Qualité du risque entrepreneurial pour une économie sérieuse

C’est pour cette raison que les économistes et les politiciens et même les journalistes sont de piètre créateur de richesse, car ils n’ont jamais pris de risque pour en créer une.

Donc, ces personnages pensent que la richesse vient du ciel.

Et non, ça prend des visionnaires capables de prendre des risques, mais aussi être récompensés pour le risque qu’ils ont pris.

Donc, si l'on veut créer de la richesse il faut satisfaire les dix critères de libertés économiques, sans cela l’entrepreneur ne sera pas chaud à prendre un risque si le terrain n’est pas fertile ou le fera dans un endroit plus propice en réduisant son risque.

D’où le pourquoi, que la croissance du Québec est à plat.

Vous voulez un exemple concret, lisez –l’article du l’Actualité Terrasser le monstre du déficit commercial, il vous donne 10 solutions, mais en n’aucun moment, il va parler de la masse salariale trop élevée, le fardeau réglementaire trop lourd, l’agressivité fiscale agressive et le taux syndicalisation la plus élevée de l’Amérique du Nord, typique d’un article sans grande substance, vous donnant toujours la recette standard, mais sans attaquer les véritables problèmes de fonds, car il ne faut surtout pas traumatiser les groupes d’intérêts, pas bon pour les affaires du quotidien !.

Au Québec, des facteurs tels que l'interventionnisme étatique, les impôts élevés, la puissance des syndicats ainsi que l'existence de programmes et de droits sociaux étendus ont considérablement réduit la liberté économique, nuisant ainsi aux Québécois.

Une réglementation excessive entrave la création d’entreprises et la croissance, réduit de façon significative l’entrepreneuriat, l’innovation et en définitive, les niveaux de vie.

Supposons que vous être un fermier et vous avez décidé de semer du maïs, vous devez tenir compte du choix de la semence, du type de terre, le niveau d’irrigation, de la température, l’exposition au soleil, multiples facteurs qui influenceront le résultat de votre récolte.

Donc pour avoir une récolte prospère, il ne suffit pas d’avoir des semences, mais aussi un environnement approprié.

Le climat de l'investissement provincial comprend dix composantes:

(1) Les impôts des sociétés,

(2) La prudence budgétaire,

(3) Les impôts sur le revenu des particuliers,

(4) La qualité des infrastructures,

(5) La taxe de capital des entreprises,

(6) Taxe de vente et d’accise,

(7) Le code du travail,

(8) Le fardeau réglementaire,

(9) Coût de la masse salariale

(10) Agressivité fiscale

Donc, les journalistes, les politiciens, les économistes sont toujours des spécialistes à faire du bruit, par contre les entrepreneurs qui créent la véritable richesse et prennent le risque ne sont pas caves, ils le font ailleurs, car le Québec n’est pas une province ou un État favorisant la création de richesse, surtout que ça fait plus de 10 ans, qu’elle est plafonnée au dernier ou avant-dernier rang (49 ou 50) sur la notion de liberté économique.

Economic freedom


Extrait de : Risque entrepreneurial, inégalités et richesse, par Bernard Zimmer, 16 octobre 2013

Dans son travail (« Pour une révolution fiscale ») sur le rôle des prélèvements dans l’accumulation de richesse, notamment au sein du 1% des revenus français les plus élevés, Thomas Piketty de l’École Économique de Paris, a excellemment démontré que ce 1% paie considérablement plus que la moyenne des Français (voir son tableau ST17 sur le site internet qui accompagne son essai « pour une révolution fiscale ») et qu’il faut aller jusqu’au dernier centième de ce 1% , soit 1 pour 10.000, pour voir ce taux de prélèvements décroître ; mais de quantités infimes rapportées aux montants des prélèvements déjà supportés.

Cependant, tous ses travaux et ceux de collègues de pensée,
oublient un facteur considérable :
la prise de risque.

Comme pour beaucoup d’économistes qui n’ont fait que de l’économie théorique et n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise, tout se passe pour lui comme si les entreprises, leurs emplois, leurs profits étaient un don du ciel ; ou, lorsqu’ils se laissent aller à s’approprier Marx, le résultat de la rente, c’est-à-dire du profit accumulé, et de la sueur des travailleurs.

