La Suisse une référence unique de saine démocratie

Les failles démocratiques
sources des faillites des États-Providences


1.      Le modèle suisse

2.      Initiative populaire

3.      Référendum

4.      Un frein et un moteur

5.      La démocratie directe un contre poids contre le pouvoir central

6.      Une gouvernance sans polarisation

7.      Le gouvernement suisse n’a pas de programme

8.      Une continuité dans les affaires de l’État

9.      Principe de subsidiarité

10.  La Suisse est un modèle


Le modèle suisse

·         C’est environ huit millions d’habitants,

·         Une démocratie participative exemplaire, grâce notamment aux référendums d’initiative populaire, et

·         Des résultats économiques époustouflants : le salaire médian est double du français (une caissière gagne 2 100 euros par mois…), l

·         La balance commerciale est excédentaire avec presque tous les pays, y compris la Chine, et 21 % d’immigrés contribuent à ce succès, sans que jamais les banlieues aient flambé.

·         Quel est le pays d’Europe qui a le plus fort revenu par habitant, le plus faible taux de hausse des prix, un chômage presque inexistant, une monnaie forte, ne connaît pratiquement jamais la grève et encore moins la lutte des classes, et dont les ouvriers sont parmi les mieux payés du monde ?

·         Quel est ce même pays où la liberté d’expression est entière, où les écoles privées sont florissantes et les écoles publiques efficaces, où le peuple peut se prononcer pour annuler les lois votées par le Parlement, où les citoyens peuvent changer une loi de leur propre initiative, où la décentralisation la plus large existe, et où l’Etat fédéral obtient difficilement de faire augmenter les impôts ?

·         Quel est encore ce pays où la criminalité est faible, où le respect de la loi est absolu, où le civisme est tel que chaque citoyen garde chez lui les armes nécessaires à son service militaire annuel, où la propreté est exemplaire et la protection de l’environnement efficace, et où le consensus social est si fort que tous les grands partis sont perpétuellement associés au pouvoir ?

·         Quel est enfin ce pays où le droit de chaque citoyen à son identité culturelle est respecté, où l’attachement aux petites patries communales et cantonales n’est pas contradictoire avec un patriotisme national parmi les plus forts d’Europe et qui n’a pas perdu de guerres depuis plusieurs générations évitant ainsi les ruptures de traditions qui ont frappé tous ses voisins ?

Riche, libre, efficace, ordonnée, patriote et enracinée, telle est la Suisse, l’une des plus anciennes nations démocratiques du monde, née au cœur de l’Europe.

Initiative populaire

·         On peut en effet conclure avec Benjamin Constant que les institutions se bonifient souvent avec le temps et évoluent dans le sens du progrès, par petites touches évolutives.

·         C’est dans cet esprit que fonctionne l’actuelle constitution suisse, révisable perpétuellement par le mécanisme de l’initiative populaire. Il suffit de 100.000 signatures recueillies dans un délai de dix-huit mois pour déclencher une procédure de révision de la constitution.

·         Le système suisse, s’il repose sur la révérence due au passé, est un système suisse, s’il repose sur la révérence due au passé, est un système beaucoup plus évolutif que celui de la plupart des autres pays.

·         Ce qui explique une remarquable adaptation au temps présent et aux exigences de l’avenir. Cela a pu enthousiasmer un aussi ardent partisan du progrès que Victor Hugo disant

·         « Dans l’histoire, c’est la Suisse qui aura le dernier mot » ! L’initiative populaire en matière constitutionnelle peut en effet proposer une révision totale, une révision partielle, l’adoption, la modification, l’abrogation de n’importe quelle règle constitutionnelle.

Référendum

·         Par ailleurs, la constitution fédérale prévoit aussi la procédure du référendum. En matière de révision de la constitution, il est obligatoire.

·         Mais il est aussi possible sur les lois ordinaires, les arrêtés de portée générale et certains traités internationaux. Il est alors en général facultatif, c’est-à-dire qu’il n’a lieu que sur demande.

·         Dans les cantons, l’usage du référendum est facultatif, il doit être demandé par 50 000 citoyens dans un délai de 90 jours. Passé ce délai, la loi ou le règlement contesté est acquis définitivement. Le Gouvernement ne peut, pas plus que l’Assemblée fédérale provoquer de référendum, sauf sur des arrêtés constitutionnels.

Le référendum a généralement un effet suspensif sur le texte visé

·         Comme l’écrit le Professeur Jean-François Aubert, « si l’on trouve bon qu’un peuple puisse décider de son destin, on doit se féliciter du développement de la démocratie directe. Naturellement, le citoyen ne se prononce que sur certaines questions, dont la somme ne constitue pas un système complet.

