Les enfants Grecs piochent dans les poubelles, pourquoi pas !

Totalement pathétique !

Sujets que nos médias traditionnels évitent de parler, bien sûr !

La génération des 800 euros et les enfants qui trinquent, devant une mainmise du milieu politique par la cupidité démesurée du monde financier.


Extrait de : Désormais, les enfants grecs trinquent aussi…,  Albert Ricchi, CentPapier, 28 août 2013

Après le choix de la monnaie unique à tout prix fait par la Commission de Bruxelles, la BCE et le FMI, c’est toute la population grecque qui a été prise en otage. Aujourd’hui, la crise touche désormais les enfants qui payent eux aussi la note pour que l’euro puisse survivre.

Et comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique, les médias européens et grecs ne parlent surtout pas de cette nouvelle tragédie…

Les dernières coupes budgétaires pour obtenir le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide financière des trois institutions ont provoqué la colère des Grecs car le renflouement mis en œuvre par l’UE repart majoritairement vers l’Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt.

·       Ainsi les banques encaissent encore des intérêts copieux et

·       les créances sont à la charge des contribuables.

En trois ans au total, sur 206,9 milliards d’euros effectivement versés,

·       58 milliards ont servi à recapitaliser les banques grecques,

·       101 milliards sont allés dans les poches des créanciers de l’Etat grec. Dans cette catégorie, on trouve à la fois les représentants de l’oligarchie du pays et des fonds spéculatifs.

·       Seuls 43,7 milliards ont atterri dans les caisses du budget de l’Etat. sans que l’on sache vraiment à quoi ils ont été affectés, hormis les 10 milliards consacrés à l’armée… Il n’y a donc pas d’argent pour les réformes structurelles !

L’Etat-providence grec s’atrophie et toute une génération voit ses attentes, ses revenus et sa qualité de vie rétrogradés. Cette même génération, qui avait pris l’habitude d’accéder à des crédits pas chers après l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, s’efforce maintenant d’apprendre à vivre avec bien moins.

Dans le secteur privé,

·       les salaires ont diminué de plus de 30% depuis 2010,

·       de 22% pour le salaire minimum mensuel et

·       de 32% pour les salaires des moins de 25 ans !

Pourtant, les prix ont été maintenus à des niveaux élevés par le manque de concurrence, les comportements oligarchiques et la hausse des taxes.

Le taux de chômage devrait dépasser les 26% en 2014, selon la Banque de Grèce, voire les 31% selon l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, un centre de recherche allemand. Si ces prévisions sont justes, on dépassera donc les 24% atteints au pire moment de la grande dépression américaine !

·       Plus de 60% des chômeurs grecs sont sans travail depuis plus d’un an.

·       Le chômage des jeunes, qui pointe à 55%, est déjà supérieur à celui de la plupart des pays ayant des taux similaires de participation au marché du travail.

En attendant de voir la lumière au bout d’un tunnel malheureusement sans fin, des pères de famille s’immolent devant les banques car celles-ci n’acceptent pas une prolongation des délais de remboursement des prêts consentis initialement. Ces trois dernières années, les statistiques concernant les suicides et les maladies mentales ont fortement augmenté.

Des familles entières se trouvent ainsi à la rue, ne pouvant plus payer leur loyer. Comment en effet peut-on vivre avec 300 à 500 euros qui est la tranche moyenne mensuelle des salaires d’une famille grecque ?

La famine commence à toucher une partie de la population qui n’a plus aucune réserve financière.

·       Pendant la nuit, de nombreuses personnes, âgées pour la plupart, sortent pour ne pas être vues et recherchent dans les poubelles des voisins s’il ne reste pas quelque chose à manger…

·       D’autres attendent sagement la fin des marchés dans les villages pour pouvoir ramasser les fruits et légumes périmés…

Selon les services de santé publique, les niveaux de sécurité alimentaire du pays sont désormais en dessous de ceux de certains pays africains.

La crise fait maintenant de nouvelles victimes

Les enfants aussi sont nombreux à piocher dans les poubelles pour tenter de trouver un peu de nourriture. Et certains parents ont décidé de les abandonner dans des orphelinats puisque c’est pour eux le seul moyen qu’ils puissent manger à leur faim.  Les établissements comme celui d’Athènes voient ainsi des enfants abandonnés pour des raisons économiques. Un organisme de la ville estime qu’ils sont plusieurs centaines concernées par ce problème alimentaire. La majorité des enfants ont été déposés par les familles qui ne peuvent plus subvenir à leur besoin. Certains arrivent avec un état de santé dégradé et n’arrivent plus à parler.

