La Chine à la conquête de la Grèce

Évidemment, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Puisque les Chinois n’achètent plus la dette américaine, aucune raison, puisqu’à peu près tout a été délocalisé.

De plus, les bonds américains se résument a de simple billet de Monopoly surtout quant tu en as imprimé pour 3.59 trillions.

Alors, les Chinois achètent du tangible, pourquoi ne pas acheter des joyaux de la couronne pendant des ventes de feu.

Allons-y gaiement, la Grèce c’est bon et ce n’est pas cher !


La Chine à la conquête de la Grèce

Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

Le Premier ministre chinois est à Athènes. Au programme : des contrats de plusieurs milliards d'euros et le rachat d'infrastructures.

Après une visite éclair à Londres, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a posé ses valises pour trois jours en Grèce. Il n'est pas venu les mains vides... Avec dix-neuf accords de coopération et de contrats commerciaux d'un montant total de 3,4 milliards d'euros, c'est l'empire du Milieu qui compte bien s'implanter en Grèce.

Après le rachat de deux terminaux du port du Pirée par la compagnie chinoise Cosco en 2008, Pékin convoite des aéroports, des voies ferroviaires et d'autres infrastructures. Ils figurent tous sur la longue liste du Taiped, le fonds chargé de vendre les biens publics dans le cadre du large plan de privatisation exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce. La Chine s'est déclarée particulièrement intéressée par l'aéroport international d'Athènes Elefthérios Venizelos, l'aéroport de Kasteli et le port de Timbaki en Crète. D'après le quotidien grec To Vima, Li Hatzoun, quatrième fortune de Chine, a rencontré récemment le Premier ministre grec, Antonis Samaras, et a souhaité racheter la compagnie publique d'électricité. Des contrats dans les domaines de la marine marchande, de l'énergie, de la construction, du commerce de vin ou d'huile d'olive ont parallèlement été signés.

Le Pirée, une acquisition contestée

Mais, c'est surtout l'avenir du Pirée qui semble préoccuper les Grecs. La compagnie chinoise Cosco, qui possède déjà deux terminaux commerciaux du port, veut se procurer un troisième terminal, mais se trouve face au veto de la Commission européenne. Pour éviter un monopole, la Commission préférerait en effet qu'un autre acheteur se déclare. 

La reprise des terminaux par les Chinois en 2008 avait suscité l'inquiétude des travailleurs grecs. Mais, comme le souligne Zou Xiaoli, l'ambassadeur de Chine en Grèce, interrogé dans le journalKathimerini, "après trois ans de dur travail, les terminaux pour conteneurs au Pirée ont quadruplé leur activité. C'est désormais le port qui se développe le plus rapidement au monde et il a participé à la croissance de l'économie grecque et a créé de l'emploi."

LIRE notre reportage "Le Pirée, port chinois sur la Méditerranée" 

L'achat par la compagnie chinoise Cosco d'un troisième terminal n'est, cependant, pas du goût de tout le monde. Avant l'arrivée à Athènes du Premier ministre Li Keqiang, les maires des communes autour du Pirée et les syndicats des dockers s'étaient rassemblés mercredi pour se prononcer unanimement contre la privatisation totale du port. Le maire du Pirée, Yannis Moralis, a demandé une concertation à ce sujet avec le gouvernement, mais sans succès !

Jouer des divergences européennes

Quels sont les intérêts qui poussent la Chine à investir dans un petit pays comme la Grèce ? "Pékin veut étendre son influence partout dans le monde et a compris qu'il était toujours plus facile de vendre des produits en étant proche du consommateur", explique Mary-Françoise Renard, responsable de l'Iddrec (Institut de recherche sur l'économie de la Chine) au Centre d'études et de recherches sur le développement international. Par ailleurs, la main-d'oeuvre chinoise commence à devenir de plus en plus chère, et la stratégie des entreprises chinoises est désormais de proposer des produits plus haut de gamme. "Pour y arriver, elles ont besoin d'acquérir certaines technologies et une solution est de se rapprocher des entreprises européennes", soutient la chercheuse.

 

Mais en aidant les pays de l'Europe en difficulté, la Chine espère aussi acquérir leur soutien politique, notamment pour s'opposer aux États-Unis qui réclament une réévaluation du yuan. Et compte bien s'appuyer sur les dissensions intracommunautaires. Le Premier ministre chinois n'a pas choisi par hasard de venir, lors de cette tournée européenne, au Royaume-Uni et en Grèce, deux pays qui, ces temps-ci, sont plutôt hostiles à l'Union. "Est-ce qu'on va laisser la Chine profiter des divisions européennes ? C'est réellement la question que devrait se poser l'Europe. S'il n'existe pas de règles communes en termes de fiscalité, de politique commerciale, la Chine va toujours essayer d'imposer ses conditions à chaque pays et les pays européens se concurrenceront entre eux pour attirer les investissements chinois", avertit Mary-Françoise Renard.


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