·         La méthode est plutôt pointilliste : on vote sur l’assurance chômage, sur l’aménagement du territoire, sur les principes de la radio-télévision, sur un impôt, sur la protection des locataires, sur l’interruption de grossesse, sur le service civil, etc. »

C’est une procédure évolutive et non constructiviste

·         Elle permet de conserver le socle des traditions et de le faire évoluer de façon exceptionnellement souple en fonction des défis de l’époque. Le processus évolutif est par ailleurs profondément enraciné dans le peuple puisque celui-ci peut intervenir directement.

Le référendum a plutôt, en Suisse un effet abrogatoire. Il permet au peuple de s’opposer à une loi qu’il ne veut pas voir appliquer.

Récemment, le gouvernement (Conseil Fédéral) avait obtenu des parlementaires un vote quasi-unanime pour faciliter l’acquisition de la nationalité suisse aux immigrés de la deuxième génération, nés en Suisse (contrairement au droit français actuel, le droit suisse ne leur donne pas automatiquement la nationalité suisse). Ce projet avait l’accord de la classe politique, des syndicats, des églises, des média. Et pourtant il a été très largement repoussé par le peuple.

Un frein et un moteur

Le système suisse permet d’éviter une incompréhension croissante entre les organismes représentatifs et le peuple, incompréhension fréquente aujourd’hui dans les pays occidentaux et qui est très grave pour l’avenir de la démocratie.

·         Ainsi, les modes intellectuelles des « élites » peuvent être contrées directement par le peuple.

·         A l’inverse, si le peuple estime que le gouvernement ou le parlement manque d’imagination et d’envergure dans sa politique, l’initiative populaire permet de créer un débat refusé par le monde officiel.

C’est ainsi que les problèmes de l’immigration ont étés largement débattus dans ce pays (pas moins de 6 consultations populaires ont eu lieu) alors que dans d’autres pays, le débat était occulté de façon dangereuse, laissant les passions s’enflammer de façon souterraine. On considère que les débats les plus importants de ces dernières années ont généralement dérivé de l’initiative populaire, notamment sur des sujets tels que l’avortement, l’immigration, les centrales nucléaires, certains impôts nouveaux, etc. En général, le peuple, sur tous ces sujets, a fait preuve d’une grande sagesse et tous les textes extrémistes ont été largement rejetés.

Le système suisse de démocratie directe comporte donc un frein (le référendum) et un moteur (l’initiative populaire). C’est un système équilibré entre les nécessités novatrices et le maintien du socle traditionnel qui fait l’identité de la Nation.

La démocratie directe un contre poids contre le pouvoir CENTRAL

·         Le référendum ne permet pas seulement d’empêcher la monopolisation du pouvoir par une classe politique ou d’autres féodalités professionnelles, il exerce un contrôle permanent sur celles-ci et notamment sur la bureaucratie fédérale..

·         La démocratie directe s’est révélée un bon contre-poids pour empêcher le pouvoir central de se gonfler en volume et en compétence de façon permanente. Il n’est pas douteux qu’en refusant à l’Etat fédéral de percevoir de nouveaux impôts à grand rendement du type de la taxe sur la valeur ajoutée, le corps électoral a limité l’expansion des administrations fédérales.

·         Le système référendaire sert aussi à protéger les cantons, contre les empiétements possibles du pouvoir central. L’une des idées essentielles de la démocratie suisse est que le pouvoir doit s’exercer le plus prêt possible des citoyens.

Une gouvernance sans polarisation

·         Au niveau fédéral, il n’existe pas à proprement parler de majorité et d’opposition car tous les grands partis sont associés au gouvernement depuis des années.

·         La Suisse est gouvernée par une coalition permanente de tous les grands partis depuis des dizaines d’années, mais sous le contrôle vigilant de la démocratie semi-directe.

·         Il n’y a pas de « bipolarisation » du pays en deux grands courants hostiles. Il existe deux assemblées parlementaires qui ont exactement les mêmes pouvoirs,

1.      le Conseil National, qui représente le peuple, et

2.      le Conseil des cantons qui représente les cantons. Les deux assemblées regroupées constituent :

« l’Assemblée fédérale » qui élit les 7 membres du gouvernement collégial. La composition de cette équipe est ainsi faite que chaque grand parti, chaque groupe linguistique, chaque grand canton est représenté.

Le gouvernement suisse n’a pas de programme

Au début de chaque législature, les conseillers fédéraux se concertent entre eux pour présenter un « rapport sur les grandes lignes de la politique gouvernementale ».

