Quatre épées de Damoclès assombrissent l’avenir des jeunes

Source : Équité entre les générations : les jeunes vivent mieux, mais…, Jean-Sébastien Marsan / Argent, Le 7 mars 2014

Les 25 à 34 ans vivent mieux aujourd’hui que leurs parents au même âge, mais leurs revenus augmentent peu, l’accès à la propriété n’est plus ce qu’il était, et leur qualité de vie est compromise à long terme.

C’est ce que révèle le nouvel Indice québécois d’équité entre les générations, dévoilé vendredi par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). Cet outil inédit comporte 27 indicateurs. De 1976 à 2011, 15 se sont améliorés et 12 se sont détériorés.

Les jeunes profitent d’un meilleur accès à la scolarité et à l’emploi, et les inégalités de revenu ont diminué (grâce à l’équité salariale, notamment). Le financement public des services de garde et autres programmes sociaux leur facilitent l’existence.

En revanche, leur accès à la propriété s’est dégradé depuis 1976, de même que leur engagement politique et leur présence dans conseils d’administration des grandes entreprises. La dette publique pèse plus lourd, sans oublier le passif environnemental.

Le bilan est donc mitigé. Bien que le taux de diplomation universitaire soit passé de 13,4 % à 30,6 % de 1986 à 2011, le revenu médian avant impôt des 25-34 ans n’a progressé que de 23 730 $ à 29 960 $ pendant la même période, en dollars constants.

« Même s’ils vont chercher un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat, leur salaire est le même que leurs parents à l’époque », déclare en entrevue Christian Bélair, P.-D. G. du RJCCQ.

Bienvenue à la mondialisation, évidemment les Chinois ou les Coréens sont aussi brillants, saufs, que leurs salaires sont au moins 3 fois moindres que le vôtre.

Bien sûr, vous avez les économistes et les médias biaisés à la solde de l’oligarchie qui vont vous assurez que tout est beau dans ce monde, par contre, votre salaire démontre bien la triste réalité.  

De plus, la propriété immobilière est de moins en moins abordable : le prix moyen d’une maison en 2011 représentait 8,5 fois le revenu médian d’un jeune, contre 5,5 fois en 1986. « Les jeunes peuvent accéder à la classe moyenne, mais pas à la classe moyenne aisée », commente Christian Bélair.

Belle exemple, de transfert de richesse, grand-papa et papa fait du cash, mais le jeune croule sur une hypothèque nettement au-dessus de sa capacité financière, par contre, nos banques en raffolent. !

Et demain ?

Quatre épées de Damoclès assombrissent l’avenir des jeunes :

1.      le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources,

2.      le poids de la dette publique,

3.      leur faible capacité d’épargner ainsi que

4.      le vieillissement rapide de la population (qui fera augmenter la croissance des dépenses et diminuer le revenu disponible des travailleurs).

Ainsi, ce qu’on vous lègue c’est une province en faillite, pas pire, comme héritage.

De plus, vous avez la génération des papys et baby-boomers, qui vous font la moralité sur la responsabilité sociale, vous pouvez très bien, les envoyés de se faire foutre.

Comme, je lis continuellement l’information internationale, le conflit intergénérationnel ne fait que commencer.

Quand les jeunes doivent partir de leurs pays d’origine, ou de leurs provinces, parce qu’ils ne donnent plus d’opportunité positive pour créer une famille, nous avons lamentablement échoué en tant que génération.

Christian Bélair déplore notre dépendance au crédit personnel et à l’endettement public : « On a une belle qualité de vie, mais qu’est-ce que ça vaut si dans cinq ou dix ans tout s’effondre ? »

« On n’a pas de recommandations claires à formuler, ajoute Christian Bélair. L’Indice, c’est un constat. » En ce début de campagne électorale, il invite les partis politiques à voir plus loin que le court terme : « Leurs engagements doivent tenir compte de l’équité intergénérationnelle, ne doivent pas favoriser un groupe d’âge au détriment d’un autre. »

Méthodologie

L’Indice a été élaboré sous la direction d’Alexis Gagné, analyste stratégique à la Fondation Chagnon. Les 27 indicateurs ont été pondérés par des groupes de discussion. Les chercheurs ont choisi 1986 comme année de référence (base 100) pour couvrir une génération. Un blogue sera bientôt lancé par le RJCCQ pour recueillir les commentaires du public et raffiner l’Indice.