25 % d’accroissement en temps partiel, temps plein perds des plumes

Ce carnet confirme le carnet précédent. Part-time work dominating jobs in the United States, Canada, and Japan.


Extrait de : Le ministre Daoust mise sur des emplois payants, Jean-Sébastien Marsan, Argent, Le 19 août 2014

Avec la vague de départs à la retraite qui déferlera bientôt sur le marché de l'emploi, et compte tenu de la faible augmentation de la population active, le ministre de l'Économie du Québec, Jacques Daoust, veut soutenir la qualité des emplois plutôt que la quantité.

« Supposons qu'on a le choix entre créer trois emplois à 25 000 $ et un emploi à 75 000 $. S'il y a un accroissement important de la population, on cherchera trois emplois à 25 000 $. Dans la situation où l'on se trouve, c'est plutôt un emploi à 75 000 $ », a-t-il illustré lors d'une entrevue sur les ondes de la chaîne Argent mardi.

Il s'est créé 1 900 nouveaux emplois en juillet dernier, selon les dernières données (corrigées) de Statistique Canada, avec une progression de 22,7 % de l'emploi à temps partiel depuis juin et de près de 25 % sur un an. Pendant ce temps, l'emploi à plein temps perdait des plumes.

Les quelque trois millions de Québécois qui occupaient un emploi à temps plein en juillet dernier touchaient un salaire horaire de 23,87 $ en moyenne. En travaillant 35 heures par semaine toute l'année, ce salaire fournit un revenu de 43 443 $.

Créneaux d'avenir

Le ministre de l'Économie affirme que le Québec est capable de séduire des investisseurs privés, « dans les créneaux qui sont les nôtres », pour créer des emplois dans ce qu'il appelle « les commandes courtes à valeur ajoutée ».

Il cite en exemple l'investissement du géant espagnol FerroAtlantica à Port-Cartier, sur la Côte-Nord, pour sa première usine de silicium métal en Amérique du Nord : 382 millions $ qui créeront 345 emplois directs. Ou encore Stornoway, qui exploitera la première mine de diamants du Québec.

« Ce sont des emplois de qualité, pas au salaire minimum », a rappelé Jacques Daoust. « Je veux aller dans cette direction-là, commencer à parler de la qualité des emplois. »

L'État du Québec soutiendra la création d'emplois dans les créneaux qui pourront démontrer leur viabilité, a précisé le ministre.

Il a donné en exemple le créneau du jeu électronique, qui sera réévalué par la Commission de révision permanente des programmes. Il est stratégique de subventionner des créneaux « que l'on veut voir naître et grandir », a rappelé Jacques Daoust, « mais s'ils ne volent pas de leurs propres ailes, à un moment donné il faut se poser des questions sur la pertinence de ces créneaux. Je ne dis pas qu'on abandonne le jeu vidéo, comprenez-moi bien. Je dis simplement que dans une économie, on ne peut pas tenir artificiellement vivante une industrie qui n'arrive jamais à vivre par elle-même. ».