Les députés pourront exprimer leurs satisfactions, leurs critiques et leurs souhaits. Mais le débat n’est pas suivi d’un vote et le gouvernement n’est pas lié par sa déclaration d’intention. Il s’agit d’un dessein et non d’une promesse.

Le gouvernement n’est pas responsable devant le parlement
et ne démissionne jamais.

Lorsque le gouvernement est battu, soit au parlement, ce qui est assez rare, soit lors d’un référendum, il ne démissionne pas, il modifie sa politique pour tenir compte des votes négatifs.

Une continuité dans les affaires de l’État

Le gouvernement ne peut pas non plus provoquer un scrutin populaire pour se faire approuver par un parlement hostile.

Le Gouvernement reste quatre ans quoiqu’il arrive.

Tout cela a pour résultat d’assurer une remarquable continuité dans les affaires de l’État, sans crises politiques de type parlementaire tout en gardant le contrôle de l’ensemble par le peuple lui-même, grâce aux référendums et aux initiatives.

·         C’est donc un système d’exécutif fort tout en étant contrôlé par le peuple et en réduisant de manière raisonnable l’influence des féodalités diverses qui approchent le pouvoir.

v  Ce n’est certainement pas le régime des partis en raison de la stabilité du pouvoir et de la démocratie semi directe.

v  C’est moins qu’ailleurs une technocratie, car les administrations fédérales craignent énormément pour le prestige de voir leurs projets défaits par une consultation populaire.

L’existence même de ces possibilités d’intervention du peuple rend l’administration très prudente et la conduit à auto-censurer toute velléité excessive de pouvoir et de dirigisme.

·         L’État fédéral suisse reste pour cette raison, relativement léger par rapport aux administrations locales décentralisées.

·         On pourrait dire que le système suisse favorise, d’une part,

1.      les libertés individuelles et d’autre part,

2.      l’autorité de l’Etat, tout en limitant les effets calamiteux des diverses féodalités qui jouent leur rôle mais n’en débordent pas.

v  Au contraire, en « pseudo-démocratie », les états-majors politiques, syndicaux, corporatifs, médiatiques peuvent arriver à déterminer assez largement la politique du pouvoir dans des voies différentes de celles voulues réellement par le peuple.

Principe de subsidiarité

Un des aspects sans doute les plus modernes et en même temps les plus traditionnels de la Suisse, tient dans l’application du principe de subsidiarité qui a permis de renforcer les administrations locales proches du peuple et de limiter la prolifération des organes centraux.

Subsidiarité.vient de subsidiarius : ce mot latin signifie « qui s’ajoute, qui vient en aide », il veut dire qu’une institution ne se justifie que si elle ajoute quelque chose de spécifique et d’utile à ce qui existe déjà.

Dans cette perspective, une autorité« supérieure »n’a pas à assurer une fonction qu’une autorité subordonnée peut effectuer plus économiquement et dans de meilleures conditions sur le plan des rapports humains.

La confédération ne doit pas se substituer au canton, ni celui-ci à la commune, ni celle-ci à la famille ou à l’individu.

Le principe de subsidiarité, comme le principe trifonctionnel dont nous avons parlé dans le chapitre sur l’Etat, visent tous deux à éviter la confusion des fonctions qui est caractéristique des états totalitaires.

Car la Suisse a résisté de façon étonnante à une évolution très forte depuis un demi-siècle à l’influence du socialisme constructiviste. C’est l’individu indifférencié, immatriculé, impuissant, insignifiant, seul en face du monstre froid étatique, qui décide tout, qui veut être tout.

« L’individu, dans le système helvétique, n’est pas et ne peut pas être cette matière première standardisée, normalisée, manipulable à volonté dont on fait les « masses », mot atroce qui dénie au peuple non seulement l’autonomie, mais la nature du vivant. Pour jouer son rôle, il doit être fortement individualisé, différencié par ses appartenances communales, cantonales, religieuses, politiques, associatives ».

Encore une fois, en Suisse, les hommes ne sont pas des atomes interchangeables et c’est là le fondement de leur dignité face à tout abus des pouvoirs publics.

Les garanties de la liberté

Pour les Suisses, les garanties de la liberté sont dans un pouvoir le plus enraciné possible, d’où l’importance accordée aux collectivités de base.

On peut ainsi lire, dans un message du canton des Grisons du 27 mars 1943 :

« la commune est le prototype de l’organisation démocratique. L’espace réduit de la commune est le champs tout indiqué pour l’exercice de la démocratie directe, celui où chaque citoyen participe personnellement à toutes les décisions intéressant la collectivité et où tous les organes sont désignés par le peuple lui même directement ; là, le particulier embrasse encore les éléments de base et la portée de ses décisions, et là il peut constater par expérience personnelle les conséquences de l’attitude qu’il adopte ».

