175 000 personnes mortes stupidement fondées sur une menterie

Même si mon blogue est orienté vers une morale économique, il y a certains aspects de la société qui me chagrine, les médias qui manipulent littéralement le peuple qui ne réfléchit pas trop sur les causes profondes des conflits.

Prenons le cas, d’un soldat canadien mort à Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec, le 20 octobre, et la fusillade sur la Colline parlementaire à Ottawa, le 22 octobre, les autorités canadiennes et les médias ont déjà pris une décision, sans preuve à l’appui : ils accusent l’« extrémisme islamique » d’être en cause dans les deux incidents, même si l’on ne sait pratiquement rien sur les deux hommes qui ont agi seul. Aucune organisation terroriste n’a revendiqué la responsabilité des attaques.

Si certains individus se comportent en extrémistes dans le monde, peut-être que nous sommes la cause ?

Il est surprenant que M. Bush n’ait jamais été condamné comme étant un acteur principal d’un génocide en Irak, plus de 175,000 morts fondés sur une fausse prémisse : la possession d’armes de destruction massive.

175 000 personnes mortes stupidement
fondées sur une menterie

Ah, chers peuple, l’ignorance rationnelle !
On veut bien ignorer ce que l’on veut bien ignorer.


Update on overall deaths including civilians,
combatants and foreign forces
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Quand vous employez des moyens extrêmes pour maintenir
votre domination, vous créez des extrémistes.

Il est pour le moins inquiétant que les « experts » en sécurité et en terrorisme ne sachent pas que la cause fondamentale du terrorisme, comme l’ont démontré des études, n’est pas le fondamentalisme islamique ou une idéologie quelconque, mais l’occupation étrangère.

En se basant sur la recherche du Projet sur la sécurité et le terrorisme de l’Université de Chicago, et financé en partie par la Threat Reduction Agency (Agence de réduction de la menace) du département de la Défense des États-Unis, le professeur Robert A. Pape et James K. Feldman ont écrit un livre en 2010 intitulé « Cutting the Fuse: The Explosion of Global Suicide Terrorism and How to Stop It » (Court-circuit : Comment mettre un terme à l’explosion des attentats-suicides).

En 2000, avant les occupations de l’Irak et de l’Afghanistan, il y a eu 20 attentats-suicides dans le monde, et un seul (contre l’USS Cole) a été dirigé contre les Étasuniens. Au cours des 12 derniers mois, par comparaison, 300 attaques suicides ont eu lieu, et plus de 270 étaient anti-étasuniennes. Nous devons tout simplement faire face à la réalité : peu importe ses bonnes intentions, la guerre actuelle contre le terrorisme ne sert pas nos intérêts.

Les auteurs ont examiné plus de 2200 attentats-suicides à travers le monde de 1980 à nos jours. Depuis que les États-Unis occupent l’Afghanistan et l’Irak, ayant une population combinée d’environ 60 millions de personnes, le nombre d’attentats suicides dans le monde a augmenté de façon spectaculaire, passant de 300 entre 1980 et 2003 à 1800 de 2004 à 2009. En outre, plus de 90 pour cent des attentats suicides dans le monde sont maintenant anti-étasuniens. L’immense majorité des terroristes kamikazes sont originaires de la région locale menacée par des troupes étrangères, ce qui explique pourquoi 90 pour cent des kamikazes en Afghanistan sont afghans.

Dans Cutting the Fuse, les auteurs font remarquer : « Avant le 11-Septembre, le débat d’experts sur les causes des attentats-suicides était divisé en grande partie entre deux explications – le fanatisme religieux et la maladie mentale. Après le 11-Septembre, de nouvelles recherches sur les kamikazes ont démontré que pratiquement aucun d’entre eux ne pouvait être diagnostiqué comme souffrant de troubles mentaux.

Alors que bon nombre d’entre eux étaient religieux le plus frappant était qu’ils étaient presque tous issus de communautés résistant à une occupation militaire étrangère .

“( Abdus Sattar Ghazali, The root cause of suicide terrorism is occupation: New study , OpEd News, 29 septembre 2010)


Depuis ces derniers jours, en plus des demandes de mesures de sécurité accrues, nous assistons clairement à la glorification de l’armée canadienne, laquelle participe à des bombardements illégaux au Moyen-Orient depuis de nombreuses années au nom de la démocratie et d’autres faux prétextes. Loin d’être une solution au terrorisme, les Forces canadiennes font partie du problème. Le bombardement de la Libye, pour ne citer que l’exemple le plus récent, a contribué à alimenter le terrorisme dans la région.

Mais surtout, les médias canadiens doivent questionner la politique étrangère du Canada et l’implication militaire d’Ottawa dans les guerres des États-Unis au lieu de se concentrer sur des « individus radicalisés ».


Voici un article de Bill Bonner, méritant une réflexion.