 Mais le monde réel est bien différent de ce qu’ils prétendent représenter.

Dans le monde réel, la quasi-totalité des produits, biens ou services qui font notre vie journalière, des grands magasins aux Bateaux Mouches, de la Tour Eiffel au viaduc de Millau, de l’Air Liquide à la fermeture éclair, de la photocopieuse à la bande Velcros, n’existent que parce que des entrepreneurs, généralement visionnaires, se sont lancés dans l’aventure de leur vie, souvent au péril de celle-ci.

Ces entrepreneurs ont réussi à créer une entreprise autour d’un produit, d’un service qui avant eux n’existait pas, à développer un savoir-faire simple leur permettant de réaliser produit ou service à des prix acceptables pour la grande masse des consommateurs, mais cependant réalisables par des salariés, souvent sans grande formation.

Des économistes américains ont pu ainsi montrer que l’augmentation des inégalités aux USA depuis 20 ans disparaîtrait si l’on sortait des calculs de richesse 5 comtés, ceux où habitent les millionnaires qu’ont fait naître les grands succès américains des dernières années, les Jobs, les Buffets ou les Bill Gates.

Mais les médias ont curieusement ignoré les travaux d’économistes qui se sont penchés sur l’origine de la fortune du 1% des Américains les plus riches.

On n’y trouve presque jamais mentionné que les « riches » du 1% sont pour les trois quarts issus, non pas de la rente, de la Bourse, ou de la finance, mais de la création d’entreprises. Ils ont percé grâce à un produit ou un service original, qui constitue près de 80% de leur fortune et de leurs revenus.

Le phénomène est similaire en France, même si la part de l’entreprenariat a été atténuée par les investissements immobiliers, qui sont restés le moyen le plus sûr de faire fortune, grâce en particulier aux incitations fiscales ; celles-ci sont complètement défaillantes lorsqu’il s’agit de créer des entreprises productives.

Or ces travaux d’économistes existent et nous nous proposons de les faire connaître dans les prochaines éditions. Ils illustrent un facteur capital sur lequel Thomas Piketty et ses collègues ont été totalement muets : le risque. Il explique le succès des sociétés occidentales et particulièrement européennes dès l’ère industrielle jusqu’à l’avachissement constaté en France depuis 1980 à cause de la montée de l’État et de la puissance publique.

Le risque est omis, comme si les entreprises avaient existé depuis le commencement du monde et que tous ceux qui osent créer des entreprises réussissaient la chose la plus facile du monde.

C’est croire que l’économie réelle appartient au monde d’Alice au pays des merveilles et oublier que les échecs de ceux qui entreprennent ou même de ceux qui ont réussi et réinvestissent, sont malheureusement beaucoup plus nombreux que les succès ; ceux-ci sont (voir nos études sur les gazelles par exemple La tragédie des gazelles françaises) seulement de l’ordre de 3% des créations en France, 6% en UK.

Donc, si on veut véritablement créer de la richesse, il faut améliorer les chances de succès de l’entrepreneur en herbe et aux moins qu’ils soient capables de compétitionner au moins à armes égales avec ces voisins de proximité.

Créer une entreprise représente un risque et même un risque élevé puisque la moitié des entreprises qui se créent ont disparu au bout de 5 ans, et ce, à peu près de tout temps et sous toutes les latitudes ou longitudes. Ce risque se mesure en argent mais aussi en efforts personnels, en drames familiaux, parfois en suicides.

Nos économistes, particulièrement ceux de l’École de Paris, n’ont jamais pris en compte ce risque et le prix à payer.

Pourtant il se mesure, et est beaucoup plus important que la plupart des prélèvements de toutes natures si patiemment analysés par Thomas Piketty, comme nous le montrerons dans une prochaine étude. Ceci est lié aux constatations des économistes américains qui ont montré que pour être dans le 1%, il fallait prendre énormément de risques et que la probabilité d’en retomber était également très élevée.

Il est impensable de faire aujourd’hui de l’économie sérieuse sans faire du risque l’élément central de toute réflexion et de toute politique.