C’est un éloge de l’esprit de responsabilité qui est nécessaire au pouvoir pour ne pas verser dans l’arbitraire. Tout se tient. Les libertés des citoyens dépendent des bornes fixées aux libertés du pouvoir et vice versa.

Un pouvoir, c’est-à-dire une liberté d’agir, doit être responsable et pour cela doit être doublement enraciné. Il doit être enraciné au niveau adéquat (principe de subsidiarité) et il doit être enraciné dans un ensemble de traditions institutionnelles et éthiques pour ne pas verser dans l’arbitraire.

La Suisse est un modèle

A titre d’exemple, un sondage de la SOFRES, publié dans le Nouvel Observateur, donnait les résultats suivants : « A votre avis, dans lequel de ces pays les gens sont-ils le plus heureux ? »

·         Etats-Unis : 11 %

·         URSS: 1 %

·         Chine : 1 %

·         Suède : 10 %

·         Iles du Pacifique : 11 %

·         Suisse : 56 %

·         Sans opinion : 10 %

Le modèle suisseCe n’est pas tellement nouveau puisque déjà, l’un des « pères fondateurs » de la constitution américaine, Madison, avait étudié de près les institutions suisses.

Car elles rejoignent étonnamment les valeurs montantes d’aujourd’hui, dans l’ensemble des pays occidentaux, qui sont les valeurs de liberté et d’enracinement.

Il aurait aussi été possible d’insister sur les réussites économiques et sociales du pays mais ne sont elles pas les conséquences des valeurs
qui motivent les hommes ?

 

Résumé du texte :  Le modèle Suisse, par Yvan Blot, pdf.

Lecture supplémentaire suggéré par l’auteur : Le modèle suisse : Pourquoi ils s'en sortent beaucoup mieux que les autres


 

La monnaie de singe achète nos ressources naturelles non renouvelables

Un bout de texte qui mérite notre attention.

«Alors oui, incontestablement, nous faisons face à un changement majeur.

Vous l'aurez compris, les acheteurs d'or, ou pour être plus précis les vendeurs d'obligations libellées en dollars ou euros et qui sont essentiellement des titres de dettes d’États, sont les pays émergents.

La Chine, la Russie, le Brésil, bref ! Tous les grands pays qui détiennent des réserves de change importantes se délestent progressivement des titres de dettes que nous ne rembourserons jamais.

Ce simple fait condamne les pays occidentaux que nous sommes à une utilisation immodérée de la planche à billets et à une fuite en avant dans la création monétaire qui restera notre seule solution pour financer le rachat de nos dettes passées et le financement de nos dettes futures.» (1)

Alors, que fait, nos brillants politiciens canadiens aux vends aux Chinois nos ressources naturelles non renouvelables en recevant de la monnaie de singe, car ceux-ci veulent s’en départir le plus rapidement possible.

Chers politiciens au lieu de vendre nos ressources non renouvelables avec de l’argent de Monopoly, on pourrait peut-être la transformer, à moins que ça vous demande trop d’effort intellectuel pour comprendre ce minimum de bon sens économique.

Les réserves en devises de la République populaire ont suivi le mouvement et ont atteint les 2 850 milliards de dollars. (2)


Lectures supplémentaires

1.      La Chine est-elle en train de commettre un hold-up monumental sur l'or physique ?

2.      La Chine est-elle en train de racheter l'Europe ?


Taxe unitaire pour contrer l’évasion fiscale des multinationales

Le texte est intéressant établir une taxe unitaire pour les multinationales réduisant ainsi l’évasion fiscale, par contre ça reste une belle utopie.

Il faut être réaliste, quand Merkel et Sarkozy ont voulu imposer la taxe Tobin sur les financiers notre triumvirat classique s’est fortement opposé.

1.      David Cameroun qui couche avec les financiers de Londres pour se faire élire.

2.      Obama qui couche avec Wall Street pour se faire élire.

3.      Et notre Ministre Harper qui couche avec Bay Street pour se faire élire.

On sait très bien que nos multinationales font de l’évasion fiscale à tour de bras, mais nos grands politiciens couchent avec les financiers pour rester au pouvoir, s’ils sont incapables de s’accorder sur une simple taxe sur les micros transactions, imaginer tenter d’imposer une taxe sur les grandes multinationales de ce monde, ils risquent de n’être plus au pouvoir pour les prochaines élections.