Extrait de : La guerre dans les rues de l’Occident ?, Bill Bonner, la Chronique Agora, 28 oct 2014

La fusillade d’Ottawa fait couler beaucoup d’encre. Il y a eu 598 homicides au Canada en 2011 (la statistique la plus récente que nous ayons pu trouver). Pour autant que nous en sachions, aucun d’entre eux n’a suscité le moindre intérêt aux Etats-Unis. Mais qu’arrive une fusillade liée de près ou de loin aux extrémistes islamistes et tout le monde a un point de vue.

"La guerre dans les rues de l’Occident", titrait le Wall Street Journal ; le quotidien veut une approche plus musclée au Proche-Orient.

Pourquoi ? Après un quart de siècle… des milliers de milliards de dollars dépensés… et des centaines de milliers de vies perdues… les Etats-Unis semblent avoir plus d’ennemis dans le monde arabe que jamais auparavant. Pourquoi irait-on penser qu’une politique étrangère encore plus activiste produirait un résultat différent ?

Le professeur Michael Glennon, de la Tuft University, pose la même question : pourquoi être si pressé d’entrer en guerre ?

Les gens croient que les politiques gouvernementales sont décidées par des autorités élues qui appliquent la volonté de la nation telle qu’exprimée dans les urnes.

Mais ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent. En fait, peu importe ce que veulent les électeurs. Ils ont un peu d’influence sur les sujets émotionnels et symboliques — le mariage homosexuel, le salaire minimum et ainsi de suite.

Mais ces questions n’ont pas vraiment d’importance pour les élites.

Les politiques qui importent sont celles que les dirigeants peuvent utiliser pour transférer la richesse — des gens qui l’ont gagnée vers leurs propres poches.

Bureaucrates et experts

M. Glennon, ancien conseiller juridique auprès du Comité sénatorial américain aux relations étrangères, en est arrivé à la même conclusion. Il déclare qu’il était curieux de savoir pourquoi Barack Obama terminait avec quasi-exactement les mêmes politiques étrangères que George W. Bush. Glennon :

"Cela n’a pas été une décision consciente… Les membres du Congrès US sont des généralistes et doivent s’en référer aux experts dans le domaine de la sécurité nationale, comme ailleurs. Ils s’inquiètent tout particulièrement d’être mis sur la sellette à cause d’une mauvaise décision au sujet de la sécurité nationale et tendent donc à suivre l’avis des experts, qui exagèrent généralement les menaces. De même, les tribunaux tendent à s’incliner devant l’expertise du réseau qui définit la politique de sécurité nationale.

La présidence elle-même n’est pas une institution ‘de haut en bas’, comme le pense la majorité des gens, dirigée par un président qui donne des ordres, suite à quoi la bureaucratie claque des talons et s’exécute.

La politique de sécurité nationale provient en fait
du sein de la bureaucratie elle-même.

Bon nombre des politiques les plus controversées, du minage des ports nicaraguayens au programme de surveillance de la NSA, ont été générées par la bureaucratie. John Kerry n’exagérait pas lorsqu’il a dit que certains de ces programmes sont ‘sur pilote automatique’.

Ces bureaucraties particulières ne décident pas de la largeur des camions ou des tarifs ferroviaires. Elles prennent des décisions cruciales pour la sécurité, qui, dans une démocratie, peuvent être irréversible, peuvent étouffer le marché des idées et peuvent engendrer des conséquences extrêmement graves.

Je pense que le peuple américain s’illusionne… Ils croient que lorsqu’ils votent pour un président ou un membre du Congrès, ou lorsqu’ils parviennent à amener un cas devant les tribunaux, la politique va changer. Il y a certes de nombreux contre-exemples dans lesquels ces instances affectent effectivement la politique, comme l’avait prévu Bagehot. Mais l’ensemble du tableau reste vrai — la politique dans son ensemble, dans le domaine de la sécurité nationale, est menée par les institutions cachées".

Appeler la fusillade d’Ottawa une "guerre" est non seulement une insulte aux véritables guerres, mais c’est à côté de la plaque. Il n’y a pas de guerre dans les rues d’Amérique du nord. Mais il y a abondance de fraude.

Voilà comment ça fonctionne. Le secteur de la sécurité — le Pentagone, ses affiliés, ses financiers et ses fournisseurs — va piétiner le Proche-Orient avec ses gros sabots, causant mort et dégâts dans le monde musulman.

Les "terroristes", naturellement, veulent riposter par rapport à ce qu’ils perçoivent être la source de leurs souffrances, les Etats-Unis. Tôt ou tard, ils y parviennent.

L’électeur moyen n’a pas le temps d’analyser et de comprendre les motifs complexes qui se cachent derrière l’événement. Il ne voit que les dégâts. Son sang bout ; il veut à la fois représailles et protection. Et lorsqu’on en appelle à plus d’interventions et plus de dépenses de sécurité, il est à fond pour.


Une lecture supplémentaire : The U.S. is an Oligarchy