La majorité des familles aux abois continuent naturellement d’envoyer leurs enfants à l’école mais comment un enfant peut-il étudier le ventre vide ? Comment peut-il mémoriser sans peine alors que son organisme est très affaibli ?

Pendant l’année scolaire, des enfants se sont évanouis car n’ayant plus correctement mangé depuis plusieurs mois. Pour la plupart d’entre eux, au bout du rouleau, ils n’ont plus la force de lutter… Certains même tombent au sol pendant les récréations, quelques-uns se sont même suicidés !

·       Dans la région d’Athènes, on a compté plus de 2500 enfants qui se sont évanouis lors des cours.

·       A Thessalonique, deuxième ville grecque,  plus de 600 enfants se sont retrouvés dans un état lamentable, ceux-ci n’ayant plus eu de petit déjeuner avant d’aller à l’école depuis des mois.

Devant cette situation, l’état grec prévoit dans chaque école une distribution de soupe populaire afin de donner un minimum aux enfants. Plus de 300 établissements scolaires ont déjà prévu une distribution de soupe !

Certains professeurs des écoles qui ont encore des salaires de l’ordre de 600 à 800 euros par mois, essayent d’acheter des compléments de nourriture (pâtes et pain principalement) pour leurs élèves. A l’heure actuelle, ils estiment qu’il y a 25% des enfants qui ne sont plus nourris correctement depuis des mois, les enfants étrangers étant les plus atteints par la crise.

Et de surcroît, ne pouvant plus régler leurs dépenses de chauffage, plusieurs écoles, surtout celles du Nord, ne seront plus chauffées. Quand on sait que 43 % des communes grecques sont situées au-dessus des 800 mètres d’altitude où la température peut descendre jusqu’à – 20° l’hiver, alors cela devient dramatique pour les enfants.

Pour couronner le tout, les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours.

Voila donc ce qui se passe dans un pays qu’on laisse volontairement dans un délabrement total pour ne pas mettre la zone euro en danger alors que la Grèce aurait besoin de sortir de l’euro et de dévaluer sa monnaie pour faire respirer puis repartir son économie.

Cette situation devrait pourtant alerter tous les pays de la vieille Europe car on ne peut accepter de voir des enfants mourir à cause de coupes budgétaires dans les dépenses sociales pour réduire une dette qui s’apparente de plus en plus à un génocide financier. Mais il y a peu d’espoir que les européistes béats, Angela Merkel et François Hollande en tête, proposent aux Grecs autre chose que le menu servi par les représentants de la troïka.


Extrait de : GRÈCE :Jusqu’où baisseront les salaires ?, KATHIMERINI ,19 septembre 2013I

Des jeunes diplômés aux travailleurs plus âgés qui retrouvent un emploi après une période de chômage, les Grecs doivent accepter des salaires de plus en plus bas.

I Kathimerini

"Beaucoup de jeunes qui nous soumettent leur curriculum vitae pour postuler à un travail sont extrêmement qualifiés. J’ai honte de les lire, surtout quand on sait que parmi des centaines de candidats, on doit en choisir un seul !"Les confessions de ce responsable des ressources humaines d’une grande entreprise, requérant l’anonymat, sont symptomatiques. Il n’est pas le seul dans ce cas. Un jeune diplômé de l’Ecole polytechnique d’Athènes, détenteur d’un doctorat, qui a enseigné quelques mois dans une école technique, fait le même constat, en cachant son identité : "Mon salaire était tellement bas que je me glissais souvent dans la file des étudiants pour manger à la cantine et faire des économies sur mon repas."

Ces deux témoignages projettent une image brute de la réalité du marché du travail actuel. D’un côté, des curriculum vitae très "lourds" et, de l’autre, un chômage chronique ou de très bas salaires [le taux de chômage était de 27,9 % en juin 2013 contre 24,6 % un an auparavant. Les femmes et les jeunes sont particulièrement touchés]. On repense alors à la "génération 700 euros" [nom donné aux jeunes diplômés au début de la crise, en 2007] avec… nostalgie, car les salaires des personnes employées en ce moment sont généralement inférieurs (et de beaucoup) à 700 euros net.