Je vais citer Nouriel Roubini qui est un des rares économistes que je respecte, cette phrase simple, dis tout :

Le G20 c’est un gros Gzéro

Par contre, le débat est ouvert. Peut-être ? Puisque les gouvernements sont tous dans l’eau chaude à cause qu’ils se sont surendettés, un minimum de bon sens pourra se manifester.

Entre temps, c’est vous le peuple qui subissez les hausses des impôts et tarifs pour compenser l’évasion fiscale internationale.

(Un autre effet pervers de la mondialisation débridée)


Extrait de : Pour une taxation unitaire des multinationales, Sol Picciotto, Alternatives Economiques n° 320 - janvier 2013

TOWARDS UNITARY TaxationA l'heure actuelle, les entreprises multinationales sont imposées en vertu d'un système dont les structures de base ont été mises au point il y a un siècle et qui leur permet d'être taxées selon les formes juridiques que leurs conseillers fiscaux créent pour elles.

Le passage à un système de taxation unitaire au niveau mondial les imposerait en fonction de la substance économique réelle de leurs activités, là où elles sont vraiment exercées. Ce serait beaucoup plus légitime et plus simple à mettre en oeuvre.

Aujourd'hui, les fiscs traitent les sociétés transnationales comme si elles étaient de lâches collections d'entités distinctes opérant dans des pays différents, ce qui leur laisse toute liberté de transférer leurs bénéfices dans le monde entier en fonction de la situation fiscale offerte par chaque pays. Et ceci principalement de deux façons.

1.      Tout d'abord, les multinationales créent des filiales ou des entités dans les différents pays, soit pour mener des activités spécifiques, telles que les transactions financières, les transports, la prestation de conseils ou autres, soit pour agir comme des sociétés de détention d'actifs tels que des obligations, des actions ou des droits de propriété intellectuelle. En canalisant les bénéfices dans ou par le biais de ces filiales situées dans les paradis fiscaux, l'imposition globale du groupe peut être réduite, même si les transactions n'existent souvent que sur le papier.

2.      D'autre part, les entreprises fixent les "prix de transfert", ceux auxquels les différentes filiales d'un même groupe s'échangent des biens et des services, de façon à transférer leurs bénéfices des entités situées dans les territoires à haute fiscalité vers les pays à faible fiscalité.

Le principe de la fiscalité unitaire résout ces deux problèmes en traitant chaque multinationale comme une entreprise unifiée. Il leur serait demandé de présenter des comptes consolidés au niveau mondial à chaque pays d'implantation.

Le bénéfice mondial serait alors réparti dans les différents territoires selon une formule pondérée qui refléterait la véritable présence économique de l'entreprise dans chaque pays. Basé sur l'expérience par exemple des Etats américains et d'une proposition en cours de l'Union européenne, la formule de répartition s'appuierait sur trois éléments :

1.      les actifs physiques,

2.      les employés et

3.      le chiffre d'affaires.

La taxation unitaire permettrait de réduire les coûts de mise en conformité pour les entreprises et de simplifier grandement l'administration fiscale, notamment au profit de pays en développement.

Les multinationales sont les principales utilisatrices des paradis fiscaux : on pourrait plus facilement remettre en cause ces territoires si elles ne pouvaient plus les utiliser.

Qui gère tous ces fonds ?

Toutes les grandes banques avec les Hedges Funds et Shadow Bank situés bien sûr dans les paradis fiscaux.

L'application des règles fiscales au plus près de la réalité économique permettrait d'améliorer l'équité et la transparence fiscale internationale, contribuant ainsi à créer des conditions de concurrence beaucoup plus égales.

Cela permettrait d'assurer que chaque firme apporte une contribution équitable au financement des services publics fournis par les Etats où elles exercent leurs activités.


 

Quand admettra-t-on que l’économie n’est pas une science exacte?

Le texte est intéressant, je vous l’ai maintes fois dit, utilisez l’opinion des économistes avec un très gros grain de sel, très subjective en fonction de leurs employeurs et leurs clients qu’ils desservent.

Exemple : Tous les économistes des banques canadiennes vous chantent en cœur qu’il n’y pas de bulle spéculative immobilière au Canada. Évidemment, il est tout à fait naturel qu’une maison ait doublé de prix en dix ans, même si votre salaire n’a eu qu’un gain de 30 %.

L’ensemble des économistes ne connaît rien en économie réelle et bien souvent quand ils fondent des constats, ils se limitent avec quelques variables.

L’économique réel est beaucoup trop complexe qu’une simple équation mathématique ou une simple idéologie (tel que la mondialisation débridée).

