Salariés confrontés à l'enfer de la flexibilité-minute ou au futur robot.

Maximiser le profit, vous n’avez pas besoin de vous demander combien, il y a autant d’emploi à temps partiel et en plus rémunéré avec des salaires de crèves faim, l’art d’optimiser le bétail humain.

Ah oui, j’oubliais, il faut vous éduquer en espérant que votre emploi ne soit pas remplacé par un robot intelligent dans les décennies à venir. (47 % des emplois seraient automatisables d’ici 20 ans, carnet à venir).


Extrait de : Dans les chaînes de restauration américaines, les salariés confrontés à l'enfer de la flexibilité-minute, Claire Levenson, Slate.fr, 15.08.2014

L'emploi du temps et le nombre d’heures travaillées par ces salariés varient en fonction de la demande, et évoluent à l'heure près...

Aux Etats-Unis, plusieurs chaînes de restauration et de distribution utilisent des logiciels de gestion du personnel qui leur permettent de flexibiliser leur main d’œuvre au maximum. En utilisant plusieurs données, notamment des statistiques sur les pics de vente, ces logiciels déterminent exactement le nombre d’employés qui doivent être présents à tel moment de la journée.

Cela signifie que de semaine en semaine, de nombreux salariés :

·       Ne savent absolument pas quand ils devront travailler.

·       Leur emploi du temps et le nombre d’heures travaillées varient en fonction de la demande.

«Les hypermarchés et autres chaînes de magasins peuvent embaucher plus d’employés si une livraison par camion est prévue ce jour-ci, ou en fonction de la météo. Ils peuvent les renvoyer plus tôt à la maison si leurs analyses en temps réel montrent que les ventes ralentissent», explique la journaliste Jodi Kantor dans un article du New York Times publié cette semaine.

Avec des programmes informatiques comme Kronos –notamment utilisé par Starbucks– les entreprises peuvent faire beaucoup d’économies. Les managers de boutique ne font travailler les employés que lorsque leur présence est vraiment nécessaire. Ces outils permettent en quelque sorte d’éliminer tous les temps morts. Une employée de McDonald’s interviewée dans l’article raconte qu’elle est renvoyée plus tôt (et donc moins payée) lorsqu’il y a peu de clients.

Au quotidien, cette flexibilité imposée est un véritable cauchemar, particulièrement pour les employés qui ont des enfants, et qui ont donc besoin de connaître leurs horaires à l’avance pour savoir quand les faire garder.

Pendant plusieurs mois, la journaliste Jodi Kantor a suivi le quotidien de Jannette Navarro, une employée de Starbucks et mère d’un garçon de quatre ans. Quand on l’appelle pour travailler le weekend, elle doit trouver une baby-sitter, souvent sa tante, à la dernière minute.

Elle explique aussi avoir parfois dû travailler tard pour assurer la fermeture (à 23 heures) du Starbucks, alors qu’elle devait le lendemain assurer l’ouverture à cinq heures du matin. Cette pratique a même un nom: «clopening», une contraction de close (fermer) et open (ouvrir).

Le récit de cette jeune femme a déjà eu un impact. Le jour même de la publication de l’article, Starbucks a promis que la compagnie ferait en sorte que le logiciel prenne mieux en compte les besoins des employés. Le directeur des boutiques nord-américaines de la chaîne a aussi annoncé que les horaires de travail seraient postée au moins une semaine à l’avance, et que le «clopening» serait éliminé.

Mais à part Starbucks, de nombreuses autres compagnies continuent d’utiliser ces logiciels pour tirer le maximum de leur main d’œuvre au moindre coût. Dans la chaîne de jus de fruits frais et smoothies Jamba Juice, les managers de boutique inscrivent les prévisions météo dans le logiciel de gestion des emplois du temps. S’il fait chaud, le programme suggèrera de faire venir plus d’employés pendant l’heure de pointe (le logiciel connaît l’histoire des ventes de la boutique et a remarqué une augmentation pendant les journées chaudes). Cet outil informatique permet aussi de découper les journées en séquences de 15 minutes. Ainsi, un employé qui travaille habituellement jusqu’à 14 heures pourra être renvoyé 15 minutes plus tôt si le logiciel montre que les ventes ralentissent après 13h45…

Comme le résume la directrice d’une organisation de soutien aux employés de la distribution: «De plus en plus, le coût des fluctuations du marché est absorbé par les travailleurs, pas par les compagnies.»


Et si vraiment vous avez tendance à chialer, nous avons des solutions d’avenir pour vous remplacer.

Des robots pas pour aider les gens mais « pour les rendre complètement inutiles »

Alexandros Vardakostas, l’un des fondateurs de la compagnie Momentum Machines à San Francisco, n’y va pas par quatre chemins : « Notre appareil n’est pas fait pour rendre les employés plus efficaces, il est fait pour les rendre complètement inutiles ».

Ça a au moins le mérite de l’honnêteté. L’appareil en question fait des hamburgers : c’est un burger-bot, il en fait un en dix secondes, et pas à partir de produits déjà stockés dans des récipients, non : il hache la viande, les oignons, tranche les tomates, cuit le bœuf haché et assemble l’objet prêt à être servi.

Mais ce n’est pas pour vous dire cela que je vous raconte cette histoire, dont on peut lire d’autres exemples tous les jours, c’est pour vous rapporter les autres propos de M. Vardakostas, parce qu’il a d’autres choses à dire sur les faiseurs de hamburgers « rendus complètement inutiles ».

Par exemple que « Nous voulons aider les gens qui perdent leur emploi à cause de notre technologie à faire la transition vers un nouvel emploi, en leur procurant la formation nécessaire ». Il a la décence de ne pas dire, comme on l’entend pourtant tous les jours, que ceux qui perdent leur emploi de faiseurs de hamburgers n’ont qu’à devenir des ingénieurs et des programmeurs qui font des robots à faire des hamburgers.

C’est déjà Keynes qui avait dit qu’il n’y aurait aucun mal à baisser le salaire des mineurs quand on produit trop de charbon, si chaque mineur qui refuse une baisse de salaire pouvait devenir du jour au lendemain boucher ou boulanger si la boucherie ou la boulangerie manquait de bras et que du coup on y gagnait mieux sa vie que dans la mine. Mais, ajoutait-il, ce n’est pas comme ça que ça marche, et c’est pour cela qu’on n’a pas le droit de baisser les salaires.

Voilà pourquoi les patrons de Momentum Machines cherchent à passer des accords avec des écoles professionnelles, pour offrir une formation aux faiseurs de hamburgers « rendus complètement inutiles » par leurs soins.

Extrait de : Des robots pas pour aider les gens mais « pour les rendre complètement inutiles », Paul Jorion, 20 août 2014


Momentum machine

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Fast food doesn’t have to have a negative connotation anymore. With our technology, a restaurant can offer gourmet quality burgers at fast food prices.

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Robot & Mechatronics for Restaurants, Hospitals and Hotels.