+ 57 %) et, pourtant, son institution phare, l’Organisation mondiale du commerce, traverse une période difficile, conclut le rapport d’un groupe de réflexion sur l’avenir du commerce dévoilé par l’OMC elle-même mercredi, groupe dont faisait partie une douzaine « d’éminentes personnalités » issues du monde des affaires, des syndicats et d’organismes d’aide au développement, du Nord comme du Sud.

« La mondialisation a rendu le monde beaucoup plus riche, mais […] garantir une meilleure répartition des possibilités et une croissance pour tous reste un défi majeur, tout comme l’est l’impératif de la durabilité environnementale », y constate-t-on notamment. Les auteurs préviennent, notamment, que « la légitimité du système fondé sur les mécanismes du marché sera de plus en plus remise en question si les avantages du progrès ne sont pas partagés plus équitablement ».

L’OMC inutile

Bien que la plupart de ces enjeux relèvent d’autres forums et d’autres compétences que les siennes, l’OMC pourrait aider à la poursuite de ces autres objectifs, ne serait-ce qu’en cherchant des moyens de réduire leurs frictions avec sa propre quête de libéralisation des échanges commerciaux. Mais voilà, son actuel cycle de négociation, lancé en 2001, à Doha, est désespérément embourbé dans les marécages du multilatéralisme alors que se multiplient les traités de libre-échange bilatéraux et régionaux.

Quelque 300 de ces accords commerciaux préférentiels sont déjà en vigueur et bien d’autres sont en cours de négociation, rappellent les auteurs du rapport de 56 pages. Cette « collection éclectique d’accords, de qualité inégale », se traduit par une prolifération de règles particulières qui alourdit les coûts du commerce. Certains de ces accords excluent les petits pays ou entraînent « des divergences de réglementation, délibérées ou non, et [conduisent] ainsi à une segmentation de l’économie mondiale ».

Cette question de la multiplication des accords bilatéraux et régionaux a trouvé écho, mercredi, auprès de l’un des cinq candidats à la succession du directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, qui quittera son poste fin août.

« Contrairement au quasi-blocage des discussions au coeur du système commercial mondial, c’est-à-dire de l’OMC, les pourparlers commerciaux régionaux prennent de l’ampleur à une vitesse incroyable »,

s’est inquiété à son tour le ministre du Commerce de la Nouvelle-Zélande, Tim Groser, lors d’un point de presse après une rencontre avec des responsables japonais à Tokyo.

« L’OMC, qui devrait être au centre du commerce mondial, connaît un grave problème : elle court le risque de devenir inutile. »

Le Canada est un bon exemple de ce phénomène. Économie relativement petite et ouverte sur le monde, le pays a traditionnellement privilégié l’approche multilatérale, mais additionne, depuis quelques années, les traités commerciaux bilatéraux. Il en compte déjà dix de signés, dont le plus connu est sans doute l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Quatorze autres sont en négociation, dont un avec l’Union européenne, un autre dans le cadre du Partenariat transpacifique, et d’autres encore avec le Japon, avec l’Inde, avec la Corée du Sud…

Commerce, environnement et justice sociale

Les auteurs du rapport d’hier ne perdent toutefois pas espoir quant aux chances des organisations commerciales en général, et de l’OMC en particulier, de s’adapter à leur nouvelle réalité.

Ils appellent notamment de leurs voeux le début d’une « harmonisation progressive des différents régimes commerciaux » en vue d’une convergence avec le système multilatéral.

Ils constatent aussi qu’à force de réduire les droits de douanes et autres barrières tarifaires, on arrive à un point où les principaux obstacles aux commerces restants sont

« de plus en plus liés à des questions de politiques générales, telles que la santé, la sécurité et la qualité de l’environnement »,

qu’on ne peut pas bêtement vouloir réduire ou éliminer.

Wow !, trente ans, pour le comprendre, les oligarques
avaient une sérieuse main mise sur le FMI et l’OMC.

La mondialisation a ruiné l'économie mondiale

Avant la libéralisation et le démantèlement des barrières tarifaires, la régulation était assurée par chaque État, les politiques de réformes étaient donc relativement plus faciles à penser et à mettre en œuvre.

Aujourd'hui, les États ont cédé d'une certaine manière cette capacité de régulation.

C'est le FMI et la Banque mondiale qui gèrent l'économie globale mettant à contribution tous les États membres, sans pour autant avoir un caractère contraignant, puisque chaque État est souverain quant à l'adoption des politiques économiques intérieures.

Les multinationales sont concernées

En effet, depuis le début de démantèlement des barrières tarifaires, les pays en développement se sont engagés dans une course pour attirer les investissements étrangers.Et les multinationales se sont mises à se frotter les mains pour produire moins cher dans « les paradis fiscaux » et les pays à faibles revenus, bénéficiant de plusieurs avantages de tout genre.

Il y a eu libéralisation du commerce et des flux de capitaux « mais il n'y a pas eu libéralisation de la main-d'œuvre », constate Josef Stieglitz, prix Nobel de l'économie, lors d'un séminaire sur la « mondialisation et la croissance inclusive », tenu en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

A aucun moment, personne n'a évoqué par exemple l'impératif de mettre en œuvre les règles du commerce équitable, ni de rendre la norme sociale indispensable dans le commerce mondial. (1)

Ces enjeux ne relèvent habituellement même pas de la compétence des cadres commerciaux. Aussi ces derniers devraient-ils laisser une « marge de manoeuvre politique suffisante pour donner une certaine flexibilité aux pays, mais avec la transparence, la prévisibilité et la surveillance nécessaires ».

On déplore, par exemple, que l’OMC reçoive actuellement une « avalanche » de plaintes contre les politiques d’aide au développement de sources d’énergie renouvelables, alors que tout le monde sait que ces nouvelles technologies ne pourront pas voir le jour sans subvention des gouvernements.

« Le commerce international a énormément contribué au développement, à la croissance et au renforcement de la paix et de la prospérité dans le monde, souligne-t-on. Mais le commerce est un moyen, et non pas une fin en soi. Il s’inscrit dans un contexte socioéconomique et politique plus vaste qui doit englober un projet plus large et plus étendu que les seuls gains tirés de l’importation et de l’exportation. »