Ils sont souvent utilisés par les médias traditionnels pour sécuriser le peuple, qui foncièrement ne connaît rien sur la complexité de l’économie réelle, mais sait pertinemment que ça ne tourne pas rond.

On les achète pour calmer le jeu pour justifier la position des politiciens qui sont à la solde des groupes d’intérêts.

À part de quelques exceptions, l’ensemble des économistes ne sont que de purs charlatans universitaires.

Si un économiste est indépendant de fortune et ne reçoit aucune subvention d’État ou de lobby, c’est déjà un bon départ, mais ils sont rares.


Ce qui faisait dire à Clinton, non sans humour, qu’il disposait certes des meilleurs économistes mondiaux, mais qu’aucun ne lui conseillait la même chose.

Son problème étant de savoir à qui faire confiance. Je n’y vois que de triviales concessions des économistes aux lois du plus fort, aux pouvoirs en place. Qui les paient les plus souvent.(1)


The great economist Paul Samuelson used to say, paraphrasing the physicist Max Planck, that:

“Economics progresses one funeral at a time.”


Liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts.

Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Ces liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts, ne sont pas secrètes. Mais leurs bénéficiaires se gardent bien d’en faire la publicité. Avant le cataclysme de 2008, chacun s’accommodait de l’équivoque : les journalistes exhibaient leurs experts censément neutres, lesquels empochaient les dividendes de leur ubiquité sous forme de notoriété accrue et d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais, depuis 2008, les accointances des économistes ne passent plus inaperçues. L’effet Dracula aura-t-il raison de cette forme intellectuelle de prévarication ? Suffira-t-il de la rendre publique pour la vaincre ? Tel est le pari de la prestigieuse Association américaine d’économie (American Economic Association, AEA).

Depuis le début de cette année, les articles publiés dans les revues scientifiques membres de l’association sont tenus de dévoiler les éventuels conflits d’intérêts impliquant les auteurs. (2)

Excellent article du Devoir, sur le sujet:


Extrait de : Quel pouvoir pour les apprentis sorciers de la finance?, Éric Desrosiers, Le Devoir, 12 janvier 2013

Les pays et leurs gouvernements sont-ils les jouets d’apprentis sorciers de haut vol qui font semblant de tout savoir sur la conduite de l’économie, ou est-ce le contraire ? Est-ce qu’un peu tout le monde est à la fois coupable et victime ?

Il y avait de la fébrilité dans l’air, à la réunion annuelle de l’Association américaine d’économie qui s’est tenue à San Diego la fin de semaine dernière. « Ces réunions sont habituellement très académiques et n’ont aucun écho dans le grand public, raconte l’économiste québécois Marc Van Audenrode, qui était sur place. Mais cette fois-ci, on savait qu’une petite bombe politique venait d’être lâchée. »

La bombe en question a pris la forme d’une présentation de l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, où il reconnaissait que les experts avaient systématiquement sous-estimé l’impact économique des politiques d’austérité prescrites aux pays aux prises avec une crise de leur dette souveraine. Attribuée à la plupart des prévisionnistes, notamment ceux des institutions économiques internationales les plus influentes, comme la Commission européenne, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le FMI, l’erreur d’appréciation serait venue du fait qu’on aurait appliqué aux pays en crise un modèle théorique prévu pour une situation plus normale. Le résultat est que les dommages économiques à court terme infligés par les compressions de dépenses et les hausses de revenus des gouvernements ont été, durant les jours les plus sombres de la crise, deux, sinon trois fois plus sévères qu’on l’avait prévu.

Pas une science exacte

Ce n’est pas la première fois qu’on accuse les économistes d’en savoir moins qu’ils ne le prétendent et de guider ainsi les gouvernements vers de mauvaises voies. L’incapacité des économistes à prédire la dernière grande crise mondiale est un récent exemple souvent cité. Un expert de l’Université de la Colombie-Britannique affirmait, le mois dernier, que le fameux retard de productivité que le Canada accuserait sur les autres pays développés serait surtout dû à une erreur de mesure qui risque de coûter cher si les gouvernements s’y fient trop.

« Quand admettra-t-on que l’économie n’est pas une science exacte ? Qu’on y jongle avec beaucoup trop de variables pour tenir ses conclusions pour des certitudes et que, par conséquent, les gouvernements devraient toujours faire preuve d’autant de pragmatisme et de prudence que possible », dit Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec et maintenant professeur d’économie internationale, entre autres à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal et à l’École polytechnique de Montréal. « Moi, comme ministre des Finances, je demandais des contre-expertises lorsque je n’étais pas sûr des opinions qu’on me présentait. »

Remarque, il n’a pas pu s’empêcher de faire de l’économie par endettement, le PQ était expert à baisser le taux chômage en employant plus de fonctionnaires, on se retrouve donc avec un État obèse avec des retraites insolvables, ce qu’on ne fait pas pour rester au pouvoir ?