400 euros au noir

En effet, aujourd’hui, nous pouvons parler de plusieurs "générations 700 euros". Il ne s’agit plus seulement des jeunes diplômés, mais de ceux qui ont la quarantaine ou la cinquantaine et qui ont perdu leur emploi. S’ils en trouvent un nouveau, ils ne peuvent espérer demander plus que 700 euros.

C’est une somme insuffisante aujourd’hui pour répondre aux besoins de base, et surtout en totale inadéquation avec le niveau d’études

400 euros au noir. Pour chaque annonce d’emploi, il y a un bombardement de curriculum vitae (CV). "Quand une annonce est publiée, on reçoit parfois jusqu’à 600 CV en une semaine. Un tiers d’entre eux sont envoyés par des jeunes gens hautement qualifiés, diplômés d’études supérieures, et maîtrisant au moins deux langues étrangères. Concourant pour le même poste, il y a des personnes plus âgées, ayant de plus faibles qualifications sur le papier mais disposant d’une expertise et d’une expérience importantes. Il est très difficile de choisir", explique un gérant de personnel de société. Mais, pour toute personne recrutée, le salaire est de 600 euros brut. C’est une somme insuffisante aujourd’hui pour répondre aux besoins de base, et surtout en totale inadéquation avec le niveau d’études. Bien entendu, dans de nombreux cas de première embauche à un poste non qualifié, le salaire dégringole à 300 ou 400 euros.

Quatre cents euros payés au noir, c’est ce que touchait Konstantinos Sp., 27 ans, l’hiver dernier, pour huit heures de travail par jour dans un cabinet d’avocat. Diplômé de droit et d’un master effectué en Allemagne, il lui a été très difficile de trouver ce travail. "La contribution sociale de l’employeur est de 150 euros par mois, et je dépensais 45 euros en abonnement pour les transports publics. Qu’est-ce qu’il reste pour vivre ? J’ai des collègues jeunes avocats qui travaillent sans compter leurs heures, au bureau jusqu’à minuit, pour gagner 600 ou 800 euros par mois. En fait, ils gagnent moins qu’un ouvrier non qualifié. Malheureusement, le statut d’employé n’a pas été reconnu pour un jeune avocat", dit-il.

Partis pour l’étranger

"Quand j’envoie des CV, on me répond par des éloges : ‘CV incroyable, doctorat, publications, bravo !’ Mais aucune proposition de travail", confie P. K., 30 ans, diplôme d’ingénieur électronique à Polytechnique. Finalement, il a travaillé l’année dernière comme enseignant à l’Ecole des hautes études techniques, puis, au deuxième semestre, à temps partiel à l’Ecole technique de Chalkida [au nord d’Athènes]. Son salaire ? 700 et 300 euros respectivement ! "Ce n’est pas rentable, surtout pour nous, les techniciens, qui avons une assurance plus chère. La plupart de mes collègues sont déjà partis pour l’étranger."

Georgia, 36 ans, est diplômée de l’Université agricole. Elle possède un master de l’Ecole polytechnique et manie parfaitement trois langues étrangères. Sa déclaration d’impôts affiche un revenu de 5 000 euros par an. "Et c’est vrai, affirme-t-elle, parce que, pour être payée, je fais des factures, j’ai des preuves. Comment vivre avec un tel revenu ?"

Les emplois ont disparu, les salaires chutent

Les emplois ont disparu, les salaires chutent. Résultat ? "Il y a quelques années, je percevais 1 200 à 1 400 euros par mois. Au cours des dernières années, mon salaire est tombé à 800 euros. L’année dernière était encore une mauvaise année. Vu mes études, et compte tenu de la technologie que j’utilise, je devrais être payée beaucoup plus. Mais où trouver une telle somme ?"

Malheureusement, la réalité du salaire minimum concerne de plus en plus les personnes plus âgées, et pas seulement les jeunes. P. S., qui a travaillé pendant plusieurs années dans le secteur de l’impression, touchait 1 500 euros environ. Il a été licencié et il est resté un an et demi au chômage. Aujourd’hui, il a trouvé un travail à 650 euros, brut…