Entrevue avec l'ancien secrétaire du Conseil du trésor Denis Bédard, qui démontre une totale irresponsabilité de nos politiciens.

L'«envers du décor». Dans une conférence à Innsbruck en 2007, il note qu'au final, «l'État est sorti éclopé de cette aventure». On a étiré au maximum tous les «élastiques» disponibles, illustre-t-il:

- Augmentation des impôts «jusqu'à ce que les contribuables québécois soient parmi les plus taxés au Canada».

- Augmentation des emprunts jusqu'à ce que le Québec soit la province la plus endettée, après Terre-Neuve (36,1 % du PIB, par rapport au Québec, 34,3 %).

Denis Bédard se souvient des années d'expansion phénoménale du secteur public. À partir de 1974, la croissance des dépenses atteint un rythme de 20 % annuellement alors que le PIB croît seulement de 4,9 %, puis stagne pratiquement en 1975 à 0,9 %. «Au début des années quatre-vingt, c'était catastrophique: la rémunération globale des employés du secteur public était beaucoup plus élevée que celle du secteur privé, les contribuables étaient surtaxés et le Québec était surendetté.»

Élastiques étirés au maximum

En 1991, dans une conférence, Denis Bédard s'interrogeait: vivons-nous une «impasse budgétaire» ou une «impasse de l'État»?

 «Lorsque tous les élastiques disponibles ont été étirés au maximum, on peut dire qu'on est rendu à l'impasse de l'État.» (4)

Marc Van Audenrode ne croit pas, de son côté, à cette histoire d’erreur méthodologique du FMI. La majorité des économistes sérieux avaient, selon lui, les bons chiffres depuis longtemps. « C’est un problème politique, pas scientifique », dit le professeur à l’Université de Sherbrooke et associé directeur à la firme américaine de consultants en économie et en finance Analysis Group. « Il y a tout un courant de pensée qui attribue des vertus spéciales aux politiques d’austérité dans de telles circonstances et il y a, malheureusement, trop d’économistes qui sont prêts à faire l’impasse sur ce que la science nous enseigne pour dire aux politiciens ce qu’ils veulent entendre. » Il en veut pour exemple cette guerre que le gouvernement fédéral mène depuis des années contre les travailleurs qui abuseraient de l’assurance-emploi sans qu’on ait de preuve scientifique de ces abus.

Les hommes en complets bleus

Les gouvernements n’ont toutefois pas toujours le loisir d’imposer leur vision de l’économie ni même de pouvoir refuser celle des autres, rappelle l’économiste en chef du Mouvement Desjardins, François Dupuis. « Quand un gouvernement a affaire aux grandes institutions internationales comme le FMI, c’est que plus personne ne veut lui prêter de l’argent et qu’il n’est plus en position de décider grand-chose. » La situation dans laquelle se trouve actuellement le gouvernement grec ou portugais lui rappelle le cas de certains pays africains où il a travaillé au début des années 90. « Ils arrivaient en avion de Washington avec leurs complets bleus et leurs mallettes. Ils allaient directement dans le bureau du ministre des Finances et lui disaient : “ Ça, c’est le plan que vous allez suivre. ”»

Les marchés, et leurs agences de notation, ne font guère plus de cadeaux, souligne-t-il. « Ils réagissent et sanctionnent bien avant les autres. »

Mais Marc Van Audenrode rappelle, encore une fois, que ceux qui préfèrent se laisser guider par leur idéologie plutôt que par les faits ne sont pas toujours ceux que l’on dit. Il en veut pour preuve cette mise en garde que Moody’s et Fitch ont faite, l’hiver dernier, au gouvernement de Stephen Harper contre les dangers de vouloir aller trop vite avec ses mesures d’austérité en pleine période d’incertitude économique.

Mettre de l’ordre dans ses affaires

Les trois hommes se rejoignent sur l’importance primordiale, pour un État, de tendre vers des finances publiques saines, mais aussi sur la grande diversité des cas et des solutions possibles. « On sert sans cesse aux Européens l’exemple du retour à l’équilibre budgétaire du Canada dans les années 90 alors que les deux contextes sont très différents, observe François Dupuis. Même les cas de la Grèce et de l’Espagne sont très différents entre eux. Il faut se méfier des solutions uniques. »

Le Québec a aussi eu sa propre guerre contre les déficits durant la seconde moitié des années 90, avec son lot de compressions budgétaires difficiles. « L’austérité n’est jamais facile. Pour l’opinion publique, ce n’est jamais le bon temps, on voudrait toujours qu’on coupe moins, qu’on coupe ailleurs », dit Bernard Landry, qui était alors ministre des Finances du gouvernement de Lucien Bouchard et qui ne regrette rien. « On faisait alors 4 milliards de déficit par année. Imaginez ce que cela aurait été si on n’avait rien fait. »

« Sur le plan économique, j’ai eu la partie belle », estime-t-il rétrospectivement. Contrairement à aujourd’hui, le Québec commençait, à l’époque, une période de croissance économique ininterrompue sans précédent. « Mon successeur, qui doit, à son tour, faire le déficit 0, ne se trompe pas non plus, dit-il. Sauf que ça va être beaucoup plus difficile pour lui, forcément. »

Pertinent, ce qu’il dit, mais la croissance économique a été fortement influencé parce que notre monnaie était 30 % inférieur avec la devise américaine, même si nos coûts sociaux étaient plus élevés cette différence compensait, mais à parité, nous sommes plus compétitifs.

En fait, observe François Dupuis, si le Canada, comme la Nouvelle-Zélande ou la Suède, peut servir d’exemple aux autres pays, c’est pour avoir su mettre de l’ordre dans ses finances publiques lorsque le contexte économique s’y prêtait, c’est-à-dire en période de croissance.

« Disons les choses comme elles sont : les gouvernements des pays développés ont fait preuve d’une grande négligence durant la longue période de prospérité qui s’est étendue du milieu des années 90 à la crise. Leurs situations seraient beaucoup moins délicates aujourd’hui si on avait fait ce qu’il fallait. »

Règle d’or: Une contrainte constitutionnelle sur le déficit s'avère de facto nécessaire puisque les gouvernements sont incapables de bâtir un budget équilibré même en période de croissance économique, ce qui ouvre à de nombreuses conséquences : crises financière, pressions extérieures, plans de rigueur brutaux imposés par l'extérieur, crises politiques, violences.(3)

La voix du peuple

Marc Van Audenrode voit une autre raison pour laquelle tellement de gouvernements privilégient, aujourd’hui, l’austérité budgétaire au détriment de la faible croissance qui leur reste encore. « L’impact de ces mesures est plus concret, moins diffus que celui du ralentissement économique qu’elles infligent. Il est facile de voir si le déficit recule ou non alors qu’on peut avoir du mal à évaluer les dégâts causés par un chômage plus élevé chez toute une génération de jeunes pendant des années. »

En démocratie, c’est ultimement aux populations d’obliger leurs gouvernements à prendre les décisions économiques les plus éclairées possible, conclut Bernard Landry. « Les grandes catastrophes suscitent parfois de grandes prises de conscience. » Au-delà des erreurs ou des bons coups des économistes, il espère que la dernière crise amènera les gouvernements et les grandes institutions internationales « à agir de façon plus réfléchie et responsable », mais aussi les populations à réaliser que « le temps du populisme est fini ».

Il faudrait au moins que les médias traditionnels informes adéquatement la population pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairés, comme ceux-ci appartiennent aux oligarchies, ils utilisent la faiblesse démocratique pour avoir uen main mise sur le pouvoir politique.

« Les populations doivent se comporter de façon démocratique sérieuse, dit-il. L’exemple de la Grèce est extraordinaire. Le gouvernement faisait plaisir à tout le monde, mais qui souffre aujourd’hui ? Pas les riches armateurs grecs. Le peuple peut devenir son propre ennemi dans ce laxisme. Je crois que des leçons seront apprises. »

Que c’est facile, M. le peuple vous êtres maintenant responsables du problème, l’origine de notre problème provient de notre faiblesse démocratique.

Et les Sages Suisses le savaient très bien, ne jamais faire confiance à un politicien, il faut avoir un système démocratique ou le peuple en tout temps, peut intervenir quand les politiciens dérapent, idéalement, une démocratie directe avec une gouvernance sans partie.

Mais, quand voyez-vous dans nos médias traditionnels, un sérieux débat sur la gouvernance de notre démocratie ?

JAMAIS

Car c’est un sujet tabou, car trop de gens profitent de cette faiblesse démocratique pour s’approprier la richesse du peuple ou le crédit de leurs enfants.

Ils restent les blogues, mais nous avons un minimum d’influence, peut-être, peut-on germer de nouvelle idée dans l’esprit de nos jeunes et futurs politiciens, mais la problématique est actuelle, que faire ?